L'humour sur son 31

SCENES | Ce 31 décembre 2011 ne verra pas que péter les bouchons de champagne ; il pètera aussi les records du nombre de spectacles comiques programmés dans les salles. Dans cette orgie, pointons nos coups de cœur, sorte de caviar de l’humour lyonnais. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c'est la fête de l'humour. Il est vrai qu'en matière de théâtre, on n'a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l'affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s'en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s'occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C'est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité.

Best of 2011

Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l'univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l'élasticité proche d'un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter. Ce qui est le cas depuis quelques temps de Yann Guillarme. Stakhanoviste des planches, il reprend exceptionnellement son très bon one, Merci Jean-François au Boui-Boui à 19h45 puis enchaîne à 21h30 à l'Auditorium Pasteur de la Cité Internationale Une époque formidable,  pièce à succès sur l'opportunisme médiatique d'un artiste has been se faisant de la pub sur le dos des SDF. Du coup, son partenaire sur Pipo et Molo Aurélien Portehaut ressort aussi son one man show au Boui-Boui à 21h30, À chacun sa méthode, attachant spectacle de slapstick burlesque… L'année 2011 ayant été l'année Jacques Chambon sur les scènes de café-théâtre, il est normal que l'auteur, metteur en scène et comédien (il paraît qu'il ne cuisine pas mal non plus…) ait son nom un peu partout durant cette Saint-Sylvestre. D'abord avec Ta gueule, son hit irrésistible où il partage la scène avec Dominic Palandri (à la Salle Rameau à 22h) ; puis avec Plein phare (au même endroit à 20h), qu'il a écrit et qui révèle un duo d'acteurs efficace (Jonathan Chiche et Jordan Topenas) dans une mise en scène précise et chiadée de Loïc Varraut ; enfin comme auteur et metteur en scène d'Un petit coup de blues, qu'on n'a pas encore vu mais qui fait salement envie, notamment grâce à quelques teasers spectaculaires vus sur internet où le tandem Nicolas Gabion-Damien Laquet fait déjà de belles étincelles (au Complexe du rire à 18h, 20h et 22h). On n'a pas la place de citer tout le monde, mais une chose est sûre : ce n'est pas la déconne qui manquera ce soir-là à Lyon.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

« On fait de l'humour street »

Stand-up | Ils sont les visages du stand-up lyonnais et à l’ombre de l’institution que représente les cafés-théâtres traditionnels, ils tentent d’imposer leur propre style. Portrait d’une troupe ambitieuse qui émerge dans le sillage de Hermann et Yanisse Kebbab.

Elliott Aubin | Mardi 14 janvier 2020

« On fait de l'humour street »

« Ici, à La Grooverie, on ne cherche pas à être en concurrence avec les cafés-théâtres. Deux cultures différentes ! On fait de l’humour street. Et on l’assume complètement » nous lâche Hermann, l'organisateur. « C’est à nous de prouver que nous avons des idées, de la créativité. On a lancé ces plateaux pour se donner l’opportunité de jouer régulièrement » poursuit-il. Ce soir-là à La Grooverie, à quelques pas de la place Sathonay, un petit groupe commence à se réunir. Les premières vannes fusent, on entend quelques chambrages... On se raconte les dernières prestations, le public s’installe doucement. Hermann est à l’initiative de ce plateau de stand-up, intitulé Blue Monday. Il briefe ses comédiens et comédiennes, les consignes sont simples : six à sept minutes chacun. Ils seront une dizaine. Certains monteront pour la première fois sur scène.

Continuer à lire

Réveillonnez en humour !

Café-Théâtre | Que vous soyez néophytes ou adeptes, le réveillon est une date idéale pour se ruer dans les café-théâtres. Le 31 décembre, il y en a pour tout le monde, les petits comme les grands, ceux qui ont envie de rire comme ceux qui veulent redécouvrir les classiques.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 décembre 2016

Réveillonnez en humour !

Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

Continuer à lire

Thaïs, pépite d'humour

Café-Théâtre | Elle est jeune, drôle et l’une des humoristes les plus douées de sa génération. Cinq soirs par semaine, sur la mini-scène du Boui-Boui, Thaïs déclame son Hymne à la joie avec verve et légèreté.

Julie Hainaut | Mardi 18 octobre 2016

Thaïs, pépite d'humour

Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu’elle « use jusqu’à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d’énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l’humour décapant. Thaïs prend des cuites, s’essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s’extirpe du lit d’un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n’aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu’elle demande discrètement la pilule du lendemain. Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtr

Continuer à lire

Le Kraspek remet le courant

MUSIQUES | Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Le Kraspek remet le courant

Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la peur, on hésite, on s'étiole, on commence à traîner dans l'écurie en pyjama et on passe à côté du titre de sauts d'obstacles de la vie. Soit. C'est en tout cas une sorte de variante musicale et DIY de cette théorie que nous proposent les gens de Plug & Play alors que les frimas du mois de janvier nous maintiennent dans la torpeur des lendemains de fête et les questionnements existentiels sur l'année à venir (2016, année de la b.... ou nouvelle année de merde ?). Et ils sont forts pour ça, il faut bien le reconnaître. Pour nous tirer du lit un samedi avec en guise de warm up une intégrale de Ta Gueule. Pour nous promettre de la joie à coups de mots-valises et de poésie qualifiante : du cabaret punk à paillettes, une histoire d'amour, de la furie stellaire instrumentale, du stoner pseudo math-rock déluré (là pas de doute, si tu veux la définition du truc, c'est en venant au Kraspek que tu la trouveras, pas dans le Robert des noms crades). Pour nous annoncer de l'indé de chez indé (le label pop AB Reco

Continuer à lire

Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

SCENES | ​Mieux vaut en rire, qu'ils disent. Dont acte : parmi les nombreuses occasions qui vous sont offertes de faire le deuil dans la bonne humeur de cette annus horribilis que fut 2015, voici les cinq qui méritent le plus votre attention.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

Milady au sous-sol Quelle tête en l'air ce Jacques Chambon ! Alors que Cendrillon faisait un matériau de nouvel an tout trouvé, c'est La Belle au bois dormant qu'il choisi de détourner, prolongeant le sommeil de la princesse jusqu'au XXIe siècle. Ça va que le résultat, romance anachronique pleine de pep's et de tendresse (grâce, notamment, à l'interprétation du couple Chrystel Rochas/Aurélien Portehaut, d'une complicité contagieuse), est à la hauteur de ses meilleurs travaux – tous fondés sur un même postulat réconciliateur. En tête le huis clos maritime Plein phare, d'ailleurs visible à la Comédie Odéon à 16h. Au Boui Boui à 17h30

Continuer à lire

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

SCENES | Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

Continuer à lire

Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

SCENES | Après la romance gay, le musical à caractère pornographique et le thriller, Jocelyn Flipo s'essaye avec Sale Mentor à une nouvelle hybridation entre comédie et cinéma de genre. Et ne déçoit pas, à quelques déséquilibres de rodage près. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

Ça commence comme Couic, la précédente pièce de Jocelyn Flipo. Dans une cave. Celle de Jean-Jacques Serzac, écrivain hypocondriaque qui, comme dans la chanson de Marcel & son orchestre, se retrouve le mental en vrac au premier petit couac. Un mal de tête ? Sans doute une rupture d'anévrisme. Un point de côté ? C'est une tumeur qui lui comprime le poumon. Une poussée de stress ? La crise cardiaque n'est pas loin. Pour ne pas courir de risques infectieux supplémentaires, il a choisi de vivre reclus, dans une panic room crasseuse et totalement déconnectée du monde où il tente tant bien que mal d'entretenir sa légende. Car Jean-Jacques (Yann Guillarme, dans un des numéros moliéresques dont il a le secret) est l'auteur des aventures de Tom Morgan, qui sont à la littérature érotique ce que sont, de l'autre côté du quatrième mur, celles d'Harry Potter au roman pour ado. Seulement Jean-Jacques a de l'arthrite, il lui faut un nègre. Ce sera Léo, un jeune éphèbe qui connaît par cœur la saga (Léo Tasserit, comme échappé d'une aventure super-héroïque en milieu lycéen, mettons le trop méconnu Kaboom de Jeph Loeb et Jeff Matsuda).

