Plus on est de fous...

SCENES | Table ronde / Il fallait y penser, le théâtre des Ateliers l'a fait. Ce n'est plus un, mais quatre metteurs en scène qui prennent leurs quartiers au théâtre : Gilles Chavassieux, Simon Delétang, Catherine Hargreaves et Olivier Rey. Qu'est-ce que cela va changer ? Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 10 octobre 2007

Petit Bulletin : Vous parlez d'un «collège de metteurs en scène». En quelques mots, présentez-nous ce collège et expliquez-nous ce qui va changer aux Ateliers.
Gilles Chavassieux : C'est le résultat de plusieurs années d'expérience. L'idée centrale est de produire les projets artistiques de jeunes metteurs en scène, en assurant une longue série de représentations et une reprise des créations la saison suivante. L'objectif est que les metteurs en scène n'aient pas besoin de créer une compagnie, avec toutes les responsabilités que cela implique. Il s'agit également de leur assurer un nombre de représentations raisonnable, de manière à ce que la profession puisse venir voir leur travail. L'autre chose, c'était de se demander si c'était intéressant de continuer comme on le faisait depuis trente ans. J'ai pensé que ce n'était pas drôle. C'est là qu'est venue l'idée de mettre en place un théâtre de metteurs en scène ; un collège artistique. Les metteurs en scène proposent des projets artistiques aux Ateliers qui sont discutés et qui, une fois retenus, sont pris en charge comme de véritables productions.Quels sont les engagements de la structure à l'égard du collège artistique ?
Gilles Chavassieux : Les Ateliers s'engagent à leur produire de deux à cinq spectacles dans les cinq ans qui viennent. L'idée du collège artistique, c'est aussi qu'il y a une entrée et une sortie. Une fois que les professionnels auront repéré les metteurs en scène qui travaillent ici, il faudra qu'ils sortent de là pour permettre à d'autres d'entrer.C'est une façon pour vous, Gilles Chavassieux, d'assurer la relève ?
Gilles Chavassieux : Tout à fait, j'assure la relève d'une manière rigolote : ça fait une énergie qui entre, c'est vivant, il y a du débat. Et surtout cela n'existe pas ailleurs. Cela ne vous empêche pas, en tant que metteurs en scène, de travailler pour d'autres structures ?
Olivier Rey : Très concrètement, nous avons le statut d'intermittents du spectacle, nous ne sommes attachés à aucune structure. Être ici, cela nous permet d'avoir plus d'argent pour nos spectacles.
Catherine Hargreaves : Nous gagnons en crédibilité et en confort pour les démarches, c'est tout.
Gilles Chavassieux : L'idée, c'est que les metteurs en scène aient un minimum d'heures de travail, ce qui leur donne la liberté de travailler sur d'autres projets. Au niveau des choix de programmations, vous avez été libres ?
Catherine Hargreaves : Dans mon cas, il s'agit d'une commande de Gilles. Il m'a proposé de travailler sur la pièce de Caryl Churchill et j'ai accepté car j'adore cet auteur et j'ai beaucoup de choses à dire sur lui.
Gilles Chavassieux : En dehors de l'aspect financier, ce qui est très important est que les metteurs en scène se mêlent à toutes les activités d'un théâtre et en particulier à un travail sur le renouvellement des publics.Justement, comment vous positionnez-vous par rapport au public quand vous créez ?
Olivier Rey : En tant que metteur en scène, je reprends souvent une formule de Planchon qui dit : «Je suis votre premier spectateur». Je suis le premier spectateur des comédiens, j'ai constamment à l'esprit l'idée que le théâtre n'a d'intérêt et de sens que si un spectateur le voit. Je me demande comment ce que l'on montre sur scène va être interprété par le spectateur. Avec le Théâtre des Ateliers, nous avons des interventions en milieu scolaire, ce qui permet de rencontrer des gens qui échappent à la sphère dans laquelle nous évoluons en tant que metteurs en scène, c'est une vraie ouverture d'esprit. Je garde en tête que le spectacle que je suis en train de fabriquer, il faut qu'il parle aussi bien à quelqu'un qui a tout vu au théâtre qu'à quelqu'un qui y vient pour la première fois.
Simon Delétang : Moi, ça dépend. Avec Shopping & Fucking par exemple, j'avais d'abord pensé l'interdire aux moins de 16 ans. Je me faisais une fausse idée de la réception du public car finalement, les jeunes ont plébiscité le spectacle ; c'est une langue qui leur parle, cette violence-là leur parle. On est toujours surpris de l'écart qui existe entre ce que l'on met en place et la réception du spectateur. C'est peut-être prétentieux, mais le metteur en scène pense que ce qui le touche va toucher les autres, que ce qui le fait rire va faire rire les autres ; c'est l'épreuve du public qui lui donne tort ou raison. Il faut aussi faire confiance à ce que l'on ressent, ce que l'on croit, si cela touche le spectateur, c'est gagné. Je ne suis pas obnubilé par le public mais ce que je fais n'est pas à destination de ma propre personne.
Catherine Hargreaves : C'est un peu pareil pour moi, je ne suis pas obnubilée, mais j'y pense énormément. J'ai beaucoup côtoyé des théâtres en Angleterre, aux États-Unis, en France en Italie. J'observe beaucoup, je regarde parfois autant la scène que le public. En tant que public, je m'ennuie très vite. Certains disent qu'il faut apprendre à s'ennuyer, mais je ne suis pas très sûre de ça. Je guette toujours comment empêcher l'ennui et ce, quel que soit le public.
Olivier Rey : Selon moi il faut aussi faire une distinction entre faire un spectacle qui plaise à tout le monde et un spectacle qui plaise à chacun. Il ne s'agit pas de ratisser par le bas, mais considérer le public comme un rassemblement de singularités et d'individualités et permettre à chacun - quels que soient son parcours et sa place - d'avoir un point de contact avec le spectacle.
Gilles Chavassieux : On pourrait dire pour résumer que les formes de langage utilisées au théâtre ne sont pas du tout de la communication. Les équipes artistiques essaient de dire quelque chose, connaissent une partie de ce qu'ils croient dire mais pas tout et la représentation révèle une partie du tout. D'où l'importance de parler avec les gens, non pas pour modifier le spectacle, mais pour avoir des retours singuliers.

