Maîtres à danser

SCENES | Béjart, Cunningham, deux possibilités de réviser ses «classiques» et, surtout, de se rendre compte avec joie que les œuvres de ces chorégraphes n’ont pas pris une ride, voire surprennent toujours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 25 mai 2012

Photo : Francette Levieux/Colette Masson


Une Biennale 2008 consacrée à la relecture d'œuvres chorégraphiques historiques, la multiplication des transmissions ou les nombreuses reprises par certains chorégraphes de pièces anciennes, l'édition récente de DVD consacrés à Pina Bausch, Dominique Bagouet et Anne Teresa de Keersmaeker, la numérisation de vidéos de danse disponibles aujourd'hui sur la plateforme Numeridanse, un temps fort de la prochaine saison de la Maison de la danse dédié aux fertiles années 1980…

Depuis plusieurs années, la danse contemporaine se penche sur son passé et la conservation de sa mémoire. À Lyon, coup sur coup, on pourra ainsi voir ou revoir quatre pièces emblématiques du parcours de Maurice Béjart par le Béjart Ballet Lausanne, et deux autres de Merce Cunningham interprétées par le Ballet de l'Opéra de Lyon. Deux grands chorégraphes qui, si bien des choses les différencient sur le plan stylistique, ont en commun une œuvre importante (en quantité et en qualité), influente pour beaucoup de leurs «descendants» ou élèves (Maguy Marin et Anne Teresa de Keersmaeker formées à l'École Mudra de Béjart, Trisha Brown et Lucinda Child dans la Cie de Cunningham) et irriguée par le meilleur des musiques d'avant-garde de leur temps…

Un Béjart sobre

Ceux qui, comme nous, ont découvert Maurice Béjart (1927-2007) à la fin de sa carrière, ont sans doute été un peu déçus ou désappointés au regard de sa réputation de novateur et de passeur de la danse contemporaine. Ses derniers opus avaient en effet quelque chose d'emphatique, d'exubérant, pour ne pas dire de lourd dans leur ambition d'art total à la Wagner.

Son œuvre prolifique, éclectique, est en réalité pétrie de contradictions et s'avère difficile à résumer. Son style entremêle le vocabulaire néo-classique, les élans expressionnistes, l'influence de Martha Graham, et aussi du rock, du jazz, du twist ou de styles exotiques ! Le Béjart Ballet Lausanne propose un florilège passionnant des œuvres les plus inventives de son fondateur. Quatre pièces relativement brèves, assez intimistes, datant de 1957 à 1998, et qui toutes s'appuient sur des musiques de grands compositeurs du XXe siècle.

Bartok et son étonnante Sonate pour deux pianos et percussions dans Sonate à trois (1957), trio tendu à l'extrême s'inspirant du Huis clos de Sartre.

Webern, le plus radical des compositeurs de l'École de Vienne, et son quatuor à cordes Opus 5 pour un pas de deux à la gestuelle aussi virtuose que sans cesse déstructurée.

Pierre Boulez et ses clarinettes se «baladant» dans l'espace dans Le Dialogue de l'ombre double pour un duo datant de 1998, ou avec son superbe Marteau sans maître dont Béjart s'empare en 1973 avec une pièce pour six danseurs, plus lyrique que les trois autres, mais au vocabulaire encore une fois dépouillé, précis et abstrait.

Cunningham au cœur du mouvement

L'œuvre de l'américain Merce Cunningham (1919-2009) est plus univoque que celle de Béjart.

Avec son ambition depuis toujours affichée : innover constamment, dépouiller le mouvement de ses oripeaux subjectifs, expressifs, narratifs… Et ce jusqu'à utiliser le hasard pour composer l'ordre de ses pièces, l'enchaînement des mouvements, et jusqu'à créer de manière séparée la danse, la musique, les décors. Cunningham fut longtemps le complice de John Cage, co-inventa en 1952 le happening, collabora avec la crème de la scène artistique pop : Rauschenberg, Warhol, Jasper Johns…

Ses pièces demandent au spectateur un certain temps d'adaptation, surpris par l'aspect d'abord un peu mécanique et haché des gestes des danseurs. On perçoit ensuite peu à peu une pureté et une liberté du mouvement, exigeant une folle virtuosité, comme dans Channels/Inserts sur la bande son électro-acoustique de David Tudor. Ou même une poésie singulière et très touchante devant les variations continues des six danseurs de Summerspace (créées en 1958 sur des décors pointillistes de Robert Rauschenberg et une musique au piano se dilatant peu à peu de Morton Feldman.

