Sophocle on the rocks

SCENES | Théâtre / Wajdi Mouawad adapte Sophocle dans sa trilogie "Des terres" sans grands risques artistiques, hormis celui d’avoir confié à Bertrand Cantat la mise en musique rock des chœurs. Une idée discutable. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 13 novembre 2011

Photo : Jean-Louis Fernandez


Dramaturge boulimique remettant dans ses propres textes la tragédie au goût du jour, Wajdi Mouawad s'est lancé dans un projet ambitieux d'adaptation des sept pièces de son idole, Sophocle. Une première "fournée" est présentée aux Célestins qu'il est possible de voir d'affilée (6h30 au total) ou non : Les Trachiniennes, Antigone et Electre. Soit successivement les démêlés de trois femmes aux prises avec l'amour et la mort, le désir et la justice, la vengeance et le chaos. L'une des innovations les plus marquantes de Mouawad, et qui a fait couler beaucoup d'encre, est d'avoir confié la mise en musique et en chants du chœur à Bertrand Cantat (qu'il interprète avec trois autres musiciens sur scène, mais la distribution change cette semaine). Cette idée d'un coryphée rock est sympathique, donne leur rythme aux pièces, et l'on assiste à des passages assez saisissants, comme celui où Antigone "pète les plombs", danse et rugit sur un morceau très rock et noir-désien. Il y a d'autres séquences fortes, d'autres beaucoup plus discutables musicalement et certaines totalement ridicules, dans Les Trachniennes par exemple où Cantat chante a capella du Sophocle comme un cochon qu'on égorge, sans que l'on ne comprenne goutte à ce qu'il dit.

Les corps et les mots

La plupart du temps d'ailleurs, le texte des choeurs chanté d'une voix déchirée n'est guère compréhensible. Ce problème (de taille) mis à part, les trois mises en scène de Mouawad sont, contrairement à ses habitudes, assez sobres, resserrées et statiques. Un mobilier minimaliste, des déplacements lents, des comédiens souvent immobiles et placés frontalement vers le quatrième mur, de belles lumières donnant le la de l'ambiance : des lumières boisées des Trachiniennes à celles noires et lugubres d'Electre, en passant par les rouges et ors d'Antigone. Les comédiens sont confrontés à des matériaux élémentaires : eau et pluie, terre et boue, sang... Et tous s'avèrent assez convaincants, sans surdose d'hystérie, Sylvie Drapeau en Déjanire étant sans nul doute la plus impressionnante avec son jeu tout en violence et en force contenues. Mouawad parvient par moments dans sa trilogie à mélanger joliment sensualité et hiératisme, affleurement pulsionnel et jubilation textuelle. Des moments qui sauvent l'inventivité faiblarde et la répétition des procédés de la mise en scène, ainsi que les errements du chœur.

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Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des gens, à la voix du peuple. Et c’est comme ça que

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Élan des siens et liens du sang : "Antigone" de Sophie Deraspe

ECRANS | Pour sauver son frère et sa famille, une jeune fille endosse son identité. Son sacrifice émeut les foules et la transforme en icône. Une relecture impeccable de Sophocle par Sophie Deraspe, couronné de nombreux prix au Québec et qui représenta le Canada à l’Oscar.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Élan des siens et liens du sang :

Québec, de nos jours. Après la mort de son premier frère Étéocle et l’arrestation du second Polynice, la jeune réfugiée kabyle Antigone Hipponomes sacrifie ses études et son avenir pour prendre la place du détenu. Son geste fait d’elle l’égérie d’un mouvement générationnel… Attention, découverte(s) ! Découverte tardive de Sophie Deraspe, tout d’abord. Près de quinze ans après les débuts de cette réalisatrice québécoise dont l’impressionnante filmographie de fiction et de documentaire a déjà emballé les principaux festivals du monde entier mais qui, par on-ne-sait quelle aberration, n’a jamais trouvé le chemin des salles hexagonales — l’occasion de rappeler, au passage, l’importance des distributeurs, ces indispensables intermédiaires achetant les films aux producteurs afin que les exploitants puissent les projeter. Découverte (bis) de Nahéma Ricci, comédienne débutante et interprète du rôle-titre investissant un personnage aux résonances multiples puisqu’il doit à la fois justifier son charisme auprès des foules (comme de la caméra) et renvoyer, dans un inconscient lointain, à la vi