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Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Théâtre | Lors du deuxième confinement, les théâtres ont pu rester ouverts — pour les artistes. Ces derniers ont occupé les plateaux pour répéter ce qui aurait dû se créer ces derniers mois. Comment traverse-t-on cette période qui ne dit pas sa fin ? Réponses avec les comédiens / metteurs en scène Philippe Caubère, Catherine Hargreaves et Laurent Ziserman.

Nadja Pobel | Mercredi 27 janvier 2021

Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Une deuxième annulation ? Et combien d’autres ? Catherine Hargreaves devait présenter son Happy Hours avec sa complice Adèle Gascuel en octobre. Puis mi-décembre. Elle-même s’embrouille dans les dates : tout se mêle, entre confinement à demi, couvre-feu à 20h, à 18h, réouverture avortée le 15 décembre... Au final, rien. « Je ne sais pas quoi penser. On ne sait plus, avec ma compagnie des Sept sœurs, comment axer le travail de production. On tourne en rond — alors je reste dans mon coin et j’écris ». Elle devait partir en résidence d’écriture durant l’hiver 2020 en Angleterre. C’est sans cesse différé : « je pourrais y aller mais je serai enfermée dans un appartement. Or mon projet est basé sur la rencontre avec des gens. De plus, le Brexit influe sur nos capacités à renouveler des histoires » constate la Franco-Britannique qui refuse de se plaindre — sa compagnie étant subventionnée. Être empêchée de travailler ne la dis

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L'Ardèche, en flèche

Escapade | Y être allé, y aller, y retourner. L'Ardèche, quasi deux fois moins peuplée que la ville de Lyon, n'offre pas "que" des balades en kayaks et la copie de la Grotte Chauvet. C'est aussi une terre qui choie ses artistes à commencer par le peintre naïf Yankel, disparu en avril à l'aube de ses 100 ans. Balade artistique sur cette terre amie.

Nadja Pobel | Vendredi 10 juillet 2020

L'Ardèche, en flèche

330 000 habitants, plus petite préfecture de France (Privas), 3500 km de routes mais pas d'autoroute ni la moindre gare de voyageur de chemin de fer, l'Ardèche est paradoxale. Cette terre aux 900 dolmens (plus qu'en Bretagne !) est aussi un nid d'artistes, en témoigne cette école Roger Planchon à Privas (puisque le dramaturge est originaire de ce département où il situa son Cochon noir) ou encore l'existence une SMAC, un pôle national de cirque, un CNAREP (arts de la rue) et même un CDN posé à Valence mais sous-nommé Drôme-Ardèche. Et bientôt un centre d'art contemporain au château d'Aubenas à l'horizon 2023. Yankel, sa (dernière) saison En 1952, Yankel, fils de Kikoïne qui est déjà, comme son père, un peintre renommé et a croisé à Paris, dans l'atelier La Ruche, les plus grandes figures du XXe siècle (Chagall, Modigliani...), s'ancre dans une ancienne coconière à Labeaume. Il y meurt le 2 avril dernier à 17 jours de ses cent ans. Le Département avait déjà

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Fin de cycle au Lavoir Public

Croix-Rousse | Olivier Rey, directeur du Lavoir Public, annonce son départ en septembre prochain, à l'occasion du renouvellement de la convention entre le lieu et la mairie du 1er.

