"Grand Prix" : Benjamin Biolay, roi du circuit

Rock | Pour son 9e album, Benjamin Biolay livre son disque le plus rock en célébrant les princes de la piste automobile. Un "Grand Prix" joué à toute allure qui dans le sillage de tubes trompe-la-mort dévoile pourtant les traces d'une œuvre parmi les plus personnelles d'un Biolay rentré au stand pour un premier bilan.

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juillet 2020

Photo : © DR


En 19 ans d'une carrière pour le moins pléthorique, Benjamin Biolay a, quoi qu'on en pense, fait plus que la preuve de son habileté musicale. Paradoxe, on ne lui a jamais connu de véritable tube. Le Caladois, que n'effraie aucun mélange des genres pas plus que les flirts les plus poussés avec la variété, s'en est certes parfois approché d'assez près : Les Cerfs volants, Une Chaise à Tokyo, L'Histoire d'un garçon, Qu'est-ce que ça peut faire ?, La Superbe (tube qui sans doute s'ignorait mais peut-être à ce jour sa plus grande chanson).

Mais, toujours, quelque chose venait empêcher la transformation totale de l'essai — sans doute à trouver dans une tendance à complexifier les contours d'une évidente facilité mélodique et d'un don certain pour l'écriture (exemple symptomatique : Brandt Rhapsodie, talk-over en duo avec Jeanne Cherhal). Parfois, ses tentatives de trop embrasser la chanson qui tue pouvait menacer de basculer — tel Murat quand il laisse son Surmoi à la porte du studio — dans le ridicule à force de trop en faire (Dans la Merco Benz, Aime mon amour).

De la Merco à la F3

Il semblerait cette fois, après ses détours par Palermo Hollywood et le Buenos Aires de Volver, que Biolay ait trouvé la formule — l'a-t-il seulement cherchée ? c'est une autre affaire) — qui déshabille le tube à essai au profit du tube tout court. Il n'a pas fallu attendre la sortie toute fraîche de Grand Prix, le neuvième album de Biolay, pour s'en rendre compte. Le single qui l'a précédé Comment est ta peine ? a fait le boulot en éclaireur — basse ronde et funky comme épine dorsale, rythmique saccadée, mélodie imparable, claviers et arpèges cristallins montés au front et violons en soutien — en donnant une idée assez précise de ce à quoi on allait à voir affaire : l'album le plus rock de BB.

Les amateurs d'indie-rock auront peut-être perçu dans ce titre un clin d'œil, en même temps qu'au film de John Frankenheimer (1966) à l'album éponyme du quatuor écossais Teenage Fanclub (1995). Mais si, comme sur la pochette du TFC, Biolay fait figurer un engin de course (une F3 jadis pilotée par Jean-PIerre Beltoise derrière laquelle court un type en flammes), il faut surtout y voir, si ce n'est un concept album qui se referme sur lui-même comme un circuit automobile (Interlagos, en l'occurence), un hommage aux héros casqués des lignes droites empruntées à 300 km/h au risque de s'emplafonner le destin dans une glissière. Plus précisément au jeune Jules Bianchi, dernier martyr en date des pilotes morts au combat.

Fureur de vivre

Pour le reste, et pour la première fois, Biolay semble en effet enfin assumer ses influences indé anglo-saxonnes, des Smiths à New Order (tout cela se joue toujours au nord de l'Angleterre). Et de Visage pâle et ses synthés tortueux à Idéogrammes et ses guitares mi-rentre-dans-lard, mi-carillon, en passant par les très Madchester Comme une voiture voilée (imparable) et Virtual Safety Car, Biolay fait étalage de ses références autant que de ses dispositions (oui, ce type sait piloter, c'est énervant mais c'est comme ça).

Le rapport entre la F1 et le rock ? Une certaine fureur de vivre avec la mort penchée sur l'épaule et que l'amour transcende. Car au fond, derrière le concept et les embardées esthétiques, une fois le casque enlevé et la carrosserie mise à nue, il reste un Benjamin qui livre, de son propre aveu, l'un de ses disque les plus intimes, empruntant un à un et comme en marche arrière les virages d'une vie défilant à rebours dans le rétro, le drapeau à damier en guise de bilan pas très reluisant (Ma route, où il ferait presque son Morrissey, Où est passée la tendresse ?, La roue tourne).

