Les 20 concerts qui feront le printemps

Bons Plans | Avec le grand retour des internationaux et un nombre invraisemblable de reports, le printemps 2022 déborde de concerts prometteurs et/ou attendus. Revue d'effectifs forcément très sélective et un peu subjective.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Photo : DR / Big Thief


Johnny Mafia

Sens – c'est dans l'Yonne – n'est pas à proprement parler connue pour être la capitale du punk – ça se saurait, ou alors on a sauté quelques pages du Dictionnaire du rock. Et pourtant, pourtant, Johnny Mafia pourrait avoir tendance à nous prouver le contraire le temps de quelques saillies de deux minutes douche comprise, de quelques refrains expédiés comme une envie de pisser. Car il y a chez ces quatre gars rencontrés au lycée une certaine facilité à trousser des tubes pour mieux les détrousser ensuite. Sens dessus dessous, en quelque sorte.

Au Périscope le vendredi 14 janvier


Big Thief

En 2019, Big Thief avait retourné le petit monde indie-rock avec pas moins de deux albums, Two Hands et U.F.O.F. qui avaient gentiment trusté les bilans de fin d'année. Dans la foulée, en février 2020, le groupe d'Arianne Lenker était montée sur la scène de L'Épicerie Moderne, à peine un mois avant que le monde s'arrête. Loin de chômer dans la période, Big Thief s'est amusé à livrer une série d'EP sur lesquels à chaque publication il ajoutait un titre supplémentaire, belle manière de ménager le suspense autour du prochain album du groupe Dragon New Warm Mountain I Believe In You, disponible début février, qui sent bon l'Americana alternative et pour lequel il revient au Transbordeur..

Au Transbordeur le lundi 7 février


Arandel & Quatuor Emana

Après un passage aux Nuits de Fourvière et une tournée quelque peu perturbée par qui vous savez, c'est la première d'Arandel dans une salle lyonnaise avec son (ses : il y a deux volumes) InBach, cette relecture libre et étonnante de Jean-Seb' Bach par cet électronicien pas comme les autres. Il y sera accompagné de ses complices Flore et Émilie Dautricourt, ainsi que du Quatuor Emana, habitué de cet Opéra Underground qui l'accueille en majesté.

À l'Opéra underground le samedi 12 février


Benjamin Biolay avec l'ONL

Il a beau le faire souvent – on dira ce qu'on voudra mais ce type sait d'où il vient –, chaque fois que Benjamin Biolay joue à Lyon c'est un événement, le retour du fils prodigue. Il n'y a qu'à voir ses passages à Fourvière qui ont souvent des allures de couronnement. Alors quand est faite la promesse d'une collaboration à l'Auditorium accompagné de l'ONL, c'est carrément le triomphe romain qui s'annonce. Pas question de bouder la chose tant, qui plus est, les partitions de Biolay sont faites pour êtres placées entre les doigts experts d'orchestres symphoniques.

À L'Auditorium le vendredi 18 et le samedi 19 février


La Colonie de Vacances

Ce n'est pas vraiment la saison mais revoilà La Colonie de Vacances, sans doute le plus fracassant projet rock vu ces dernières années. Soit un projet quadriphonique en forme de super-groupe initié par quatre formations rock : Papier Tigre, Bleu, Electric Electric et Marvin. Quatre groupes en quinconce et le public au milieu, encerclé. Une expérience sonore qui, de l'avis des intéressés, est aussi une expérience sociale. Et physique. Et tout ce qu'on veut.

À L'Épicerie Moderne le vendredi 23 février


Idles

Les fines gueules du rock indé ont tendance à considérer Idles comme le meilleur groupe british de cette dernière poignée d'années – peut-être à égalité avec les zinzins de l'espace de Sleaford Mods. Difficile de leur donner tort. Peu de groupes ont su matérialiser avec autant de justesse le désarroi contemporain (anglais, masculin...) tout en défendant des principes dépassant de loin la musique. Le tout en publiant un album, terrible et impeccable, presque chaque année depuis 2017. Crawl, leur dernière bombe explore l'angoisse d'exister et son pendant, l'envie de vivre. Rendez-vous au Transbordeur pour la leçon de vie.

Au Transbordeur le mercredi 2 mars (complet)


Damon Albarn

L'histoire d'amour entre Damon Albarn et l'Islande était connue. Elle avait commencé lors d'enregistrements de Blur sur l'île de glace et Albarn y avait fait l'acquisition d'une demeure-studio avec vue sur la baie de Reykjavik et même d'un coffee shop. Le voici qui a, enfin, matérialisé musicalement l'affaire cette année – la sortie en fut maintes fois repoussée – avec The Nearer the fountain more pure the streams flow, splendide exercice albarnien imprégné de la si particulière atmosphère locale. Surtout Mr Blur vient aussi présenter cet exercice singulier dans une très attendue version live.