 

Béjart Ballet Lausanne
À la Maison de la danse, du mercredi 30 mai au samedi 3 juin 

Merce Cunningham par le Ballet de l'opéra de Lyon
Au Toboggan, du mardi 5 au samedi 9 juin

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Ballet : un Pock et deux Cunni

Danse | En l'espace de quinze jours, le Ballet nous emmène du hip-hop vitaminé des Pockemon Crew à la classe moderniste du grand Merce Cunningham. Vertiges de la danse !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 octobre 2019

Ballet : un Pock et deux Cunni

Les danseurs du Ballet de l'Opéra de Lyon doivent avoir la tête qui tourne. En exécutant des pirouettes évidemment. Mais aussi en passant, en seulement quelques jours, d'un univers chorégraphique à un autre. Ces jours-ci, du hip-hop pêchu et joyeux des Pockemon Crew à l'univers hyper-complexe du pape de la modernité chorégraphique, Merce Cunningham (1919-2009). Pour fêter les vingt ans de la compagnie, les Pockemon présentent à l'opéra Millésime, une nouvelle création qui entremêle la fougue généreuse des quinze membres du Crew à la technique plus classique de six danseurs du Ballet. Ensuite, le Ballet restera dans le domaine large des danses urbaines (si l'on veut !), avec Exchange de Merce Cunningham, pièce de 1978 dont les costumes et les décors (signés par l'artiste américain Jasper Johns) se veulent l'évocation directe d'un environnement urbain aux « tons pollués ». Récurrence-renaissance Comme souvent chez Cunningham,

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Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Danse | Festivals installés comme Sens Dessus Dessous ou le Moi de la Danse, chorégraphes stars tels Christian Rizzo ou Merce Cunningham, découvertes potentielles : voici les dix dates que les amateurs de danse se doivent de cocher de suite sur leur agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 septembre 2019

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Spirituelle La grande chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker tisse toujours des liens singulièrement étroits entre la musique et ses chorégraphies : qu'il s'agisse de musique classique (Beethoven, Mahler...) ou plus contemporaine (Joan Baez, Steve Reich...). Créée en 2005 avec Salva Sanchis, sa pièce A Love Supreme explore l'album éponyme de John Coltrane, album mythique du Free Jazz. Chaque danseur est associé à un instrument du quatuor de Coltrane, et l'écriture précise de De Keersmaeker s'octroie ici une part de liberté et d'improvisation (à l'instar du jazz). Douze ans après, en 2017, la pièce est recréée avec quatre nouveaux interprètes et leurs nouvelles sensibilités. A Love Supreme À la Maison de la Danse du 1er au 3 octobre Technique Les pièces de Merce Cunningham sont d'une difficulté technique rare, et le Ballet de l'Opéra en compte déjà plusieurs à son répertoire. Cet automne, le Ballet présentera deux pièces du maître new-yorkais, créées à vingt ans d'intervalle : Exchange (1978) et Scenario

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Un moi dénoyauté

Moi de la Danse | Le jeune collectif lyonnais ÈS ouvre cette semaine le festival Moi de la Danse aux Subsistances, avec une création prometteuse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 janvier 2019

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Depuis quatre ans, le festival Moi de la Danse explore la notion d’identité à travers le corps et le mouvement. Le sujet dansant s’y révèle être souvent une singularité plurielle : divisé en lui-même, multiple en ses ressources physiques et expressives, et toujours en rapport dialectique avec les autres… Le Collectif ÈS, né en 2011, s’empare de cette question à partir d’une approche originale : chacun des trois danseurs qui le composent creuse son sillon personnel, ses impulsions propres, et c’est à travers ce processus même que des liens se créent, se découvrent, se tissent avec les autres. 1ère mondiale est ainsi composée de trois soli d’Émilie Szikora, Sidonie Duret et Jérémy Martinez. Despacito Cette création au titre ironique se donne aussi pour but de revisiter les fondamentaux de la danse à partir de trois pistes de travail inattendues : le solo de John Travolta dans Saturday Night Fever, la célèbre pièce Messe pour le temps présent

