Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Rap | Petit survol des concerts rap qui ont suscité notre attention, d'Orelsan à Casey.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © Wagram


Jam Groove

Une soirée animée par le multi-instrumentiste Yacha Berdah (soliste chez Ibrahim Maalouf) et le batteur / beatmaker Hugo Crost, tous deux auteurs de The Way — un excellent single hip-hop / jazz aux couleurs boom-bap. Cette jam est menée par des experts qui mettent du corps dans le mélange entre instruments et machines. Le genre de scène ouverte où les talents se croisent et des projets se dessinent.
Au Hot Club mercredi 26 janvier


Orelsan

Il n'est plus à présenter, son nouvel album Civilisation ;et la série documentaire dédiée sur Amazon Prime (Montre jamais ça à personne) ont fait le taf de promo. Orelsan fait escale vendredi 28 janvier à la Halle Tony Garnier, du moins on l'espère, le début de tournée étant reporté à mai. À l'heure de notre bouclage, ce concert est maintenu.
À la Halle Tony Garnier vendredi 28 janvier


Demi-Portion + James Loup

Demi P est de toutes les playlists et son Demi Festival un passage obligé pour beaucoup de férus de rap français. Avec lui, James Loup, qui était déjà à l'affiche de La Marquise fin novembre dernier. Un beau combo entre artiste établi et nouvelle garde lyonnaise.
À Bizarre! samedi 5 février


Wintower

L'édition hivernale du festival Woodstower, avec son lot de têtes d'affiches et de talents émergents se balade entre La Sucrière, le Ninkasi et le Transbordeur. On y retrouve pêle-mêle Rim'K du 113, Navy, Cœur (ex Schlasss), Tedjeen, Soso Maness, Vladimir Cauchemar, Lison, May Lu (Uptown Lovers, ex-Supa Dupa).
À La Sucrière, au Transbordeur et au Ninkasi du jeudi 10 au dimanche 13 février


Marc Rebillet

Le musicien franco-américain, qui pratique le piano depuis l'âge de 4 ans, casse Internet régulièrement avec ses vidéos.. Après avoir retourné Dame Europe en 2019 d'une tournée à guichets fermés, il récidive et revient à Lyon, cette fois au Radiant-Bellevue.
Au Radiant-Bellevue vendredi 25 février


Slimka

Le Suisse, membre de la Superwak Clique et de Colors Records, promet le feu à La Marquise. Avec une flopée d'albums et de shows qui ont frappé fort, le collectif prend le même chemin que la récente vague belge qui a deferlé sur le rap francophone. L'occasion de voir un autre power move helvétique dans la capitale des Gaules.
À La Marquise jeudi 10 mars


Ausgang (Casey)+ Essah Yasuke

Apres un carton plein au Jack Jack puis aux Abattoirs à Bourgoin, Ausgang — le dernier projet de Casey — revient dans la région pour une troisième dose. S'ajoute à ce line-up : Eesah Yasuke, rappeuse lilloise à très haut potentiel, révélée par le single Teinté et l'EP Cadavre Exquis. Fortement recommandé.
À Bizarre jeudi 10 mars


Tedax Max + 2 Lyricists

L'un des rares rappeurs lyonnais à avoir performé sur la chaine YouTube Colors ;e l'une des formations phares du collectif La Mégafaune réunis sur la même scène. Doux mélange de sang neuf et de constant renouvellement.
À Bizarre vendredi 18 mars


Rejjie Snow

Nouveau passage du rappeur irlandais à Lyon. Une valeur sûre, un nom récurrent mais qui reste dans la constante fraîcheur. Ça se passe au Ninkasi Kao samedi 19 mars.
Au Ninkasi Kao samedi ​19 mars


Reperkusound

Au Double Mixte de Villleurbanne, 70 artistes réunis pour une programmation XXL ratissant large au niveau des styles de musique. Une liste dans laquelle on peut citer côté rap DJ Kaynixe, KT Gorique ou encore Guts.
Au Double Mixte du vendredi 15 au dimanche 17 avril


