Cinq Boiler Room pour transformer votre salon en club

Clubbing | En quête d’un bon set pour vous lâcher tout seul ou seule dans votre salon ? C’est encore mieux en images grâce aux mythiques Boiler Room. Vous serez moins seuls sur ce tapis muté en dancefloor frénétique : sélection des cinq meilleures.

Gary Ka | Lundi 23 mars 2020

SAMA

On n'a jamais vu des gens aussi heureux avec une telle énergie dans une Boiler. Mais tout ça, c'est grâce au set parfait de la Palestinienne Sama !


KAYTRANADA

Sûrement la Boiler la plus vue au monde, avec son lot de danseurs devenus de vrais memes sur Internet. Kaytranada nous offre la Boiler la plus groovy !


REGAL

Une Boiler parmi les plus énervées de toutes avec le maître de l'acid techno actuelle.


MEZIGUE

Si vous portez un masque, vous vous sentirez moins seul avec le DJ masqué !


RED AXES

Bon ok ce n'est pas une Boiler Room, mais les Israéliens de Red Axes sont aujourd'hui les boss du live set ! Entre post-punk, techno et sonorités acid, on a hâte de les voir en live !


BONUS TRACK

Les pépites des Boiler Room sur la chaîne A People Of !

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Tu vas lire (en circuit court)

Littérature | Alors que la destinée des livres du printemps a été avalée par un pangolin mondialisé – quel pitch de roman cela ferait –, et que l'injonction présidentielle à lire s'est heurtée à la fermeture des librairies, les affaires reprennent pour les auteurs désormais prêts à « enfourcher le tigre ». Notamment les auteurs régionaux.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 mai 2020

Tu vas lire (en circuit court)

« Lisez ! » disait notre bon président, avant de fermer bibliothèques et librairies — c'était la guerre, faut dire —, ne nous laissant avec pour seules nouveautés que les chroniques confinées de Leila Slimani et Marie Darrieussecq, dont on a assez vite décroché. Après quoi on s'est vite aperçu qu'il était bien difficile de lire dans un tel contexte et on est parti faire du pain. C'est peu dire que ce virus aura fait du mal au livre, à la littérature et aux auteurs, notamment ceux dont le livre venait tout juste de paraître quand le confinement a fermé à double tour nos vies soudainement hydro-alcoolisées — ce n'était pas beaucoup mieux pour ceux dont les livres avaient paru fin janvier ou en février. On pense notamment à nos chers auteurs rhônalpins Milan Dargent qui a tout de même eu le temps d'aller présenter à la Fête du Livre de Bron (bien inspirée de s'être avancée en février), son Popcorn, délicieux abécédaire de souvenirs d'enfance et des années 70, paru à la

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Moi et la guerre : "Pour Sama"

Documentaire | Documentaire De Waad al-Kateab & Edward Watts (G-B-É-U, avec avert., 1h35)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Moi et la guerre :

Dès 2011 en Syrie, la journaliste Waad al-Kateab documente sous forme de journal intime la guerre à Alep en filmant les manifestations, les bombardements et le quotidien de l’hôpital. Les choses se compliquent encore quand, après avoir épousé le médecin, ils ont une petite Sama… Récompensé par l’Œil d’Or à Cannes — décerné au meilleur documentaire présenté sur la Croisette —, ce film laisse après vision avec une étrange amertume. Un sentiment d’avoir été manipulé d’autant plus préjudiciable que le sujet, en manque de visibilité médiatique malgré sa tragique réalité, a besoin du moindre relai : chaque image supplémentaire attestant du drame humanitaire en cours étant précieuse. D’où provient le malaise ? De la surpersonnalisation dans ce film — ce selfim devrait-on dire — où la réalisatrice, sans doute amoureuse de son reflet, braque un peu trop volontiers sur elle la caméra quand elle pourrait se contenter d’apposer sa voix sur l’essentiel : ce qu’elle voit. Pour éprouver de l’empathie, le spectateur n’a pas besoin qu’on lui extorque des émotions en usant de procédés compassionnels, ni qu’on lui crée un discutable s

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Sur les pavés la misogynie

ARTS | Par le biais du street art, les femmes s’approprient en filigrane l’espace de la rue, espace profondément masculin voire sexiste. Visant à contrer cette oppression, des artistes et activistes bâtissent à l’échelle planétaire, un musée à ciel ouvert constéllé d’utopies.

