Coquilles vides en mutation

Friches provisoires | On passe devant chaque jour, mais à l'intérieur il n'y a plus rien. Quelle est (ou va être) leur mutation ?

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Photo : © Didier Gourbin


ENSBA

Le 12 mai 2016, Gérard Collomb annonçait à nos confrères du Progrès le projet prévu pour l'ancienne École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) situé rue Neyret dans le 1er arrondissement et délaissée depuis une dizaine d'années. Le maire de l'époque prévoyait alors la vente des 6000m2 du bâtiment au Crédit Agricole pour 3, 5 millions d'euros. Au programme : des appartements autour de 6000 à 7000 euros du m2, une place-belvédère et des restaurants. Cette annonce avait alors suscité la mobilisation d'une pétition d'habitants s'opposant au projet, pour préférer celui qui était alors porté par la mairie d'arrondissement de transformer le lieu en une coopérative culturelle et artistique. Depuis, rien.

Collège Truffaut

La vie devrait bientôt reprendre dans cet ancien collège, abandonné depuis plusieurs années. Une réhabilitation est effectivement prévue pour transformer le lieu en une auberge de jeunesse nouvelle génération, une cour intérieure ouverte au public, une résidence étudiante et un accueil d'activités liées à l'économie sociale et solidaire. Reste à savoir si la Métropole reste propriétaire du bâtiment pour le mettre à disposition sous forme d'un bail emphytéotique ou préfère la mise en vente. Le montage et le lauréat des trois finalistes de l'appel d'offre devraient bientôt être connus.

Musée Guimet

Ce qui a été une patinoire jusqu'en 1905 est surtout connu des Lyonnais vivants pour avoir été le musée du nom de cet industriel voyageur du XIXe qui ramena de son voyage autour du monde des objets nouveaux. De 1913 à 2007, ils seront exposés ici avant que les collections ne partent au Musée des Confluences. Fin 2021, dans ce lieu vide, ouvriront les Ateliers de la Danse, émanation de la Maison de la Danse, laboratoire de pratiques amateures, site de production, répétition et d'accueil public de spectacles. Une découverte est d'ores et déjà possible sur numeridanse.tv (espace NDlab).

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

Danse | Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert retoquent le projet d'installer des Ateliers de la Danse dans l'ancien musée Guimet — trop coûteux — sans pour autant remettre en question le concept de Dominique Hervieu en lui-même, qui sera installé (probablement) dans le 8e arrondissement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

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Offenbach, aussi à l'Auditorium

Classique | C'est le bicentenaire de la naissance d'Offenbach et comme à l'Opéra où l'on reprend Le Roi Carotte, du côté de l'Auditorium on fête également le roi de l'opérette (...)

Sébastien Broquet | Mardi 17 décembre 2019

Offenbach, aussi à l'Auditorium

C'est le bicentenaire de la naissance d'Offenbach et comme à l'Opéra où l'on reprend Le Roi Carotte, du côté de l'Auditorium on fête également le roi de l'opérette sous le Second Empire. Ici, ce sera en compagnie de l'Orchestre National de Lyon, bien sûr, dirigé par Andrea Molino avec les sopranos Véronique Gens (Orphée aux enfers) et Measha Brueggergosman et le ténor Jean-Paul Fauchécourt. Au répertoire : différents airs extraits des opérettes et opéra-bouffes, non encore dévoilés à l'heure où nous écrivons, mais l'on se doute que l'ensemble sera joyeux et prétexte à mélodies guillerettes et buffet choisi (lequel est assuré par La Commune, en passant). Il y a aussi, si vous le désirez, un petit forum de discussion à 19h, pour se mettre en appétit. Tout ceci se déroule le mardi 31 décembre à 20h, mais aussi le dimanche 29, le lundi 30 et le mercredi 1er janvier.

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Le Roi Carotte : un potager survitaminé

Opéra | De la joie, des outrances, de la drôlerie et une équipe de haute précision, Le Roi Carotte revient quatre ans après sa création, mis en scène par l'une des stars mondiales de l'Opéra et fidèle de celui de Lyon, Laurent Pelly.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Le Roi Carotte : un potager survitaminé