Sébastien Broquet | Mardi 28 janvier 2020

Fin de cycle au Lavoir Public

Ce mercato lyonnais des lieux culturels semble sans fin : le 30 septembre prochain, la convention liant l'équipe du Lavoir Public et la mairie du 1er prendra fin et la nouvelle équipe municipale aura alors en charge de sélectionner un nouveau projet prenant place dans les murs de cet ancien lavoir municipal. Depuis le 2 février 2012, c'est le metteur en scène Olivier Rey qui mène la barque avec un brio rare, en faisant l'un des spots les plus attractifs et insolents de la cité, programmant théâtre, clubbing, rencontres ou encore le festival OnlyPorn. Il avait créé cet espace de liberté à l'origine avec Julien Ribeiro et Juli Allard-Schaefer, le nommant dans un premier temps Club Théâtre pour une durée initiale d'un an, avant de le rebaptiser avec la prolongation de l'aventure. Mais si le directeur désire s'en aller et laisser la place — il dit lui-même que trop souve

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Catherine Hargreaves entre deux rives

Théâtre | Formée à l'ENSATT, la comédienne Catherine Hargreaves s'illustre depuis une quinzaine d'années comme metteuse en scène et développe un travail parfois obscur, souvent percutant. Elle présente Un Chêne de Tim Crouch cette semaine au TNG. Esquisse de portrait.

Nadja Pobel | Mardi 24 avril 2018

Catherine Hargreaves entre deux rives

2009-2010. Catherine Hargreaves présente sur les plateaux lyonnais un auteur britannique contemporain, Anthony Neilson, qui dit frontalement (Réalisme à L'Élysée) et oniriquement (Le Monde merveilleux de Dissocia, aux Célestins) la déchéance de l'époque qui pousse soit à la passivité et au renfermement sur soi-même, soit au déséquilibre permanent. Dans les deux cas, il est question de s'extraire de la crasse. Elle aurait pu rester sur ces rails de "montreuse" des écritures d'Outre-Manche, qu'en tant que franco-britannique elle traduit aussi, mais elle s'est aventurée sur des territoires plus abrupts qui parfois lui collent encore aux basques. Dans La Ballade du vieux marin créé en 2012 au Théâtre de la Croix-Rousse, elle rend compte avec le texte de Colridge, d'un voyage au long cours sur un cargo. Vidéos filmées à bord, extraits de textes. Tout est épars. Trop pour que la compréhension ou même les émotions affleurent. Pourtant, cette recherche assumée de l'accident a pour corollaire un résultat non garanti. Si sur ce grand plateau, le milieu ne lui pardonne pas ses errements, ce sont précisément ces doutes q

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Olivier Rey ne se souvient pas de tout

1997-2017 : 20 ans dehors ! | Homme de théâtre, agitateur de talent, il dirige de main de maître Le Lavoir Public, l'un des lieux les plus excitants de la ville, où il a mis en scène un Huis clos qu'il a dépoussiéré, et où il organise quelques fêtes mémorables. On lui doit aussi le festival Only Porn.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Olivier Rey ne se souvient pas de tout

Où sortiez-vous en 1997 ? Olivier Rey : C'était quand déjà 97 ? Bac en 94, donc ça devait être ma période Beaux-arts... Bien sûr : les soirées Factory. Et La Centrale, mais c'était peut-être un peu après. On allait à l'Ambassade. Puis il y a eu à la place du Glob, je crois, l'Ambassade sur les quais de Saône. Ca n'a duré qu'un an, je ne sais plus si c'était cette année-là. Il y avait aussi à Saint-Georges une boîte indie pop où j'allais souvent, je n'arrive plus à me souvenir du nom... C'était tout petit, sur trois étages, on y dansait dans la cave. J'ai découvert tout le rock indé de l'époque là-bas. Je sortais beaucoup au théâtre aussi, c'était les débuts de l'époque Raskine-Guittier au Point du Jour où j'étais tout le temps fourré. Et est-ce que le Medley rue Childebert était déjà là ? Je ne sais plus. Je me souviens aussi d'une fête incroyable, inoubliable, dans le parking des Terreaux qui n'était pas encore ouvert, organisé par Cathy Bouvard avec Lyon Cap'. Mais est-ce que c'était en 97 ? Qu'écoutiez-vous ? Oh la la ! Ma culture musicale était encore balbutia

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Sartre, en boîte

Théâtre | Transposant Huis clos dans un nightclub, Olivier Rey utilise au mieux son espace incongru et donne une nouvelle fraîcheur à un texte vieillissant.