C'est un homme qui approche doucement la cinquantaine en courant à toute allure après sa jeunesse que l'on retrouve sur Grand Prix, à qui le temps qui a filé ou s'envole comme un Papillon Noir, ne permet plus toutes les fantaisies (croiser une fille trop jeune pour soi et cette fois passer son chemin) ni même des excès contre lesquels la témérité, avec l'âge, ne protège plus. Reste donc la jeunesse éternelle que seule on trouve dans le rock et l'éternité du tube qui résonne bien après la dernière note, comme le fracas de la dernière sortie de route.

Benjamin Biolay, Grand Prix (Polydor)

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3 concerts aux Nuits de Fourvière

Nuits de Fourvière | Jack White S'il faut dire la vérité aux gens qu'on aime, n'y allons pas par quatre chemins : le dernier album de Jack White, Boarding (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

3 concerts aux Nuits de Fourvière

Jack White S'il faut dire la vérité aux gens qu'on aime, n'y allons pas par quatre chemins : le dernier album de Jack White, Boarding House Reach, n'était ni fait ni à faire. Car s'il ne manquait pas d'ambition, à ce collage d'inspirations et d'effets plutôt mal branlé et en rupture avec le style direct du gars White, il manquait l'essentiel : des chansons, étouffées sous un concept trop envahissant. Rien ici qui ne fasse taper du pied ou ne perfore durablement et positivement le cerveau à coups de riffs rutilants. Mais Jack White reste Jack White et son CV parle pour lui : White Stripes, Raconteurs, Dead Weathers, son admirable label, Third Man Records, et deux premiers albums déflagrants, eux. Surtout, surtout, une capacité hors du commun à transformer le plomb fondu de son country-rock-blues-punk en or live. Et à dégainer les tubes qu'il a en magasin plutôt que des créatures de laboratoire. Au Théâtre Antique de Fourvière le dimanche 8 juillet Benjamin Biolay Entre Hubert Mounier

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Rien sur Robert : "La Douleur"

Drame | de Emmanuel Finkiel (Fr, 2h06) avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Rien sur Robert :

L’ironie sordide de l’actualité fait que ce film sort sur les écrans peu après la disparition de Paul Otchakovsky-Laurens, l’éditeur ayant publié le livre dont il est l’adaptation. Un livre qui aurait pu demeurer dans une confidence obstinée : Marguerite Duras prétendait avoir oublié jusqu’à l’existence de la rédaction de cette partie de son journal intime — la mémoire sait être sélective pour s’épargner certaines souffrances. Son mari Robert Antelme ayant été arrêté puis déporté, Marguerite jette sur des cahiers le cri muet de son attente quotidienne ; cette douleur sourde avivée par l’incertitude et la peur pour l’autre, pour le réseau, pour soi. Dans la moiteur d’une Occupation expirante, un flic collabo profite de l’absence de nouvelles (bonnes ou mauvaises) pour engager avec elle un jeu pervers de séduction… Mais qui instrumentalise qui ? Mémoire effacé

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Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

120 battements par minute | Auréolé du Grand Prix du Jury au Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de 120 battements par minute revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

Comment évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up Paris : il y avait un type qui fait l’accueil, qui expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression que les choses arrivaient sans qu’il ait le temps d’en prendre conscience. Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu, quand on ne sait pas ni où ni à quel moment on

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Benjamin Biolay au Deezer Festival

Festival | Pour cette première édition, le leader du streaming en France bourlingue entre Nantes, Lyon et Marseille. Sur une scène à 360°, les Lyonnais pourront (...)

Corentin Fraisse | Mardi 13 juin 2017

Benjamin Biolay au Deezer Festival

Pour cette première édition, le leader du streaming en France bourlingue entre Nantes, Lyon et Marseille. Sur une scène à 360°, les Lyonnais pourront notamment profiter des concerts de Benjamin Biolay, Broken Back, Joris Delacroix et Jorrdee : un line-up aussi varié que relevé. Soirée gratuite en guise d’amuse-bouche, plus que festival, histoire de patienter tranquillement avant de pouvoir savourer ceux de l’été.

