Curiosités à foison

Nadja Pobel | Vendredi 22 janvier 2010

Jeune Public / «Sur scène dans trente minutes». Voilà ce qu'énonce le régisseur aux quatre comédiens sur le plateau mais méfiance, les spectateurs ont en fait vue sur les coulisses. Christian Duchange, metteur en scène auréolé du premier Molière décerné à la catégorie jeune public en 2005, a passé commande au jeune et déjà classique Fabrice Melquiot pour créer un spectacle sur ce qui se passe derrière le rideau de scène. À mille lieues d'une démonstration pédagogique sur le métier d'habilleur ou de maquilleur, Melquiot signe un texte un peu «barré» voire surréaliste, rappelant qu'il est également auteur de poésie. Discutant de leurs angoisses, les quatre protagonistes démystifient le théâtre et font valdinguer des poncifs : non la vie de bohème d'une tournée n'est pas toujours réjouissante, non derrière les accolades, la grande famille du spectacle n'est pas forcément soudée. Toutes ces divagations commencent sur une lunette de WC, un cabinet de curiosités à lui seul. C'est dans cette intimité-là qu'une comédienne dit s'inventer des histoires pour conjurer le trac. Melquiot a alors l'audace de laisser filer son imaginaire qui mène ses personnages-explorateurs sur l'île de la superstition, des langues étrangères ou des acteurs disparus. Christian Duchange accompagne ces séquences avec un décor modulable où de grands miroirs sont aussi des écrans et des vitres sans tain. Ce foisonnement d'idées parfois étouffant ne cède jamais à la facilité faisant de cette pièce un modèle de spectacle intergénérationnel tel que Nino d'Introna souhaite en proposer dans ce TNG dont il est directeur. NPLe Cabinet de curiosités, au Théâtre Nouvelle Génération (dès 11 ans), du 26 janv au 2 fév.

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