Continuer à lire

Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

Continuer à lire

Rires de gala

SCENES | Baffrer et se bidonner entre potes devant un spectacle bien rôdé, il y a pire comme façon de fêter la Saint-Sylvestre – par exemple se goinfrer et ricaner tout seul devant un bêtisier à peine remonté. Sélection. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Rires de gala

Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

Continuer à lire

Ta gueule, pour de bon

SCENES | Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Ta gueule, pour de bon

Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

Continuer à lire

Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

Continuer à lire

Souriez, c'est l'été

SCENES | Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Souriez, c'est l'été

Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais. Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon. Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pier

Continuer à lire

Le conte est con

SCENES | Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le conte est con

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

Continuer à lire

Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

Continuer à lire

Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

Continuer à lire

Tous aux abris !

SCENES | Yann Guillarme donne enfin suite à Merci Jean-François avec un one-man-show doucement mélancolique et furieusement outrancier. Et confirme, si besoin était, qu'il est l'un des comédiens les plus doués de sa génération. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 janvier 2014

Tous aux abris !

Le mois passé, au Boui-Boui, le sémillant Alex Ramirès présentait Alex Ramirès est un grand garçon, one-man-show dans lequel il conjure les angoisses inhérentes au passage à l'âge adulte avec un peu de mauvaise foi, pas mal d'excentricité et beaucoup de tendresse. Jusqu'à la mi-février, au même endroit, Yann Guillarme présente On n'est pas à l'abri d'un succès, one-man-show dans lequel l'ex-Loose Brother (c'est désormais Jonathan Chiche qui donne la réplique à Aurélien Portehaut) et animateur du Smile Comedy Club conjure les angoisses inhérentes à la paternité avec un peu de tendresse (échographie à l'appui), pas mal de mauvaise foi et beaucoup d'excentricité. Coïncidence ? Non, mon capitaine. Parce que la vie est ainsi faite que chaque gain de maturité s'accompagne d'une perte de moral, bien sûr, mais surtout parce que Guillarme et Ramirès ont un temps partagé les mêmes scènes, le premier ouvrant pour le second. D'où émulation. 

Continuer à lire

Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

Continuer à lire

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

Continuer à lire

Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

Continuer à lire

Molière Comedy Club

SCENES | Pour Molière, la comédie n’est pas un vain mot ou un sous-genre, telle qu'on la considère dans les années 1660 quand il crée L’Avare (1668). Le dramaturge s’y (...)

Nadja Pobel | Dimanche 21 avril 2013

Molière Comedy Club

Pour Molière, la comédie n’est pas un vain mot ou un sous-genre, telle qu'on la considère dans les années 1660 quand il crée L’Avare (1668). Le dramaturge s’y essaie à la prose quand l’alexandrin et la versification sont plébiscités par le public. Comme comédien, il aime s’enfariner le visage et faire des grimaces. C’est dire si avec cette pièce qui dénonce le pouvoir de l’argent et met au jour la puissance ravageuse du mensonge (toute ressemblance avec des faits ayant existé n’est que pure coïncidence), il s'autorise toutes les extravagances. La troupe de l’Acting Studio, plus habituée au café-théâtre (Mathieu Coniglio vu dans Loving Out, Aurélien Portehaut et son complice Yann Guillarme dans les Loose Brothers) qu’aux grands classiques du théâtre, trouve là une formidable matière à jouer. Porhehaut (remplacé cette semaine par Jo Goundoul) peut s'amuser à l’envi du handicap de son personnage de valet tandis que Guillarme, dans le rôle titre, laisse e

Continuer à lire

Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

Continuer à lire

Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

Continuer à lire

Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

Continuer à lire

Monde perdu

SCENES | Pétri de films de science-fiction, Aurélien Portehaut (ici auteur, metteur en scène et acteur) a souhaité transporter cet univers sur scène : un homme dépressif (...)

