L'impro vise haut

SCENES | Multiplication des troupes, formules de plus en plus originales et abouties visant tout type de publics : l’improvisation est devenue à Lyon un incontournable du spectacle vivant. Plan général de ce phénomène et zoom sur deux concepts novateurs. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Il y a presque vingt ans, en septembre 1991, à l'initiative d'une poignée de comédiens s'inspirant des ligues québécoises mais aussi des tentatives parisiennes du genre, Lyon se dotait de sa première compagnie d'improvisation, la LILY (Ligue d'Improvisation LYonnaise). Deux décennies plus tard, le genre connaît un boom manifeste, avec une douzaine de troupes en exercice, des rendez-vous réguliers un peu partout, des concepts d'une grande originalité, des spectacles qui s'adressent à tous les publics ou qui ne cherchent plus seulement le comique pur… Signe qui ne trompe pas : alors que l'impro avait au départ trouvé refuge dans des lieux qui en avaient fait leur spécificité (la Graine, devenue depuis la Mi-Graine, La Marquise, presque tous les cafés-théâtre ont aujourd'hui leur spectacle improvisé, sinon leur compagnie attitrée (les Schyzoz au Fou, Les Dingos au Repaire, Les Improlocos aux Tontons flingueurs, Et compagnie à l'Espace Gerson, la LILY au Complexe du rire, la Lilyade à la Mi-Graine…). Tout a démarré avec les fameux Matchs d'impro, répliques de ceux créés au Québec sur des règles strictes : une patinoire, deux équipes en tenue de hockey, un arbitre fixant des contraintes puis faisant respecter scrupuleusement le bon déroulé de la rencontre (pas de «refus de jeu», pas de fautes «de rudesse»…), le tout sans le moindre accessoire, postiche ou tenue additionnelle. Il connaît rapidement un double d'inspiration anglo-saxonne, le Catch d'impro, créé en France à Strasbourg et importé à Lyon par Et compagnie, troupe formée en 2002 par d'anciens membres de la Lilyade décidés à passer professionnels. Au gré de la créativité des compagnies et des comédiens, l'improvisation a fini par recouvrir une infinité de formes qui n'ont souvent en commun que l'absence de texte préalablement distribué aux comédiens.

«La qualité principale, c'est l'écoute

Les activités des troupes et leur fonctionnement est tout aussi varié, sinon variable. À la LILY, on propose des prestations en entreprise, tout comme chez Et compagnie… Les stages à thèmes peuvent s'adresser aussi bien à des amateurs pour leur loisir (la mode du développement personnel croise ici la mouvance de l'impro) qu'à des comédiens déjà en activité et soucieux d'élargir leur palette. Les ateliers de la LILY et ceux d'Et Compagnie ont ainsi vu défiler une partie importante des acteurs qui, par la suite, ont monté leur propre troupe. «On fait des petits et ils grandissent» commente Cécile Giroud, une des comédiennes de la LILY. Même discours de la part d'Alexandre Chetail d'Et Compagnie : «On leur fait découvrir un outil, il est normal que les gens aient envie de faire la même chose que nous. L'improvisation, il faut la jouer.» Si la troupe d'Et compagnie n'a quasiment pas bougé depuis sa création, la LILY est en constant renouvellement. «Avant, on recrutait dans nos ateliers des gens qu'on intégrait à la Ligue» explique Cécile Giroud. «Maintenant, on ne fait plus appel qu'à des comédiens professionnels.» Chez Les Improlocos, produit et présenté par le collectif La Scène Déménage, l'intégration au groupe se fait selon un principe très différent : «Chaque année, on s'agrandit de trois ou quatre membres» explique Jocelyn Flipo, responsable artistique. «Ceux qui demandent à nous rejoindre sont orientés vers nos ateliers, et si ça marche, on les prend. Mais c'est avant tout fraternel, on est une bande de copains, on aime vivre et jouer ensemble.» Toutefois, les Improlocos se veulent une troupe «d'amateurs avertis au sein d'un collectif artistique qui est aussi entrepreneur de spectacles.» En gros, amateurisme ne veut pas dire n'importe quoi. Cécile Giroud fait un constat du même ordre : «L'impro est victime de son succès. Elle semble accessible à tous car elle ne nécessite pas d'apprendre du texte. Mais le type d'improvisation que l'on défend demande un apprentissage technique : se tenir sur scène, poser sa voix et surtout écouter les autres. La qualité principale, c'est l'écoute.»