Shabazz Palaces

Autre valeur sûre, le groupe de Ishmael Butler (Digable Planets) et Tendai Maraire (fils du grand maître de la mbira zimbabwéenne Dumisami Maraire et frère de la regrettée Chiwoniso Maraire) s'annonce comme un show aussi engagé que conceptuel. Un concert gratuit que l'on espère en plein cœur de la période printanière, loin des restrictions hivernales.
Au Ninkasi mercredi 27 avril

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Inversion : Laurent Wauquiez va aider Vivendi pour son festival

Politique Culturelle | La Région va soutenir financièrement le festival Inversion, organisé par une filiale de Vivendi au Stadium de Gerland : le montant n'a toujours pas filtré, mais l'initiative de subventionner une multinationale interroge forcément à l'heure où la concurrence fait rage dans le secteur.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 2021

Inversion : Laurent Wauquiez va aider Vivendi pour son festival

Il n'y aura donc pas de Felyn au Parc OL. Le club de football a dû, pour l'instant, abandonner ses vélléités de festival qu'il comptait organiser avec Olympia Production, la filiale de Vivendi dédiée au spectacle vivant. Il faut dire que le planning des concerts est déjà bien chargé cet été du côté de l'Olympique Lyonnais et que le concert d'Indochine, placé le samedi 26 juin et nécessitant une lourde installation préalable — la scène sera placée au centre du stade et le public autour — ne permettait pas d'organiser le week-end précédent ce Felyn dont les deux précédentes éditions ont été annulées pour cause de Covid. Reste que ces dates, vendredi 17 et samedi 18 juin, étaient inscrites au planning de OIympia Production qui avait de plus toujours à disposi

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"Bloqués" : kéblo comme Oblomov

Série TV | C'est en 2015 que Gringe entame sa carrière de comédien aux côtés, comme pour sa carrière musicale, de son acolyte Orelsan. Bloqués, imaginé par Kyan (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 22 octobre 2020

C'est en 2015 que Gringe entame sa carrière de comédien aux côtés, comme pour sa carrière musicale, de son acolyte Orelsan. Bloqués, imaginé par Kyan Khojandi, c'est deux trentenaires squattant leur canapé avec un baobab dans la main, deux types qui, « en attendant qu'il se passe quelque chose, ont décidé de ne rien faire ». À la shortcom, souvent hilarante, on doit le personnage de Serge Le Mytho, spin-off qui lancera le talent d'impro de Jonathan Cohen. Mais difficile surtout de ne pas la relier à Comment c'est loin, le film qui met en scène la jeunesse mollusque des deux rappeurs, déjà évoquée par Orelsan dans un morceau adressé à son pote atteint d'oblomovisme, La Morale. Une sorte de Slackers (Richard Linklater) à la française qui dépeint le quotidien de la j

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Gringe : « reconstituer le puzzle de notre histoire commune »

Récit | Rappeur et maître slacker auprès de son acolyte Orelsan au sein de Casseurs Flowteurs ou en solo, dans la série Bloqués ou le film Comment c'est loin, Gringe lève le voile dans son premier livre, Ensemble, on aboie en silence, sur un aspect plus grave de son existence, avec lequel il lui a fallu composer parfois dans la douleur : la schizophrénie de son frère Thibault, diagnostiquée il y a vingt ans. Avant une rencontre au Mob Hotel, il nous entretient de ce livre, de son élaboration avec Thibault, également co-auteur, d'un lien fraternel aussi chaotique que puissant, et de son rapport naissant à d'autres formes d'écriture.

Stéphane Duchêne | Jeudi 22 octobre 2020

Gringe : « reconstituer le puzzle de notre histoire commune »

Qu'est-ce qui a présidé à ce livre ? Dans le premier chapitre vous expliquez avoir été convaincu par la confortable avance proposée par l'éditeur mais c'est peut-être un peu court... Gringe : Je n'avais absolument rien prémédité, c'est vraiment la proposition qui déclenche l'envie à un moment où je finissais la tournée de mon premier album solo, où je n'avais rien de prévu, pas de perspectives de dates et assez peur de m'ennuyer. On me proposait cette carte blanche d'écriture en évoquant la participation de mon frère. Voilà comment c'est né, en septembre-octobre de l'année dernière. Vous avez dû travailler au corps votre frère Thibault pour le convaincre de faire ce livre dont l'un des sujets est sa schizophrénie. Comment se sont passées ces négociations ? Avant qu'il ne décide de s'engager il a fallu le rassurer, lui expliquer les enjeux du bouquin, lui parler de mon approche, du fait que je ne comptais pas le résumer à son état de souffrance. Je le dis en rigolant au début du livre mais l'aspect financier à joué dans le sens où il se re