Nadja Pobel | Lundi 29 octobre 2012

Monde perdu

Pétri de films de science-fiction, Aurélien Portehaut (ici auteur, metteur en scène et acteur) a souhaité transporter cet univers sur scène : un homme dépressif tente de se suicider les mains dans un grille-pain quand il est dérangé par sa sœur totalement cinglée, puis par un extra-terrestre échoué par hasard dans son jardin. Avec ce sujet on ne peut plus casse-gueule, Portehaut s’en sort a priori pas mal, préférant à un costume vert ridicule caricaturant un alien la nudité intégrale parcourant la scène en long et en large, ne s’habillant que d’un tablier de cuisine traînant par là. Excellent acteur, se distribuant les meilleures répliques (ah, l’exercice de prononciation du puzzle !), il abandonne assez rapidement ses partenaires, à commencer par Marie-Laure Rongier portant le fardeau de la sœur illuminée, ouvertement qualifiée d’imbécile et qui, de surcroît, braille sans interruption. Quant à Yann Guillarme, qui a récemment tenu l’affiche des Loose Brothers en duo précisément avec Portehaut, il incarne un personnage qui repose entièrement sur l’entente (parfaite au plateau) avec son complice. Mais son rôle manque de corps, faute d’un récit qui

Continuer à lire

La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

Continuer à lire

Le Blues du businessman

SCENES | Avec "Un petit coup de blues", Jacques Chambon ressort son petit manuel de la comédie efficace, y ajoutant ce qu’il faut de nouveautés pour éviter la redite, et incorporant dans son univers deux comédiens hors norme : Nicolas Gabion et Damien Laquet. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 6 janvier 2012

Le Blues du businessman

Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses heures de travail à répéter un show musical où il (ré)incarne Elvis Presley. Prémisse B : soit un spécimen typiquement contemporain et du coup représentatif d’un siècle matérialiste, individualiste et gouverné par l’avoir et le pognon. Exemple : un cadre stressé marié à une femme dépensière et récemment viré par un supérieur encore plus beauf que lui. Axiome A : réunissez-les dans un lieu d’où ils ne peuvent sortir ni l’un, ni l’autre — au besoin, inventer tous les prétextes possibles pour les retenir à l’intérieur. Axiome B : débrouillez-vous pour qu’ils se mettent sur la gueule avec un maximum de dialogues percutants et de vannes grinçantes. Axiome C : révélez que l’idiot n’est pas forcément celui que l’on croit, que le bon sens n’est pas obligatoirement du côté de l’idéologie dominante, et que répéter quelques vérités essentielles (on n’a qu’une vie, autant ne pas la dépenser en essayant de la gagner) n’a jamais fait de mal à personne. En gros, vous obtenez une bonne comédie de Jacques Chambon, et c’est ce qu’est

Continuer à lire

La revanche des losers

SCENES | Que se passe-t-il quand deux acteurs brillants se rencontrent ? Ils inventent un spectacle où ils jouent des artistes ratés. C’est ce que viennent de faire Yann Guillarme et Aurélien Portehaut (alias Pipo et Molo) et ça donne un OVNI comique gonflé et inédit. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 18 novembre 2011