Nadja Pobel | Mardi 24 octobre 2017

Sartre, en boîte

Que faire dire encore à ce Huis clos que Sartre écrivit en 1944, juste avant son essai L'Existentialisme est un humanisme ? Ils sont trois à débarquer en Enfer, des morts plus que vivants qui ne cessent de se chercher des noises – ou de se séduire mais c’est la même chose : ils empiètent sur l’autre. Estelle assume son infanticide au nom de sa liberté avec une aisance qui n’a rien d'exagéré ; Garcin, dans une volonté de tout contrôler, se jauge à l’aune de ses deux congénères et se heurte à ce que son sexe ne soit pas avec évidence le plus fort. Inès n’a pas besoin de revêtir un tee-shirt légèrement connoté pour que son homosexualité affirmée ne suscite le rejet puis la curiosité. Les trois comédiens, tous parfaitement en place, y compris Mariek Sergent – dont ce n’est pas le métier : elle est la Tatie Charby qui anime vos nuits, notamment au Lavoir – mènent avec brio ce bal pas si mortuaire que cet au-delà ne le laisse supposer.. Électro et électrique Dans cette énième version de la pièce la plus jouée du philosophe, bien souvent les personnages sont prisonniers d’un espace indé

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Le TNG s'ouvre à tous les possibles

Théâtre | Sur les vingt spectacles programmés au TNG cette saison, près de la moitié n'ont pas encore été créés : allez rencontrer l'équipe pour en savoir plus, (...)

Nadja Pobel | Mardi 12 septembre 2017

Le TNG s'ouvre à tous les possibles

Sur les vingt spectacles programmés au TNG cette saison, près de la moitié n'ont pas encore été créés : allez rencontrer l'équipe pour en savoir plus, lors de la présentation de saison, ce jeudi 14 à 20h à Vaise. Ou rendez-vous aux visites du théâtre, avec chasse aux trésors, le samedi 16 dès 10h30. Dernière solution : filez au Théâtre des Ateliers, à la rencontre des artistes invités (Jean-Paul Delore, Antoine Volodine ou la surdouée Phia Ménard) dans l'après-midi de cette même Journée du Patrimoine, le 16. Aux Ateliers toujours, la pièce Un Chêne, née à l'Élysée en janvier dernier, sera reprise. Elle est chaque soir recommencée : un seul des deux comédiens sait de quoi il retourne. Gilles Chabrier incarne un hypnotiseur. Comment faire croire au public ce que l'on joue ? Comment y croire soit-même ? Avec ce texte de l'anglais Tim Crouch (voir photo), auteur contemporain britannique qui mêle théâtre et performance, Catherine Hargreaves joue une fois de plus avec la narration et l'effet de flottement que peut procurer le théât

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Être et Lavoir

ACTUS | Le Lavoir public, lieu d'art et de vie berlinois par excellence, a récemment fait appel au financement participatif pour renflouer son budget. Alors que le slogan «arm aber sexy» ne lui est jamais si bien allé, Olivier Rey, l'un de ses deux fondateurs, découvre les limites du projet. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 13 mars 2015

Être et Lavoir

Né d'une rencontre entre le Club Théâtre, la fondation abbé Pierre pour le logement et la mairie du 1er arrondissement, le Lavoir public ouvre ses portes en 2012. L'idée est simple : créer un laboratoire artistique qui soit à la fois un vrai théâtre et un lieu à dimension plus festive, comme en regorge dans la capitale allemande. Ce mélange de formes qui permet de croiser les gens est cher à Olivier Rey, metteur en scène dudit Club. Il signe donc avec la mairie un contrat initial, qui permet à son collectif de s'installer au Lavoir pour 365 jours. Le côté éphémère du lieu crée une émulsion et très vite le public afflue. Tellement qu'à la fin de l'année, le contrat se transforme en convention d'occupation triennale avec la mairie. En 2015, le Lavoir a écrasé le nom de l'association de départ. Une année d'autant plus charnière qu'il change aussi d'équipe, Julien Ribeiro, l'autre fondateur de l'association, ayant décidé de quitter l'aventure pour poursuivre un projet personnel. Reste donc à la barre Olivier Rey, qui doit faire face à un criant manque de moyens. Pas Byzance Car si l'année 2014, a vu sa programmation avant-gardiste (sur les

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Entre deux eaux

SCENES | Pour l’avoir beaucoup suivie, on voit bien ce que tisse spectacle après spectacle Catherine Hargreaves : une certaine envie de rendre palpable et (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 octobre 2014

Entre deux eaux

Pour l’avoir beaucoup suivie, on voit bien ce que tisse spectacle après spectacle Catherine Hargreaves : une certaine envie de rendre palpable et immersive la littérature anglo-saxonne, dont elle est une très grande spécialiste, de Kerouac à Burroughs ou, ici, Coleridge. «Qui ça ?» comme le demande promptement un des personnages. Un poète britannique du XVIIIe siècle, leader d’un mouvement romantique que la metteur en scène avait déjà mis en avant avec sa troupe des 7 Soeurs dans un dytique pas toujours bien ficelé mais loin d’être inintéressant :

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Des bugs et des matrices

CONNAITRE | Depuis son ouverture, le Lavoir s’est imposé comme un lieu incontournable en matière d'expérimentation artistique et festive - en dépit de sa fermeture à (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 mai 2014