Créativité en hausse

Dans le bouillonnement actuel, chacun doit donc trouver sa place, son style ou ses vitrines événementielles. Et compagnie a pris les rênes de Spontaneous, premier festival lyonnais dédié à l'improvisation sous toutes ses formes ; la LILY, dans son ingénieux Les Murs ont des oreilles, enregistre avant le début du spectacle les conversations des spectateurs et les utilise comme base de ses impros ; les Improlocos ont réussi à marier le trait libre du dessinateur de bédé et la spontanéité de l'acteur face à des dessins qui s'inventent sous leurs yeux… C'est la vraie bonne nouvelle de cette explosion de l'improvisation : elle est aussi une école qui essaime peu à peu hors de son cadre d'origine, dans le théâtre comique ou dans le théâtre tout court.

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Hello, Goodbye, Hello : "Yesterday"

Comédie | Un musicien sans succès se retrouve seul au monde à connaître le répertoire des Beatles et se l’approprie : sa vie change alors radicalement. Après Steve Jobs, Danny Boyle reste dans l’univers Apple pour cette fable morale, musicale, nostalgique aux inspirations multiples…

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Hello, Goodbye, Hello :

Jack Malik a du succès à la guitare auprès de ses amis ; un peu juste pour vivre de ses chansons. Une nuit, un accident mystérieux le laisse le visage en vrac et riche d’un trésor : il s’est réveillé dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé. Et lui seul connaît leurs chansons… Quel musicien, n’a jamais rêvé (ou cauchemardé) connaître le sort de Jack Malick ? Puisque les Beatles, aux dires de Lennon en 1966, étaient « plus populaires que Jésus », cela équivaudrait-il à se retrouver en position mosaïque, recevant les Tables de la Loi ? Débordant largement du registre musical, l’influence du groupe a été — et demeure — telle dans la culture contemporaine pop que son effacement pourrait légitimement causer un hiatus civilisationnel. Le postulat de départ est intellectuellement séduisant et surtout réjouissant pour les amateurs des Quatre de Liverpool. Ils savourent non seulement la renaissance du catalogue entier, mais ont droit en bonus à des surprises moins prévisibles et plus authentiquement émouvantes que celles parfumant d’habitude les biopics musicaux.

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Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Dans la forge de l’anneau :

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Ça va mieux en dix ans : "L'Homme fidèle"

Drame | De et avec Louis Garrel (Fr, 1h15) avec également Laetitia Casta, Lily-Rose Depp…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Ça va mieux en dix ans :

Un jour, Marianne annonce à Abel qu’elle est enceinte de leur ami Paul et qu’elle le quitte. Abel encaisse. Dix ans plus tard, Paul est mort et Abel revient dans la vie de Marianne, désormais mère de Joseph. Il faut aussi compter avec Ève, jeune sœur de Paul, éprise depuis toujours d’Abel… Serait-ce un Conte moral inédit, une romance truffaldienne, un drame bourgeois chabrolien où soudain surgit une fantastique étrangeté ? À moins qu’il ne s’agisse d’une de ces relectures à la Desplechin revivifiant le genre “film en appartement parisien“… L’Homme fidèle, comme Garrel, ne peut renier sa filiation avec la Nouvelle Vague et à ses héritiers — elle est de toutes façons constitutive de son identité, pour ne pas dire inscrite dans ses gènes. Synthèse habile du cinéma des aînés, bénéficiant de surcroît de la “patte“ d’un coscénariste chevronné en la personne de Jean-Claude Carrière, ce film est une splendeur d’équilibre, de délicatesse et de surprises — les réactions des protagonistes étant tout sauf convenues. Ainsi la brutale scène de rupture initiale pourrait-elle ten

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Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Notre petite sœur :