Offenbach lui va si bien. Laurent Pelly s'en amuse depuis des décennies ou presque avec notamment cet épatant triptyque Monsieur Chouflerie restera chez lui / L'Île de Tulipatan / Le Petit voyage dans la lune. C'était en 2005 en itinérance dans Lyon. En 1998, il signait un Orphée aux Enfers royal dans des décors à couper le souffle, signés par la fidèle scénographe Chantal Thomas. La Vie Parisienne, La Belle Hélène, la Duchesse de Gérolstein, Les Contes d'Hoffmann suivront. Quand il monte en 2015 Le Roi Carotte, il va encore plus loin dans le plaisir du jeu et ne lésine pas sur les costumes, qu'il dessine comme dans chacun de ses travaux au théâtre ou à l'opéra, et affuble le ténor Christophe Mortagne d'une carotte à taille humaine très phallique. Car tout est poussé à son extrême dans cette adaptation de cet opéra-bouffe en trois actes créé en 1872. Lorsque la fée Rosée du soir est prisonnière dans un grenier, sur scène, elle est enserrée dans un gigant

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Notre musique : "Leto"

Biopic | de Kirill Serebrennikov (Rus-Fr, 2h06) avec Teo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starshenbaum…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Notre musique :

URSS, au début des années 1980. Sous le joug d’un régime communiste expirant, une scène rock tente d’émerger, soumettant ses textes aux dirigeants des maisons de la culture. À Leningrad, un jeune musicien émule d’Iggy Pop, Bowie et des Talking Heads, va éclater. Son nom ? Viktor Tsoï. Les plus quadra-quinquagénaires se souviendront peut-être d’avoir entendu au détour des bandes FM, par l’entremise du camarade Maneval notamment, une poignée d’enregistrements furieusement exotiques souffrant quelques distorsions, gagnées sans doute durant le franchissement du Rideau de fer, parmi lesquels le trépidant Mama Anarkia des Russes de Kino. C’est aux prémices de ce groupe, dont l’âme était Viktor Tsoï, que l’on assiste ici par le cinéma, qui se dit “Kino“ en russe. Une manière de boucler la boucle, loin d'être la seule. Car la

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Camus roi de la steppe : "La Tendre indifférence du monde"

ECRANS | de Adilkhan Yerzhanov (Kaz-Fr, 1h39) avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Kulzhamiya Belzhanova…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Camus roi de la steppe :

Kazakstan. Les usuriers s’apprêtant à saisir la ferme familiale, la belle Saltanat n’a trouvé qu’un seul moyen pour la sauver : aller en ville, escortée par le costaud Kuandyk, son ami d’enfance. Ces deux innocents découvrent alors un monde corrompu où réussite rime avec compromission… Empruntant au réalisme magique, au roman picaresque, à la philosophie camusienne comme à la comédie sentimentale burlesque, ce conte kazakh où les héros tentent de préserver leur candeur feinte ou réelle, dissimule aux détours de son récit de multiples surprises cocasses ou stupéfiantes. Et notamment cette fascination pour les arts, qu’il partage avec le personnage de Kuandyk, portraitiste à ses heures : le film véhicule en contrebande de discrètes mais reconnaissables reconstitutions d’œuvres picturales (de Van Gogh, Caspar David Friedrich...) inscrivant les protagonistes dans une forme d’éternité, entre la fatalité et l’évidente postérité. Se déroulant sur un territoire à cheval entre l’Asie et l’Europe, La Tendre indifférence du monde peut aisément

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"Marie-Francine" : le retour en grâce de Valérie Lemercier

Le Film de la Semaine | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunesse, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici, avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois — plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle a mille fois tenus, mais ce d

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"La Jeune Fille sans mains" : on applaudit à tout rompre

ECRANS | de Sébastien Laudenbach (Fr, 1h13) avec les voix de Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Philippe Laudenbach…

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Un pauvre meunier se fait circonvenir par le Diable et lui cède sa fille en échange d’une fortune. Mais la belle étant trop pure pour être corrompue, le démon ne peut la toucher. Le père a beau couper les mains de sa fille, rien n’y fait… Cette adaptation animée de Grimm tranche littéralement avec le tout-venant, d’emblée par l’originalité de sa technique : toutes signées Sébastien Laudenbach, les illustrations la composant sont davantage des évocations, des esquisses à l’encre émaillées de masses colorées vibrantes que des images sagement bouclées. Il en ressort une intensité fiévreuse, une intranquillité en parfaite adéquation avec un sujet ne s’embarrassant pas de précautions inutiles — un conte étant un tissu de cruautés, un chapelet d’événements brutaux dont il faut tirer une morale, en adoucir les contours par crainte de choquer les jeunes esprits, frise toujours le contresens ! Triomphant sans hargne de toutes les injustices de la vie avec opiniâtreté, classe et optimisme, l’héroïne de La Jeune Fille sans les mains est une él

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Œuvres à expérimenter

ARTS | «Vous pouvez, si vous le désirez, regarder, écouter, prendre conscience de vos sensations et de ce que ces œuvres évoquent pour vous» lit-on à l'entrée de la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 septembre 2014