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Wintower is coming

Festival | À force de répéter que « Winter is coming », il fallait bien que ça arrive, y compris dans le contexte étouffant d'un réchauffement climatique lancé (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Wintower is coming

À force de répéter que « Winter is coming », il fallait bien que ça arrive, y compris dans le contexte étouffant d'un réchauffement climatique lancé comme un cheval au galop qui souffle en tempête ou quelque chose comme ça. Preuve en est avec l'un des plus estivaux de nos festivals locaux, Woodstower habituellement bien calé à la fin des grandes vacances et au bord de la plage de Miribel-Jonage s'il vous plaît. Un festival qui a décidé de sa déclinaison hivernale – peut-être pour profiter avec tout le monde des derniers hivers de l'humanité. Que les frileux se rassurent, ce n'est pas au bord de l'eau que Wintower, puisque c'est là le nom de l'événement, se posera mais successivement au Kao le 1er février et au Transbordeur le lendemain, pour deux soirs de concerts. Là, ce sera plutôt pop avec Miel de Montagne et Inüit, ici plus électronique et plus cossu en la présence de Molécule (qui s'y connaît en grand froid avec son -22, 7°C Live), Pantha du Prince

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Wintower : Woodstower prend ses quartiers d'hiver

Festival | Après vingt ans, fêtés cette année, de bons et loyaux services estivaux, le festival Woodstower a toujours les oreilles qui le démangent. Et n'aura pas la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 novembre 2018

Wintower : Woodstower prend ses quartiers d'hiver

Après vingt ans, fêtés cette année, de bons et loyaux services estivaux, le festival Woodstower a toujours les oreilles qui le démangent. Et n'aura pas la patience cette année d'attendre le retour des grosses chaleurs pour remettre le couvert. Ainsi est née l'idée d'une édition hivernale astucieusement baptisée Wintower. La chose, cette fois forcément indoor, se tiendra ainsi les 1er et 2 février, respectivement au Kao et au Transbordeur. La programmation n'en est pas encore dévoilée mais on nous promet « musique, love et paillettes », à coups de live, de mixes (combinant artistes de renoms et locaux talentueux) et d'un certain nombre de surprises.

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Grand bain musical

Musilac | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoches, jeunes pousses, smoothies de genres, et autres étrangetés à découvrir, le festival lacustre baigne l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical

Jeudi : old wave D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80, quand les uns martèleraient : « I Just can get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car on l'aura compris c'est une soirée très marquée "ressac de la new-wave" que celle-ci, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir, que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le

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Hybrides débridés : "Mutafukaz"

Animation | Retour gagnant sur grand écran pour Guillaume Renard, alias Run, qui offre de l’espace et du temps aux héros de l’univers pop-pulp-futuriste de Mutafukaz, la série qu’il avait développée en BD. Une synthèse street punk bariolée, avec des cafards, des mutants et de la lucha libre.

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Hybrides débridés :

Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs… Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tirée de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens undercover visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles. Ados dans le viseur Mais aussi la désinvolture vitaminée du Tarantino de

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Musilac annonce Orelsan, Feu! Chatterton et Lomepal

Festival | Le festival Musilac vient d'annoncer une vingtaine de nouveaux noms, qui complètent ceux dévoilés précédemment. On fait le point.