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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Le vol libre de Wajdi Mouawad

Théâtre | Il est difficile de ne pas aimer Tous des oiseaux qui signe le retour de Wajdi Mouawad au premier plan. Adulé par tout Paris pour cette création livrée (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 mars 2018

Le vol libre de Wajdi Mouawad

Il est difficile de ne pas aimer Tous des oiseaux qui signe le retour de Wajdi Mouawad au premier plan. Adulé par tout Paris pour cette création livrée à l'automne, le nouveau directeur du Théâtre de la Colline a le sens du récit. C'est indéniable. Un jeune juif annonce à ses parents que son amoureuse est une Américaine nommée Wahida. Pour ces derniers, elle n'est qu'une Arabe. Pourtant, en partant en Israël démêler les fils de son parcours bien moins monolithique qu'il n'en a l'air, Eitan se prend l'Histoire en pleine face, blessé dans un attentat. Pour faire ces voyages entre Allemagne, États-Unis et État hébreu, l'auteur et metteur en scène a la modestie de jouer avec une scénographie simple et diablement efficace (des panneaux gris modulables) et l'excellente idée de faire entendre les langues des pays de ses personnages en fonction du lieu et du contexte où ils se trouvent. De toute évidence, le spectacle perdrait beaucoup de l'émotion qu'il véhicule à être francisé et les comédiens polyglottes défendent parfaitement ce particularisme qui est autant le leur que celui de leurs rôles. Pourtant le bât blesse. Parce

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François Veyrunes en chair et en combat

Danse | Deuxième volet d'un triptyque traitant de la mythologie grecque, "Chair Antigone" de François Veyrunes parle de la prise de position par le mouvement et la chair sublimée de corps féminins en tension, guerriers et graciles à la fois. Une pièce pour trois danseuses où le langage du corps définit l'espace.

Charline Corubolo | Mardi 16 mai 2017

François Veyrunes en chair et en combat

Dans la mythologie grecque, Antigone, fille d’Œdipe et de la reine Jocaste, désobéit à un ordre de Créon, son oncle et roi de Thèbes. Dans la pièce de François Veyrunes, ce n'est pas tant le récit mythologique qui intéresse le chorégraphe que les archétypes véhiculés par ces histoires antiques et, dans ce cas précis, la prise de position de l'héroïne Antigone. Chair Antigone, deuxième volet du triptyque amorcé en 2014 avec Tendre Achille et qui se terminera en 2017 avec Sisyphe heureux, explore ainsi la question fondamentale du choix et de la volonté d'agir plutôt que de réagir. Malgré un décor fait de paillettes dorées sans valeur ajoutée et des morceaux musicaux qui soulignent de manière redondante les passages dramatiques, Chair Antigone, pièce pour trois danseuses, sublime les corps par des mouvements épurés qui construisent l'espace et défient la gravité. Les interprètes se métamorphosent en guerrières féminines dont l'engagement physique transparaît par leur chair à moitié dénudée. De trio au solo, en passant par le duo, la grammaire plastique élabore une rencontre entre le plan vertical et le plan horizontal, dans une dimensio

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 9 mai 2017

Insomniaque

12.05.17 > LE SUCRE ANTIGONE Joli plateau de techno pour faire hurler les kids, avec le toujours très efficace Antigone, chouchouté par Concrete dont il est l'un des résidents. Le jeune parisien s'est fait une place sur la scène en explorant aussi les sons plus expérimentaux, signant son premier EP sur Construct Re-form. Autre nom à l'affiche choyé des aficionados : Roman Poncet, couvé par DJ Deep et Len Faki. Relève. 12.05.17 > BOOTLEGGER LE CHIFFRE Et si pour changer, on filait au Bootlegger, ce club rock dont on vous parlait il y a peu ? Échappé du combo lyonnais Omnicore, le DJ du soir - baptisé Le Chiffre - enchaîne classiques cold wave et raretés d'electronic body music, musique industrielle et new wave plus aérienne, et ce depuis le début des années 2000. On l'a croisé au mythique Pezner comme lors des soirées Apostasis. Gothique. 13.05.17 > LA MARQUISE DIMITRI FROM PARIS On l'aime ou pas, mais Dimitri est un modèle de longévité : dès 1986 on l'entendait déjà sur les ondes d'une radio commerciale, avant qu'il ne multiplie les remixes de stars de la pop

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Electre, un cas d'école

SCENES | Juste avant la création d'Antigone, la saison d'un des plus importants centres dramatiques nationaux de France s'ouvre avec... une reprise en petite salle, Electre. Si écouter ce texte de Jean-Pierre Siméon est un plaisir, cela suffit-il à faire un spectacle ?

