S'accrocher aux branches

SCENES | Théâtre / Le titre de la nouvelle création de Michel Raskine donne le ton : Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ? Amateurs de simplicité : fuyez ! Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 7 février 2007

Le premier quart d'heure de Me zo gwin ha te zo dour peut laisser perplexe. Des motifs floraux abominables partout (des costumes aux papiers peints, jusqu'à l'écœurement), des personnages aux noms tellement imprononçables qu'on se demande régulièrement qui est qui, des dialogues à la limite de l'absurde ou pseudo-lyriques, et des choix de mise en scène étonnants (les animaux sont soit des peluches, soit des personnages qui portent des peluches sur la tête !). Pourtant, il serait dommage de lâcher prise, et ce, même si une brebis carnivore vous rote et vous pète à la tête, ce qui est aussi moyennement agréable que moyennement drôle. Le texte de Marie Dilasser pose pourtant de vraies questions et de manière plutôt judicieuse. La jeune auteur issue de l'Ensatt interroge en effet l'identité mais à un simple «qui suis-je ?» elle préfère un «qu'est-ce que je vais être d'autre que ce que je suis maintenant ?». Elle refuse le traitement cérébral pour jeter ses personnages dans une quête concrète, brutale, presque animale.Veau, vache, cochon angora à poil rouxSur scène, trois tableaux, trois volets se succèdent, ayant chacun pour héros central un des trois personnages de la pièce. À savoir, Paule Kadillac qui aimerait beaucoup avoir un pénis et tente de renaître homme, mais qui aime quand même Boruta Priscillone le sans-papiers. Qui lui, du coup, aimerait bien ne plus en avoir, de pénis et se met à porter des robes. Et puis il y a la mère de Paule, qui perd le même jour son époux et sa maîtresse, qui deviendra grand mère d'un gosse qui passe du ventre de sa mère au dos de son père avec une facilité déconcertante... Entre ces tableaux, des intermèdes joués par les animaux de la ferme, véritable histoire dans l'histoire, permettent à un taureau (fort distingué) de tailler le bout de gras avec une brebis (carnivore) et une truie (angora rousse) et de s'interroger par la même occasion sur leurs conditions de vie et leurs drôles de patrons. Si, selon les dires même du metteur en scène, le théâtre de Marie Dilasser n'est pas aisé à lire, il n'est pas simple non plus d'entrer en tant que spectateur dans ce qui s'avère pourtant être une farce parfois crue, voire franchement grossière, mais assurément tordante.Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ?Jusqu'au 9 févrierAu théâtre Le Point du Jour, 7 rue des aqueducs, Lyon 5e (04 78 15 01 80)

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Ciel, mon théâtre !

SCENES | Changements de direction à la tête des théâtres, nouvelles infrastructures, orientations artistiques différentes pour les lieux existants… Ces bouleversements vont-ils modifier en profondeur le paysage théâtral lyonnais ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 septembre 2011

Ciel, mon théâtre !

Rarement les institutions culturelles lyonnaises, et notamment les théâtres, auront connu de tels bouleversements. Dans un milieu dans lequel les directeurs ont la réputation (et souvent l’habitude) de rester en fonction autant que faire ce peut, parfois bien au-delà du raisonnable, on a assisté la saison dernière à des changements profonds. À l’échelle locale, le plus médiatique fut sans doute celui occasionné, en juillet 2010, par le décès de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse depuis 1994 et dont la succession a été le révélateur d’un malaise profond chez les metteurs en scène de la région. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la disparition de Philippe Faure, dix-sept candidats ont fait connaître leur volonté de prendre la direction du lieu. Une grande partie d’entre eux était composée de metteurs en scène à la recherche d’un lieu dans lequel établir leur compagnie, un lieu dans lequel créer leurs spectacles et, finalement, un moyen de sortir d’une forme de précarité. Et le tollé provoqué par la décision de la Ville de Lyon (propriétaire du théâtre) de ne pas lancer d’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau directeur ne dit pas autre ch

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Raskine-Guittier, la fidélité

SCENES | Comédienne / Marief Guittier et Michel Raskine, une fidélité par vingt fois renouvelée. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 15 mars 2010

Raskine-Guittier, la fidélité

Depuis sa première mise en scène en 1984 (Max Gericke ou pareille au même de Manfred Karge), Michel Raskine a crée 26 autres spectacles. Le point commun entre ces créations ? La présence de la comédienne Marief Guittier dans vingt d’entre eux, du premier au dernier en date.

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