Aurélien Martinez | Mardi 27 février 2018

Musilac annonce Orelsan, Feu! Chatterton et Lomepal

IAM, Franz Ferdinand, Beth Ditto, MC Solaar, Depeche Mode, Deep Purple, Simple Minds, Rone, Indochine, Roméo Elvis, Chloé… On connaissait déjà une partie des artistes qui seront programmés cet été, entre le jeudi 12 et le dimanche 15 juillet, à Aix-les-Bains, face au lac. Son équipe organisatrice vient de dévoiler d'autres noms, dont des têtes d'affiche comme : le on-ne-le-présente-plus Orelsan, qui a tout raflé aux dernières Victoires de la musique grâce à son rap simple et basique le rappeur qui monte Lomepal – écoutez Yeux disent et

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L’âme, nasse fantôme : "A Ghost Story"

Le Film de la Semaine | Comme attaché à la maison où il a vécu ses derniers jours terrestres, le fantôme d’un homme attend quelque chose sans trop savoir quoi, imperméable au temps qui passe. Un Paranormal (in)activity dépouillé et sublimé, à l’intersection entre Gus van Sant et Stanley Kubrick.

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

L’âme, nasse fantôme :

Un homme et une femme paraissent filer le plus parfait amour dans leur belle maison. La mort brutale du premier change la donne, et pousse la seconde à quitter les lieux. Pourtant, le fantôme de l’homme persiste à hanter leur demeure commune, dans l’attente d’un hypothétique contact… Sur le papier, A Ghost Story tient de la chimère. Irréductible à un genre, irrespectueux des codes, ce film fantastique ET sentimental à l’ascétisme radical semble s’ingénier à se saborder : minimalisme assumé, refus des effets spéciaux attendus, recours à une représentation du fantôme plus que désuète, car usée jusqu’à la trame et risible — le vieux drap troué de deux orifices pour les yeux ! —, occultation totale du comédien principal pendant plus d’une heure (Casey Affleck, pourtant dernier récipiendaire de l’Oscar), quasi mutisme des personnages… Et pourtant. À force de clichés détournés, d’extrémisme narratif et de paris insensés, David Lowery atteint une étrangeté poétique fascinante.

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Comment c’est loin

ECRANS | De Orelsan & Christophe Offenstein (Fr, 1h30) Avec Orelsan, Gringe, Seydou Doucouré…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Comment c’est loin

Les deux compères des Casseurs Flowters et de la capsule télé Bloqués se racontent, mais sans se la raconter, dans cette fiction largement inspirée de leurs débuts normands. Objet composite qui sent le bricolage et l’artisanat, Comment c’est loin assume sa forme bancale, à l’image de ses protagonistes — de sympathiques traîne-savates achoppant sur leur premier single de rap depuis des années. Cette tentative de cinéma se présente comme un concept et revendique, comble de l’honnêteté, la co-signature d’une caution technique : le chef-opérateur Christophe Offenstein, à qui Guillaume Canet doit beaucoup de son aura de cinéaste. On pardonne donc les incertitudes dans le rythme, qui peuvent passer pour des effets de style. Si prochain film il y a, il faudra trouver autre chose…

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Le Lyon Antifa Fest hausse le ton

MUSIQUES | Où l'on apprend que les antifascistes ont meilleur goût musical que les communistes. Ce qui ne veut pas dire grand chose, il est vrai. Disons qu'on (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Le Lyon Antifa Fest hausse le ton

Où l'on apprend que les antifascistes ont meilleur goût musical que les communistes. Ce qui ne veut pas dire grand chose, il est vrai. Disons qu'on est plus Festival contre les discriminations, puisque c'est de cela qu'il s'agit, que Fête de l'Humanité. Question de combativité sans doute, exprimée dans un programme où le meilleur du hip-hop révolté d'hier et d'aujourd'hui côtoie une certaine idée du rock ouvert d'esprit – et à cet égard bien plus politique que la plupart de ceux déposés dans nos boîtes aux lettres récemment. Vendredi 11 décembre au CCO se produiront ainsi la Scred Connexion, quatuor francilien dont le rap feelgood et chiadé défend les valeurs du fonctionnement en collectif depuis le mitan des années 90 (soit bien avant qu'il ne devienne une nécessité), et Casey, MC hantée par le spectre colonial dont le flow, mu par une sombre et implacable colère, a un temps résonné dans la Zone Libre délimitée par Serge Teyssot-Gay. Le lendemain, au même endroit, place aux influents Burning Heads qui, toutes proportions gardées, furent au punk d'ici ce que The Clash fut à celui d'Outre-Manche, prédisposition aux rythmes et

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Les Amants du Texas

ECRANS | De David Lowery (ÉU, 1h37) avec Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster…