Œuvres à expérimenter

«Vous pouvez, si vous le désirez, regarder, écouter, prendre conscience de vos sensations et de ce que ces œuvres évoquent pour vous» lit-on à l'entrée de la nouvelle exposition de l'Institut d'Art Contemporain. Cette invitation nous semble presque étrange, tant elle est pour nous habituelle et très souvent défendue dans ces colonnes. Reste que, pour beaucoup, l'art contemporain est une sorte de discours à décrypter, imposant un fastidieux travail à la Champollion. Saluons donc cette idée de l'IAC de mettre en avant la relation intime entre le visiteur et quelques-unes des œuvres de ses importantes collections, ici présentées par thématiques, par médiums ou bien par salles monographiques. Parmi ces dernières, on a pris particulièrement plaisir à (re)découvrir les œuvres poétiques de l'Italienne Liliana Moro ou les dessins en spirales dans l’espace de Michel François. La photographie est aussi très présente  avec de belles et étranges images signées Patrick Faigenbaum ou Jacques Damez, des travaux sur l'identité de Cindy Sherman ou sur la perception du corps de John Coplans...

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Valsons toujours

ESCAPADES | Que faire le 31 décembre au soir à Lyon lorsqu’on aime la musique classique et que l’on ne veut ni du sirupeux, ni du mièvre ? Une seule possibilité cette (...)

Pascale Clavel | Dimanche 16 décembre 2012

Valsons toujours

Que faire le 31 décembre au soir à Lyon lorsqu’on aime la musique classique et que l’on ne veut ni du sirupeux, ni du mièvre ? Une seule possibilité cette année, se rendre à l’Auditorium et se remplir les oreilles de mélodies douces et ravissantes. Pour cette soirée là, pas de chichis, juste un best of, des morceaux choisis pour faire la fête. Du début à la toute fin, le public va pouvoir se mettre à l’aise et fredonner à peu près tout parce que les oeuvres choisies sont collées à l’inconscient collectif depuis fort longtemps. Un programme cousu avec une  délicatesse et une volupté de tous les instants : l’Ouverture d’Orphée aux enfers d’Offenbach, Introduction et Rondo pour violon et orchestre de Saint-Saëns, España de Chabrier, Le Chevalier à la rose de Richard Strauss et bien sûr la très attendue Valse de l’Empereur de Johann Strauss fils. Parce qu’un nouvel an sans valse, c’est un peu comme faire des frites sans pomme de terre : inconcevable. Arrêtons-nous d'ailleurs un instant sur cette valse de l’Empereur, donnée, redonnée, jouée, rejouée par les meilleurs et les pires orchestres du mon

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Pas frais mon poisson ?

MUSIQUES | On le savait, Jean Lacornerie aime le théâtre musical. Pour sa première saison à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse, il donne sa vision ébouriffée de "Mesdames de la halle", petit objet musical insolite de Jacques Offenbach. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 3 mai 2012

Pas frais mon poisson ?

C’est une opérette drôle et succulente qui se joue en ce moment au Théâtre de la Croix-Rousse. Composée en 1858, l’œuvre rend hommage à ces petites gens, les vendeuses des Halles avec leur franc parler, leurs codes, leur honneur, leur façon si touchante de s’endimancher pour jouer aux grandes dames. Offenbach offre à toutes ces femmes des airs dignes des plus grands opéras de l’époque, compose pour elles des duos, trios et petits ensembles d’une écriture subtile et savante. Des personnages populaires dans un opéra pour ne pas oublier ces poissardes qui trimaient, souffraient et luttaient de toutes leurs forces. Mesdames de la Halle est une parodie de grands opéras à la française qui dynamite la forme avec force. Le décalage est constant, drôle et tendre à la fois. On s’attache à ces personnages bancals, Madame Madou, Madame Beurrefondu, le tambour-major Raflafla… Quant à l’intrigue, la jeune et jolie marchande de fruits, Ciboulette, aime le jeune marmiton Croûte-au-pot, qui lui, fait battre le cœur de toutes les marchandes de la Halle et, quiproquos après quiproquos, Ciboulette épousera Croûte-au-pot. Lacornerie croque, l’opérette bouffe Jean Lacorneri

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Les rendez-vous de la création contemporaine #91

ARTS | Podcast / De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #91

Date de première diffusion:  4 Janvier 2012Emission n°91Durée: 30’52 minInvité: Clément Rodzielski, artiste. Contenu: De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Il s’agit d’une opportunité de découvrir la démarche d”un artiste qui agit loin de la facilité.   Chroniques: Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques. Liens utiles: Site web de la galerie française de C. Rodzielski, la galerie Chantal Crousel. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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L’opéra-bouffe se digère bien