Le fantasque Osamu est l’affectueux père d’une famille vivant de petites rapines et autres combines. Un jour, il ramène à la maison une gamine maltraitée par ses parents et convainc sa femme de la recueillir comme si elle était leur fille… Personne ne niera que Kore-eda a de la suite dans les idées lorsqu’il s’agit de dresser des portraits de familles nippones singulières — c’est-à-dire appelées à se reconfigurer à la suite de la perte ou de l’ajout subit d’un membre. Pour Une affaire de famille, il empile les tranches de vies canailles, s’amusant dans un premier temps à faire défiler des instantanés du “gang“ Osamu. Plus attendrissant que redoutable, ce père aimant tient davantage du bras cassé folklorique “toléré“ par ses victimes que du féroce yakuza. Si le point de vue rappelle celui de The General (1997) de Boorman ou les Arsène Lupin dans la façon de construire une figure avenante à partir d’un malfrat, la modicité des larcins d’Osamu le dispense d’avoir à narguer les forces de l’ordre : l’estime dont il bénéficie demeure ici circons

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Kore-eda Hirokazu : « créer un malaise et un tiraillement chez le spectateur »

Une Affaire de famille | Actuellement à Paris pour le tournage (et montage) de son nouveau film qu’il espère soumettre à Cannes en 2019, Kore-eda Hirokazu nous parle de cette histoire de famille qui lui a valu la Palme d’Or 2018. Entretien.

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Kore-eda Hirokazu : « créer un malaise et un tiraillement chez le spectateur »

Vous êtes-vous inspiré d’un fait réel ? Kore-eda Hirokazu : Pas d’un fait divers réel en particulier, mais de plusieurs petits incidents ayant agité les médias japonais, qui m’ont nourri pour imaginer cette histoire. Deux sources, principalement. D’une part, ces enfants ne déclarant pas le décès de leurs parents et qui en conservaient le cadavre afin de continuer à percevoir leur pension de retraite. Cela avait fait un peu “sensation“. D’autre part, l’histoire d’une famille d’Osaka qui volait à l’étalage et complétait ses revenus en revendant les articles dérobés. Ils avaient été arrêtés parce qu’ils n’avaient jamais réussi à se séparer de deux cannes à pêche. Je me suis dit que le père et le fils adoraient pêcher ensemble et qu’ils n’avaient pu se résoudre à les vendre. Et c’est comme cela qu’est venue la première image du film : celle d’un père et d’un fils dont les liens ne sont pas des liens du sang, de dos chacun avec une canne. C’est elle qui a déclenché l’envie de ce film, que l’on peut dire inspiré de faits réels. Aviez-vous des références de cinéma liées à des familles dysfon

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"Baby Driver" de Edgar Wright : Ils en font des caisses

Film de voitures | de Edgar Wright (G-B, 1h53) avec Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey, Jamie Foxx…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Petit génie du volant, le mutique et mélomane Baby est le pilote préféré de Doc, un criminel envers qui il a une dette et qui le force à conduire sur des braquages. Quand Baby veut se ranger des voitures, Doc ne l’entend pas de cette oreille. Ça va swinguer. Au commencement, il y eut The Driver (1978) de Walter Hill, polar taciturne et nocturne à cylindrées hurlantes, hystérisé par Bruce Dern pétant des durites. Puis vint la relecture purple-electroclash de NWR, Drive (2011), accélération sensible et refroidie par l’épure. Très logiquement surgit à présent la version bubble-gum, soigneusement clipée par un Edgar Wright vibrant davantage pour le rythme musical de son film que par les ronflements de moteurs — tant mieux, on n’est pas dans Fast and Furious non plus.

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Musilac 2016 : les premiers noms

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Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

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Alors que les jours commencent tout juste à se refroidir, les festivals d'été dégaînent déjà une partie de leur programmation. C'est le cas notamment de Musilac qui, du 8 au 10 juillet, toujours à Aix-les-Bains, recevra comme à son habitude moult gens qu'on ne présente plus – et qu'on aimerait ne plus avoir à présenter, à vrai dire : Elton John, Les Insus (Téléphone undercover), Foals, Louise Attaque et Lilly Wood & the Prick (cf. photo qui pique les yeux). Ouverture de la billetterie ce vendredi 4 décembre à 10 h. La suite, moins pépère on l'éspère, plus tard.