À L'Auditorium le dimanche 6 mars


Fuzz

Fuzz c'est un peu la version "lait concentré" de tout ce que le revival garage rock a livré depuis dix à quinze ans sur la scène indé : un son garage, des envolées psyché, des dérapages stoner et beaucoup de fuzz, forcément. Pas étonnant, l'affaire est menée de main de maître par l'un des papes du garage – et accessoirement réincarnation californienne à T-shirt troué du sieur Stakhanov – Ty Segall dont Fuzz est l'un des projets récréatifs. Quant à la discographie du groupe, leurs albums s'intitulent Fuzz, II et III, à la manière des vénérables aînés de Led Zep. Prévoir des bouchons d'oreilles homologués par l'Association des amis du marteau-burineur.

À L'Épicerie Moderne le lundi 7 mars


Mendelson

Comme Sheila tous les dix ans, le Mendelson de Pascal Bouaziz vient de se lancer dans une tournée d'adieu. Mais pour le groupe, c'est la bonne. Mendelson a fait les choses bien en suivant les conseils de pub de prévention obsèques, histoire de ne pas prendre les fans par surprise. Et publié un disque baptisé Le dernier album, en forme de testament. L'histoire ne dit pas qui reprendra le lourd héritage de ce groupe jadis phare de feu le label Lithium (Dominique A, Françoiz Breut, Diabologum...) à l'optimisme très très pudique. Il faudra être à l'Opéra Underground pour déposer une rose.

À l'Opéra underground le vendredi 11 mars


À la ligne

Les confinements successifs n'ont guère permis à ce projet de tourner. Le voilà enfin à Lyon et c'est heureux parce que c'est la promesse d'un moment rare. Celui de voir porté sur scène et en version rock, un roman important. Enfin, un roman, plutôt un long poème sur la condition ouvrière écrit par le regretté Joseph Ponthus – il est décédé il y a un an – sur ses expériences en usine agroalimentaire. Aux manettes, deux musiciens que cette approche tourne forcément : Michel Cloup (ex-Diabologum et Expérience) et Pascal Bouaziz (Mendelson). Indispensable.

À L'Épicerie Moderne le jeudi 10 février


Other Lives

On a découvert Other Lives il y a dix ans déjà avec l'album Tamer Animals (dont une réédition anniversaire a vu le jour en 2021) et surtout le clip insensé d'un titre qui ne l'est pas moins For 12, rejouant 2001, L'Odyssée de l'espace en mode Mission to Mars. On découvrait alors la dégaine façon Capitaine Caverne de Jessie Tabish et cette espèce de post-folk psychédélique impitchable – outre le fait de dire qu'il est totalement hypnotique et qu'il pioche autant dans le western que chez Ravel ou Glass. Depuis, le groupe a publié deux autres albums studio sublimes. Sur scène, c'est épique à souhait.

À L'Epicerie Moderne le vendredi 18 mars


Lloyd Cole

Quatre ans après sa tournée dite de l'âge d'or autour d'un répertoire courant de 1983 à 1996 pour des relectures délicieuses en solo à la guitare acoustique, Lloyd Cole revient sur scène, toujours seul avec sa guitare, mais en élargissant la période passée en revue. Intitulé From Rattlesnakes to Guesswork, le show court de ses débuts avec les Commotions jusqu'à son dernier album, Guesswork, donc. Extension relativement anecdotique puisque ce que le public attend logiquement ce sont les tubes des premières années. Gageons qu'ils constitueront malgré tout la majeure partie de la soirée.

À la Salle Molière le samedi 26 mars


Jean-Louis Murat

Fut un temps où Murat était un peu boudé par les salles lyonnaises à cause de cette légendaire bonne humeur dont il avait une fâcheuse tendance à éclabousser tout le monde. Depuis quelques années, il a trouvé dans le Radiant (et aussi le Toboggan) le gîte et le couvert pour ses passages métronomiques, calés sur son rythme de publication. Et comme il vient de livrer avec La Vraie vie de John Buck, son énième album (on ne compte plus) pour un énième retour aux sources (idem) le revoilà à la poursuite de son (presque) Never ending tour.

Au Radiant-Bellevue le mercredi 30 mars


The Limiñanas

En dépit de leur passion pour la liberté et les collaborations freestyle, on n'attendait guère les Limiñanas sur le terrain électro. Ils ont pourtant publié l'an dernier un disque avec Laurent Garnier, un concept album façon road-movie baptisé De Pelicula où les psychédélismes de chacun fusionnent en une matière tout sauf artificielle – où l'on reconnaît peut-être davantage les Limiñanas que Garnier, suffisamment subtil pour ne pas avoir agité ses beats dans tous les sens. La tournée se fait sans lui mais bien autour de ce disque passionnant.