Christophe Chabert | Vendredi 13 septembre 2013

Les Amants du Texas

L’ombre de Terrence Malick plane d’un bout à l’autre des Amants du Texas, à commencer justement par son atmosphère planante, cotonneuse, mais aussi par sa voix-off qui, sous couvert d’échanges épistolaires, emmène le film vers des rivages poétiques proches du grand Terry. Sans parler de son intrigue, où un couple de jeunes braqueurs se retrouve séparé, lui en prison, elle en liberté et enceinte. Quatre ans plus tard, il s’évade pour la retrouver, mais la distance s’est creusée, sa responsabilité de mère l’emportant sur sa jeunesse fougueuse. Sans parler du rôle joué par un shérif prévenant, qui pourrait faire un bon père de substitution. Il y a du Badlands là-dedans, mais aussi dans les paysages peints par Lowery, où la nature semble aussi apaisée que les amants sont tourmentés. Les Amants du Texas souffre cependant de ce maniérisme paralysant, qui impacte particulièrement le jeu des acteurs : leur retenue paraît forcée et le film s’emploie à tout dédramatiser, jusqu’à tendre vers l’anodin et l’ennui. Dommage, du coup, d’avoir embarqué la sublime Rooney Mara dans l’aventure : explosive e

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Le divin Comédie

SCENES | Le CNP Odéon est mort, vive le Comédie Odéon, café-théâtre de 300 places dont les portes s'ouvriront pour la première fois au public lundi 31 décembre. En attendant de pouvoir vérifier s'il fera honneur à son titre (auto-décerné) de «plus beau café-théâtre de France», petit tour des propriétaires. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 décembre 2012

Le divin Comédie

Les cafés-théâtres, c'est comme les bouchons, il y en a tellement qu'on a arrêté de les compter. Heureusement, d'autres le font à notre place. La Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, notamment, en recense pas moins de treize. De quoi estimer la ville suffisamment équipée en la matière ? Ce n'est pas le constat dressé par Stéphane Cassez, Marion Gervais et Philippe Giangreco, les codirecteurs du tout nouveau tout beau Comédie-Odéon : «Lyon est très bien pourvu en cafés-théâtres d'une centaine de places. Mais il y a une pénurie criante de salles de 300 places, particulièrement en centre-ville, qui sont le chainon manquant entre les cafés-théâtres traditionnels et les grandes salles comme le Transbordeur, le Radiant, la Bourse du Travail... Nous avons voulu ouvrir avec le Comédie Odéon une salle dans la veine du Splendid, à Paris, c'est-à-dire combinant le confort et les standards techniques d'un théâtre, comme des sièges de cinéma ou un plateau de 40 m², avec l'esprit de convivialité et l'accessibilité tarifaire propres au café-théâtre».

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Magic Mike

CONNAITRE | Il existe deux façons de déconstruire le mythe du super-héros. D'une part, la méthode Alan Moore, éprouvée dans Watchmen, qui consiste pour le dire vite à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 28 septembre 2012

Magic Mike

Il existe deux façons de déconstruire le mythe du super-héros. D'une part, la méthode Alan Moore, éprouvée dans Watchmen, qui consiste pour le dire vite à confronter les justiciers masqués à des dilemmes sociaux et moraux réalistes. D'autre part, la méthode Garth Ennis, qui se résume à un sappement de stéréotype par l'attribution de déviances toutes plus gratinées les unes que les autres. C'est pour la seconde, jouissive à défaut d'être maline, qu'a opté le scénariste Joe Casey avec Butcher Baker (publié en français chez Ankama), l'histoire d'une vieille gloire costumée contrainte d'abandonner sa vie de stupre et de flambe le jour où l'animateur Jay Leno et le républicain Dick Cheney lui intiment de faire sauter la prison où sont enfermés ses némésis. Et si on vous en parle, c'est parce que Mike Huddleston, le dessinateur de la chose, sera en dédicace chez Comics Zone samedi 6 octobre, et que c'est un tueur, aussi doué avec un stylo bille qu'avec de l'encre, un marqueur, de la peinture ou un logiciel de retouche photo. Un conseil : profitez de la rencontre pour acquérir The Homeland Directive, thriller politique pour le coup très sophis

