Louons Loyon

Dorotée Aznar | Lundi 18 mai 2009

Photo : (c) Laurencine Lot


Théâtre / Quand René Loyon propose une version «actualisée» d'Antigone, il ne cherche pas à «faire jeune». Pour montrer la pertinence et la persistance des questions soulevées par la pièce de Sophocle, le metteur en scène prend le parti, finalement assez logique, de faire entendre le texte. Pour cela, il se débarrasse des décors, des costumes, et même des lumières. Les personnages évoluent dans un clair-obscur visant à restituer la tragédie qui se noue sous les yeux du spectateur. L'opposition entre la femme et l'homme, entre la jeunesse et l'âge mûr, entre la loi écrite et la loi non écrite, c'est ce qui se joue dans Antigone. Les fils d'Œdipe se sont livrés un combat à mort. Pour Étéocle, qui a défendu Thèbes, le nouveau roi décide d'organiser des funérailles officielles. La dépouille du frère ennemi, Polynice, sera quant à elle laissée sans sépulture, livrée aux chiens et aux rapaces. Toute personne s'opposant à cet édit sera punie de mort. Bravant l'interdiction, Antigone décide de rendre les derniers hommages au corps de son frère, préférant obéir aux lois d'en bas qu'à celles des hommes. À l'opposition martyr-tyran, le metteur en scène préfère substituer l'honnêteté des deux personnages, victimes des conséquences de leurs choix. La sagesse de cette version en costume de ville, parfaitement interprétée est toutefois contrebalancée par quelques partis pris étonnants : un acteur prend place dans la salle pour représenter le chœur antique tandis que la bienséance est renvoyée au XVIIe siècle. René Loyon transporte consciencieusement les cadavres sur scène, interrogeant au passage notre rapport à «l'image choc». Dorotée AznarAntigone
Au Théâtre Les Célestins jusqu'au 23 mai.

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