La grande Pina

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 janvier 2009

Danse / A 68 printemps, Pina Bausch (de son vrai prénom Philippina) est devenue une véritable icône de la danse contemporaine. Pourtant, avant de connaître la célébrité et de jouer en France à guichets fermés lors de presque toutes ses productions, la chorégraphe allemande a œuvré contre vents et marées, essuyant les tempêtes outrées de la critique. Elève de Kurt Jooss, elle crée d'abord des pièces lyriques, fluides et expressives, avant de trouver peu à peu sa propre «marque de fabrique» : un théâtre dansé, où la danse se fait rare et violente au sein de rituels composés de séquences répétitives et basées sur un travail d'introspection avec ses interprètes… En 1978, elle crée coup sur coup deux de ses chefs-d'œuvre : Café Müller et Kontakthof («Cour de contact» en français). Pièce longue (3 heures) pour 26 danseurs, Kontakthof se déroule dans une vaste salle de balle un peu défraîchie où, entrant, sortant, hommes et femmes se cherchent, se séduisent, s'enlacent, s'affrontent, se fuient… Toujours et encore, Pina Bausch fouille les rapports masculin-féminin, leur beauté et leur cruauté. Et ce, ici, en quadrillant l'espace scénique par des déplacements en lignes parallèles ou obliques, avec la marche pour motif principal et des gestes dansés (tantôt policés, tantôt délurés) émaillant le spectacle par soubresauts. En 2000, Pina Bausch avait remonté son œuvre avec des interprètes âgés de plus de 65 ans. Pour son retour à Lyon, et après plus de 15 ans d'absence, elle en présente une toute nouvelle version avec 26 adolescents de 14 à 18 ans.
Jean-Emmanuel DenaveKontakthof, de Pina Bausch
Du 15 au 17 janvier à la Maison de la Danse.

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