Arme de distraction massive

Christophe Chabert | Vendredi 13 mars 2009

Photo : © Emmanuel Scorce


Humour / Les premières notes du P.I.M.P. de 50 cent résonnent, et Valérie Lemercier fait son entrée sur scène au gré d'une chorégraphie délicieusement décalée. Ça ne vaut peut-être pas sa mémorable danse aux Césars sur Zouk Machine, mais il ne nous en fallait pas plus pour être déjà un minimum conquis. Après cette pétulante intro, il faudra attendre l'ultime sketch pour revoir notre hôte s'adonner à quelques pas de danse (dans le rôle d'une odieuse prof de danse russe). Mais avec une interprète de ce calibre sur scène, pas besoin d'entrechats : Valérie Lemercier est un effet spécial à elle toute seule. Elle a su roder l'écriture d'un spectacle écrit dans l'urgence, se saisir des moindres inflexions de voix susceptibles de provoquer l'hilarité, développer les inénarrables gestuelles de ses personnages, peaufiner l'efficacité de ses virgules (notamment via deux personnages récurrents, une saoularde apostrophant les célébrités à Roland-Garros et une mauvaise conscience bobo moralisatrice), et offrir ainsi un tour de montagne russe humoristique au charme mutin. Ce qui séduit, ce sont donc avant tout les qualités d'interprétation mais aussi d'écriture. On retrouve ici un sens de la formule qu'on pensait à tout jamais disparu des one-(wo)man-shows français, couplé à un goût de la surenchère qui ne s'égare pas, même dans ses manifestations les plus outrancières de grossièreté. Que la demoiselle incarne un riverain du sud vantant les joies de l'échangisme ou un père de famille racontant à son fiston, le jour de l'enterrement de sa mère, les prouesses sexuelles de cette dernière, on ne tombe pas dans une vulgarité facile, mais bien dans un sain élan trash dévastant tout sur son passage. FCValérie Lemercier
À la Halle Tony Garnier, dimanche 22 mars.

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"Marie-Francine" : le retour en grâce de Valérie Lemercier

Le Film de la Semaine | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunesse, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici, avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois — plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle a mille fois tenus, mais ce d

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Humour à Lyon : Deux festivals et des stars

Humour | Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

Humour à Lyon : Deux festivals et des stars

Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre tous les deux. Sauf que... quelle idée saugrenue de les organiser exactement aux mêmes dates, tous deux prenant fin le 1er octobre ! Collision regrettable, mais programmations délectables pour qui aime les bons mots. À l'Espace Gerson, c'est la 4e édition du festival d'Humour qui accueille en parrain Vincent Roca cette année, lequel donnera deux soirs d'affilée son Délirium Très Mots (26 et 27 septembre) créé en 2010 : virtuose de la langue, jongleur de mots, concurrent direct des titreurs de Libé, il s'est offert une belle notoriété en alignant les chroniques sur France Inter durant onze ans, dans le Fou du Roi de Stéphane Bern. Côté découvertes, se côtoieront Jérémy Vaillot, Margot Winch et Félix Dhjan (le mercredi 28 septembre), Ben H, Timothé Poissonnet et Pierre Daverat qui oscillent entre chanson et humour (jeudi 20 septembre) ou encore Haroun, Mathias Pradenas et Perrine Rouland (vendredi 30 septembre) avant un final hors-les-murs en c

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100% Cachemire

ECRANS | De et avec Valérie Lemercier (Fr, 1h38) avec Gilles Lellouche, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Vendredi 6 décembre 2013

100% Cachemire

Un drôle de désir semble avoir guidé Valérie Lemercier pour son quatrième film en tant qu’actrice-réalisatrice… S’approprier un fait divers glauque où une mère adoptive décide de rendre son fils après quelques mois "d’essai" ; faire le portrait acide d’une bourgeoisie étranglée entre bonne et mauvaise conscience ; mais aussi s’écrire un personnage détestable dont la caméra, toutefois, ne se détache jamais, exercice narcissique très curieux et, à l’image du film tout entier, plutôt déplaisant. Car si Lemercier a un vrai talent pour écrire des dialogues de comédie qui claquent, et si elle sait les mettre dans la bouche de comédiens ravis de s’amuser avec cette musique virtuose, le scénario de 100% Cachemire n’a pas de centre, sinon une misanthropie qui s’exerce aveuglément sur les riches et les pauvres, les premiers très cons, les seconds très cons et très moches. Il y avait pourtant une idée magnifique, hélas laissée en jachère : cet enfant russe muet et impavide, mur indéchiffrable sur lequel les émotions des adultes alentour ricochent ou se fracassent. Mais la mise en scène semble fuir ce trou noir émotionnel, préférant se réfugier dans la peinture sarc