Sarah Fouassier | Mardi 30 avril 2019

Sur les pavés la misogynie

Une femme française sur deux éviterait de sortir seule le soir par peur de rencontrer des personnes mal intentionnées selon une étude de L'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) datant de septembre 2018, une crainte renforcée par le faible éclairage nocturne. L’espace de la rue, la manière dont il est conçu (95% des infrastructures sportives publiques sont occupées par des hommes), ainsi que le comportement de certains individus entravent la liberté de circuler des femmes, et exercent sur elles une oppression psychologique et parfois même physique. Défier l'offenseur Confrontée elle-même à ces agressions, l’Américaine Tatyana Fazlalizadeh a amorcé un projet de collage dans les rues de New York il y a sept ans. À la suite d’entretiens avec des femmes relatant leur expérience de harcèlement de rue, elle dessine le portrait monochrome de chacune d’entre elles qu’elle accompagne d’une citation extraite de leur conversation : « je ne devrais pas me sentir en danger q

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"Jeunesse" : C’est Conrad qu’on rate

ECRANS | de Julien Samani (Fr, Por, 1h23) avec Kévin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi…

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

À force, les cinéastes devraient savoir que transposer un roman de Joseph Conrad dans le monde contemporain n’est pas sans risque : Welles s’y était cassé les dents et Coppola a failli y perdre la raison (avant d’accoucher, il est vrai, d’un chef-d’œuvre monstre). Peu superstitieux, Julien Samani s’est jeté à l’eau en portant à l’écran Jeunesse, un récit partiellement autobiographique, qui devient hélas une chronique initiatique aussi vague que démodée. Comment croire qu’en 2016, un jeune gars puisse traîner sur un port dans l’espoir d’embarquer sur un cargo pour aller faire fortune en Afrique ? Comment admettre qu’un matelot novice devienne en l’espace de deux séquences et un regard distrait sur son manuel, un sous-officier expérimenté ? Pour faire “authentique”, sans doute, Samani ranime des figures légendaires : le vieux capitaine, loup de mer roublard et éthylique (campé par un Stévenin en mode Haddock) et son lieutenant, incapable de se dépar

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Pelo Malo

ECRANS | De Mariana Rondón (Venezuela, 1h33) avec Samantha Castillo, Samuel Lange Zambrano…

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Pelo Malo

Présenté comme le Tomboy latino, Pelo Malo en est en définitive assez loin et se rapproche plutôt des chroniques de l’enfance qui inondent le world cinema. À Caracas, Junior vit seul avec sa mère, gardienne de sécurité instable et sexuellement très active ; il aime chanter et danser, mais surtout il est obsédé par ses cheveux, qu’il voudrait lisses alors qu’ils sont crépus. De ce simple détail découle tout le quiproquo qui sert de nœud dramatique au film : Junior est-il en voie de féminisation, au grand désarroi de sa mère ? Mariana Rondón s’applique donc à démontrer, séquence après séquence, dans une rhétorique assez scolaire, à quel point le "genre" tient autant au regard des autres qu’à sa propre identité : ainsi, si Junior a des passions de filles, sa mère, à travers son métier et sa manière de consommer les amants, tend sans s’en rendre compte vers le masculin. Plus que cette ligne-là, mise en scène selon les canons du cinéma d’auteur mondialisé — caméra portée, silences qui en disent long et réalisme social — on retiendra surtout du film son regard à

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Synecdoche, New York

ECRANS | De Charlie Kaufman (EU, 2h05) avec Philip Seymour Hoffman, Samantha Morton…