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Benjamin Biolay, release party

MUSIQUES | Sous-titré Palermo Hollywood volume 2, le nouvel opus de Benjamin Biolay s’appelle Volver, soit “retourner” en espagnol. C’est peu dire que le (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Benjamin Biolay, release party

Sous-titré Palermo Hollywood volume 2, le nouvel opus de Benjamin Biolay s’appelle Volver, soit “retourner” en espagnol. C’est peu dire que le mouvement le traverse : un va-et-vient temporel, musical et intercontinental confirmant — si besoin en était encore — la prééminence du Caladois sur la scène contemporaine, et notre addiction à ses créations. Vendredi 19 mai à 12h30, soit le jour de la sortie de cet album, il sera en rencontre et show-case à la FNAC Bellecour… avant de remettre le Volver en fin d’après-midi à Paris. Superbe. Benjamin Biolay À la FNAC Bellecour le vendredi 19 mai à midi

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10 concerts à ne pas manquer en décembre

MUSIQUES | Votre calendrier en décembre est déjà bien rempli ? Nul doute que vous trouverez une petite place pour ces dix concerts immanquables.

Gabriel Cnudde | Vendredi 2 décembre 2016

10 concerts à ne pas manquer en décembre

Oxia Dans le cadre du festival Elekt’rhône, Oxia viendra faire danser le Petit Salon en début de mois. Incontournable derrière les platines de la région, le Grenoblois propose depuis plus de dix ans une techno en perpétuelle évolution. Agrémentant ses tracks de funk, de rythmes tribaux ou proposant une techno minimale dans la plus pure tradition du genre, Oxia a toujours su utiliser la bonne recette au bon moment. Au Petit Salon le vendredi 2 décembre Benjamin Biolay Après avoir passé plusieurs années au fond du gouffre, mélangeant spleen, alcool et médicaments, Benjamin Biolay est de retour avec Palermo Hollywood, un album placé sous le signe du renouveau. Enregistré en Argentine, cet opus permet enfin au chanteur de laisser s'exprimer son côté festif – si, si, il en a un – sans délaisser sa moitié mélancolique. Biolay s'est

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"Irréprochable" : Marina Foïs modelée dans la noirceur

ECRANS | Un film de Sébastien Marnier (Fr, 1h43) avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm, Joséphine Japy, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

On ne spolie pas grand-chose de l’intrigue en laissant entendre que Constance, jouée par Marina Foïs, est ici tout sauf irréprochable. Crampon vaguement crevarde au début, elle se révèle ensuite mytho et érotomane, avant de dévoiler au bout du bout un visage plus trouble. Une cascade de “retournements”un peu outrés, censés changer notre point de vue sur ce personnage donné (trompeusement) pour bohème sympa. Le problème, c’est que l’on sait d’entrée qu’il y a un souci : regard fixe et lourd, attitudes maniaques, Constance n’a rien de la fille à qui vous confiriez votre sandwich ni votre code de carte de crédit ; elle respire le vice plus que la vertu. Modeler de la noirceur et des ambiances intrigantes ou inquiétantes semble davantage intéresser Sébastien Marnier qu’animer un personnage cohérent. Dommage, car il dispose par ailleurs d’atouts non négligeables : une distribution surprenante (mais qui fonctionne), ainsi qu’une excellente bande originale signée Zombie Zombie — un adjuvant essentiel.

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"Les Nuits de Nadja" : Le Petit Bulletin aux Nuits de Fourvière #3

CONNAITRE | 58 spectacles et quasi 200 représentations. En partenariat avec les Nuits de Fourvière, Le Petit Bulletin vous fait découvrir la richesse et la diversité de ce festival. Chaque jeudi, dès 10h, nous vous proposons d’aller à la rencontre des artistes qui, semaine après semaine, feront vos nuits plus belles que vos jours.