Des bugs et des matrices

Depuis son ouverture, le Lavoir s’est imposé comme un lieu incontournable en matière d'expérimentation artistique et festive - en dépit de sa fermeture à minuit. La curiosité insatiable de ses fondateurs, Olivier Rey et Julien Ribeiro, les a amenés à être sollicités par de nombreux festivals, dont ils accueillent des temps forts, d'Écrans mixtes au Mirage Festival en passant par Paroles en festival. À leur tour d’en initier un avec Ladybug, qui rassemblera durant quatre jours les femmes qui font la création numérique en Europe. Un sujet qui préoccupe depuis longtemps déjà les deux lurons - ils étaient à l'origine des soirées Lectroniques au Théâtre de l’Elysée. Hormis une incontournable table ronde sur l’égalité homme/femme dans ce domaine, il y sera surtout et heureusement question d’art, à commencer par celui toujours magnétique d’Adrien M. et Claire B. qui, avant de créer Pixel à la Maison de la danse avec Mourad Merzouki (en janvier 2015), se proposent avec Water Cycle, une véritable anamorphose aquatique obtenue par une savante programmation informatique, de remettre de l’eau dans ledit lavoir. Au Théâtre des Ateliers, où se déroule en par

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Succédanés

SCENES | Tandis que la plupart des structures dégainent avec allégresse des plaquettes toutes plus travaillées les unes que les autres, deux théâtres sont dans l’incertitude et le flou en cette rentrée : les Ateliers et le Toboggan. Explications. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 5 septembre 2013

Succédanés

Les courants ne sont pas les mêmes pour tout le monde. En eaux calmes cette saison, le TNP poursuit sa route (Christian Schiaretti a été reconduit pour trois ans), les Célestins perdent leur co-directeur en avril (Patrick Penot prend sa retraite) et le TNG clôt un cycle de dix ans avec Nino d’Introna, en attendant de savoir s’il continuera ou non. À la Renaissance et à la Croix-Rousse, Roland Auzet et Jean Lacornerie forgent des programmations qui leur ressemblent de plus en plus et affirment les identités singulières de leurs lieux. Et puis il y a les eaux troubles, à commencer par celles dans lesquelles le théâtre des Ateliers patauge depuis plus d’un an. À l’automne dernier, Simon Delétang, son directeur, démissionnait, agacé de ne pouvoir se défaire de la figure tutélaire du lieu, Gilles Chavassieux, qui a en 1975 fondé de toutes pièces ce théâtre dédié aux écritures contemporaines - la municipalité de Louis Pradel n’était pas réceptive à cette initiative. Des textes de Vinaver, Schimmelpfennig et beaucoup d’autres y ont été montés très tôt, bien avant qu’ils ne deviennent incontournables. C'est fort de ce pas

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Hargreaves, cœur à vif

SCENES | Que se passe-t-il quand un metteur en scène refuse de se plier à l’obligation de produire  à intervalles réguliers des spectacles nouveaux, des spectacles (...)

Dorotée Aznar | Lundi 23 avril 2012

Hargreaves, cœur à vif

Que se passe-t-il quand un metteur en scène refuse de se plier à l’obligation de produire  à intervalles réguliers des spectacles nouveaux, des spectacles «finis» ? Catherine Hargreaves s’est lancée dans un projet aux multiples étapes autour du poème de Coleridge, La Ballade du Vieux Marin. Un voyage sur un cargo effectuant la liaison Le Havre/Buenos-Aires Cargo, diverses résidences et des spectacles, présentés entre les étapes de travail. Si la première partie du spectacle, présenté en janvier au Théâtre de La Croix-Rousse, a été fraîchement accueillie, Hargreaves ne désarme pas. Dans La Ballade du vieux marin, II – Cargo, elle souhaite continuer son travail sur l’expérience du spectateur. «Je travaille sur ce que signifie La Ballade du Vieux Marin pour nous aujourd’hui, sur l’histoire de cet homme qui tue l’albatros sans raison». Elle se défend cependant de toute provocation : «je cherche à faire penser les gens, pas à les provoquer. Pour ce projet, je travaille sur une forme particulière, entre le théâtre de recherche et le spectacle. Mais je ne cherche pas la radicalité artistique sur le plateau, je veux simplement montrer quel

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Toute première fois, au Lavoir et en public

SCENES | La première soirée théâtre au Lavoir public aura lieu ce soir 8 février à 20 heures. La soirée intitulée «Gilles Deleuze bonsoir» invite à découvrir : «un Gilles (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 8 février 2012

Toute première fois, au Lavoir et en public

La première soirée théâtre au Lavoir public aura lieu ce soir 8 février à 20 heures. La soirée intitulée «Gilles Deleuze bonsoir» invite à découvrir : «un Gilles Deleuze très sexy venu vous parler d'alcool, de taxi, d'Arménie, de premières fois, de robes, de Gauche... ». À l’affiche notamment, l’hilarant Ivan Gouillon , découvert lors des soirées «Pressings».  

