Planchon au Panthéon

Nadja Pobel | Vendredi 6 janvier 2012

Il aimait Labiche, Vinaver, Marivaux et Shakespeare et écrivait des histoires de la paysannerie dont il est issu. Depuis un an, toutes ses pièces sont publiées dans une anthologie parue dans la collection blanche de Gallimard, Théâtre complet. Roger Planchon, maître du théâtre villeurbannais durant près d'un demi-siècle peut bien recevoir un hommage dans la grande salle du TNP rénové qui désormais porte son nom. Son fils présentera un documentaire sur ce père qui incarnait la décentralisation en province (ce mot qu'il trouvait hideux) car, quand il commence presque par effraction dans les années 1950, il n'y a qu'un théâtre à Lyon, les Célestins. Planchon créera donc le Théâtre la Comédie rue des Marronniers avant de prendre, en 1957, la tête du Théâtre municipal de la Cité à Villeurbanne qui deviendra TNP en 1972. Pour lui, le théâtre «est une veillée» où l'on raconte des histoires comme celles qu'il entendait dans son enfance ardéchoise, «des faits divers, des Roméo et Juliette de village, proches du théâtre Nô japonais et du théâtre élisabéthain aussi» disait-il en embrassant toute sa discipline. Écoutons donc désormais le récit, passionnant et bien souvent émouvant de la vie de Roger Planchon, décédé à Paris le 12 mai 2009, mardi 17 janvier au TNP.
Nadja Pobel

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Arac, 25 ans d’âge

Cinéma | Depuis 1991, Rhône-Alpes cinéma se pose en productrice des films produits sur son territoire. Naviguant entre échecs et beaux succès critiques ou publics, cette activité joue sur la santé économique de la région et son prestige extérieur. 25 ans après, alors que la fusion avec l'Auvergne vient de s’opérer, quels bilans retenir de cette entreprise soutenant l’audiovisuel local ?

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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Le combattant Bataillon

Causerie du 3e | On a déjà évoqué les sympathiques Causeries du 3e, ce cycle de rendez-vous initié par Bernard Chardère et Patrick Picot, qui prend place dans la salle (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Le combattant Bataillon

On a déjà évoqué les sympathiques Causeries du 3e, ce cycle de rendez-vous initié par Bernard Chardère et Patrick Picot, qui prend place dans la salle Eugène-Brouillard de la mairie du 3e arrondissement de Lyon. Conjuguant à chacune de ses soirées une rencontre avec une figure (pour ne pas dire une mémoire) du monde culturel et les tintinnabulements des verres de l’amitié — avec modération, bien entendu —, ce moment convivial accueille le 1er février un homme que les amateurs des scènes lyonnaises connaissent au moins de nom : Michel Bataillon. Homme de l’ombre très actif aux côtés de Roger Planchon à l’époque du TNP (de 1972 à 2002), ce fin germaniste à la voix forte travailla à la conception des programmes de ce haut lieu villeurbannais. Témoin autant qu’artisan de la question de la décentralisation, il s’est fait le mémorialiste de cette “aventure théâtrale”, dont il a tiré avec le regretté Jean-Jacq

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Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

Portrait | Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan, 87 ans, continue à arpenter les plateaux de théâtre avec la vitalité d’une jeune fille. Rencontre chez elle, à Villeurbanne, au moment où elle lègue au Rize les archives de son immense carrière.

Nadja Pobel | Jeudi 30 juin 2016

Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

À quelques encablures du TNP, Isabelle Sadoyan nous accueille dans l’appartement qu’elle occupe depuis plusieurs décennies et qui résume son existence : peu a peu, elle a fait tomber les cloisons pour en faire un espace unique peuplé de joyeux trésors (des livres essentiellement) avec partout la présence de son époux, décédé en 1989, le comédien Jean Bouise dont brille encore le César du meilleur acteur dans un second rôle reçu en 1980 pour Coup de tête. Les magnifiques meubles en bois qu’il a confectionné sont là, dont une table de couture rappelant qu’Isabelle Sadoyan ne s’est jamais départie de ce qui fut son premier métier, celui de sa mère aussi : couturière. Quand elle naît le 12 mai 1928, rien ne la prédestine à plonger dans la marmite du théâtre. «Mon premier rôle est muet, c’est l’enfant Jésus dans une pension catholique. Ça tombait bien, car je bégayais. Cela durera jusqu'à mes 45 ans» se souvient cette athée convaincue. Son père arménien brocanteur, sa maman bulgare n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le "milieu culturel". Mais dans les pentes de la Croix-Rousse, où elle habite enfant, et où dit-on même la police n’osait pas all

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Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

SCENES | À quelques mètres du lieu où ont débuté les illustres Roger Planchon et Marcel Maréchal, le Théâtre des Marronniers a pris racine. A l'occasion du trentième anniversaire de cette salle dédiée à l'émergence, son directeur, Yves Pignard, revient avec nous sur son histoire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 1 décembre 2015

Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

Ils étaient au 3 bis. Lui est situé au 7. Mais l’histoire du Théâtre des Marronniers est indubitablement liée à celle de Roger Planchon et Marcel Maréchal qui, de 1953 à 1957 avec son Théâtre de la Comédie pour le premier, et de 1960 à 1968 avec son Théâtre du Cothurne pour le second, ont écrit une page majeure de l’histoire scénique. Désormais, se trouve là une des sorties du CNP Bellecour. Mais quand le comédien Daniel-Claude Poyet décide, dans les années 80, de quitter la troupe de la Criée de Marseille (que dirige alors Marcel Maréchal, justement) pour revenir dans sa ville, et trouve un local (en fait ancien atelier de couture) à louer au 7 rue des Marronniers, il y voit le signe que le théâtre doit à nouveau être au cœur de ce secteur longtemps dédié à la jeunesse. En effet, la SEPR (Société d’Enseignement Professionnel du Rhône) y a installé son siège social à la fin du XIXe siècle et y a dispensé des cours jusqu’en 1978. Il a parallèlement vu naître, en 1944, à l’instigation d’André Philip (grand-père de l’actuel maire du 3e arrondissement), la République des Jeunes, préfiguration de la Fédération Française des MJC qui verra le jour quat

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Epopée collective

SCENES | Cinquante personnes sur scène pour raconter les mois de mai, juin et juillet 68 vus sous le prisme du théâtre. C’est la grande épopée à laquelle nous convie Christian Schiaretti sur un des lieux même où s’est déroulée l’action de ces mois agités et fondateurs, le TNP. Reportage dans les coulisses de cette fresque comme on n’en fait plus. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Dimanche 21 octobre 2012

Epopée collective

«Si on manque de spectateurs, on pourra assurer de remplir une demi-salle avec vous !» dit en plaisantant le metteur en scène Christian Schiaretti à ses nombreux comédiens et figurants qui occupent les premiers rangs du théâtre en cette après-midi de répétitions, à J-9 de la première représentation. Et d’annoncer ensuite que la comédienne Isabelle Sadoyan (fondatrice du théâtre de la Comédie devenu le Théâtre de la Cité de Villeurbanne, ayant fait ses premiers pas avec Roger Planchon au théâtre des Marronniers et jouant encore sur la scène du TNP notamment cette magnifique Conversations avec ma mère dans la salle qui porte le nom de son défunt conjoint, Jean Bouise) se verra remettre les insignes de chevalier de la légion d’honneur des mains d’Aurélie Filippetti le 8 novembre. Il en va ainsi du théâtre au TNP : jamais le passé ne s’efface. Il donne sans cesse un sens à ce qui s’y trame. Mai, juin, juillet est un spectacle de transmission, résultat d’une commande passée par Christian Schiaretti à l’écrivain-philosophe Denis Guénoun. Le texte va bien au-delà d’u

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L’art populaire du théâtre

ACTUS | Story / Ce n’est pas une superstition qui se cache derrière le 11.11.11, date de réouverture du TNP de Villeurbanne, mais un hommage à son passé : le lieu a été inauguré le 11 novembre 1920 au Trocadéro, à Paris. Depuis 1972, l’un des plus importants théâtres français est implanté à Villeurbanne. Récit de ce «défi en province». Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 4 novembre 2011

L’art populaire du théâtre

Il y a plusieurs histoires du Théâtre National Populaire. Celle de cette appellation-même née à Paris au Trocadéro et confiée à Firmin Gémier, acteur et metteur en scène. Au sortir de la guerre, après bien des changements de noms, le TNP est aussi l’histoire de Jean Vilar, qui en prend la direction de 1951 à 1963, toujours à Chaillot, puis de Bob Wilson. Parallèlement, à Lyon, un jeune metteur en scène-acteur-auteur crée le théâtre de la Comédie en 1952 (aujourd'hui théâtre des Marronniers). Rapidement à l’étroit dans cette salle de cent places, il veut plus grand mais Lyon ne lui offre rien (Pradel est moins accommodant qu’Herriot) et c’est chez le voisin villeurbannais qu’il trouve hospitalité. Le maire Étienne Gagnaire lui permet de diriger (à 26 ans !) le Théâtre municipal de la Cité. Contrairement à ses missions, Roger Planchon ne poursuit pas la programmation d’opérettes, mais continue à faire ses spectacles dans un lieu de mille places au cœur du Palais du travail. En quinze ans, après avoir monté des classiques, des contemporains (Vinaver dès son premier texte, Aujourd’hui ou les coréens), après des anicroches avec le maire SFIO qui prend Planchon pour un «g

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Planchon quitte la scène

SCENES | Actu / Roger Planchon a définitivement quitté la scène mardi 12 mai, quelques semaines après les dernières représentations de sa dernière création "Amédée ou comment (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 15 mai 2009

Planchon quitte la scène

Actu / Roger Planchon a définitivement quitté la scène mardi 12 mai, quelques semaines après les dernières représentations de sa dernière création "Amédée ou comment s'en débarrasser", à Paris. Il est décédé des suites d’une crise cardiaque, à l’âge de 77 ans. Né à Saint-Chamond, ce metteur en scène, comédien, auteur, dramaturge et cinéaste avait fondé le Théâtre de la Comédie à Lyon en 1952, avant de diriger le Théâtre de la Cité, devenu le Théâtre National Populaire (TNP) de Villeurbanne dont il ne quittera la direction qu’en 2002. «Redevenu jeune compagnie, un pied dans la tombe», comme il aimait le déclarer non sans humour, Roger Planchon s’était depuis lors installé avec sa compagnie au Studio 24 où il poursuivait ses activités d’écriture et de mise en scène. Molière, Marivaux, Ionesco, Vinaver, Brecht, Tchekhov… il aura monté une centaine de pièces, défendant un théâtre «populaire et accessible à tous». Chef de troupe et homme de théâtre infatigable, Planchon était également le fondateur, le président et l'actionnaire majoritaire de Rhône-Alpes cinéma, une société coproductrice de films de détentrice de trois studios de cinéma à Villeurbanne. Mais en créant, il y a plus de ci

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Décès de Planchon, les réactions

SCENES | La disparition de Roger Planchon a suscité de nombreuses réactions officielles. Retrouvez-les ci-dessous dans leur intégralité.

Dorotée Aznar | Jeudi 14 mai 2009

Décès de Planchon, les réactions

Réaction de Gérard COLLOMB, Sénateur-Maire de Lyon, Président du Grand Lyon :"J'ai été profondément ému par la mort de Roger Planchon. Pour moi, comme pour beaucoup de lyonnais, Planchon a marqué toute une vie.Je me souviens, jeune étudiant, du Théâtre des Marronniers puis de celui de la Cité, enfin, de l'aventure du TNP où Roger Planchon s'est révélé le digne héritier de Jean Vilar.Les pièces de Planchon nous faisaient découvrir un théâtre dont les pièces les plus avant- gardistes savaient aussi toucher un public populaire.Roger Planchon qui multipliait tous les talents, auteur, metteur en scène, acteur s'était ensuite tourné vers le cinéma. Il avait créé Rhône-Alpes cinéma afin que cette région qu'il aimait soit au cœur de la production d’aujourd’hui. Il m’avait convaincu de développer Pixel afin de faire de Lyon un vrai lieu de la création cinématographique et de l'image numérique. C’est lors de l'inauguration des studios que nous avions eu notre dernière conversation. Il m'avait dit "il faut que je vous parle d'un projet…" Car Roger Planchon était comme cela, toujours tourné vers l'avenir, toujours bouillonnant d'idées.Il nous manquera. Il manquera à

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Planchon se dérobe

SCENES | Nécro / Roger Planchon est décédé mardi 12 mai, à 77 ans, succombant à une crise cardiaque. Retour sur un parcours exceptionnel.

Dorotée Aznar | Mercredi 13 mai 2009

Planchon se dérobe

Il est presque mort sur scène. Jusqu'au 19 avril dernier, Roger Planchon jouait encore dans sa dernière création «Amédée ou comment s'en débarrasser d'Eugène Ionesco». Décor de velours, bête immonde (le fils !) cachée dans les appartements d'un vieux couple qui radote, cette mise en scène n'avait pas l'apanage de la fraîcheur mais qu'importe. Planchon ne vivait que pour le théâtre, son besoin viscéral d'être sur les planches était plus que palpable. Tout jeune, à même pas 20 ans, il s'extirpe de son enfance rurale (dans la Loire puis l'Ardèche) et décroche un concours de théâtre amateur ; à 22 ans, il crée le théâtre de la Comédie à Lyon. Son histoire s'ancre alors dans la Capitale des Gaules et à Villeurbanne. Chantre de la décentralisation presque malgré lui, Roger Planchon hérite en 1972 de la direction du Théâtre National Populaire (TNP) parisien de Jean Vilar lorsque ce dernier est transféré à Villeurbanne dans les murs du Théâtre de la Cité que Planchon dirige déjà depuis 1957. Acteur, metteur en scène, dramaturge, il pratique le «théâtre total», selon la formule de Vitez. Il monte Brecht qu'il rencontre dans les années 50, mais aussi des pantomimes, Molière, une version

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Il court, il court

SCENES | Roger Planchon ne s'arrêtera jamais. Septuagénaire, le comédien-metteur en scène s'amuse encore à faire du théâtre. Jusqu'au 19 octobre au Studio 24 de (...)

Nadja Pobel | Lundi 13 octobre 2008

Il court, il court

Roger Planchon ne s'arrêtera jamais. Septuagénaire, le comédien-metteur en scène s'amuse encore à faire du théâtre. Jusqu'au 19 octobre au Studio 24 de Villeurbanne, il monte une des premières pièces d'Eugène Ionesco «Amédée ou comment s'en débarrasser». Un couple cloîtré depuis 15 ans passe plus de temps à se chercher des noises qu'à se dire qu'il s'aime. Jusqu'à ce que quelqu'un (l'amant ? l'enfant ?) caché dans la chambre ne soit pris d'une crise de croissance interrompue et envahisse l'espace unique dans lequel le couple puise son oxygène. La mise en scène un peu lisse ne masque pas l'incroyable énergie de Planchon et son bonheur d'être sur scène.

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