Au Transbordeur le mercredi 30 mars


Tricky

Au sortir du premier confinement le prince des ténèbres trip-hop Tricky avait déclaré qu'il pourrait bien devenir fou si on l'empêchait de se produire en concert. Car c'est là, dans ses shows asphyxiants que l'homme de Bristol trouve paradoxalement son oxygène façon Frank Booth dans le Blue Velvet de David Lynch. Comme le karma(coma) de Tricky, cet as de la musique de confinement est particulier, il n'a pas pu mener à bien la tournée prévue notamment l'automne dernier, celle de son Fall into pieces, album consacré au décès de sa fille Mina à l'âge de 24 ans. Voici donc la partie remise ce printemps. Enfin un peu d'air.

Au Ninkasi Kao le mercredi 20 avril


Rodrigo Amarante

Il a fallu attendre un moment avant que Rodrigo Amarante, révélation folk brésilienne de 2014, ne donne suite à son splendide Cavalo – suivi d'un non moins splendide concert à L'Épicerie Moderne. Sept ans exactement – entre-temps, il signait le morceau phare de la BO de la série Narcos – puisque Drama n'est sorti qu'en 2021. Où l'on retrouve ce mélange de folk et de bossa, toujours mis en perspective par le travail de l'ancien sorcier anti-folk Noah Georgeson, également vu aux côtés des Strokes, amis d'Amarante. On songe d'ailleurs parfois à une version de ces derniers en mode "team des fatigués" – c'est dire la coolitude extrême. Double bonne nouvelle, le revoici aussi sur scène.

À L'Epicerie Moderne le samedi 23 avril


Iggy Pop

Ce qu'il y a de bien avec le Pop c'est qu'il se conserve tellement bien que même à son âge (bientôt 75 ans), il peut repousser une tournée de deux ans sans qu'il n'y paraisse (sauf pour les fans qui attendent en se grignotant les ongles). Voilà donc "le Passenger" de passage dans la très clinquante Salle 3000, toujours encline à s'encanailler avec un concert de rock. L'occasion de découvrir sur scène son fort bien nommé Free de 2019.

À la Salle 3000 le lundi 2 mai


Teenage Fanclub

Comme pour Iggy Pop, il aura fallu attendre deux ans (si Omicron ne vient pas tout foutre en l'air) pour enfin voir Teenage Fanclub sur la scène de L'Épicerie Moderne qui leur était promise. Ça n'a pas l'air comme ça mais TFC est un monument, un genre d'équivalent écossais et moderne des Byrds dont la métamorphose musicale fut spectaculaire : concurrents directs du grunge avec une noise dessalée au début des 90's s'adoucissant au fil des disques (Thirteen, 1993, merveille), avant de publier, en 1995, l'un des albums phares de la période brit-pop, Grand Prix et de poursuivre dans une veine plutôt douce et mélodique à la Byrds/Big Star. L'un des événements de la saison.

À L'Epicerie Moderne le mercredi 4 mai


Adam Green

Adam Green est toujours aussi surprenant. Prenons son dernier single : Red Copper Room que sa tonalité yiddish fait sonner comme un mélange de la danse de Rabbi Jacob et d'un tube du chanteur pour enfant américain Barry Louis Polisar – qui ouvrait la BO de Juno. Le tout en 1'54'' un peu chiche qui a le mérite de prouver que l'ancien co-leader des Moldy Peaches est toujours aussi porté sur les formats ultra-courts. C'est sans doute ce qui lui permet d'avoir développé une invraisemblable collection de perles de crooning folk au long d'une carrière solo riche comme Crésus où il s'est à peu près tout permis. Plutôt rare dans notre périmètre, il nous gratifie d'un concert lyonnais dans le cadre de la bien-nommée tournée That Fucking Feeling.

À L'Epicerie Moderne le lundi 16 mai


Les Shériff

Aah, les Shériff, toute une époque, l'âge d'or du rock alternos à tendance punk. Les Shériff, fondés en 1984 à Montpellier, c'est un peu un mélange frenchie des Ramones et des Dickies, du punk-rock, joué pied au plancher façon « j'ai pas le time », des concerts de près de quarante titres et des albums cultes comme 3, 2, 1... Zero ! ou Soleil de plomb. Séparés en 1999, le groupe s'est reformé un peu par hasard en 2012 et vit, depuis, une seconde carrière qui l'a vu passer au Hellfest en 2018 et publier un album en 2021 : Grand Bombardement Tardif. Séquence nostalgie garantie.

Au Ninkasi Kao le mercredi 1er juin

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Pop | Ils devaient jouer à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière : Damon Albarn et Thom Yorke ont tous deux reportés leurs dates respectives en avril et juillet 2021.

