Si c'était eux…

SCENES | Théâtre / Loin des mœurs du théâtre institutionnel, deux auteurs-acteurs ont créé Si c’était L., tragi-comédie romantique reprise actuellement à l’Acte 2 théâtre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 février 2009

Si Claude Allègre avait été ministre de la culture, il aurait sûrement traité le théâtre de «mammouth». Mais plutôt que de le dégraisser, il mériterait surtout d'être plus échevelé et hirsute. L'esprit qui a animé l'équipe de Si c'était L… pour créer leur comédie romantique n'a cependant rien d'un acte militant. Pas de théorie, mais plutôt du «faire», du culot et une culture qui n'est iconoclaste que pour les gardiens du temple théâtral. Emmanuel Pinto et Nicolas Musili ressemblent aux deux personnages qu'ils se sont écrits : de jeunes adultes qui ont gardé une part d'adolescence, élevés au cinéma américain, aux séries télé et aux jeux vidéos. On peut même voir le pitch de la pièce comme une métaphore de cet entre-deux : la fille dont ils étaient amoureux, morte dans un accident de voiture, «réapparaît» trois ans plus tard sous un nouveau nom, voisine du dessus au comportement franc du collier bousculant l'équilibre léthargique dans lequel les deux colocataires s'étaient lentement lovés. Éternel retour de l'aimée ou nostalgie d'un temps qu'on rêve d'arrêter dans une adulescence fragile ? Mais achtung ! Si c'était L… n'est pas un pensum, juste une comédie qui choisit de rire à coups de répliques bien senties des drames existentiels qui s'invitent à l'improviste dans le quotidien.Au service de l'histoire
Pinto et Musili disent que cette idée de pièce leur est venue presque simultanément. Emmanuel devait donner forme aux idées lancées lors de leurs nombreuses discussions, mais c'est finalement Nicolas qui, en une semaine, rédige la pièce. Cette symbiose-là est le fruit d'une vraie rencontre, en cours de théâtre puis dans la vie, qui a longtemps attendu avant de trouver son expression juste. Au spectacle à sketches initialement envisagé, ils préfèreront donc raconter une histoire, une vraie, avec des twists inattendus, des personnages forts et proches du public qu'ils veulent séduire, qui leur ressemble et qui n'est pas forcément abonné des scènes de théâtre. Si c'était L… a trouvé un bon refuge à l'Acte 2, nouvelle scène sans œillère, et son parfait metteur en forme en la personne de Jacques Chambon. Intelligemment, il a compris que la mise en scène devait servir le texte et les acteurs, plutôt que de se servir d'eux ; position discrète en adéquation avec le projet, celui d'un théâtre réaliste aux dialogues colorés, un théâtre du sujet plutôt qu'un théâtre à thèmes, qui croit dans ce qu'il raconte et n'use pas d'artifices pour détourner l'attention du spectateur. Objectif : «Voir une pièce comme on regarde un film.» Si on faisait une petite place à ces projets-là dans le théâtre d'aujourd'hui ?Si c'était L…
À l'Acte 2 Théâtre, du 18 février au 7 mars.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

Continuer à lire

Magicien à tout faire

SCENES | Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, (...)

| Mercredi 15 novembre 2006

Magicien à tout faire

Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, il a joué pour Planchon dans une pièce produite par le TNP. En bon gymnaste, il fait surtout depuis le début de sa carrière de grands écarts entre ce qu'il ne peut pas dissocier, le café-théâtre et le théâtre classique. Il consent néanmoins à dire que les deux univers ont un manque cruel de curiosité réciproque. «Je sais depuis longtemps qu'il faut savoir faire plusieurs choses pour survivre dans ce métier». C'est pas le tout mais «faut faire croûter les enfants, et ils ont bon appétit», note-t-il au passage. Il faut tenter de vivre de cette scène «indispensable» et d'avancer dans une carrière de comédien. Pas simple. Alors plutôt que d'attendre que le théâtre institutionnel lui ouvre grand les bras, il fait son travail là où on le lui permet. «On peut faire des choses bien en café-théâtre, de la comédie intelligente, avec du fond», assure-t-il. D'autant qu'il ne joue et n'écrit pas que ça. Sa pièce Nous crions grâce écrite à partir de lettres de soldats a tiré les larmes à plus d'un spectateur. Par ailleurs, la comédie qu'il a écr

Continuer à lire