Christophe Chabert | Lundi 30 mars 2009

Synecdoche, New York

Dépressif, hypocondriaque, handicapé pathologique des sentiments, le metteur en scène de théâtre Caden Cotard profite de la prestigieuse bourse MacArthur qui vient de lui être attribué pour reconstituer, dans un entrepôt, un lugubre quotidien. On tremblait : qu’allaient devenir les vertigineux entrelacs narratifs de Charlie Kaufman sans leur réinterprétation visuelle par Spike Jonze et Michel Gondry ? Les longues prémices ne rassurent pas spécialement : la mise en scène est volontairement austère, les personnages s’enfoncent dans leurs névroses avec une complaisance crasse, cultivant l’incommunicabilité forcenée à grands coups de phrases aussi définitives que «Harold Pinter est mort»... Kaufman embringue le spectateur de force dans son portrait de l’artiste en loser, genre auquel il s’était déjà confronté avec peu de bonheur dans Adaptation. Alors, oui, bien sûr, Philip Seymour Hoffman impressionne régulièrement, parvient à donner chair au spectre terrifiant de sa solitude, mais sa performance finit par se noyer dans le caractère expérimental du récit. L’auteur compose, par ellipses et autres mises en abyme, un objet cinématographique distant, renfrogné, et pour tout dire, franchem

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Tulpan

ECRANS | De Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan, 1h40) avec Askhat Kuchinchirekov, Samal Eslyamova…

Christophe Chabert | Vendredi 27 février 2009

Tulpan

Asa, grand dadais tout juste revenu de son service dans la marine, souhaite fonder une famille dans les steppes kazakhes. Malheureusement, son rêve s’effondre lorsque Tulpan, la jeune fille à qui le destinait sa belle-famille, ne le trouve pas à son goût. On l’avoue, au fil des premières scènes, on s’est mis à redouter farouchement un énième ersatz de world cinéma impersonnel, où la beauté des paysages aurait pallié la cruelle carence de toute forme de proposition cinématographique. Mais très vite, on est saisi par la force d’une mise en scène heurtée et spontanée, par sa prise sur le vif des interactions souvent burlesques entre les personnages. Sergey Dvortsevoy se joue avec espièglerie des répétitions, du quotidien lénifiant de ses héros avec une infinie tendresse. S’il n’évite pas certaines langueurs, son film témoigne d’un instinct artistique des plus prometteurs. FC

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Mister Lonely

ECRANS | D’Harmony Korine (Fr-ÉU, 1h51) avec Diego Luna, Samantha Morton, Denis Lavant…

Christophe Chabert | Jeudi 11 décembre 2008

Mister Lonely

Scénariste et acteur chez Larry Clarke, réalisateur d’un premier film culte et impressionnant (Gummo) puis d’un deuxième certifié Dogma 95 (Julien Donkey Boy, nettement moins réussi), Harmony Korine revient avec ce Mister Lonely qui se sera fait attendre (17 mois entre sa présentation cannoise et sa sortie en salles). L’argument est improbable : un sosie de Michael Jackson croise à Paris un sosie de Marylin Monroe qui le convainc de rejoindre une île pleine d’autres sosies (tous assez peu ressemblants aux originaux, d’ailleurs). En parallèle à ce récit, un groupe de nonnes découvre qu’elles peuvent voler en sautant d’un avion sans parachute. Il y a chez Korine un goût de la bizarrerie qui n’est jamais très loin du voyeurisme pervers (quelques zooms recadrant l’émotion spontanée des acteurs trahit cette pulsion incontrôlée). Il y a aussi une tentation du scénario post it, dont l’ordre est parfois arbitraire, la scène étant plus importante que la construction générale. On a l’impression que le cinéaste vise une forme d’autoportrait fragmenté en imposteur tendre et paumé, souvent irritant mais parfois attachant, comme s’il cherchait à humaniser ses vignet

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