Sébastien Broquet | Vendredi 22 mai 2020

Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Les fondus de pop anglaise des 90's seront soulagés : le leader de Blur et celui de Radiohead feront bien halte à Lyon. Pas cette année, on l'a bien compris, qui restera comme une sorte de vide intersidéral en terme de spectacle vivant, mais en 2021, puisque tous deux reportent leurs dates respectivement prévues à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière à l'année prochaine. Ce qui relève du tour de force de la part des organisateurs pour des artistes de ce calibre ayant des agendas surchargés longtemps à l'avance. Alors bien sûr, on dit brit pop, mais tous deux viennent en solo et leurs parcours ont largement explosé les frontières d'un seul genre, Damon Albarn travaillant entre autre beaucoup autour des musiques africaines et de l'opéra, Thom Yorke ne s'étant lui jamais vraiment remis de l'écoute des disques de Warp Records. Commençons par ce dernier, vu récemment au Transbordeur : il revient aux Nuits de Fourvière le mercredi 7 juillet 2021, au grand théâtre bien

Continuer à lire

Big Thief : beauté volée

Indie Pop | Révélation indie-pop 2019 avec les acclamés UFOF et Two Hands, Big Thief s'avance comme un ovni au charme trouble et bancal. À découvrir d'urgence sur la scène de l'Épicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 février 2020

Big Thief : beauté volée

On sait combien l'exercice du classement de fin d'année est convenu, aléatoire et souvent pénible. Drapé dans sa noblesse et son plus bel air de ne pas y toucher, l'amateur de musique s'y adonne pourtant volontiers car le goût des listes – (re)lire le High Fidelity de Nick Hornby pour s'en convaincre – est pour ainsi dire constitutif du pop cultureux. Il faut parfois reconnaître que ces classements dessinent des tendances fortes, font émerger comme par réaction chimique des évidences remontées à la surface. En les épluchant nonchalamment – juste comme ça, pour voir, hein, et aussi un peu pour se comparer –, on ne cessait d'y buter sur un nom : Big Thief, invariablement cité, parfois au titre d'un disque baptisé Two Hands, d'autres fois pour un certain UFOF. Souvent les deux. On découvrait alors un groupe qui venait de publier deux des dix meilleurs albums de l'année. "Découvrait" car on était passé à côté de leurs deux premiers LP, le déjà bien nommé Masterpiece (2016) –

Continuer à lire

Iggy Pop à Lyon en avril

Stooges | Increvable Iguane ! Quand la plupart de ses contemporains ont passé l'arme à gauche ou sont artistiquement rôtis, Iggy Pop est toujours aussi vaillant, (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Iggy Pop à Lyon en avril

Increvable Iguane ! Quand la plupart de ses contemporains ont passé l'arme à gauche ou sont artistiquement rôtis, Iggy Pop est toujours aussi vaillant, qui alterne entre sagesse bouddhique tongue-in-cheek (se souvenir de ses hilarants témoignages thé à la main dans le documentaire que consacra Jim Jarmusch aux Stooges) et sauvagerie musculeuse. Quand on pensait que son dernier disque Post pop depression s'avançait comme un testament, le Pop livrait cette année le flamboyant et exigeant Free où rugit mieux que jamais ou presque sa voix de crooner démâté, énième preuve que cet ancien grand allumé a décidément survécu à tous et à tout (se permettant même de faire réaliser un clip par Mac DeMarco qui pourrait être son petit fils). Eh bien le voilà en tournée et de passage à Lyon, en pompe gigantesque : à l'Amphi 3000 il livrera le 3 avril un set acoustique à la couleur très jazz raccord avec l'ambition esthétique de Free, justement. On vous dirait bien que c'est la

Continuer à lire

Une saison 2019/2020 allant de Bach à Damon Albarn

Auditorium | L'Auditorium poursuit sa mue vers les musiques contemporaines, multipliant ses ouvertures vers les domaines des musiques du monde, de la pop, ou encore de la musique classique contemporaine en s'associant, par exemple, au compositeur australien Brett Dean.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Une saison 2019/2020 allant de Bach à Damon Albarn

Quelques changements en douceur à l'Auditorium et pour l'Orchestre National de Lyon... En 2019, le chef danois Nikolaj Szeps-Znaider a succédé à Leonard Slatkin à la direction de l'ONL, et donnera cette saison quatre concerts à Lyon (dont un concert d'ouverture qui comprend les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss, sommet d'émotion lyrique). L'Auditorium s'entoure aussi de plusieurs artistes associés : le chef Ben Glassberg (qui dirigera l'ONL pour le plus beau et le plus épuré des Requiem, celui de Gabriel Fauré), le pianiste lyonnais Jean-Yves Thibaudet (pour, notamment, une œuvre d'Olivier Messiaen, la Turangalîla-Symphonie, compositeur trop rarement interprété à notre goût), et le compositeur australien Brett Dean qui présentera six de ses pièces : des compositions souvent inspirées par l'actualité (politique, écologique...) aux paysages sonores très dynamiques, voire explosifs ! Quelques points d'orgue