Nadja Pobel | Mardi 11 octobre 2016

Electre, un cas d'école

« Ce soir nous nous dirons que nous sommes en classe. Le théâtre est toujours une lecture (…) le livre est son berceau. Le théâtre se fera ou devra se faire. C'est un pari » entend-on en introduction de cette pièce. Chacun des comédiens, feuilles en main, prend place, aligné face au gradin de spectateurs et de quelques autres installés à des bureaux d'école sur le plateau. Mais de théâtre il y a peu. Cette proposition additionne certes un très beau texte et des actrices impeccables, il manque néanmoins un souffle, un metteur en scène. Avec honnêteté, il n'y en a d'ailleurs pas de crédité à cette reprise, c'est un travail collectif. Tout la sève réside dans les mots de Jean-Pierre Siméon et sa capacité à éveiller l'odorat, la vue simplement par la langue et à donner ainsi le sentiment d'être en Grèce sur les terres de ce drame. C'est donc tout à l'honneur de Christian Schiaretti que de s'acharner à s'entourer de poètes – et depuis longtemps déjà puisque ce compagnonnage a été entamé à la Comédie de Reims dans les années 90.

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Lectures de saison

TNP | Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 septembre 2016

Lectures de saison

Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et du son à 19h de nombreux textes qui seront à l'affiche du théâtre villeurbannais cette année, à commencer par celui dans lequel ils joueront : La très excellente et lamentable histoire de Roméo et Juliette d’après William Shakespeare mise en scène par l'une d'entre eux, Juliette Rizoud, extraordinaire dans le rôle de la Jeanne de Delteil il y a quelques temps. Tous les autres écrits, très éclectiques, seront montés et interprétés par des personnes extérieures : La Boîte de Jean-Pierre Siméon, Bella Figura de Yasmina Reza, Gonzoo – Pornodrame de Riad Gahmi, Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas, Le Temps et la chambre

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Un "Enlèvement au Sérail" peu enlevé

Opéra de Lyon | Mozart en été, ça semblait bon. L’Enlèvement au Sérail, longtemps resté dans l’ombre de La Flûte enchantée et de Don Giovanni, est à l’affiche de l’Opéra de Lyon dans une mise en scène de Wajdi Mouawad.

Pascale Clavel | Mardi 28 juin 2016

Un

L’Enlèvement, c’est une bouffée d’air pur, l’emblème du renouveau d’un genre, le point de bascule dans la carrière de Mozart. L’ouvrage mêle à la perfection opéra buffa et opéra seria. Sur fond de divertissement, nous sommes au cœur des grandes préoccupations contemporaines : la peur de l’autre, le droit des femmes, l’acceptation des religions… Depuis que Serge Dorny a pris les commandes de l’Opéra de Lyon, il a très intelligemment imposé que des metteurs en scène venus d’autres horizons se collent à l’univers lyrique : on se souvient du merveilleux Dialogue des Carmélites mis en scène par Christophe Honoré. Pour cet enlèvement,

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La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Nuits de Fourvière | « Pas de décor, pas de costume, c'était une putain d'idée » ironisait en 2002 Vincent Delerm à propos du festival d'Avignon. Gwenaël Morin applique ce principe à la lettre pour que les grands auteurs soient entendus. Sophocle sera dans les recoins du 5e arrondissement. Et c'est gratuit !