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 novembre 2018

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Plutôt que rouler sur la bonne voie, aller dans le décor ! Si la métaphore peut avoir un aspect automobile risqué, elle est chez Vincent Weber (qui vient de publier Dans le décor, chez Trente-trois morceaux) à connotation beaucoup plus théâtrale. Ici, aller dans le décor (par le regard, par l'écriture, par l'attitude existentielle...) c'est se diriger ailleurs que vers le centre de la scène, le cœur de l'action, le devant du drame. La tentative de Weber n'est, certes, pas nouvelle et s'inscrit au sein d'un long héritage culturel : la flânerie poétique de Baudelaire, la saisie « d'instants non décisifs » de photographes comme Robert Frank ou Raymond Depardon, l'éclatement chorégraphique de toute centralité chez Merce Cunningham, l'informe chez Georges Bataille, l'écoute du silence et des creux de la parole chez Freud... Mais dans son petit livre, Weber réussit à insuffler une atmosphère très singulière (avec beaucoup d'ouvertures et de pistes lancées), dans une écriture à la couture fine, en n'hésitant pas pour autant à éclater ses quatre chapitres dans le te

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 novembre 2018

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Il y a quelque chose de fascinant chez Merce Cunningham (1919-2009) et qui découle d'un apparent paradoxe. Chantre du hasard et de la liberté, le chorégraphe était aussi d'une exigence inouïe, voire draconienne, quant à la précision des mouvements. Chez lui, il est possible à la fois de tirer des séquences et des mouvements à coups de dés, et de défier les capacités techniques et virtuoses des danseurs ! C'est le cas par exemple avec sa pièce emblématique pour six interprètes, Summerspace, créée en 1958, où l'ordre des mouvements est tiré au sort, et où la chorégraphie de Cunningham, le décor et les costumes du célèbre plasticien Robert Rauschenberg, et la musique de Morton Feldman ont été conçues indépendamment. Le tout est une ode au déplacement et à la traversée, qui refuse aussi toute centralité de l'action. Chaque danseur est un "centre" potentiel de la pièce. « L'univers est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonfé

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Regardez la danse et le mouvement se déployer en eux-mêmes, nous demandait le révolutionnaire Merce Cunningham. Regardez-les à l'état pur ou presque, sans chercher à savoir ce qu'ils pourraient bien représenter, signifier ou exprimer ; à la manière dont un John Cage demandait d'écouter un son, ou certains artistes modernes de regarder une surface peinte. En 1964, sa pièce pour six danseurs Winterbranch fait scandale avec ses lumières éclatées et ses deux sons en continu créés par La Monte Young. Il ne s'agit pourtant pour Cunningham ((1919-2009) que d'explorer sous tous les aspects possibles les notions de chute et de redressement. Quinze ans plus tard, Lucinda Childs crée Dance en collaboration avec le compositeur répétitif Philip Glass. La pièce est une suite ininterrompue de phrases dansées quasi identiques, simples et légères, ponctuées de quelques solos. En devant de scène, sur un grand écran translucide, sont projetées de manière discontinue les images démesurées des danseurs en mouvement. La danse se dédouble entre réalité et présences fantomatiques, se répète à l'infini en une sorte de ronde hypnotique ; un pur déploiement de corps e