Continuer à lire

Bruit Noir, outre-noir

Rock | Toujours pas guéri d'une sociopathie hautement justifiée, Pascal Bouaziz, leader de Mendelson, remet avec son compère Jean-Michel Pirès, le couvert de Bruit Noir. Qui coupe une nouvelle fois le monde en tranches pour en faire l'autopsie radicale, drôle et désespérée. Mais jamais tout à fait désespérante.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mars 2019

Bruit Noir, outre-noir

À la fin d'un disque de Pascal Bouaziz, flotte toujours dans l'air cette question qui est encore du Pascal Bouaziz, comme le silence d'après-Mozart est encore du Mozart : que va-t-il bien pouvoir faire après ça ? Jusqu'où va-t-il pouvoir aller maintenant qu'il a poussé les murs des ruines du rêve occidental dans des retranchements derniers qui sont autant de tranchées infranchissables ? On lui avait posé la question après Mendelson, disque somme sorti en 2013. À cette question en suspens, Bouaziz avait répondu indirectement mais franchement – et en plusieurs temps – avec Bruit Noir I/III, projet mené avec et à l'initiative de "Mitch" Pirès (NLF3, The Married Monk), son album solo Haïkus et le

Continuer à lire

Comment ça va avec la douleur ? : "Rester vivant - méthode"

Aïe ! | de Erik Lieshout (P-B, 1h10) avec Iggy Pop, Michel Houellebecq, Robert Combas…

Vincent Raymond | Lundi 14 mai 2018

Comment ça va avec la douleur ? :

De la douleur surmontée naît la création poétique. Tel est le postulat de l’essai signé par Michel Houellebecq en 1991, Rester vivant, méthode. Un bréviaire dont fait ici son miel Iggy Pop, jadis réputé pour ses performances scéniques limites conjuguant scarifications et auto-mutilations diverses. En vénérable pré-punk apaisé, l’Iguane s’emploie à lire devant la caméra quelques stances de l’ouvrage, à les commenter à la lumière de son parcours ; croisant sa propre vie avec celle d’autres artistes aussi marqués par la souffrance que lui. On y découvre les écrivains écorchés Claire Bourdin et Jérôme Tessier, ainsi que le vibrionnant peintre Robert Combas, témoignant tous de leur rapport intime à la maladie — schizophrénie, dépression ou autre plaie intérieure térébrante qu’ils ont convertie en carburant créatif. Et puis il y a dans un recoin du film, à son extrémité caudale même, un certain “Vincent“, artiste reclus absorbé par un grand œuvre mystérieux. Il s’agit du seul “personnage“ fictif de ce documentaire hybride, interprété par Houellebecq en personne. Visage rongé de

Continuer à lire

Protomartyr de la cause

Rock | Dans une ville où le rock a toujours sonné différemment du reste de l'Amérique, Protomartyr fouille à grands coups de post-punk fracassant les décombres d'un Détroit économiquement rétamé. Et questionne, non sans émotion, la chute de l'Amérique toute entière dans les bras de Trump.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 avril 2018

Protomartyr de la cause

Dans le documentaire de Jim Jarmusch Gimme Danger, Iggy Pop rappelait combien le son des Stooges avait été modelé par le vacarme de l'industrie locale alors florissante, et notamment le "mega-clang" des presses industrielles de la machinerie automobile, explosant par delà les murs des usines. C'est aussi le son de Détroit, sa rumeur, que l'on entend sur les disques post-punk de Protomartyr, gang du cru, dont la totalité des membres s'est retrouvé au chômage en un claquement de doigts dans cette cité déclarée officiellement en faillite – ce qui leur a permis de se consacrer à plein au groupe. À ceci près que cette rumeur, ce son originel, résonnent bien différemment. Figurant la bande-son d'une ville où le rêve américain se serait retourné comme une crêpe avant de s'étaler sur un sol en proie au chiendent comme symbole d'une misère devenue incontrôlable. Vérité Ici, les guitares de Greg Ahee pleurent des larmes d'acier fondu, quand elles ne hurlent pas comme le corps d'un supplicié, comme le fant