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«Plus d’offre crée plus de public»

SCENES | Stéphane Casey, comédien, metteur en scène, producteur de spectacles, directeur du Boui Boui et du Rideau Rouge à Lyon et du Palace à Avignon s’apprête à prendre la direction du Comédie Odéon, un nouveau lieu de 300 places avec Marion Gervais et Philippe Giangreco. Rencontre. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 7 septembre 2012

«Plus d’offre crée plus de public»

L’ouverture de nouvelles salles de café-théâtre à Lyon répond-elle à une véritable demande du public ? Stéphane Casey : L’ouverture de nouvelles salles correspond, je pense, à une demande du public mais aussi à une demande de la production. Jusqu’à maintenant, les «gros» spectacles ne pouvaient pas venir à Lyon par manque de structures pour les accueillir. Certains spectacles ont besoin d’une grande salle. Disposer de salles de tailles différentes permet de proposer à la fois des artistes en développement et des artistes confirmés. Tous ne peuvent pas se produire dans la même salle. Le café-théâtre, c’est aussi du business, notre réflexion est forcément fondée sur la rentabilité car nous ne sommes pas subventionnés. Parallèlement à cela, à mon avis, plus il y a de restaurants et plus il y a de gens qui vont au restaurant. C’est un peu pareil pour les théâtres. Prenez par exemple les théâtres de Broadway : ils sont tous blindés ! Dans les limites de chaque ville évidemment, je pense que plus d’offre crée plus de public, c’est une spirale positive. Bien sûr, il y a une crise économique qui fait que les gen

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À base de hip-hopopop

MUSIQUES | Hip hop / Pas besoin de s'appeler Olivier Cachin (le spécialiste français du rap, qui, pour l'anecdote, a fait ses premières armes chez Picsou Magazine) (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 mars 2012

À base de hip-hopopop

Hip hop / Pas besoin de s'appeler Olivier Cachin (le spécialiste français du rap, qui, pour l'anecdote, a fait ses premières armes chez Picsou Magazine) pour savoir que les cultures dites urbaines doivent leur essor à l'esprit de compétition, voire de confrontation, qui anime leurs ambassadeurs. L'une des grandes forces de L'Original Festival, vitrine annuelle desdites cultures, est justement de n'avoir depuis sa création jamais perdu du vue cette donnée, là où d'autres courent après la respectabilité avec l'avidité d'un présidentiable en mal de signatures. Un œil sur sa programmation musicale, en forme de choc des générations, suffit à en prendre conscience. Côté vieille garde, les immanquables se nomment Mash Out Posse, B-boys de la Côte Est à la proverbiale agressivité, Ali Shaheed, Dj des pionniers de l'anti-bling-bling A Tribe Called Quest, ou encore IAM, qui furent à NTM ce que Oasis fut à Blur (de très convaincants dauphins). Ce sont toutefois leurs héritiers qui se fen

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L'Original à découvert

MUSIQUES | Après avoir été dévoilée au compte-gouttes sans tambour, ni trompette (normal c'est du hip-hop), la programmation de l'Original Festival, qui se déroulera du 5 au 9 avril est enfin complète. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Lundi 27 février 2012

L'Original à découvert

C'est sans doute la première information à retenir : cette année c'est DJ Fab (Hip Hop Résistance, Underground Explorer, La Caution) qui succède au graffeur Mode2 en tant qu'artiste associé (un synonyme ronflant et donc plus classe de «parrain»). On connaissait donc déjà certains noms de tête d'affiche d'une édition qui s'annonce dans les grandes lignes plutôt mainstream tout en brassant les générations (Orelsan, IAM, Oxmo Puccino, Youssoupha, Sefyu et les petits prodiges de 1995) mais qui accueillera également Ali Shaheed d'A Tribe Called Quest, l'un des plus nobles représentants de l'histoire du hip-hop. Entre «Matinales» (projection du film Les Lascars ou brunch hip-hop, une expérience à ne sûrement pas manquer), « Spéciales » (projection du film De l'Encre d'Hamé et Ekoué, vernissages et inaugurations diverses, concert acoustique d'Oxmo Puccino), «Nocturnes» en tout genre (dont un DJ set d'Ali Shaheed à la Plateforme), l'Original multiplie les