Nadja Pobel | Jeudi 16 juin 2016

A peine remis des cristallins concerts hommage à Moondog et celui de PJ Harvey, voici que débarque aux Nuits de Fourvière Benjamin Biolay. Mais avant d'évoquer le chanteur, place au théâtre avec trois grands artistes internationaux (Bob Wilson, Robert Lepage et Simon McBurney) et la création "La Stratégie d'Alice" d'après "Lysistrata", ou comment transposer Aristophane à Marseille. Rencontre avec le traducteur de la pièce Serge Valletti et le comédien metteur en scène Emmanuel Daumas.

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

10 concerts à voir en juin

Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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"Vicky" : une autofiction signée Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr, 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson — de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances, pour que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autofiction qu’elle se consacre, Victoria montre

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L’Art de la fugue

ECRANS | De Brice Cauvin (Fr, 1h40) avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos…

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

L’Art de la fugue

Tiré d’un best-seller de Stephen McCauley, L’Art de la fugue se présente en film choral autour de trois frères tous au bord de la rupture : Antoine se demande s’il doit s’engager plus avant avec son boyfriend psychologue ; Gérard est en instance de divorce avec sa femme ; et Louis entame une relation adultère alors qu’il est sur le point de se marier. Le tout sous la férule de parents envahissants et capricieux — savoureux duo Guy Marchand / Marie-Christine Barrault. On sent que Brice Cauvin aimerait se glisser dans les traces d’une Agnès Jaoui — ici actrice et conseillère au scénario — à travers cette comédie douce-amère à fort relents socio-psychologiques. Il en est toutefois assez loin, notamment dans des dialogues qui sentent beaucoup trop la télévision — les personnages passent par exemple leur temps à s’appeler par leurs prénoms, alors qu’ils sont à dix centimètres et qu’ils entretiennent tous des liens familiaux ou professionnels… C’est un peu pareil pour la mise en scène, plus effacée que transparente, tétanisée à l’idée de faire une fausse note. Malgré tout cela, le film se laisse voir, il arrive même à être parfois touchan

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Gaby Baby Doll

ECRANS | De Sophie Letourneur (Fr, 1h27) avec Lolita Chammah, Benjamin Biolay, Félix Moati…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Gaby Baby Doll

Qu’est-il arrivé à Sophie Letourneur ? Depuis son prometteur La Vie au Ranch, elle s’est enfermée dans un cinéma de plus en plus autarcique et régressif. Les Coquillettes sentait le truc potache vite fait mal fait, un film pour happy few où la blague principale consistait à reconnaître les critiques cinéma parisiens dans leurs propres rôles de festivaliers traînant en soirées. Gaby Baby Doll, à l’inverse, choisit une forme rigoureuse, presque topographique, reposant sur la répétition des lieux, des actions et des plans, pour raconter… pas grand-chose. Car cette love story campagnarde longuement différée entre un ermite barbu et épris de solitude (Biolay, égal à lui-même) et une Parisienne qui ne supporte pas de passer ses nuits seule (Lolita Chammah, plutôt exaspérante) est pour le moins inconsistante. Letourneur semble parodier la forme de la comédie rohmerienne en la ramenant sur un territoire superficiel et futi

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L'amour à la française

MUSIQUES | Revenue au sommet sous l'impulsion de Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, cette délicate pâte à modeler, retrouve son Pygmalion le temps d'une paire de concerts avec l'orchestre du CRR de Lyon. Un événement "made in" Nuits de Fourvière. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

L'amour à la française

Plus de vingt-cinq ans que Vanessa Paradis navigue dans le monde de la chanson française, sous-catégorie variété haut de gamme. Une longévité remarquable pour celle qui n’écrit pas (ou si peu) ses morceaux : le pari, risqué, la rend dépendante d’autres. Mais ce serait sans compter sur ce mystère qui lui permet de subtilement diffuser sa sève, pour que les disques qu’on lui écrit semblent venir directement d’elle. Normal, puisqu’elle s’est souvent associée à des auteurs-compositeurs de renom, principalement des hommes, avec lesquels il lui est arrivée d'entretenir une relation plus que professionnelle – fut-elle amicale ou amoureuse. Serge Gainsbourg en 1990 pour le moins cul-cul qu’il n’y paraît Variations sur le même t’aime, Lenny Kravitz en 1992 pour l’envoûtant (et tout en anglais) Vanessa Paradis, ou encore Matthieu Chédid et quelques autres musiciens de la même veine en 2000 pour l’écrin Bliss 

