Je t'aime, moi non plus

Christophe Chabert | Mercredi 8 avril 2009

Théâtre / Le souvenir le plus prégnant de Wajdi Mouawad aux Célestins reste l'incompréhension manifeste entre lui et nous sur Forêts. C'est peu dire que l'on était fébriles à l'idée de le retrouver dans un théâtre, de peur de nous farcir un nouveau soap opera mythologique gros sabots. Surtout que Littoral est l'un de ses premiers textes – ici présenté dans une nouvelle mise en scène, et le premier volet de la quadrilogie où l'on retrouve Incendies… et Forêts ! Contre toute attente, Littoral est une bonne surprise, qui vient tordre le cou à nos préjugés hâtifs. Certes, Mouawad reste dans sa lignée (il semble faire une psychanalyse à chaque nouvelle pièce, lui le Libanais contraint à l'exil dans sa jeunesse), mais il nous gratifie ici d'un texte fort, sans fioriture dramaturgique aguicheuse tirée par les cheveux, et d'une mise en scène plus que généreuse. Car force est de reconnaître que Wajdi Mouawad sait toucher le public là où il faut, un public qui lui répond toujours par des salves d'applaudissements enjoués – réaction vérifiée une fois de plus lors de la première de Littoral à Chambéry au début du mois. Même si l'univers de Mouawad nous laisse quelque peu perplexe (la transmission et l'héritage, ici matérialisés par un voyage initiatique avec un père disparu), si l'on avoue avoir du mal au début de la pièce avec le jeu de l'acteur principal, une fois nos a priori laissés de côtés, on finit par rentrer pleinement dans Littoral, et par éprouver un réel plaisir, devenu assez rare sur les scènes de théâtre. Aurélien MartinezLittoral
Aux Célestins, du 21 au 30 avril.

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