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Main dans la main

ECRANS | De et avec Valérie Donzelli (Fr, 1h25) avec Jérémie Elkaïm, Valérie Lemercier…

Christophe Chabert | Mardi 11 décembre 2012

Main dans la main

Ceux qui ont sacralisé le tandem Donzelli / Elkaïm sur la foi de leur il est vrai correcte Guerre est déclarée vont en être pour leurs frais. Avec Main dans la main, c’est retour à la case départ, celle de leur premier film, ce navet indescriptible qu’était La Reine des pommes. L’argument (un danseur du dimanche tombe en «synchronicité» avec une prof de danse de l’Opéra Garnier) s’épuise en trente minutes et ne donne même pas lieu à une quelconque virtuosité physique ou gestuelle : tout est approximatif et ruiné par un surdécoupage qui traduit une réelle absence de point de vue. On assiste alors à un film entre potes (Lemercier, pièce rapportée, semble paumée au milieu de la bande) dont les blagues ne feront rire personne au-delà du XVIe arrondissement parisien et où l’amateurisme est presque une condition pour faire partie du club (pourquoi avoir donné un tel rôle à Béatrice De Staël, absolument nulle d’un bout

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir ét

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Adieu Berthe !

ECRANS | De et avec Bruno Podalydès (Fr, 1h40) avec Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Valérie Lemercier…

Christophe Chabert | Jeudi 14 juin 2012

Adieu Berthe !

Berthe est morte, mémé n’est plus. C’est ce qu’apprend Armand Lebrec (Denis Podalydès), la tête dans une boîte transpercée de sabres factices. Son affliction à l’annonce du décès est, elle aussi, purement factice : cette grand-mère était si discrète que tout le monde l’avait oubliée dans la famille (son père en particulier, atteint d’une forme de démence burlesque ; un numéro aussi bref que grandiose pour Pierre Arditi). De toute façon, Armand a d’autres chats à fouetter : une femme qu’il tente vainement de quitter, une autre avec qui il essaie de trouver un modus vivendi, une pharmacie appartenant à une belle-mère intrusive… Après l’inégal Bancs publics, Bruno Podalydès revient à des territoires plus familiers de son cinéma : la comédie de l’indécision sentimentale, sur un mode plus grave et plus mature, âge des protagonistes oblige. La première moitié est effectivement hilarante, notamment la peinture de pompes funèbres délirantes, l’une tenue par une sorte de gourou new age (Michel Vuillermoz, génial), l’autre par un tax

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier, Gérard Darmon…

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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Agathe Cléry

ECRANS | D’Étienne Chatiliez (Fr, 1h50) avec Valérie Lemercier, Anthony Kavanagh…

Christophe Chabert | Mercredi 26 novembre 2008

Agathe Cléry

Avec un tel slogan («Elle est blanche, elle est raciste, elle va devenir noire»), on pensait sortir les couteaux contre la pachydermie habituelle d’Étienne Chatiliez. Surprise : ce n’est même pas la peine car Agathe Cléry frappe surtout par son indolence cinématographique. Il faut plus d’une moitié de film pour introduire son argument, et la suite (développement et résolution) est expédiée à la va-vite. Question réalisation, Chatiliez régresse carrément : filmé platement, y compris les séquences de comédie musicale, monté, mixé et étalonné gauchement, Agathe Cléry est un produit bâclé et en fin de compte assez laid. Tout est résumé par le maquillage de Valérie Lemercier (grande actrice, ici cernée de toute part par la médiocrité ambiante) qui ne crée aucun trouble chez le spectateur, sinon la gêne de passer un film entier avec un effet si mal foutu sous le nez. Un vrai gâchis ! CC

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