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Dans le champ de la danse, Merce Cunningham (1919-2009) a provoqué une véritable révolution : évacuer toute forme de hiérarchie dans les mouvements et sur la scène, faire table rase de la subjectivité de l'artiste et de l'expressivité. «S'il y a un désir d'expression personnelle, la psychanalyse est le domaine qui convient» déclarait-il. Dans les années 1960, nombre de créateurs se sont en effet lassés de l'expressionnisme et de l'ego de l'artiste pour tenter de capter des formes et des forces qui les dépassent, que ce soit parmi un groupe, la vie quotidienne, les automatismes du corps... Ce sont par exemple les minimalistes pour les arts plastiques et le comparse de Cunningham John Cage pour la musique. Il s'agit alors de s'immerger dans la grande "musique" du monde comme l'avait initié l'écrivain James Joyce dans Ulysse. Cunningham se concentrera, lui, sur le hasard et des procédures aléatoires organisant les éléments de ses chorégraphies (parties du corps en mouvement, directions, déplacements, durées...). Plus tard, il utilisera même l'ordinateur pour concevoir ses mouvements. D'où cette impression, dans les pièces de Cunngham, d'interpr

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Chronique d'une Biennale 2/3

SCENES | Quelques petites déceptions encore cette semaine, mais le chef-d’œuvre "Sounddance" de Merce Cunningham et "Ply", la création âpre et singulière de Yuval Pick, nous ont restitué notre enthousiasme pour la danse. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 22 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 2/3

Mélange des genres et mélange des époques au programme du Ballet de Lorraine, avec cette question sous-jacente : qui des anciens (Picabia et Satie en 1924), des modernes (Merce Cunningham en 1975) ou des contemporains (le jeune Noé Soulier en 2014) a produit la pièce la plus "barrée", la plus osée ? On aurait volontiers parié a priori sur le Dadaïste Picabia mais Relâche, qui fut certainement provocateur et rafraîchissant à l'époque (avec des danseurs dans la salle, une infirmière à barbe...) s'avère aujourd'hui assez ennuyeux et "muséal". Seul le film foldingue de René Clair (Entr'acte, projeté en plein milieu de la pièce) sauve les meubles et nous embarque dans une blague surréaliste aux effets de montage et de mouvements de caméra aujourd'hui encore surprenants ! Le montage, le démontage et le remontage, c'est aussi le "truc" de Noé Soulier, qui s'empare des codes de la danse classique pour les déstructurer, les cogner les uns aux autres, les accélérer ou les ralentir. Sa création Corps de ballet contient bien des idées mais ici encore à l'état de friche, de recherche inaboutie... La pièce la plus folle, et même

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Maurice Béjart, quatre pièces rares

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Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 31 août 2011

Maurice Béjart, quatre pièces rares

Si les dernières créations du grand Maurice Béjart (1927-2007), empesées et grandiloquentes, nous avaient laissés pour le moins sceptiques, on sera reconnaissant au Ballet de Lausanne (qu’il fonda en 1987) de reprendre à Lyon quatre pièces rares, singulières et dépouillées. Des pièces inspirées par les musiques de Bartok, Webern ou Boulez ; dont une œuvre majeure, Le Marteau sans maître, sur une musique de Boulez inspirée du recueil éponyme de René Char. Incontournable ! Du 30 mai au 3 juin à la Maison de la danse.

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Dorotée Aznar | Mercredi 2 septembre 2009

Les oiseaux de Cunningham

Danse / Le grand chorégraphe américain Merce Cunningham est décédé le 26 juillet 2009 à l'âge de 90 ans. Mais ses nombreuses pièces sont toujours bel et bien vivantes. Le Ballet de l'opéra ouvre la saison danse avec l'une d'entre elles, Beach Birds (1991), sur une musique de John Cage. Le programme du ballet (à l'Opéra du 15 au 20 septembre) inclut aussi une création de Ralph Lemon et la reprise de "Set and Reset / Reset" de Trisha Brown.

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2009

Ainsi dansait Béjart

Le grand Maurice Béjart est mort en 2007. En décembre 2005, à 78 ans, le chorégraphe créait son ultime opus, Zarathoustra, le Chant de la danse, grosse production pour 34 danseurs en hommage au plus danseur des philosophes, Friedrich Nietzsche. Les œuvres tardives de Béjart ne sont pas ses meilleures, mais comme on dit : il faut avoir vu un Béjart dans sa vie. Alors pourquoi pas celui-ci dans le gros OVNI de l’Amphithéâtre de la Cité Internationale (du 11 au 18 mars) ?

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