MUSIQUES | Opera / A l’opéra de Lyon, on remet ça : un Offenbach, une Vie Parisienne, un Laurent Pelly et le tour est joué. La magie opère avec fulgurance : c’est jouissif, décalé, drôle… Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 17 novembre 2011

L’opéra-bouffe se digère bien

Jacques Offenbach et Laurent Pelly : entre le compositeur et le metteur en scène, c’est une histoire d’amour comme on en voudrait toujours. Une alchimie totale, un duo de choc, une osmose qui traverse l’espace-temps. Offenbach compose sa Vie Parisienne voilà presque un siècle et demi. La satire qu’il fait de la société n’a rien perdu de son mordant ; troublant, car on pourrait croire qu’il est un de nos contemporains. Cette Vie Parisienne fonctionne à merveille parce qu’Offenbach croque avec justesse une société bouffie d’orgueil, remplie de ses petites convictions, engoncée dans des certitudes molles, truffée de rapports bling-bling au monde. Dans cette œuvre, les intrigues vont bon train, se chevauchent et s’interpénètrent. La musique d’Offenbach y est simplement délirante, légère, enivrante et entêtante. Dès la première, en 1866, elle a connu un succès phénoménal, triomphe magnifiquement orchestré par les directeurs du Théâtre du Palais-Royal d’alors. La finesse d’Offenbach et de ses deux librettistes (Meilhac et Halévy) a été d’offrir aux touristes le Paris qu’ils attendaient, son champagne, ses lumières, ses amours sans lendemain, tout en se moquant ouvert

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Des hommes et des dieux

ECRANS | Les derniers jours des moines de Tibéhirine reconstitués par un Xavier Beauvois fasciné par son sujet, mais peu inspiré dans sa mise en scène, qui emprunte les chemins les plus attendus et évacue systématiquement le politique au profit du religieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 1 septembre 2010

Des hommes et des dieux

Des hommes et des dieux, ce n’est pas 12 hommes en colère, mais 7 moines en paix. Comme pour son précédent Petit lieutenant, qui prenait ses aises avec le polar tout en en respectant les lieux communs, Xavier Beauvois retrace les derniers jours des moines de Tibéhirine avant leur massacre dans les montagnes de l’Atlas algérien en détournant les codes du huis clos «cas de conscience». Pas de procès cependant ; la décision finale n’a de conséquence que pour ceux qui la prennent : partir en abandonnant sa mission ou rester quitte à y laisser la vie. Le scénario du film est donc rythmé par trois grandes scènes de réunion où chacun doit prendre position, donner ses raisons puis finalement participer au vote. Le reste du temps, Beauvois alterne entre plusieurs modes de récit : la rencontre entre les moines et les habitants du village (les moments les plus libres du film, quoique non exempts de facilités didactiques), l’irruption des terroristes puis de l’armée au sein du monastère et les rituels liturgiques filmés dans leur continuité. Le goût du sacré Si le cinéaste fait preuve d’une indéniable ma

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S’en fourrer jusque-là

MUSIQUES | Concerts / Jacques Offenbach, c’est un très beau cadeau de fin d’année. L’Orchestre National de Lyon va régaler le public avec des œuvres sucrées mais pas (...)

Pascale Clavel | Vendredi 11 décembre 2009

S’en fourrer jusque-là

Concerts / Jacques Offenbach, c’est un très beau cadeau de fin d’année. L’Orchestre National de Lyon va régaler le public avec des œuvres sucrées mais pas trop, des ambiances musicales enivrantes, des phrasés faussement légers et des airs d’un humour fou. De «La Vie Parisienne» à «La Grande Duchesse» de Gerolstein en passant par «La Belle Hélène» et «La Fille du Tambour-Major», c’est une bouffée d’air frais qui nous est proposée. On ne le sait pas assez, la musique de Jacques Offenbach est autant spirituelle que pétillante, aussi drôle que dramatique. Dans toutes ses œuvres, il met à nu, de manière impitoyable et désopilante, une société décadente et bouffie d’orgueil. Sans cesse, il tend un miroir à peine déformé et nous nous y reconnaissons encore. Avec «La Vie Parisienne», il offre une satire radicale de ces petits-bourgeois qu’ils veulent «s’en fourrer jusque-là». Son géni est partout, ses critiques subtiles et sa musique passe sans souci du profond au léger, de l’humour à la plus grande tendresse. Pour ces concerts, l’orchestre sera dirigé par Michel Plasson, chef reconnu dans le monde entier pour sa rigueur, ses interprétations d’une grande justesse et son amour égal pour tou

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