La revanche des losers

Ils arrivent sur scène avec des marionnettes qu’ils manipulent comme des manches, un son et lumière pourri et un look grotesque de saltimbanques du siècle dernier, pantalon rouge flashy et petite moustache trop bien taillée. Ils s’appellent Pipo et Molo. Dans le jargon populaire des artistes, deux noms synonymes de bras cassés, d’escrocs, de ratés. C’est d’ailleurs ce qu’ils sont : des gars qui, depuis vingt ans, écument les rues piétonnes et les cabarets pour faire des tours de magie éculés, des numéros de transformismes foireux, de la ventriloquie minable et des imitations pathétiques. Mais Pipo et Molo, c’est aussi André Pipolin et Serge Molocci ; derrière les artistes de rue à la ramasse, des comédiens qui ont quand même envie d’arriver à quelque chose quelque part (aller à Hollywood et manger des côtés de bœuf, pour leur cas). Dans un geste de la dernière chance, Pipo et Molo vont donc sortir de leur mouise congénitale et essayer de vendre, ne serait-ce qu’une fois, du rêve à leur public. Ce qu’ils parviendront à faire : chanter du jazz (Sinatra et Dean Martin), refaire un blockbuster d’action américain (Pipovitch contre Mologan) et révéler un don, un vrai : Molo a des tale

Continuer à lire

Chambon, et même très bon

SCENES | Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 21 octobre 2011

Chambon, et même très bon

Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en commun, enfermez-les dans un lieu unique, agitez longuement et laissez monter la sauce comique. Ça s’appelle la comédie des contraires et Francis Veber, en son temps, l’avait déjà inscrite régulièrement à son menu. Chez Jacques Chambon, les différences se jouent sur le degré de mélancolie qui finit par infuser au milieu de l’humour, sur des notations sociales ou politiques qui s’immiscent dans les creux de l’intrigue… Mais avec Ta gueule !, il ne cherche qu’une seule chose : l’efficacité pure, le burlesque effréné, le gag qui tabasse. Et ça marche : difficile de trouver spectacle plus drôle actuellement à l’affiche. La partition, comme d’habitude, a été écrite sur mesure, et Chambon lui-même s’est emparé du personnage de Jean-Claude, prof dépressif et cocu, avec une manifeste jubilation. Maître de la rupture (guettez le «Bon, j’vais m’laver les dents»), ne reculant jamais face au ridicule des situations (la grandiose scène de l’entraînement téléphonique en est la meilleure illustration), il envoie du lourd sur scène. Si

Continuer à lire

Drôle de rencontre

SCENES | Vendredi 22 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Drôle de rencontre

La rencontre improbable entre un jeune patron arrogant et un gardien de phare dépressif débouche sur une excellente pièce comique, Plein phare, bien écrite par Jacques Chambon et mise en scène avec justesse et efficacité par un Loïc Varraut qu'on n'imaginait pas si à l'aise avec cette casquette – c'était, jusqu'ici, un excellent comédien lyonnais. À propos d'acteurs, il faut souligner la complicité et la complémentarité du tandem sur scène : Jonathan Chiche et Jordan Topenas, duo qu'on aimerait bien voir à l'avenir s'épanouir dans d'autres aventures (comme Poiret et Serraut, Dewaere et Depardieu, etc.). À voir jusqu'au vendredi 29 juillet à l'Espace Gerson. CC

Continuer à lire

De Saison

SCENES | Mardi 19 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

De Saison

Comédien attachant, physiquement virtuose, d'une énergie débordante, capable en un battement de cil de changer de peau et de personnage, Alex Ramirès a fait sensation, à seulement 21 ans, dans le paysage du café-théâtre lyonnais cette saison. De saison, il est question avec son premier spectacle, puisqu'il décrit comment un post-ado féru de culture télé raconte sa vie et son entourage à la manière des séries cultes, de Prison Break à Desperate housewives. C'est drôle, rythmé, intelligent, et c'est au Boui-Boui pendant tout le mois de juillet. CC

Continuer à lire

Serial comédien

SCENES | À tout juste 21 ans, Alex Ramirès se lance dans un one man show en forme de série télé, où, derrière les références générationnelles, perce la personnalité d’un comédien physique et virtuose, promis à un bel avenir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 janvier 2011

Serial comédien

Dans le laïus introductif au spectacle, le présentateur de la soirée nous avait prévenu : il «plait aux filles». Regard clair et sourire charmeur, avec cette légère cicatrice au-dessus de la pommette droite, Alex(andre) Ramirès est effectivement un "beau gosse". Mais quand il entre en scène, c’est en teenager ayant tout juste perdu son pucelage et proposant de le raconter à la manière d’une saison entière de série télé. Un personnage, bien sûr… Un fantasme de geek dont le canapé et la télécommande seraient comme des organes ayant poussé naturellement à l’adolescence. Sur un tel canevas, il y a un risque de dérapage dans le graveleux, la blague potache ou les références interdites aux plus de 25 ans ; Ramirès n’y tombera jamais, et on l’en remercie. À la place, c’est en pur comédien qu’il anime la scène, multipliant les personnages et les situations à une vitesse délirante, changeant de peau par une inflexion de voix, un simple raidissement ou un déhanché suggestif ; un véritable split screen humain. «Ne pas figer les choses» Flashback donc, mais sur Ramirès cette fois. À 9 ans, à Roussillon, pas loin de Vienne, celui que sa famille app

Continuer à lire

Deux hommes dans un phare

SCENES | Théâtre / Plein phare commence par l’annonce du licenciement d’un gardien de phare solitaire, alcoolique et misanthrope, puis par la tentative de (...)

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2010

Deux hommes dans un phare

Théâtre / Plein phare commence par l’annonce du licenciement d’un gardien de phare solitaire, alcoolique et misanthrope, puis par la tentative de suicide de celui-ci. Dans le huis clos d’un phare breton, personne ne vous entendra crever. Pourtant, Plein phare est une comédie, écrite par Jacques Chambon qui se plait comme à son habitude à glisser dans le récit quelques notations sociales bienvenues. Guirec ne se pendra pas car Gilles débarque dans son phare. Il le prend pour le technicien venu procéder à l’automatisation du site. Quiproquo : il s’agit d’un businessman imprudent qui faisait de la planche à voile un jour de tempête. Commence alors une comédie des contraires entre l’aigreur désabusée et les passions dérisoires de Guirec (sculpter des bouchons de liège) et l’arrogance de Gilles. Ce qui situe Plein phare au-dessus de l’ordinaire des comédies théâtrales, c’est d’abord son ton, plus doux-amer que gaudriole, et le choix de la rigueur dans la mise en scène. Loïc Varraut, qu’on a connu (grand) acteur chez Meirieu et Hembert, signe ici son premier essai en la matière, qu’il transforme en se souvenant que plus la comédie est faite avec sérieux, plus elle est efficace. Les gags

Continuer à lire

Signe particulier : acteur

SCENES | Théâtre / Aurélien Portehaut, comédien, se lance à 27 ans sur la scène du Rideau rouge avec À chacun sa méthode, un premier one man show en forme de mise en abyme de son propre métier, loin des scories du genre. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 20 février 2009

Signe particulier : acteur

Petit bulletin : Quand tu as élaboré ce one man show, as-tu réfléchi avant d’écrire à ce que signifiait faire un one man show aujourd’hui ? Est-ce que ça a inspiré la trame du spectacle ?Aurélien Portehaut : Quand j’ai décidé de faire un one, je ne me suis pas posé cette question-là. Par contre, je savais ce que je ne voulais pas que ce soit ! Pas du stand up comme on en voit, à mon goût, un peu trop ; je ne dénigre pas car c’est très dur à faire. Mais le truc genre, «bonsoir, je ne sais pas si vous avez remarqué, l’autre jour…», non ! Au début, je voulais créer un one avec un fil rouge, quelque chose qui tienne le spectacle de A à Z, mais je savais aussi que je voulais qu’il y ait des sketchs isolés. J’ai commencé à écrire et mon idée de trame est devenue plus secondaire… Une des particularités du spectacle, pourtant, c’est de ne parler que du fait d’être acteur !C’est un sujet que je connais assez bien pour pouvoir me permettre de dire quelque chose dessus ! La seule chose que je voulais absolument faire dès le départ, c’est l’ouverture du spectacle : arriver sur scène sans être prêt. Si ça se passait vraiment, qu’est-ce que je ferais ? Comme acteur,

Continuer à lire