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Benjamin Biolay

MUSIQUES | «À Lyon, déclarait Benjamin Biolay dans une interview aux Inrocks en juin 2011, je suis devenu un homme». Ce qui explique inévitablement l'attachement du (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 septembre 2012

Benjamin Biolay

«À Lyon, déclarait Benjamin Biolay dans une interview aux Inrocks en juin 2011, je suis devenu un homme». Ce qui explique inévitablement l'attachement du Caladois à la ville à laquelle il consacra le titre Lyon Presqu'île sur son album La Superbe. Lui qui affirme qu'il ne pourra jamais jouer à Saint-Étienne – sans qu'on sache trop s'il fait allusion à une éventuelle carrière de footballeur – revient en revanche régulièrement dans la ville de son cœur. Ou au moins, juste à côté, à Villeurbanne, au Transbordeur, où il se produira mercredi 22 mai prochain pour présenter Vengeance, son nouvel album à venir le 5 novembre prochain, qu'on espère terrible. Benjamin Biolay - BB#1 par naiverecords

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Young folk

MUSIQUES | Coqueluche lyonnaise depuis près de deux ans, Ronan Siri sort enfin son premier disque, "To be twin sides", un EP 6 titres qui témoigne de la belle évolution musicale de ce musicien autodidacte et annonce le meilleur pour l'album à venir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 janvier 2012

Young folk

Il y a quelques jours, Ronan Siri a posté sur le net une reprise d'Heart of gold de Neil Young. Un événement considérable quand on songe qu'il y a encore quelques temps, on moquait gentiment lors d'une discussion informelle le jeune musicien lyonnais, fan de Bon Iver ou Ray Lamontagne, qui avouait mal connaître ses classiques, dont Neil Young. La preuve s'il en fallait une que sa trajectoire de météorite n'a pas empiété sur l'évolution musicale du bonhomme. Tout commence avec l'envoi d'un morceau pour un concours musical comme il y en a des centaines, sauf que le prix est un peu particulier : «Ma maquette a été sélectionnée parmi 80 autres et j'ai gagné le droit de faire la première partie de Benjamin Biolay.». La fée Biolay flaire le talent et le prend alors sous son aile mais sans l'étouffer, sans même qu'une éventuelle collaboration ne soit envisagée comme c'est souvent le cas avec ce compositeur-producteur : «Benjamin", argumente Stéphane Thien, directeur artistique de BeMyEvents, éditeur et ange gardien du jeune musicien, "est conscient que Ronan a suffisamment de talent pour voler de ses propres ailes. Il sent un potentiel musical tel qu'il

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Pourquoi tu pleures ?

ECRANS | De Katia Lewkowicz (Fr, 1h39) avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole Garcia…

Christophe Chabert | Mardi 7 juin 2011

Pourquoi tu pleures ?

Avant qu’il ne s’enfonce dans une énième chronique des atermoiements amoureux, il y a une bonne idée dans Pourquoi tu pleures ? : raconter les dernières heures de célibat de son héros (Benjamin Biolay, autour de qui le film a manifestement été conçu) comme un labyrinthe kafkaïen dont nous serions, comme lui, les témoins passifs et incrédules. Une nuit d’ivresse, des Israëliens qu’on conduit dans un appartement surpeuplé et une absente, Anna, dont on ne sait ni où elle est, ni qui elle est. Bien sûr, Lewkowicz doit à un moment clarifier les choses, et le petit charme du film s’envole, laissant la place à une galerie de personnages colorés mais antipathiques digne du pire Klapisch. Les acteurs font alors ce qu’ils veulent, la caméra aussi, et le montage tente de mettre en ordre ce grand foutoir moyennement accueillant, qui fait appel au vécu du spectateur plutôt que de soigner pour lui ses effets (comiques, notamment) et sa direction artistique (décors tristes de quotidienneté, mixage incohérent). Beaucoup d’intentions, peu de réalisation : un travers très français. Christophe Chabert

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Qui a envie d'être aimé ?

