Les Ennemis

Nadja Pobel | Vendredi 19 juin 2009

Photo : crédit: David Anémian


Après avoir tout récemment lâché les rênes du théâtre parisien de la Colline avec un Jean-Paul Roussillon au cœur de sa Cerisaie, Alain Françon travaille avec les élèves de l'ENSATT et met en scène leur dernier spectacle de l'année : Les Ennemis, présenté jusqu'au 26 juin. Gorki situe son action dans les prémices de la révolution de 1905, au crépuscule du tsarisme. La pièce jouée pour la première fois en 1907 en Allemagne a été interdite en Russie car elle expose de façon trop réaliste les conflits entre les prolétaires et les entrepreneurs et propriétaires terriens. Cette adaptation théâtrale traduite par André Markowicz est inédite.

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Alain Françon, en grande forme

Théâtre | Il sera au TNP cette semaine avec Qui a peur de Virginia Woolf ?, il était la semaine dernière l'invité d'honneur du festival Théâtre en Mai à Dijon. Le metteur en scène Alain Françon, 72 ans, y évoquait les auteurs très divers qu'il a monté et le théâtre d'aujourd'hui. Écoutons-le.

Nadja Pobel | Mardi 30 mai 2017

Alain Françon, en grande forme

L'aventure d'Alain Françon au théâtre commence vraiment au début des années 70 à Annecy avec le Théâtre Eclaté. Un collectif d'une autre époque, moins institutionnalisée qu'aujourd'hui, faite d'agit-prop et de distribution de tracts pour une révolution marxiste-leniniste, se souvient-il en riant le 21 mai dernier, en répondant aux questions de l’universitaire Olivier Neveux à Dijon. Françon travaille alors avec les acteurs Christiane Cohendy, André Marcon, Évelyne Didi : « il n'y avait pas de hiérarchie entre nous et je suis devenu naturellement metteur en scène », alors qu'il a une formation d'historien de l’art. Ce théâtre éclaté l'était par rapport à la forme (la pièce sans texte de La Farce de Burgos, d'après le récit de Gisèle Halimi du procès de Franco fait aux militants basques), par rapport aux lieux où ils jouaient (partout sauf dans les théâtres, ou presque). Puis Françon enchaîne les directions de lieux : le théâtre du 8e à Lyon, où il succède à Jérôme Savary en 1989 et où il entre en conflit avec le maire Michel Noir, qui veut utiliser la salle pour de

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Partis sur notre faim

SCENES | Bien sûr le décor éclairé de différentes nuances de gris et troué de deux lucarnes à jardin et à cour, avec ses deux poubelles plantées en devant de scène, nous plonge (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 14 février 2013

Partis sur notre faim

Bien sûr le décor éclairé de différentes nuances de gris et troué de deux lucarnes à jardin et à cour, avec ses deux poubelles plantées en devant de scène, nous plonge immédiatement dans ce non lieu où se déroule Fin de Partie de Beckett, tout à la fois mise en abyme du théâtre et resserrement de ce que pourraient être - à leur phase terminale ou initiale, c’est tout comme - une poignée d’existences… Mais Hamm en vieillard aveugle et paralytique un peu maniéré et à la voix souvent emphatique et son serviteur et fils adoptif Clov claudiquant de façon trop ample et appuyée, ce n’est pas beaucoup mais c’en est déjà, selon nous, un peu trop. Trop de mouvements et trop de tirades chevrotantes ou criardes. Trop de psychologie esquissée et trop de gestes, de jeux de mots ou de monologues appuyés. Vociféré, le pourtant si drolatique et désespéré «léchez-vous les uns les autres» de Hamm devient inaudible dans sa clameur. Ce n’est point ici un problème de talent des comédiens - les quatre présents sur scène en ont à revendre, mais de choix de mise en scène. Alain Françon croit trop au théâtre pour une Fin de Partie qui voudrait le faire imploser, non explos

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