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La scène locale investit les médiathèques

MUSIQUES | Bon, du rififi peut-être pas, mais de la musique oui, grâce à cette initiative qui voit les médiathèques du Lyonnais accueillir en leur sein, durant tout (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 septembre 2015

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Bon, du rififi peut-être pas, mais de la musique oui, grâce à cette initiative qui voit les médiathèques du Lyonnais accueillir en leur sein, durant tout le mois d'octobre (du 3 au 31), «la crème de la scène locale». Soit une vingatine de concerts tous genres confondus. Cela va en effet des magnifiques Odessey & Oracle, le vent en pleine poupe en ce moment, au ukulélé (bien pratique en médiathèque) de Nazca ; du jazz étrange (car pratiqué à la vielle) des Fuzzing Cats au post-punk de Blackthread ; en passant par les chelous La Fabrique des Boucles et Kcidy (fabrique de boucles et trip hop énigmatique, respectivement). On croisera aussi quelques valeurs devenues sûres dans leur domaine, qu'il s'agisse d'Yvan Marc, de Tachka ou de Faïk (l'ancien chanteur de Fake Oddity, passé en mode solo et folk). Enfin, quelques paris seront à prendre sur de jeunes pousses en pleine poussée justement comme Pomme, Satellite Jockey ou The Black Lilys. Bonne occasio

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Et Compagnie allume la mèche

SCENES | Célébrer la longévité d'un festival de théâtre éphémère, voilà qui est au moins aussi contradictoire que de militer pour l'instauration de squats légaux. C'est (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

Et Compagnie allume la mèche

Célébrer la longévité d'un festival de théâtre éphémère, voilà qui est au moins aussi contradictoire que de militer pour l'instauration de squats légaux. C'est pourtant ce que s'apprête à faire Et Compagnie du 26 octobre au 1er novembre vis-à-vis de Spontanéous, semaine de de réjouissances improvisées qu'elle organise depuis désormais une décennie. Un anniversaire prétexte à revenir sur les concepts qui ont jalonné l'essor de cette troupe emblématique depuis sa fondation en 2002, des plus basiques (le bon vieux catch impro) aux plus ambitieux (à l'instar de ce marathon de cinq heures qui les verra narrer la vie d'un groupe de rock fictif), des plus passifs ("Time Line", où le public a une longueur d'avance) aux plus participatifs, à l'image du fameux "Bazar" qui animait jusqu'à présent les mardis de l'Espace Gerson. C'est d'ailleurs là-bas (hors befores, apéros et afters) que se tiendra l'événement, ainsi qu'à la peu courrue salle des Lazaristes, sise dans l'établissement scolaire du même nom. De là à ce qu'elle soit le théâtre de quelque miracle, il n'y a qu'un effort d'imagination que les huit comédiens mobil

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La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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Génération spontanée

SCENES | «Nous autres, communistes, nous avons une position claire, nous n'avons jamais changé, nous ne changerons jamais : nous sommes pour le changement !», clamait Georges Marchais. Scoop : les organisateurs du festival Spontanéous sont communistes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 10 octobre 2013

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A l'instar de toute activité humaine sujette à l'émulation, de la création artistique au sport de haut niveau, la communication est affaire de modes. Il suffit de voir comment, ces dernières années, les marketeux se sont unanimement appropriés les codes graphiques du street art et les automatismes sociaux du web 2.0 pour en convenir. Cette saison, il semblerait que la tendance soit à la flatterie du client. Du client ou, pour ce qui concerne cette rubrique, du spectateur, dont les multiples visages ornent la plaquette du Radiant-Bellevue, la photothèque de la Biennale d'Art Contemporain et le dépliant de la prochaine édition de Spontanéous. Sauf que dans le cadre de ce «festival de l'impro à Lyon» créé en 2005 par Et Compagnie, la manœuvre n'est pas complètement publicitaire : elle vise aussi à illustrer la plus grande place

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On dirait le sud (sauvage)