ECRANS | D’Anne Giafferi (Fr, 1h29) avec Éric Caravaca, Arly Jover, Benjamin Biolay…

Christophe Chabert | Mardi 1 février 2011

Qui a envie d'être aimé ?

La semaine du triomphe annoncé de "Des hommes et des dieux" aux Césars sort "Qui a envie d’être aimé ?", et le cinéma français franchit un pas supplémentaire dans le choix de la religion contre le politique. Un signe des temps que l’on ne se résout pas à accepter docilement. Comme le film de Beauvois, celui de Giafferi soigne l’emballage : le casting est intelligent (notamment les seconds rôles de Biolay et Bidaud), le scénario et les dialogues se tiennent, et la réalisation est proprette. Mais sur le fond, c’est une autre paire de manches… La crise existentielle de l’avocat Caravaca est résolue non par un deus ex-machina, mais par une révélation au sein d’un groupe de parole catholique. Pas d’illumination ou de conversion spectaculaire ; le film vend une approche light de la religion telle que l’Église la markette depuis la fin du XXe siècle : cool, tolérante, un peu ringarde mais ouverte, porteuse de bienfait pour soi et inoffensive pour autrui. Les intolérants, ce sont ceux qui ne comprennent ni n’acceptent ce choix. La conclusion, édifiante de prosélytisme et sans la moindre trace d’ironie, légitime totalement le parcours de son personnage. Il était malade, il est maintenant

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Benjamin Biolay

MUSIQUES | De retour dans sa Villefranche natale pour un concert exceptionnel le 11 décembre, Benjamin Biolay garde aussi un lien pérenne avec Lyon, ses collines et ses quais comme intarissable source d’inspiration. SL

Dorotée Aznar | Dimanche 5 décembre 2010

Benjamin Biolay

Petit Bulletin : Quels étaient vos «spots culturels» de prédilection à l’époque où vous étiez étudiant au Conservatoire de Lyon ?Benjamin Biolay : Je fréquentais beaucoup l’Opéra, la Maison de la Danse et l’Auditorium, même si je le trouve hideux. J’allais aussi à la Bourse du Travail pour les concerts, au Transbordeur et dans des petits clubs comme le Bistroy, qui a malheureusement disparu. Mais il y a pas mal de beaux endroits à Lyon pour la culture. Dans votre chanson Lyon Presqu’île, vous dites «c’est comme si j’étais parti hier», mais en l’occurrence le bout de la presqu’île s’est complètement métamorphosé depuis votre départ. Avez-vous eu l’occasion de découvrir le quartier Confluences, cette architecture radicalement nouvelle à Lyon ?Oui, et je trouve ça plutôt réussi, même si ça a été un choc pour moi qui suis plus porté sur les vieilles pierres. J’aime mieux les quais de Saône et les quartiers Renaissance, mais je trouve la politique d’aménagement de la ville très audacieuse depuis quelques années. Quels sont les monuments, l’architecture qui vous touche personnellement ?Étant plus ému par l’ancien, j’aime beaucoup les ponts et les

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La Meute

ECRANS | De Franck Richard (Fr-Belg, 1h25) avec Émilie Dequenne, Benjamin Biolay, Yolande Moreau…

Christophe Chabert | Mardi 21 septembre 2010

La Meute

Les vingt premières minutes de "La Meute" sont encourageantes : ambiance trou du cul du monde réussie, dialogues percutants à la Bernie Bonvoisin, casting à contre-emploi efficace. On nage alors dans une comédie très noire, qui s’arrête net avec l’irruption de l’horreur et du fantastique. Le film n’a alors plus grand-chose à raconter, sinon les lieux communs du genre — des monstres dégueux, des humains obligés de se liguer pour lutter contre la menace comme dans certains Hawks. Étrange sensation d’une série B partie en trombe et qui tombe en panne sèche dès son premier tiers, se contentant alors de remplir pour remplir, sans espoir de retour. CC

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Le Superbe

MUSIQUES | Album / Il faut un certain culot pour intituler son album La Superbe quand on a déjà une réputation d’imbuvable qui pète plus haut que son cul et crache sur (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

