¡ E viva Frida !

Nadja Pobel | Lundi 2 avril 2012

Photo : DR


Il faut accepter de ne pas tout dire et de ne pas tout savoir. En une heure seulement, la compagnie Art Toupan a l'honnêteté d'annoncer qu'avec son spectacle, elle ne trace qu'une esquisse de Frida Kahlo. Mais une esquisse enivrante des parfums de Coyoacan, ce quartier pauvre où la peintre est née et où elle a grandi dans une maison aux murs bleu Klein. Avec son acolyte guitariste et chanteur, Nadia Larbiouene nous promène par sa voix, et avec la constante délicatesse de s'effacer derrière l'artiste blessée qu'elle incarne, dans ce Mexique secoué par la révolution zapatiste à laquelle Kahlo est d'autant plus sensible que son homme, Diego Rivera, est membre du parti communiste.

Car comme toujours, il est impossible de parler d'elle sans lui faire une large place (Le Clézio n'avait pas pu les séparer dans Diego et Frida). Il fait deux fois sa taille, trois fois son poids, il ressemble à un crapaud, dit-elle, mais elle l'aime plus qu'elle-même. En commentant quelques diapos projetées en fond de scène, Nadia Larbiouene se fait parfois professeur es Frida Kahlo mais elle est toujours rattrapée par l'émotion reprenant d'un coup le récit à la première personne, dans la peau de la peintre.

Le didactisme du récit se gomme par cette mise en espace très adroite faite de ruptures de rythmes à l'image de l'existence morcelée et déchirée (l'accident de bus qui laisse sa colonne vertébrale meurtrie à 17 ans, ses amours infidèles, ses enfants perdus avant terme…) de cette immense artiste devenue icône et, in fine, poignant personnage de théâtre.
Nadja Pobel

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Los Modernos : Que Viva Mexico !

L'expo de l'hiver | Au début du XXe siècle, de nombreux artistes français et mexicains ont dialogué, au sens propre comme au sens figuré : par le biais de voyages ou par écho des pratiques artistiques. Une fascination mutuelle qui a métissé la production picturale et photographique de l’époque.

Lisa Dumoulin | Mardi 19 décembre 2017

Los Modernos : Que Viva Mexico !

« Juste de l’autre côté de la rue, le Mexique commençait. On regarda émerveillés. À notre étonnement, ça ressemblait au Mexique. » écrit Jack Kerouac dans son roman Sur la route en 1957. Il résume toute l'ambivalence du Mexique, et peut-être du voyage en général. L’exposition rassemble deux collections, celle du Musée des Beaux-Arts de Lyon et celle du Museo Nacional de Arte de Mexico et illustre les dialogues mais aussi les ruptures entre les scènes française et mexicaine de l’art moderne de 1900 à 1960. Car les artistes présentés dans l’exposition ont pour beaucoup entretenus des relations avec leurs contemporains outre-Atlantique. Le Mexique, alors en pleine Révolution, fascine les artistes français - et américains - tandis que les mexicains s’intéressent aux avant-gardes artistiques d’après guerre en Europe et plus particulièrement en France : fauvisme, cubisme, surréalisme, néo-impressionnisme, recherches sur l’abstraction… Trois principaux points de rencontre sont mis en lumière par l’exposition : le cubisme, le surréalisme et la photographie. Diego Rivera, du c

Continuer à lire

5 expos à voir en décembre

Sélection | ​Le Mexique, la photographie et le design graphique sont au programme ce mois de décembre. Voici notre sélection haute en couleurs et en formes pour vous réchauffer les mirettes.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 décembre 2017

5 expos à voir en décembre

Los Modernos, dialogues France Mexique au musée des Beaux-Arts De Frida Kahlo à Henri Cartier-Bresson, de Picasso à Diego Rivera, voilà l’expo de l’hiver qui réunira tout le monde : peinture, sculpture, mais aussi - grande première - photographie, l’exposition Los Modernos fait dialoguer les grands noms de l’art moderne français et mexicain qui se sont mutuellement influencés, notamment les scènes cubistes et surréalistes. À ne pas manquer. Mexique, aller-retour à la galerie Le Réverbère En écho à l’exposition Los Modernos au musée des Beaux-Arts, dont le commissaire associé pour la collection de photographies est Jacques Damez, co-directeur de la galerie, Le Réverbère propose un accrochage plus contemporain, autour des clichés de Pablo Ortíz Monasterio, Bernard Plossu et Denis Roche. Le Mexique et ses mythes en ligne de mire, chacun à leur manière. Une invitation au voyage.

Continuer à lire

Occupe-toi du 31

SCENES | Neuf spectacles de théâtre l’an dernier, autant cette année, pas de danse, pas de cirque, même nouveau : dans cette agglomération pourtant d’une incroyable (...)

Nadja Pobel | Mercredi 11 décembre 2013

Occupe-toi du 31

Neuf spectacles de théâtre l’an dernier, autant cette année, pas de danse, pas de cirque, même nouveau : dans cette agglomération pourtant d’une incroyable densité en la matière tout au long de l’année, l'art vivant n'est pas à la fête en cette fin d’année, le café-théâtre occupant toute la place (voir ci-dessus). Seules les petites salles tentent le pari du 31, à commencer par l’Iris à Villeurbanne, fidèle de cette date festive. Cette année encore, la troupe du théâtre présente une de ses créations récentes, Les Paysans de la farce, dernier volet d'une trilogie sur la paysannerie après Les Tribunaux rustiques de Maupassant et Le Testament du Père Leuleu de Roger-Martin-du-Gard. Plus drôle (quoique les farces moyenâgeuses ne sont pas nécessairement ennuyeuses, loin de là), Feydeau sera à l’honneur deux fois. L’auteur emblématique du vaudeville exigeant sera joué salle Rameau avec On purge bébé - comédie cintrée dans laquelle un gamin prend le pouvoir sur le couple totalement déséquilibré de ses parents - et avec un texte bien moins connu,  Œil pour œil, monté par Claude Monteil dans s

Continuer à lire