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Rien n'aura eu lieu que le lieu

ACTUS | Pour 365 jours, Olivier Rey et Julien Ribeiro ouvrent dans un ancien lavoir le «Club Théâtre», un espace de spectacle vivant transversal. Ni une friche bordélique, ni une institution trop policée, soit exactement l'aventure un peu floue qui manquait à Lyon. Un lieu chargé d'histoire... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 février 2012

Rien n'aura eu lieu que le lieu

Un grand bac central, deux batteries de lessiveuses en métal gris alignées le long des murs principaux, une dominante de béton austère... C'est dans un ancien lavoir public des pentes de la Croix-Rousse que le Club Théâtre d'Olivier Rey et Julien Ribeiro (avec l'appui de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement à Lyon) élira domicile un an durant pour proposer, 20 à 25 soirs par mois, spectacles (danse et théâtre), concerts, «crêpes party», soirées, festivals (du jeu vidéo indépendant, du cinéma porno, des lectures théâtrales électroniques...). Le modèle ? La Factory ouverte à tous les vents artistiques de Warhol, ou les théâtres berlinois où l'on peut tout aussi bien voir une pièce, boire une bière et danser... Et, réfléchissons un peu, ce Lavoir pourrait bien incarner ce que Michel Foucault désignait du nom d'hétérotopie, soit «ces contre-espaces, ces utopies situées, ces lieux réels hors de tous les lieux. Par exemple, il y a les jardins, les cimetières, il y a les asiles, il y a les maisons closes, il y a les prisons, il

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Vue sur mer

SCENES | À l’heure où le plus titré des frères Peyron, Loïck, vient de boucler le tour du monde (en équipage et sur multicoque) en à peine 45 jours, Catherine Hargreaves (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 janvier 2012

Vue sur mer

À l’heure où le plus titré des frères Peyron, Loïck, vient de boucler le tour du monde (en équipage et sur multicoque) en à peine 45 jours, Catherine Hargreaves prend le temps. Elle revient de deux mois de navigation sur un cargo à travers l’Atlantique, où elle a rencontré des marins d’aujourd’hui qui vivent à un rythme plus lent que le nôtre. Ils sont les vieux marins d’aujourd’hui. Car la metteur en scène aborde à nouveau la littérature anglaise. Après le contemporain Anthony Neilson (Dissocia, Réalisme), la voici dans le monde de Coleridge et de son long poème La Ballade du vieux marin. Hargreaves et Coleridge ont une vision pessimiste du monde mais «c’est dans cette pourriture que l’on cherche le beau» dit-elle. Avec six comédiens et Nicolas Zlatoff pour parfaire l’aspect visuel, elle va fouiller cette écriture. Dans sa dernière création, Dead woman laughing, elle montait elle-même son plongeoir au-dessus du vide et titubait au bout de cette piste. À quelques jours de la première de La Ballade du vieux marin, elle n’est encore sûre de rien, a peur de se crasher mais prend le risque de retrouver la parole de ce compagnon d

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Révolution permanente

SCENES | C’est dans l’air. Les artistes, citoyens hautement revendiqués, semblent plus que jamais assoiffés de questionnements politiques. Sur les écrans, le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 1 décembre 2011

Révolution permanente

C’est dans l’air. Les artistes, citoyens hautement revendiqués, semblent plus que jamais assoiffés de questionnements politiques. Sur les écrans, le documentaire de Christian Rouaud Tous au Larzac ! brille par sa pertinence et son enthousiasme. Réveiller les gens plutôt que leur fournir un manuel de petit guerrier, voilà bien aussi l’intention du metteur en scène Olivier Rey et de ses acolytes sur le projet Révolution (au Théâtre du Point du Jour du 12 au 14 décembre. Dire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux promet Olivier Rey comme lors de ses «pressings», happenings branques, joyeux et engagés dans des lieux iconoclastes sur le travail, les rapports homme/femme ou le logement. Sur le plateau du théâtre du 5e, chacun des comédiens issus de l’impro, du classique, du clown, les plasticiens ou les vidéastes s’empareront des lettres du mot "Révolution" et les déclineront en autant de saynètes. S’il n’y a dans ce travail aucun appel au vote pour un quelconque parti, y figure bien le désir assumé de faire un théâtre militant sous forme d’AG et de redonner au terme Révolution son sens profond. En attendant que la

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La faim et les moyens

SCENES | Théâtre / Gilles Chavassieux met en scène À la tombée de la nuit de Peter Turrini. Satire sociale, comédie déjantée où mécènes et artistes cohabitent, cette pièce est présentée pour la première fois en France, au Théâtre Les Ateliers. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

La faim et les moyens

Nous sommes en Autriche, au sud de la Carinthie, dans la demeure d’une comtesse. La vieille dame fortunée se pique de se faire appeler madame Schwartz mais ce n’est pas son unique lubie. Sous sa houlette, sa fille et son époux offrent le gîte et le couvert à des artistes sans le sou, en échange de leur docilité et de leur capacité à animer les repas de leur conversation. Les mécènes, mélanges de doux dingues désespérés et de manipulateurs sordides occupent leurs interminables journées en s’amusant avec des artistes oisifs, sous l’œil attentif de l’avocat de la famille, qui espère bien tirer son épingle du jeu de massacre. L’auteur de cette pièce, Peter Turrini, qui fut lui-même introduit dans ce milieu, apparaît dans la pièce sous les traits d’un jeune garçon obèse, qui ne réussit pas à fuir la fourmilière pendant qu’il en est encore temps. Chacun se sert de l’autre, l’utilise, le presse, à la recherche d’argent, de pouvoir, d’amour, d’inspiration ou d’activités ludiques pour occuper le temps qui le sépare de la mort. Du beau mondeMonter À la tombée de la nuit sans tomber dans la caricature n’est pas chose aisée. L’ancien nazi, le (ou les) pédophile(s), l’hystérique, le