Nadja Pobel | Mardi 28 juin 2016

La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Des Shakespeare, des Molière, Musset, Racine, un jour peut-être les Tchekhov : Gwenaël Morin s'attelle à monter les auteurs majeurs depuis plus de dix ans. Non par mépris envers les vivants mais ces chefs d’œuvres sont si grands que c'est presque un devoir pour lui de les porter à connaissance. Encore et toujours. Comme un acte de service public qui justifierait que le théâtre du Point du Jour qu'il dirige depuis 2013 ne soit occupé que par sa compagnie, à l’exception des invitations faites à Yves-Noël Genod ou le collectif X, afin d'y poursuivre son théâtre permanent (jeu tous les soirs, répétitions tous les jours quand le rythme habituel est beaucoup plus séquencé). Pour ces Sophocle, il procède comme pour les Molière qui ont notamment connu un mois de plein succès tant critique que public aux Amandiers de Nanterre cet hiver : les rôles sont tirés au sort. Peu importe le genre des personnages

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Les soirées du 23 au 29 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le bal pop du Sucre, Shed au Transbordeur et Jonas Kopp à la Plateforme.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Les soirées du 23 au 29 septembre

26.09 Bal pop de la Casbah «Un samedi par mois, le Sucre fait son bal, avec la complicité de la joyeuse équipe du Pop Up Market.» nous annonce le rooftop. Pourquoi pas ? Surtout que le premier (après un coup d'essai à la Noël 2014), écho à la prochaine édition marocaine de Nuits Sonores, s'annonce pour le moins dépaysant. Ceci grâce à Jannis Stürtz, digger teuton qui, sous le nom de Habibi Funk – et via le label qu'il a co-fondé, Jakarta Records –, exhume les trésors cachés du funk et du psyché maghrébins des années 60 et 70. Une démarche d'utilité publique, complémentaire de celle de Brian "Awesome Tapes from Africa" Shimkovitz.

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Les soirées du 27 mai au 2 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Unforeseen Alliance au Sucre, Roman Lindau au Logo et Mike Huckaby au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Les soirées du 27 mai au 2 juin

29.05 XIII de France A peine le Sucre débute-t-il sa saison estivale qu'il troque le soleil de plomb pour une chape du même matériau (elle-même recouverte d'un voile de noirceur). Et pour cause : le rooftop accueillera, en guise de première étape de son désormais traditionnel tour de France de la musique électronique, l'une des premières dates de la Unforeseen Alliance. Soit l'union, autour d'un projet live inédit appelé à faire date, de quatre producteurs parisiens qui font bouger les lignes (brisées et pas claires du tout) de la techno : Antigone, The Birth Frequency, Voiski et Zadig, le carré d'as du label Construct Re-form.

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Les élans du cœur

SCENES | Toujours faire fi des a priori. Même si l’écriture de Wajdi Mouawad s'avère souvent ampoulée, même si la forme du monologue effraie toujours un peu, il faut (...)

Nadja Pobel | Mardi 25 novembre 2014

Les élans du cœur

Toujours faire fi des a priori. Même si l’écriture de Wajdi Mouawad s'avère souvent ampoulée, même si la forme du monologue effraie toujours un peu, il faut aller voir cet Obus dans le cœur. Précisément parce qu'il ne se résume pas à cela. Wahad, 19 ans, doit rejoindre urgemment le service de soins palliatifs où va s’éteindre sa mère. Dans la froideur de l’hiver, on le voit monter dans un bus, s’engueuler avec le conducteur puis maudire la salle d’attente de l’hôpital, avant de s’assoir sur le bord du lit de celle qui l’a mis au monde (et avec laquelle il n’a d’ailleurs pas que des souvenirs heureux). Pourtant, le plateau est nu, n'était la présence d'un mur mobile, d'une chaise et de deux-trois morceaux de bois posés au sol pour délimiter un espace. Le mérite de cette force d'évocation revient essentiellement à Loïc Puissant (cie Autochtone), excellent comédien issu de l’ENSATT qui, de surcroît, s’est lui-même mis en scène. Maîtrisant parfaitement les changements de rythme et de tonalité, il parvient même à incarner un gamin, exercice trop souvent irritant, à l'aide d'un simple élément de décor vaguement réaliste (des vêtements séchant sur un f

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Les Nuits de Thèbes

SCENES | Au commencement âpre et foutraque, l'"Antigone" de Gwenaël Morin se révèle au fil du jeu captivante et juste, dans un décor naturel à couper le souffle : les ruines romaines surplombant l’amphithéâtre de Fourvière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 6 juin 2013