Continuer à lire

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Nuits de Fourvière | Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en Californie et régulièrement interprétée depuis. Écrite pour 35 musiciens, potentiellement plus ou moins, elle est particulière dans le sens où elle laisse une grande liberté d'improvisation : elle est composée de 53 motifs qui doivent être joués dans l'ordre et répétés par tous les interprètes, mais ces derniers choisissent le nombre de fois où ils répètent chacun des phrasés, et ils doivent parfois s'interrompre pour écouter l'ensemble avant de reprendre. De plus, tous les instruments sont les bienvenus. Comme une impression d'infini, d'état onirique après des heures dans un train lancé au mitan de paysages inconnus, qui influença grandement le krautrock (cf. le E2-E4 de Manuel Göttsching). À la lecture de cette introduction, l'on saisit aisément tout l'intérêt du voyage effectué sur le continent africain par cette pièce historique : comme un retour aux sources de la m

Continuer à lire

Bruit noir, si noir

MUSIQUES | Le bruit blanc, ce son qui comporte toutes les fréquences du spectre émises aléatoirement avec la même énergie est une anomalie pour l'oreille. Il est aussi (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Bruit noir, si noir

Le bruit blanc, ce son qui comporte toutes les fréquences du spectre émises aléatoirement avec la même énergie est une anomalie pour l'oreille. Il est aussi susceptible de soulager ceux que les acouphènes, ces bruits imaginaires, rendent fous. Le Bruit Noir, tel que conçu par Pascal Bouaziz et son batteur Jean-Michel Pirès (starter sinon moteur de ce projet) semble lui voué à nous soulager de la cacophonie, bien réelle, du monde. Sur un vacarme minimaliste et déboîté (batterie autiste, cuivres ivres), Bouaziz vient poser, détaché, un murmure de constats amers non dénués d'un humour plus que jamais politesse d'un désespoir abyssal (La Province). À la sortie de Mendelson (2013), terrifiant et prodigieux triple album de... Mendelson, si noir déjà, on se demandait et on lui demandait comment il pourrait aller plus avant dans la radicalité, labourer plus en profondeur ces no man's lan

Continuer à lire

Bruit Noir

MUSIQUES | Primesautier comme une usine désaffectée, Pascal Bouaziz enfonce un clou rouillé sous les ongles d'une radicalité musicale qu'on pensait atteinte avec le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Bruit Noir

Primesautier comme une usine désaffectée, Pascal Bouaziz enfonce un clou rouillé sous les ongles d'une radicalité musicale qu'on pensait atteinte avec le dernier Mendelson. Voici son nouveau projet, Bruit Noir, en forme de « Requiem pour Pascal Bouaziz ». Droit dans la tronche, mais l'humour perçant à travers le vacarme, ce trou noir du rock ne perd rien de son pouvoir d'attraction. Au Sonic, le 24 février.

Continuer à lire

Traité de Damonologie

MUSIQUES | C'est sous son propre nom et uniquement celui-ci que Damon Albarn revient fouler les pierres de Fourvière. Au menu, un album pas facile à appréhender de prime abord mais sublime comme une mise à nue. Et un concert que, connaissant l'animal, on promet à l'avenant. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Traité de Damonologie

Un quart de siècle d'activisme musical, un statut d'icône britannique et pourtant, à quarante-six ans, à l'âge où meurent les grands poètes (Wilde, Musset, Nerval, Baudelaire, Camus, Mishima, Orwell, Perec, Wallace..), l'ex-leader de Blur s'offre une seconde vie artistique, livrant son premier effort solitaire officiel. Son premier véritable album sous le nom de Damon Albarn, (enfin?) démasqué des nombreux avatars sous lesquels il a officié directement (Blur, Gorillaz, The Good The Bad & The Queen...) ou indirectement (Mali Music, les opéras Monkey : Journey to the West et Dr Dee, des BO collaboratives). Mais avec lesquels, il faut bien l'avouer, Albarn a déjà donné beaucoup de lui-même. Comme l'était Think Tank pour Blur, dont on imaginait bien qu'il n'aurait pas de suite, Everyday Robots semble être la somme de ce qui nourrit depuis toujours le musicien. Soit un petit tas de paradoxes soigneusement rangés dans un cerveau à tiroirs. Fils spirituel et quasi naturel de Terry Hall et Ray Davies, deux des plus angliches songwriters britanniques, mais aussi du Martin Amis acide et nostalgique de London Fields, le Blur

Continuer à lire

Au-dessous des volcans

MUSIQUES | Points culminants d'une édition d'A Vaulx Jazz centrée sur le piano et la voix, ce sont quatre volcans monumentaux de l'histoire musicale qui rendront A Vaulx Jazz visibles de très loin. Éruption imminente, dans un Centre Charlie Chaplin qui promet de bouillir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Au-dessous des volcans