Le Superbe

Album / Il faut un certain culot pour intituler son album La Superbe quand on a déjà une réputation d’imbuvable qui pète plus haut que son cul et crache sur les copains. Ou pour ouvrir cet album d’un titre éponyme à la grandiloquence entretenue. Il faut ne pas avoir peur d’offrir son flanc au sacrifice de l’éreintement de la critique. Mais en martelant en guise de refrain désabusé «on la perd, on la gagne, la superbe», ce Benjamin Biolay à l’inspiration et aux humeurs en montagnes russes, sait de quoi il parle et retrouve la sienne, de superbe. Et comme tous ceux qui connaissent des pannes d’inspiration, quand il la retrouve, il lâche les vannes, les rênes et les violons. Pas vraiment freiné musicalement par son nouveau label Naïve, Biolay a fait tout ce qu’il a voulu et voulu tout et son contraire. Ca donne ce morceau d’ouverture, donc, La Superbe, qui nous réconcilie avec cette vieille lune fade qu’est devenu le trip-hop et ouvre les choses en grand. Album de variété au sens propre du terme, d’influence hip-hop comme pop (Prenons Le Large, très New Order, ou Reviens-mon amour patiné Smiths), La Superbe est un album roboratif mais jamais étouffan

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L’Impossible Monsieur B.B.

MUSIQUES | Portrait / Ex-petit génie ramenard revenu de tout, Benjamin Biolay a toujours agacé autant qu’impressionné. Mais avec La Superbe, album déprimé et grandiose doublement récompensé aux Victoires de la Musique, Biolay a retrouvé la sienne. Ou quand le talent s’illumine à mesure que l’homme s’assombrit. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

L’Impossible Monsieur B.B.

Livrons nous à un petit sondage, puisque c’est à la mode. «Si vous deviez, à l’aide d’une citation, définir au plus près Benjamin Biolay diriez-vous comme Michel Audiard : «Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît» ou comme Jonathan Swift : «Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui». Il y a fort à parier que le résultat d’une telle enquête d’opinion frôlerait le 50-50, dévoilant la réalité d’un chanteur détesté par tous ceux qui ne l’adorent pas. Con génial ou génie déconnant, la réalité de Biolay, pourtant, se trouve sans doute à mi-chemin de la punchline des Tontons Flingueurs et de l’aphorisme du père de Gulliver, fruit de l’agacement dont le chanteur fait régulièrement l’objet et de la reconnaissance artistique sans cesse renouvelée dont il bénéficie depuis sa première Victoire de la Musique en 2002. Adoubé Chevalier des Arts et des Lettres en 2004, Biolay a eu contre lui d’être aussi un paladin du mot cru asséné comme un coup d’épée, fut-ce mal ajusté, fut-ce dans l’eau croupie de la rancœur, comme dans une fameuse interview à Technikart en 2007. Un Gulliver

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Beau, oui, comme Biolay

MUSIQUES | Disco / De disques ambitieux en albums personnels, la trajectoire de Benjamin Biolay à travers sa musique.

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

Beau, oui, comme Biolay

"Rose Kennedy" (2001)Disque inaugural et album concept autour du clan Kennedy. Biolay y donne des indices de ses élans fitzgéraldiens (John comme Francis Scott) : sa fascination pour la grandeur et pour la décadence qui la suit comme son ombre. Encore un peu lisse mais déjà compositeur et arrangeur de premier ordre. "Négatif" (2003)Un temps pensé comme un double album et sorti comme tel en édition limité. Biolay pousse le bouchon orchestral encore plus loin, tout en explorant son côté folk (il sample la Carter Family, parangon du dépouillement) et en rêvant toujours d’Amérique. "Home" (2004)BB rentre à la maison avec ce disque de folk domestique en duo avec sa femme d’alors, Chiara Mastroianni. Écrit sur la route et enregistré dans le cocon familial, "Home" est l’album du bonheur conjugal simple. Chiara y joue les Françoise Hardy folk pour un Biolay si enamouré qu’il laisse de côté la déco parfois pensante dont il est friand. "À l’origine" (2005)Étiqueté singe savant pop, Biolay montre ici qu’il n’est pas qu’un accordeur de violons, un arrondisseur d’angles un peu morts. Enhardi par l’influence de plus en plus manifeste du hip-hop,