Les Nuits de Thèbes

On a beau connaître la recette de Gwenaël Morin, elle déroute encore. «Pas de décor, pas de costume, c’était une putain d’idée», comme le chantait ironiquement Vincent Delerm. Dans son Antigone (d'après Sophocle), les costumes sont des vêtements basiques (nuisette, jupe) ; les quelques accessoires sont comme d’habitude composés de carton et de gros scotch ; les hommes sont joués par des femmes et vice-versa. Bref, la "patte Morin" est immédiatement reconaissable, y compris dans le choix du texte, un gros morceau du répertoire - Gwenaël Morin a pris l’habitude, hormis quatre Fassbinder récemment, de monter des chefs d’œuvres (Philoctète, Tartuffe, Lorenzaccio…) en lesquels il a, dit-il, «une confiance aveugle». Pari payant : avec la traduction simple et néanmoins très contemporaine (2004) d’Irène Bonnaud et Malika Hammou, le metteur en scène va à l’essentiel, une histoire familiale qui dégénère et se mêle à celle de la Cité. Antigone, gone (de Lyon) Antigone veut enterrer son frère Polynice auquel Créon, chef de la Cité et

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Et revoilà Wajdi !

SCENES | Théâtre / Il a été la star du dernier festival d’Avignon. Il revient à Lyon ce mois-ci, avec un programme chargé : la reprise d’’Incendies’ (l’un de ses plus gros succès), la présentation de sa trilogie inégale ‘Le Sang des promesses’ (dix heures de spectacle tout de même) et surtout le dévoilement de sa dernière création ‘Ciels’ (dans l’ensemble assez réussie). Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Mardi 3 novembre 2009

Et revoilà Wajdi !

Depuis maintenant une dizaine d’années, critiques et public adressent des louanges ininterrompues à Wajdi Mouawad, ayant trouvé en lui l’homme de théâtre capable ni plus ni moins de redonner un sens à la notion de récit. Si on n’a pas toujours partagé cet enthousiasme délirant – à la limite de la vénération –, force est de reconnaître que Mouawad est un artiste passionnant – aussi irritant que subjuguant –, et surtout généreux. À une époque où le théâtre se pose de nombreuses questions sur son rapport au monde et où des metteurs en scène semblent chercher dans l’extrême certaines réponses en secouant le public au maximum par divers moyens (voir les polémiques qui ont secoué les précédentes éditions d’Avignon), le travail de Mouawad a quelque chose de rassurant : oui, il s’adresse ouvertement au public, en choisissant les mots appropriés, en faisant appel à ses émotions, sans trop le brusquer. À ce titre, redécouvrir ‘Incendies’(rejouée en ce moment aux Célestins) permet de saisir le talent indéniable du bonhomme. Exil, famille, héritage, mort… : avec un sens aigu de la narration, il brasse ici les thèmes qui émaille l’ensemble de son travail, lui, le Libanais contraint à l’exil dan

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Wajdi non !

SCENES | Il nous a assommés avec Forêts, il y a deux ans. Posé ses valises à la Croix-Rousse et aux Célestins la saison passée. A été l’artiste associé du festival d’Avignon (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 4 septembre 2009

Wajdi non !

Il nous a assommés avec Forêts, il y a deux ans. Posé ses valises à la Croix-Rousse et aux Célestins la saison passée. A été l’artiste associé du festival d’Avignon 2009. Vous en voulez encore ? Cette année, c’est d’abord avec "Incendies" aux Célestins, "Ciels" à l’Ensatt puis avec "Littoral", "Incendies" et "Forêts", les trois premières parties du "Sang des promesses" (présentées aux Célestins les 14 et 15 novembre) que Wajdi Mouawad revient. Une chose est d’ores et déjà promise : 9h30 de Mouawad, c’est long.

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Louons Loyon

SCENES | Théâtre / Quand René Loyon propose une version «actualisée» d’Antigone, il ne cherche pas à «faire jeune». Pour montrer la pertinence et la persistance des (...)