«Un volcan s’éteint, un être s’éveille» dit le célèbre adage publicitaire. Il est pourtant des volcans qui ne s’éteignent jamais, ou plutôt continuent à faire jaillir boules de feu, laves et fumerolles bien longtemps après leur ultime éruption. C’est en tout cas ce que s’est dit cette année A Vaulx Jazz, au moment de s’atteler à une programmation qui, tout en faisant la part (très) belle aux pianistes (Craig Taborn, Robert Glasper, Sophia Domancich, Giovanni Mirabassi…) et aux voix (Sandra Nkaké, LaVelle et même Yasiin Bey/Mos Def !...) tout en continuant d’explorer des genres cousins ou non – folk, blues, funk, flamenco, électro – à coups de grands noms (Bill Frisell, Zombie Zombie, C. J. Chenier…) a décidé de se lancer dans la volcanologie musicale. Métaphoriquement s’entend. Encore que… Car les volcans en question sont bien entendu sonores – et d’ailleurs la plupart d’entre eux n’ont probablement jamais vu et encore moins bu une goutte de Volvic, de Quézac ou d'eau ferrugineuse de leur vie. Et ce sont à la fois leurs fantômes, leur souvenir et leurs ravages qu’on célébrera ici. Ils sont au nombre de quatre : Miles Davis, Nina Simone, Iggy Pop et John Zorn.

Continuer à lire

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

Continuer à lire

Mendelson - Mendelson

MUSIQUES | Sur Tout refaire, tiré de l’album Seuls au Sommet, Pascal Bouaziz chantait il y a dix ans : «Le noir c’est plus gai / Le noir c’est plus joli / Le noir (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

Mendelson - Mendelson

Sur Tout refaire, tiré de l’album Seuls au Sommet, Pascal Bouaziz chantait il y a dix ans : «Le noir c’est plus gai / Le noir c’est plus joli / Le noir empêche de voir le monde / Le monde que la lumière salit». Si l’on s’en tient à cette considération, alors Mendelson serait le plus "joli" album du monde. Car des trois disques qui le composent coule l’encre noire du côté obscur de l’existence humaine. Dès le premier titre, La Force quotidienne du Mal nous étreint et le groupe nous emmène toujours plus loin dans un voyage au cœur des ténèbres. A ceci près qu’ici les ténèbres n’empêchent aucunement de voir le monde, mais projettent sur lui un éblouissant soleil noir qui le révèle pour ce qu’il est. Loin de «tout refaire», Bouaziz et Mendelson, obsédés par l’idée de ne pas se répéter, ont tout défait, tout cassé : les formats, les genres, la notion même de chanson dont il ne reste que l’échafaudage vacillant. Ils ont brûlé la terre pour fouler la cendre d’un prodigieux post-rock littéraire, quadrature du cercle d'un groupe qui semble arrivé au bout de La Route

Continuer à lire

Le Syndrome de Mendelson

MUSIQUES | Groupe à part dans le paysage rock français Mendelson est de retour après sept ans d’absence avec un triple album éponyme aussi étouffant que le syndrome du même nom, véritable coupe transversale saignante et bileuse de la société d’aujourd’hui. A l’occasion de son passage au festival vaudais la Voix des mots, le maître d’œuvre Pascal Bouaziz s’explique sur ce voyage au cœur des ténèbres, virage radical qui pourrait bien être le dernier. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

Le Syndrome de Mendelson

Sept ans après Personne ne le fera pour nous, Mendelson est votre album le plus noir et donne l’impression que le groupe touche à une forme de pureté qu’il sera difficile de dépasser… Avez-vous atteint le bout de la route ?Pascal Bouaziz : On est arrivé à une forme qu'on recherchait depuis pas mal de temps. J'ai l'impression que le disque est très clair. Alors certes, il est très noir mais très direct et pas très compliqué. Avec Mendelson, on a vraiment touché une chose à laquelle je ne vois pas, sans forfanterie, d'équivalent. On est ailleurs. Si on fait un autre album un jour sous le nom de Mendelson – même si j’ai souvent dit que le cinquième pourrait être le dernier – il faudra se réinventer complètement, arriver avec une proposition totalement différente et très solide. Aviez-vous dès le départ la volonté de frapper fort, d’éclater les formats, de jouer à fond la radicalité et la démesure ?Oui, j’étais dans une période particulière et, avec ce que je voyais autour de moi, j’avais envie d’un disque assez radical mais aussi très court.