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Alice dans ta gueule

SCENES | Théâtre / Catherine Hargreaves met en scène «Le Monde merveilleux de Dissocia» dans la Célestine. Une version trash et déjantée d’«Alice aux pays des merveilles», tout à fait convaincante. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 18 janvier 2010

Alice dans ta gueule

Les spectateurs s’installent alors que Lisa est déjà là. Elle lit, mange et s’amuse avec son téléphone comme si elle était seule avant de fermer la porte de son «appartement» à clé, nous indiquant qu’il n’y aura aucune échappatoire. Alice aux pays des barges peut alors commencer. Lisa Jones entend des voix. Lisa voit des gens qui n’existent pas. Un réparateur de montres frappe à sa porte, il vient lui expliquer l’origine de son mal : lors d’un voyage à New York, elle a perdu une heure. Depuis, son univers est déséquilibré, ses proches ne la reconnaissent plus. Pour que tout redevienne comme avant, elle va devoir se rendre dans le monde de Dissocia afin de reprendre possession de l’heure perdue. Comme chez Lewis Carroll, Lisa-Alice va débarquer dans un monde parallèle, où la logique ne fonctionne pas, où l’absurde et le chaos règnent en maîtres. À Dissocia, avant de laisser les voyageurs franchir la frontière, on s’assure qu’ils ne transportent pas de plumes et qu’ils prêtent serment d’allégeance à la reine. À Dissocia, le bureau des objets perdus a malheureusement été égaré et le grand cafard risque de détruire le pays à tout moment. Et si l’on ne risque pas de se faire couper la t

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La bonne parole

SCENES | Portrait / Olivier Rey est metteur en scène. À 33 ans, il fait partie de la jeune garde qui a envie de bousculer les codes. Avec L’Achat du cuivre, présenté au Théâtre le Point du Jour, il propose une réflexion sur le théâtre, le jeu, l’engagement et le monde. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 9 novembre 2009

La bonne parole

Olivier Rey est né à Villefranche-sur-saône, il y a 33 ans. Il s'installe à Lyon en 1991 pour apprendre le théâtre, au lycée. Sa famille reste à Villefranche, où son père exerce toujours les fonctions de… pasteur. Des prêches du dimanche, le metteur en scène a gardé une fascination pour les grands rassemblements : «j'adorais voir des gens se retrouver dans une salle pour écouter un message, une parole. Ce n’est pas le discours de mon père qui m’intéressait mais l’aspect social de la messe. Quand j’ai découvert le théâtre, j’ai retrouvé ce côté festif mais moi, c’est la parole des acteurs et des artistes qui m’intéressait». Des gens qui défilaient chez ses parents pendant les dîners, il a gardé le goût des rencontres et des amitiés fidèles. «J’ai toujours une histoire humaine avec les gens, il faut qu’il y ait une rencontre. Le noyau de gens avec qui je travaille est assez fixe, j’ai besoin de ce cadre, de cette complicité, de cette fusion-là. Ce que je demande aujourd’hui à mes acteurs, ce n’est possible que parce qu’il y a une reconnaissance mutuelle de notre travail». «Une certaine incohérence»Fusion certes, mais liberté aussi.

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Halte-là !

SCENES | Théâtre / Des stries, un Tetris, une pluie de lettres façon Matrix projetées comme contours de décor, des marques au sol pour délimiter le terrain jamais (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 janvier 2009

Halte-là !

Théâtre / Des stries, un Tetris, une pluie de lettres façon Matrix projetées comme contours de décor, des marques au sol pour délimiter le terrain jamais respecté de chacun façon Dogville et trois hommes qui se cherchent, se marchent sur les pieds, tentent de cohabiter. Ils sont policiers. L'un débute, abrupt et fougueux ; le deuxième est désenchanté et dépressif, moquant la naissance de l'enfant de ses amis pour mieux circonscrire son malaise abyssal de n'avoir rien construit ; le dernier, retraité, a passé l'âge de la déprime léthargique et s'agite autour de bombes sexuelles en ne parvenant pas à masquer sa solitude. Loin d'un commissariat nerveux comme celui des Experts, Gilles Chavassieux a choisi de placer ces trois hommes dans un terrain vide, tout juste modulé par un bar, un canapé et un frigo transformé en fontaine à bière. Dans cet espace, les comédiens se donnent les répliques comme on attrape un ballon au vol, pour ne pas casser le filin qui les maintient en vie alors que tout les incite à arrêter les frais. Ils luttent contre la pauvreté qui les entoure et dont il sont victimes, se débattent avec eux-mêmes. Notamment Alban, jeune raciste ordinaire qui ne voit pas le mal

