Et rond, et rond, petits canassons…

Christophe Chabert | Mardi 27 mai 2008

Théâtre équestre / Avec un entêtement proche de la mule, Les Nuits de Fourvière prolongent cette année encore leur fidélité à certains artistes. Mais pour corser le cocktail et éviter la redite, les voilà qui se plaisent à mélanger leurs dadas et à produire de nouvelles formules artistiques.
Ainsi de Bartabas, venu au festival il y a deux ans pour un Récital équestre où chevaux et cavaliers de son Académie de Versailles galopaient autour du piano d'Alexandre Tharaud, et de Philip Glass, présent en 2004, 2005, 2006 et 2007 ; les voilà réunis pour des Partitions équestres où les mêmes équidés tournoient autour de la musique de Glass (interprétée par un quatuor de saxophonistes, l'ensemble Ossia). À moins que ce ne soit, hypothèse poétique, l'inverse ! Car aux fondements des compositions du musicien new-yorkais, il y a le cercle, ces spirales mélodiques qui s'enroulent les unes sur les autres et produisent une sensation de vertige et d'hypnose. La rime était presque naturelle avec la circularité de la piste sur laquelle Bartabas met en scène ses chevaux, rime qu'il ne se prive pas de décliner dans ce spectacle prometteur. Ainsi, aux tourbillons sonores de Glass répondront les cercles concentriques formés par les douze cavaliers de l'Académie. Ou encore ces moments où Bartabas entamera le dialogue avec chacun des saxophonistes : seul avec son cheval, il le «laisse» dialoguer avec le musicien. Parfois, on est proche de la danse ; à d'autres instants, c'est une marche méditative à laquelle on assiste, comme si les notes de Glass éveillaient une forme de contemplation chez l'animal.
On se dit alors que la rencontre était évidente entre cette musique et ce théâtre équestre qui ont, tous deux, su concilier recherche savante et authentique engouement populaire.CCPartitions équestresPar Bartabas, Philip Glass et le quatuor OssiaAux Nuits de Fourvière du 7 au 12 juillet

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter