Miroir, mon beau miroir !

Nadja Pobel | Vendredi 9 mars 2012

Photo : Emile Zeizig


Avant que l'épilogue ne soit énoncé, la blanche Ophélie, inanimée, se reflète dans un miroir incliné et tremblant. L'eau semble la recouvrir doucement. Elle apparaît enfin paisible. Cette scène est simple, sans fioriture et déchirante. Quand il travaillait dans un cabinet de notaire, William Shakespeare aurait participé à une enquête afin d'élucider comment une jeune fille était morte, par accident ou par suicide. Elle s'appelait Katherine Hamlet nous dit le narrateur. Belle anecdote qui boucle la boucle de ce spectacle à la fois construit et déconstruit comme un jeu de lego. Le metteur en scène et acteur Philippe Mangenot voulait, depuis sa rencontre en 2006 avec l'intournable traducteur André Markowicz, faire entendre la langue du dramaturge anglais en en donnant «une lecture linéaire et systémique». Pour la linéarité, tout le récit est balayé dans le premier quart d'heure : le roi du Danemark est mort, son frère a pris sa place sur le trône et épousé sa veuve mais Hamlet, fils du défunt, et amoureux de la belle Ophélie, cherche à se débarrasser de son oncle assassin. Mille fois ressassée, cette histoire est toujours une source inépuisable de mises en scène (à commencer par la récente, tonitruante et attachante version de Vincent Macaigne, Au moins j'aurais laissé un beau cadavre). Dans la deuxième partie de sa création, Philippe Mangenot choisit donc d'évoquer, via des séquences du texte, le pouvoir, les fantômes, Ophélie et réduit de 4h à 1h40 la durée de la pièce. Parfois décousu, le spectacle n'en est pas moins fort car aucun élément de décor, derrière lequel les personnages pourraient se dérober, n'encombre le plateau. Au contraire, avec un miroir sans tain et l'utilisation de la vidéo, les héros shakespeariens (qui sont joués tour à tour par les hommes et femmes de la troupe) sont traqués pour que leurs masques tombent et que l'illusion s'évapore. Le théâtre, lui, se revigore alors. 

Nadja Pobel

Hamlet, or a piece of him...
Au Théâtre de l'Iris, jusqu'au dimanche 18 mars

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Les mutations de Gwendoline Soublin

Théâtre | Deux spectacles jumeaux et un compagnonnage solide s’annoncent à l’ENSATT où les Clochards Célestes programment les textes de Gwendoline Soublin mis en scène par Philippe Mangenot. Où il est question de la rudesse de la ruralité et d’abandon.

Nadja Pobel | Mardi 10 décembre 2019

Les mutations de Gwendoline Soublin

La folie rôde toujours au détour des phrases de Gwendoline Soublin. Née en 1987, formée notamment à l’ENSATT (département écrivain), la trentenaire creuse la façon dont se débattent ses contemporains avec les contraintes d’une société marchande et déshumanisée. Ses personnages extrapolent, s’inventent des fictions, délirent parfois dans le sens le plus salutaire qui soit. On dit que Josepha, présenté au festival En acte(s) en 2018 dans son plus simple appareil (des tréteaux, et une semaine de travail) mène sur un parking du très bien nommé Babylone-sur-Isette qui dit l’ancrage territorial et les rêves d’ailleurs. Une jeunesse désœuvrée s’amuse à jouer aux durs pour passer le temps sur le thème « on dit que… » jusqu’à évoquer une vieille dame, Josepha, et ses intentions étranges. Trouble. D’autant que des coccinelles ont envahi les lieux. Dans Pig Boy, l’autrice se remémore son grand-père agriculteur breton, les suicides quotidiens de cette profession et la crise du cochon. Elle invente la suite avec brio, façon

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La Cordonnerie, des contes en triple

Théâtre | Toujours en vadrouille à travers la France, les Lyonnais de la compagnie La Cordonnerie sont régulièrement rappelés par le théâtre de la Croix-Rousse qui leur offre un jubilé début novembre avec la reprise de trois de leurs ciné-concerts : des contes distordus avec brio.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

La Cordonnerie, des contes en triple

Depuis le début des années 2010, les tubes s'enchaînent pour La Cordonnerie. Ils ont leur recette qui, loin de s'affadir, prouve de création en création qu'elle contient les bons ingrédients. Ainsi Métilde Weyergans et Samuel Hercule fabriquent-ils des ciné-spectacles à partir des contes, voire en tirant Shakespeare et Cervantès par la manche ((Super) Hamlet repris dans cet hommage et Dans la peau de Don Quichotte). En 2015, ils livraient Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin, qui sera joué ici le jour même de la célébration de ce trou percé dans la capitale allemande le 9 novembre 1989. Le Théâtre de la Croix-Rousse y adjoint judicieusement dans la foulée un concert de Rostropovitch par le Quatuor Debussy. En ce jour historique, le Russe avait attrapé son violoncelle pour interpréter Bach au pied de ce pan de la honte. Il était une fois Mais pour entamer cette rétrospective du duo lyonnais, Hansel et Gretel reviennent. Ce ne sont pas les enfants de Grimm mais un couple de vieux. Ils ont été magiciens, stars de l'émission La Piste aux étoiles

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Shakespeare et son genre

Théâtre | En cette époque pourrie au royaume de France où des étudiants réac' déplorent l'emploi de l'écriture inclusive par la direction de l’Université Lyon 2, (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 septembre 2019

Shakespeare et son genre

En cette époque pourrie au royaume de France où des étudiants réac' déplorent l'emploi de l'écriture inclusive par la direction de l’Université Lyon 2, voir ce Hamlet queer (au Nid de Poule jusqu'au 29 septembre) est forcément réjouissant. D'autant qu'une partie de l'équipe de cette compagnie ungender a passé du temps sur les bancs de cette fac. Ophélie et Hamlet sont ressuscités et, au prix d'une séquence certes trop longue et dé-rythmée, ils apparaissent tels qu'ils se ressentent : lui dans le genre féminin et elle dans le genre masculin. Ils tordent le cou à leur mort noircie et romancée à outrance. Ophélie Gougeon et Jacquest Ernst incarnent sans pudeur ces deux héros dont ils font de façon presque trop explicite des portes-parole LGBT+. Mais les quelques griefs à l'encontre de ce travail sont peu de choses face à la sincérité de ces jeunes artistes et leur regard rassurant sur le monde. En mode cabaret, ils finissent par faire résonner Hallyday et Gall en fin de show. Le paradoxe n'est pas la moindre des qualités de ce spectacle qui est peut-être bien un hymne à la joie.

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Le retour d'En acte(s)

Théâtre | Revenir à l'essence du texte sans non plus céder à la lecture. Fixer des règles : un écrit original pour cinq acteurs maximum, une heure de jeu, huit (...)

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Le retour d'En acte(s)

Revenir à l'essence du texte sans non plus céder à la lecture. Fixer des règles : un écrit original pour cinq acteurs maximum, une heure de jeu, huit jours de répétition, pas d'effets techniques ou à peine. Voilà En acte(s), né au Lavoir en octobre 2014, à l'initiative du comédien Maxime Mansion, et qui depuis s'est développé sur des périodes plus au moins longues aux Clochards Célestes, au TNP. Deux propositions reviennent au Théâtre de l'Élysée du 20 au 22 septembre : d'une part Irrépressible de Kevin Keiss mise en scène par Baptiste Guiton. De l'autre, On dit que Josepha de Gwendoline Soublin, issue de l'ENSATT, porté à la scène sur des tréteaux reconstitués à L'Élysée par Philippe Mangenot (à l'origine d'une belle variation sur Tchekhov, Regardez la neige qui tombe). Ici, il s'empare de l'ennui d'adolescents qui traînent sur des parkings et imaginent la vie de leurs voisins, dont une certaine Josepha, se jouant ainsi du réel. Doux, tendre et amer.

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Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Festival d'Avignon | 1538 spectacles, 133 lieux, 440 pages de programme. Le Off d'Avignon (du 6 au 29 juillet) bat tous les records. Faut-il se jeter dans la jungle ? Pour quelles retombées ? Dialogue avec le Lyonnais Philippe Mangenot, qui dirige la compagnie Théâtres de l’Entre-Deux.

Nadja Pobel | Mercredi 11 juillet 2018

Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Vous étiez déjà venu avec Hamlet 60 en 2013 et c'est la seconde année consécutive que vous présentez Regardez la neige qui tombe. Qu'est-ce qui vous pousse à revenir ? Philippe Mangenot : J'étais venu pour la première fois avec un spectacle de Camille Germser - déjà au Petit Louvre - que j’administrais et produisais. C'est riche de ces aventures que je reviens : c'est très chouette en terme de public, de diffusion, de presse. Peut-être parce que je suis tout le temps dans le même théâtre et que l’accueil, la relation avec le public, sont bien. Bien sûr, ça coûte de l'argent mais il y a une dimension humaine et c'est pour ça que je ne change pas de lieu. Une fidélité avec le public se crée. Quand vous venez pour la première fois avec Hamlet 60, vous vous dites que pour que le spectacle vi

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À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

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Anna Petrovna, Macha, Anton et les autres

Théâtre des Clochards Célestes | Il est des surprises qui dans l'atonie théâtrale automnale ravissent. Regardez la neige qui tombe... est de celles-là. Le comédien et metteur en scène (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 décembre 2016

Anna Petrovna, Macha, Anton et les autres

Il est des surprises qui dans l'atonie théâtrale automnale ravissent. Regardez la neige qui tombe... est de celles-là. Le comédien et metteur en scène Philippe Mangenot nous avait déjà cueilli avec sa version de Chaise de Bond ou Hamlet. Courtes, percutantes et sans fioritures : ses créations se font au scalpel, sans être brutales pour autant. Elles sont justes. Il poursuit son compagnonnage avec André Markowicz, traducteur de Shakespeare et aussi de toute (ou presque) l’œuvre de Tchekhov avec Françoise Morvan. Mangenot, en une heure à peine, raconte la vie brève de Tchekhov (mort à 44 ans), ses amours, ses études de médecine, son engagement auprès des bagnards de Sakhaline, son prix Pouchkine tout juste obtenu. Et ses écrits, magistraux, résonnent avec Platonov, L'Ours, La Mouette ou Oncle Vania. L'immense force de ce travail est de détruire immédiatement le quatrième mur sans le brandir en étendard. Le spectacle ne prend pas le te

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Hamlet à l'assaut de la Tour Passagère

CONNAITRE | La phrase a tourné en boucle dans notre tête pendant la première du Songe d'une nuit d'été de Tim Robbins à Fourvière, mise en scène tellement textbook de cet (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Hamlet à l'assaut de la Tour Passagère

La phrase a tourné en boucle dans notre tête pendant la première du Songe d'une nuit d'été de Tim Robbins à Fourvière, mise en scène tellement textbook de cet impénétrable vaudeville – i.e. toute entière au service du texte et mue par une foi indéfectible en la capacité à incarner tout et n'importe quoi (y compris des arbres) d'acteurs rompus à tous les arts de la scène – qu'elle en devenait embarrassante : «Voilà qui serait bien mieux mis en valeur dans un théâtre élisabéthain.» Par exemple celui qui s'élèvera au square Delfose du 15 juin au 15 juillet et où se déroulera la première édition de La Tour Passagère. C'est d'ailleurs un autre classique de Shakespeare, plus tragique celui-ci, qui ouvrira ce singulier festival : Hamlet, interprété, nous promet-on, avec un vrai souci d'exploiter la connivence entre public et comédiens qu'autorise cette impressionnante structure de bois, par la compagnie Les Mille Chandelles. La suite peut se résumer à un grand chantier de décloisonnement de la musique baroque, par des spécialistes du genre : le Quatuor Varèse, le Concert de l'Hostel-Dieu, l'Ensemble Boréades... On s'en re

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Please, continue (Hamlet), ou quand le théâtre fait sa loi

SCENES | «La justice n'est pas un jeu même si les apparences peuvent le laisser penser, comme si nos habits étaient des costumes» lance jeudi 20 novembre Me Ronald (...)

Nadja Pobel | Mardi 25 novembre 2014

Please, continue (Hamlet), ou quand le théâtre fait sa loi

«La justice n'est pas un jeu même si les apparences peuvent le laisser penser, comme si nos habits étaient des costumes» lance jeudi 20 novembre Me Ronald Gallo, avocat d'Hamlet, lors de son réquisitoire. Nous sommes pourtant au TNP, pas dans une cour d'assises. Mais en amenant la justice sur une scène, Yan Duyvendak et Roger Bernat ont rendu palpables les similitudes de ces deux arts oratoires, non sans prendre soin de les re-situer le plus clairement possible. Les acteurs ont ainsi enfilé un t-shirt sur lequel est mentionné leur rôle, tandis que les autres personnes présentes (des avocats, un huissier, un juge et un expert psychiatre)ont reçu pour consigne d'incarner leur propre rôle sans en dévier. Un fait divers simple, hybride d'un vrai cas et du scénario shakespearien (un homme a tué le père de son ex-petite amie) sert alors d'appui à une forme inédite de pédagogie de la justice, domaine par essence public mais bien mal connu de ceux qui n'y ont pas affaire. Please, continue (Hamlet) est aussi une loupe sur le caractère aléatoire que revêt un tel cérémonial. Tous les avocats et/ou présidents, souvent des pointures (quel bonheur

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Yan Duyvendak : «Un magnifique exercice de lâcher prise»

SCENES | Après "Pendiente de Voto" et "Le Sacre du printemps", le metteur en scène catalan Roger Bernat est à l'affiche avec un nouvel OVNI participatif, "Please, continue (Hamlet)". Soit le procès pour meurtre d'un faux Hamlet par de vrais magistrats, devant un public mué en jury populaire. Sera-t-il condamné ou acquitté ? Pour le savoir, nous appelons à la barre le co-créateur de ce passionnant spectacle, l'artiste néerlandais Yan Duyvendak.

Nadja Pobel | Mardi 25 novembre 2014

Yan Duyvendak : «Un magnifique exercice de lâcher prise»

Diplômé des Beaux-Arts de Sion et de l’école des arts visuels de Genève, comment en êtes-vous venu à concevoir des performances ? Yan Duyvendak : En même temps que les Beaux-Arts, j’ai suivi une formation de danse amateur, puis participé à une espèce de revue de très mauvais goût. J’étais ado et j’aimais beaucoup l’humour utilisé comme une force corrosive. Comme j’étais trop grand pour faire de la danse professionnelle – c’était avant Alain Platel et la possibilité d'avoir des corps spécifiques dans la danse – je me suis ensuite tourné vers l’art visuel, dans lequel j’ai fait une petite carrière. Mais je m’y suis très vite ennuyé, je m’y suis senti très seul et c'était mortifère. J’avais envie de réinjecter de l'humour dans le travail. J’ai alors fait des vidéos, chanté a cappella des chansons existantes qui parlent de l’art (comme J’aurais voulu être un artiste), et c'est devenu une réflexion sur l’art aujourd’hui. J’ai pu faire ça très vite à la fondation Cartier, en 1995. En 2011, vous créez avec Roger Bernat Please, continue (Hamlet), qui relate le procès d'un fa

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La méthode La Cordonnerie

SCENES | Un huis clos maritime et nordique qui raconte le passage à l’âge adulte d’un jeune prince : voilà comment La Cordonnerie présente son ciné-concert théâtralisé "(Super) Hamlet". Un spectacle coup de cœur imaginé par une compagnie à l’univers passionnant et intelligent. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Mercredi 2 mai 2012

La méthode La Cordonnerie

Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles originaux à destination du tout public. Des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à Z, de la réalisation du film à sa transposition musicale sur scène, pour un travail qui s’est affiné avec le temps, les dernières propositions conservant paradoxalement cet esprit artisanal des débuts tout en étant réalisées avec un souci de précision incroyable. Les images sont ainsi tournées en amont par l’équipe, suivant un schéma bien précis. Un prémontage est alors établi, servant de base pour les répétitions. Là, les musiciens-acteurs affinent la narration et précisent le découpage des scènes. Pour un résultat habile où ce qui se passe sur le plateau ne sert pas simplement de faire-valoir à l’écran : la narratrice Métilde Weyergans, arrivée plus tard dans l’aventure, parvient ainsi à retenir l’attention des spectateurs, et à guider adroitement leurs regards vers ses camarades de jeu, leurs instruments et leurs nombreux objets produisant des sons en tout genre. Depuis la création de la compagnie, on a pu découvrir plusieurs de leurs travaux : 

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Hamlet 4GO

SCENES | Hamlet est une pièce que les metteurs en scène aiment déconstruire. Lavaudant l'avait découpée puis tirée à quatre épingles à l'Odéon, le jubilatoire Enrique Diaz l'avait (...)

Nadja Pobel | Jeudi 29 janvier 2009

Hamlet 4GO

Hamlet est une pièce que les metteurs en scène aiment déconstruire. Lavaudant l'avait découpée puis tirée à quatre épingles à l'Odéon, le jubilatoire Enrique Diaz l'avait déshabillée dans Répétition.Hamlet. Le Groupe Moi va la transformer en jeu du 5 au 7 février au Nouveau Théâtre du 8e. En l'abordant comme un postulat mathématique, la compagnie cherche à en décrypter le message et la puissance de diffusion. Les spectateurs sont mêlés aux comédiens et peuvent choisir qu'une séquence de texte soit dite ou non, modulant ainsi le langage shakespearien de manière interactive.

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To mix or not to mix

SCENES | Théâtre / Boosté par le plébiscite suscité par la bande originale de la pièce, clé de voûte essentielle du projet, le metteur en scène David Gauchard emmène donc son Hamlet Thème & Variations en tournée... François Cau

| Mercredi 26 octobre 2005

To mix or not to mix

Hamlet version hip hop ? Après tout pourquoi pas : du Roméo queer refoulé de Baz Luhrmann au Richard III crypto-fasciste de Richard Loncraine, le 7e art a tellement dévoyé le pauvre Shakespeare à la sauce post-moderne qu'on n'est plus vraiment à ça près. En même temps, l'intitulé est clair : Thème & Variations, un jeu annoncé sur le texte et surtout la substance sonore, axe majeur de la création. En homme avisé, David Gauchard s'est entouré d'un casting de rêve. Prenant pour base la nouvelle traduction du texte, signée André Markowicz, le metteur en scène s'est adjoint les services d'un trio létal pour sa bande-son : Tepr, My Dog is Gay (le duo d'Abstrackt Keal Agram) et le non moins grandiose Robert Le Magnifique. Des compositions plus que concluantes, à même de survivre à la création de façon autonome, et vaillamment soutenues par les flows des comédiens (parmi lesquels on retrouve ledit Robert, mais aussi Arm, MC de Psykick Lyrikah, et par ailleurs auteur de l'excellent texte final, Hier). Ajoutez à cela une contribution plastique de la marionnettiste huppée Emilie Valantin et vous obtenez un projet presque trop prometteur. To mix ! Mea Culpa

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Pied au plancher

SCENES | Présentation / Pour les théâtres lyonnais, la grande opération séduction a commencé. Pour vous repérer dans la jungle des programmations, voici un petit guide pas objectif du tout. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 12 septembre 2007

Pied au plancher

Le grand banquet, c'est pour demain. Déjà, on s'affaire dans les théâtres qui ont presque tous présenté leurs gargantuesques programmations. À l'affiche pas de surprise majeure, les auteurs les plus joués cette saison sont Brecht et Beckett disputant la vedette à Molière et Shakespeare. Ne nous y trompons pas pourtant, vu le nombre de propositions, impossible de ne pas trouver spectacle à son pied, que l'on soit amateur de grands classiques ou de formes plus «libres» qui mêlent théâtre et danse, théâtre et vidéo... S'il ne fallait en choisir qu'une poignée, nous ne saurions trop vous conseiller d'aller traîner du côté du Théâtre National Populaire qui poursuit sa collaboration avec Antonio Latella. Après une adaptation de Fassbinder (l'un des spectacles les plus réussis de la saison dernière à notre avis), le metteur en scène italien s'attelle à un projet étonnant : adapter un roman d'aventures Moby Dick, de Melville sur les planches. Une histoire de chasse à la baleine blanche, de transmission du savoir, de quête de la connaissance et d'obsessions à découvrir du 9 au 11 janvier. Toujours dans le registre des metteurs en scène particulièrement inventifs, Enrique Diaz se positionne

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