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Apologie d'un glandeur

SCENES | Théâtre / A priori le sujet n’est pas vendeur : que fait quelqu’un qui ne fait rien, "un gros mollasson de merde" comme il le dit lui-même sans excès de (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 janvier 2009

Apologie d'un glandeur

Théâtre / A priori le sujet n’est pas vendeur : que fait quelqu’un qui ne fait rien, "un gros mollasson de merde" comme il le dit lui-même sans excès de poésie ? Pas sûr de vouloir vraiment le savoir. Pourtant la compagnie des Sept sœurs intrigue en occupant le théâtre de l'Élysée cette saison avec quatre projets dont une série de films, de la danse et du théâtre. Elle invente et défriche. C'est le cas avec Réalisme, une pièce traduite par la metteur en scène Catherine Hargreaves de l'auteur borderline, aujourd'hui institutionnalisé et associé à la Royal Shakespeare Company, Anthony Neilson. Du mobilier Ikea amputé jonche le sol. Des tables aux pieds sciés, de l'électroménager égaré et un Frédéric Bévérina, même nom à la scène qu'à la ville, qui se réveille après une nuit trop arrosée avec l'envie de rien. Défilent alors dans un joyeux capharnaüm et grâce à l'énergie insatiable de cinq autres acteurs toutes les interrogations politiques qui l'animent et l'épuisent, ses fantasmes, ses peurs, sa place en tant qu'enfant, amant, aimant. Il y a profusion de lumières, de sons, de mouvements, une vraie demeure du chaos à la place d'un cerveau fatigué et surtout une utilisation pleine des

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Si ce n’est toi…

SCENES | Théâtre / Pour sa première mise en scène au Théâtre Les Ateliers, Catherine Hargreaves choisit de tout recommencer à zéro. Un grand nombre de Caryl Churchill, (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 14 mars 2008

Si ce n’est toi…

Théâtre / Pour sa première mise en scène au Théâtre Les Ateliers, Catherine Hargreaves choisit de tout recommencer à zéro. Un grand nombre de Caryl Churchill, texte sur lequel elle choisit de travailler, est une drôle d’histoire de nouveau départ. Un père de famille veuf (interprété par Gilles Chavassieux) réalise qu’il n’a pas réussi à donner à son jeune fils l’éducation qu’il désirait. Plutôt que de s’acharner dans l’erreur, il préfère abandonner-là l’expérience en laissant le jeune garçon à l’assistance publique. Rongé par la culpabilité, il pensera trouver le salut en acceptant la proposition d’un savant : cloner son fils pour retenter sa chance. L’essai paraît plutôt probant, jusqu’au jour où l’on s’aperçoit que le deuxième fils n’est pas un exemplaire unique. Combien sont-ils ? Comment sont-ils ? Et comment expliquer à son fils qu’il n’est pas exactement celui qu’il croyait être ? Sur la scène, la père, le fils et ses clones débattent, s’accusent ou se pardonnent. Gaël Leveugle confirme ses qualités d’acteur ; en gentil benêt, en déséquilibré au regard fou, en homme trahi ou indifférent il est également juste, s’amuse dans ses rôles et propose au public d’en

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Le grand débarquement

SCENES | Made in GB / Beaucoup plus rares dans nos salles de théâtre que leurs homologues allemands, les auteurs contemporains britanniques débarquent en nombre (...)

| Mercredi 12 septembre 2007

Le grand débarquement

Made in GB / Beaucoup plus rares dans nos salles de théâtre que leurs homologues allemands, les auteurs contemporains britanniques débarquent en nombre cette saison. Avec Edward Bond en éclaireur, désormais bien connu du public français. Deux de ses trois pièces qu'Alain Françon avait créées en 2006 à Avignon, Si ce n'est toi et Chaise seront reprises au Toboggan de Décines, programmées par le TNP (du 1er au 4 avril). De la même génération, mais beaucoup moins traduite et jouée chez nous, Caryl Churchill est pourtant familière du Royal Court Theatre de Londres où ses pièces sont régulièrement saluées. Catherine Hargreaves, grande défricheuse de textes anglophones, mettra en scène Un grand nombre, où un père, peu satisfait de l'éducation qu'il a prodiguée à son fils, l'abandonne et s'en voit proposer un second, identique. Si l'on se fie à la belle mise en lecture qu'elle avait proposée aux Européennes l'an passé (Machinal de Sophie Treadwell), la jeune metteur en scène devrait s'emparer avec brio du ton a priori comique et surréaliste de cette pièce, en mars aux Ateliers. Aux Ateliers également, mais en ouverture de saison cette fois (octobre), séance de rattrapage pour ceux qui rat

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