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Dans ta face

MUSIQUES | Quoi qu’on pense des «sorties» de Biolay, il faut lui reconnaître un certain sens de la formule. Florilège. Technikart, juillet-août 2007 :«Le pire, (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

Dans ta face

Quoi qu’on pense des «sorties» de Biolay, il faut lui reconnaître un certain sens de la formule. Florilège. Technikart, juillet-août 2007 :«Le pire, c'est Bénabar. (…) Je comprends pas comment on peut avoir envie d'être ce gars là. /…/ Tu te fantasmes pas en mec habillé en fonctionnaire des postes qui te dit : «tiens on va se faire livrer une pizza». /…/ La chanson française me débecte ! Tu prends le métro, tu vois des affiches pour des Fabien Martin et des Martin Fabien qui ont tous la même tête...».  Le Figaro, 20 octobre 2009, à propos de l’interview de 2007 dans Technikart :«C’est ma croix. Il faut l'avoir fait une fois dans sa vie pour ne jamais retourner à une interview ivre mort». Le Nouvel Obs’, 15 octobre 2009 :«Polnareff ? Un débile mental... En plus, je le trouve bidon. On dirait Philippe Lucas».«Jean-Louis Murat me fait penser à Leonard Cohen. Hélas, les gens ne le voient pas comme le grand chanteur qu'il est, mais seulement comme le bon client qui débine tout le monde à la télé. Katerine est un chanteur raffiné que j'admire. Pour se faire reconnaître par le grand publi

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Stella

ECRANS | De Sylvie Verheyde (Fr, 1h43) avec Léora Barbara, Karole Rocher, Benjamin Biolay…

Christophe Chabert | Mercredi 5 novembre 2008

Stella

Fille de deux tenanciers de café, Stella intègre un collège bourgeois à Paris dans les années 80. Pour évoquer cette époque et ce contraste, Sylvie Verheyde choisit le registre attendu de la chronique autobiographique dans ce qui ressemble à un épisode inédit de la série Tous les garçons et les filles de leur âge. On en retrouve les figures imposées : les profs archétypaux, les boums, l’amitié compliquée, les relations avec (et entre) les parents… Si le film sonne juste, il sonne aussi assez creux — une fois de plus, faire les étonnés serait d’une grande mauvaise foi critique. Il faut cependant saluer la qualité et l’intelligence du casting : des gueules, des corps et des voix authentiques, notamment la trop rare Karole Rocher, un Benjamin Biolay bien meilleur que dans Didine et Guillaume Depardieu, bloc de douleur et de tendresse, à la présence très émouvante. CC

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Initiales BB

MUSIQUES | Benjamin Biolay, chanteur et musicien, brouille les pistes et brise son image, tout en livrant le meilleur de sa musique avec un album fulgurant, Trash Yéyé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 31 octobre 2007

Initiales BB

Une vilaine rumeur circule depuis des semaines sur Internet. Une indiscrétion qui gonfle et finit par prendre toute la place. Du genre petit secret dont l'intéressé ne se glorifie pas même s'il a, ces derniers temps, beaucoup paru dans les media. D'ici à ce que cet article paraisse, cette rumeur sera officielle ou aura été démentie par les faits ; autant dès lors la livrer au conditionnel : Benjamin Biolay aurait accepté de faire partie du jury de la Star Academy. En soit, ce n'est pas un événement, et n'influe pas directement sur sa prestation très attendue au Ninkasi Kao - le concert est maintenu, quoi qu'il arrive. Cela ne mériterait même pas d'y prêter attention si, justement, l'ami Benjamin Biolay n'avait sorti le mois dernier son meilleur album, l'impressionnant et (dé)culotté Trash Yéyé. Car on ne peut s'empêcher de voir dans la corrélation entre les éruptions sexuelles et impudiques qui fournissent le moteur des textes et ce choix étrange d'aller siéger en prime time dans un jury d'ouverture aux côtés de Raphaëlle Ricci et Kamel Ouali un même désir de provocation. Non pas casser son image, mais la tordre dans tous les sens, la chiffonner et la jeter à la poubelle, pour qu'e

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