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I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

ECRANS | De Casey Affleck (ÉU, 1h47) avec Joaquin Phoenix, Ben Stiller…

Dorotée Aznar | Mercredi 6 juillet 2011

I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

Dans la foulée du tournage de Two Lovers, Joaquin Phoenix craque, renonce à sa carrière d’acteur pour se lancer dans le hip-hop, en dépit d’un manque criant de talent dans cette discipline, et de la dépression qui semble le dévorer peu à peu. On le sait à présent, tout cela n’était qu’un canular, confectionné avec la complicité de Casey Affleck, beau-frère de Phoenix. On peut applaudir la performance de l’acteur, qui sera resté plus d’un an dans un rôle qu’on devine lourdement destructeur. On peut aussi se demander, face au résultat final, si le jeu en valait vraiment la chandelle. En fait de scènes trash (Joaquin prend plein de drogues, fréquente des prostituées, a un ego surdimensionné…), I’m still here accumule les clichés ronflants sur le star-system et n’en dit rien, s’enfonçant dans une sombre entreprise de voyeurisme autour d’une star échouée dans une dérive sans sens. Les seules scènes qui fonctionnent sont celles où Phoenix voit son déclin se refléter dans les yeux de ses interlocuteurs : qui d’un Ben Stiller moqué de façon gênante alors qu’il venait lui proposer un rôle dans Greenberg, d’un Puff Daddy effondré à l’écoute de ses pathétiques ba

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The Killer inside me

ECRANS | De Michael Winterbottom (ÉU, 1h49) avec Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

The Killer inside me

Au départ, un roman noirissime, sans doute le meilleur de Jim Thompson, "Le Démon dans ma peau", décrivant les agissements d’un shérif psychopathe dans le sud des États-Unis. Michael Winterbottom, cinéaste insaisissable et artistiquement schizophrène, a choisi d’adapter fidèlement le livre, prenant pour modèle évident certains polars des frères Coen. "The Killer inside me" est donc tenaillé entre un désir respectueux de retranscrire à l’écran la violence et la psyché torturée des personnages de Thompson et une certaine ironie vis-à-vis du genre, dont la mise en scène reproduit avec un fétichisme manifeste les plus grands clichés. Curieusement, la sauce prend et Winterbottom signe ici un de ses films les plus réussis, même si il doit grandement cette réussite à l’incroyable composition de Casey Affleck dans le rôle de Lou Ford, dont les facettes retracent sa brève mais déjà passionnante carrière. Ford est d’abord un petit shérif pâlot, encore un peu adolescent — le Affleck de Gerry — avant de se révéler cruel et impulsif — le masque qui tombe sous le coup de la frustration dans L’Assassinat de Jesse James. Son forfait accompli, Ford reprend comme si de rien n’était sa place socia

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L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

ECRANS | D'Andrew Dominik (ÉU, 2h39) avec Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard...

Christophe Chabert | Mercredi 17 octobre 2007

L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Il faut être patient pour voir se profiler à l'horizon de ses grands et beaux espaces l'idée forte de cet Assassinat de Jesse James : l'Histoire ne retient pas les héros, mais les mythes ; et même quand les uns et les autres finissent par se tenir dans une même grisaille morale, ce sont toujours les brigands flamboyants qui recueillent les faveurs du public. Tout est dit dans le titre du film : Jesse James n'a pas droit à son adjectif qualificatif, il est déjà dans la légende ; son assassin, en revanche, est renvoyé à sa lâcheté. Le film d'Andrew Dominik, réalisateur du prometteur Chopper, cherche ainsi à rendre à Ford, sinon sa dignité, du moins son épaisseur humaine, tandis que le mythe Jesse James est littéralement passé au Kärcher, marinant dans sa retraite prématurée et sa lente descente dans la névrose et l'égocentrisme. Pour le reste, ce très long-métrage de 2h40 prend son temps. C'est un tour de force dans l'industrie spectaculaire hollywoodienne, mais cela ne va pas sans quelques gros défauts. Car si Dominic a un sens parfois soufflant de la mise en scène - voir la seule scène d'action du film, l'attaque du train au début, qui s'apparente à de la poésie en images -, il

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