MUSIQUES | A Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Pas même le Rhône. Le seul delta qu'on y connaisse est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant la musique d'Harold (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 décembre 2012

On dirait le sud (sauvage)

A Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Pas même le Rhône. Le seul delta qu'on y connaisse est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant la musique d'Harold Martinez sonne comme si il avait grandi dans les sédiments du "Père de l'Amérique", là où, au cœur du bayou de Louisiane, l'eau et la terre ne font plus qu'un, quand l'une ne recouvre pas accidentellement l'autre. Avec son blues sudiste comme un drapeau confédéré, sa voix qui rappelle le David Eugene Edwards de 16 Horsepower et Wovenhand – auquel, on le dit en amateur, il n'a rien à envier en intensité – et charrie la gravité fantomatique et grotesque du Southern Gothic, Martinez aurait pu figurer sur la BO des formidables Bêtes du Sud Sauvage. Sur Birdmum, premier album plein de banjos, de bottleneck et de percussions qui pèsent une tonne (courtoisie de son acolyte à la main lourde Fabien Tolosan), il est ainsi question de faucons, de serpents, de lacs boueux, de pluies acides et plus généralement d'éléments et de sentiments aussi déchaînés que la musique animiste et tellurique qui les raconte. Repéré i

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«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | Rencontre avec Morgan Simon, auteur et réalisateur d’"American football", un premier court d’une grande maîtrise et d’une belle intelligence qui renouvelle habilement le genre classique du "boy meets girl" à la française. Tourné à Lyon, le film a l’honneur de faire l’ouverture et d’être en compétition au festival. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

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Puéril en la demeure

SCENES | À notre gauche, le boom de l’impro ; à notre droite, la valeur sûre du spectacle jeune public ; et au centre, la Lily, plus ancienne troupe (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Puéril en la demeure

À notre gauche, le boom de l’impro ; à notre droite, la valeur sûre du spectacle jeune public ; et au centre, la Lily, plus ancienne troupe d’improvisateurs lyonnaise. De cette rencontre est né Impro’minots, soit la déclinaison pour les enfants (et leurs parents) des spectacles improvisés par la Ligue. Cécile Giroud en raconte la création : «Nous n’avions jamais fait de spectacles pour enfants. Pourtant, les gamins comprennent très vite ce qui se passe sur scène et partent au quart de tour lorsqu’on les sollicite. C’est là où on se rend compte que notre travail d’improvisateurs rejoint ce qui se passe dans les cours de récré.» En 2007, la Lily jette les «prémisses» d’Impro’minots, puis prend le temps d’approfondir le concept et de travailler l’habillage du spectacle : «Dans l’improvisation pour enfants, on cherche des choses plus visuelles, on utilise par exemple des tissus colorés ; disons qu’on donne plus à voir.» Finalement, la troupe s’est installée au Complexe du rire où elle propose le spectacle pendant les vacances scolaires, avec quatre comédiens sur scène et les enfants qui proposent les thèmes des improvisations. «Le fai

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Série Sexy à Suivre

SCENES | L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Série Sexy à Suivre

L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible incendie. C’est son frère aîné, plutôt coincé, et sa femme, plutôt pincée, qui doivent reprendre le lieu après travaux, tout en essayant de calmer les ardeurs pubères de leur grand ado. Pour cela, ils décident de l’envoyer dans le lycée catho de l’autre côté de la rue, tenu par un directeur rigide et manifestement névrosé. Ledit directeur refuse par ailleurs d’accorder une augmentation à une de ses enseignantes, ce qui conduit la pauvre à aller postuler comme strip-teaseuse dans le fameux sex-shop, où un geek survolté et impuissant fabrique en douce une machine énigmatique… Ce ne sont que quelques fils de S, la nouvelle série semi improvisée de La Scène Déménage, qui s’installe le premier mardi de chaque mois en bas du Complexe du rire. Manifestement inspiré par Six feet under, Jocelyn Flipo trouve ici un nouveau terrain de jeu après une saison de Plasma et trois saisons de Désordre(s), à travers lesquelles il avait forgé ce concept novateur. Chaque comédien incarne un personnage unique dont il conna

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