Continuer à lire

Benjamin Gibbard

MUSIQUES | Former Lives (City Slang/Pias)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Benjamin Gibbard

Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie, c'est un peu notre assistant d'anglais, le type qui articule bien ses phrases, le type normal qui ressemble au voisin de palier mais dont toutes les filles et certains garçons sont amoureux au lycée – alors que pourtant il n'a pas vraiment un physique à tout casser.     Le truc c'est que là, notre pauvre assistant d'anglais, celui qui a toujours si bien parlé d'amour et offert tant de « c'est notre chanson » à des milliers de couples sur les campus des facs américaines, s'est fait larguer comme une vieille tong trois fois dans les huit dernières années (c'est notre passage Closer mais il se justifiera dans quelques lignes). Dont une par Zooey « Paul » Deschanel – oui, il paraît qu'elle est un peu zinzin, en tout cas elle en a l'air et on l'imagine tout à fait tomber d'un train en pyjama ; cha

Continuer à lire

Ride

MUSIQUES | Going Blank Again - 20th anniversary deluxe edition (Oxford Music/Import)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 août 2012

Ride

Mentionner que l'ex-leader de Ride, Andy Bell, est parti poursuivre sa carrière en jouant les secondes mains chez Oasis au moment même où le groupe de Manchester commençait à sentir le vieux pudding, et qu'il officie maintenant avec Beady Eye (Oasis sans Noel Gallagher) n'est pas le plus beau cadeau à faire à la postérité du groupe qui l'a rendu célèbre. Pourtant le quatuor d'Oxford emmené par Bell, donc, et le lippu et jaggerien Mark Gardener, fut en son temps, et est demeuré, un groupe des plus influents. On entend chaque jour, dans le son d'un groupe passé directement de son garage à la couverture du NME, quelque chose de Ride. Il faut dire que Ride fut, avec My Bloody Valentine, le chef de file du shoegazing (ce courant consistant à jouer de la guitare très fort, si possible en anorak ou dans des fringues trop grandes, en regardant ses chaussures). Sauf que contrairement à My Bloody Valentine dont le seul but était de jouer très fort et très flou dans l'espoir de faire fuir les loups présents dans la tête du fêlé Kevin Shields, Ride avait aussi pour ambition d'écrire des chansons. C'est ce que montre la réédition parue le 20 août de Going Blan

Continuer à lire

Journey to the west

MUSIQUES | MONKEY XL/ Beggars

Christophe Chabert | Mercredi 24 septembre 2008

Journey to the west

Jamie Hewlett et Damon Albarn, les deux artistes derrière Gorillaz, ont de la suite simiesque dans les idées. Ils avaient en effet monté Monkey, un opéra en hommage à la Chine qui, aux dires de ceux qui l’ont vu au Théâtre du Châtelet, était bien plus pertinent et moins pompier que les cérémonies d’ouverture de l’odieux Zhang Yimou pour les JO. En attendant qu’un jour cette mise en scène passe par nos contrées, il faudra se contenter de son énigmatique et fascinante bande originale. 22 morceaux qui s’inspirent des traditions musicales chinoises, respectant ses règles de composition mais les étoffant par une matière sonore très occidentale (et très électronique). Par moments, on dirait des inédits de Gorillaz où il manquerait des notes, interprétés par des pop stars chinoises… Certaines chansons sont assez incroyables, comme Confessions of a pig, où le cochon a une voix de stentor aviné, ou encore cette «Marche des volontaires» doublée par un orgue Bontempi. Journey to the west joue constamment — peut-être à l’instar de sa version scénique — sur ce décalage baroque entre la grandeur et sa miniature. Ce pourrait bien être, dans la carrière d’Albarn, l’équivalent de ce que fut pour To

Continuer à lire

Mélodies de bonne heure

MUSIQUES | Disques / Sortir un album en début d'année c'est l'assurance d'être oublié par les palmarès de décembre. Alors pour ceux qui frappent les premiers, il n'y a (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Mélodies de bonne heure

Disques / Sortir un album en début d'année c'est l'assurance d'être oublié par les palmarès de décembre. Alors pour ceux qui frappent les premiers, il n'y a qu'une solution : frapper fort. Après Mali Music et Gorillaz voici The Good, the Bad and the Queen (le 22 janvier), énième projet parallèle à concept bidon de Damon Albarn. L'écoute répétée du single The Herculean suffit à confirmer ce qu'on savait : Damon a certes une tête à claques mais elle est loin de sonner creux. Un peu comme les bruyants, mais pas si pouet-pouet, Klaxons, résolus à attaquer le dance-floor au pied de biche d'un happy hardcore fluo, futuriste et ravageur (Myths of the near future, le 29 janvier). Une démarche à l'opposé de l'autre révélation british du moment, le mal nommé Pop Levi dont le glam-blues fiévreux aurait tendance à faire oublier que Liverpool fut une terre de pop câline et enchanteresse (The Return To Form Black Magick Party, le 12 février). Moins de paillettes, dans le blues lillois de l'ex-Villeurbannais Red, mais autant de tripes : après le (trop ?) chiadé Nothin' to Celebrate, Social Hide and Seek semble opérer un retour salvateur aux sources viscérales de son artisanat rauque n'roll. (le 1

Continuer à lire