Dorotée Aznar | Lundi 18 mai 2009

Louons Loyon

Théâtre / Quand René Loyon propose une version «actualisée» d’Antigone, il ne cherche pas à «faire jeune». Pour montrer la pertinence et la persistance des questions soulevées par la pièce de Sophocle, le metteur en scène prend le parti, finalement assez logique, de faire entendre le texte. Pour cela, il se débarrasse des décors, des costumes, et même des lumières. Les personnages évoluent dans un clair-obscur visant à restituer la tragédie qui se noue sous les yeux du spectateur. L’opposition entre la femme et l’homme, entre la jeunesse et l’âge mûr, entre la loi écrite et la loi non écrite, c’est ce qui se joue dans Antigone. Les fils d’Œdipe se sont livrés un combat à mort. Pour Étéocle, qui a défendu Thèbes, le nouveau roi décide d’organiser des funérailles officielles. La dépouille du frère ennemi, Polynice, sera quant à elle laissée sans sépulture, livrée aux chiens et aux rapaces. Toute personne s’opposant à cet édit sera punie de mort. Bravant l’interdiction, Antigone décide de rendre les derniers hommages au corps de son frère, préférant obéir aux lois d’en bas qu’à celles des hommes. À l’opposition martyr-tyran, le metteur en scène préfère substituer l’honnêteté des deux

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Mouawad se la joue sobre

SCENES | THÉÂTRE / Le destin de trois figures légendaires raconté par l’auteur franco-libanais Wajdi Mouawad, ça donne Le Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face. Une bonne surprise à découvrir cette semaine à l’Hexagone. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Jeudi 9 octobre 2008

Mouawad se la joue sobre

Wajdi Mouawad est un auteur bankable : son nom sur une affiche est gage d’un succès tant critique que public. L’homme est ainsi adulé - limité vénéré - par une partie du milieu théâtral voyant dans sa prose et son approche du monde contemporain si ce n’est une révolution, du moins une nouvelle dimension. Quitte à être catalogués de ringards par le premier fan de Mouawad qui passerait par là, nous n’avons pas toujours partagé cet enthousiasme délirant (fanatique ?), notamment sur certaines de ses pièces foisonnantes et indigestes. Quelle ne fut donc pas notre surprise à la découverte du Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face. Certes, Wajdi Mouawad n’est intervenu que sur le texte, laissant la mise en scène dans les mains de Dominique Pitoiset, directeur du Théâtre national de Bordeaux. Mais tout de même… Puzzle mythologiqueConflits, héritage, transgressions, exil : la mythologie fascine Mouawad. Sa pièce traite donc de ce thème, à travers le destin de trois figures légendaires de la lignée de Thèbes : Cadmos, Laïos et Œdipe. Le premier est contraint de fuir sa Phénicie natale – aujourd’hui le Liban, lieu de naissance de l’artiste – pour partir à la recherche de

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Le mystère de Forêts

SCENES | Théâtre / Une presse nationale unanime, un metteur en scène qui présente son projet avec la modestie du président de la SNCF annonçant son bilan pour l'année (...)

Dorotée Aznar | Lundi 7 avril 2008

Le mystère de Forêts

Théâtre / Une presse nationale unanime, un metteur en scène qui présente son projet avec la modestie du président de la SNCF annonçant son bilan pour l'année 2007, on s'attendait à ce que Forêts soit l'un des grands spectacles de la saison. Notre incompréhension est à la hauteur des attentes suscitées. Wajdi Mouawad se lance, nous dit-on, dans «une grande aventure épique qui traverse sept générations d'une même famille, du Canada jusqu'aux sources européennes, depuis la guerre de 1870 à la chute du mur de Berlin en passant par les guerres et les camps de concentration». Évoquer la grande histoire à travers les petites, certes on nous l'a déjà fait, mais là n'est pas vraiment la question. Outre le caractère éminemment scolaire de la pièce de Wajdi Mouawad qui avance avec de très gros sabots (un petit coup d'inconscient par ci, une bête immonde par là), l'interprétation discutable (la plus jeune des cinq femmes est une adolescente, donc une rebelle, qui passe logiquement son temps à hurler en arpentant la scène de long en large), il y a l'objet même de l'enquête, crédible et passionnante comme un épisode d'X Files. Un paléontologue (ne nous demandez pas pourquoi un paléontologue...)

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