Sylvie Guillem, deux pas sur trois

SCENES | La danseuse étoile, Sylvie Guillem (née en 1965), est l’une des rares interprètes à pouvoir organiser un spectacle en son nom, tout en attirant dans son sillage les meilleurs chorégraphes actuels.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 juin 2012

Après Russell Maliphant et Akram Khan, c'est William Forsyhte, Jirí Kylián et Mats Ek (la crème de la danse néo/classique) qui ont collaboré avec la star pour 6000 Miles Away.

Le résultat est discutable, voire un peu paradoxal puisque la pièce la plus forte, signée Jirí Kylián, n'est pas dansée par Sylvie Guillem. Soit en l'occurrence une transposition de 27'52'', pièce ancienne de Kylián, pour un duo sous très haute tension, formé par Aurélie Cayla et Lukas Timulak. Le chorégraphe tchèque y explore l'une de ses obsessions, le rapport homme-femme, et étonne toujours avec ses rythmes syncopés, ses accélérations, ses figures précipitées. Le tout se déliant peu à peu vers la sensualité, la rencontre, l'érotisme.

L'autre duo du programme, signé William Forstyhe et interprété par Guillem, s'avère lui aussi de bonne tenue, sorte d'exercice de style où le chorégraphe manie avec brio sens de l'espace (semblant continuellement «respirer» entre dilatation et contraction), superbes jeux de lumières et virtuosité sèche et tranchante des gestes.

Mais ces bonnes impressions se voient «gâchées» par le solo final de Sylvie Guillem créé par Mats Ek. L'habituel génie de la distorsion du vocabulaire classique manque ici franchement d'inspiration, allant jusqu'à user d'un dispositif potache où Guillem danse avec son image projetée, et d'effets comiques pesants. Un spectacle conseillé jusqu'à l'entracte donc.

Jean-Emmanuel Denave


6000 Miles Away
Au Grand Théâtre, dans le cadre des Nuits de Fourvière
Jusqu'au samedi 16 juin 

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

William Forsythe, carte blanche à l'Opéra

Danse Contemporaine | Le grand chorégraphe William Forsythe connaît une double actualité à Lyon ce mois-ci : une carte blanche proposée par l’Opéra et, fin novembre, la représentation de sa dernière pièce à la Maison de la Danse.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 novembre 2021

William Forsythe, carte blanche à l'Opéra

Avec Jiří Kylián et Mats Ek, William Forsythe est l’un des chorégraphes fétiches du Ballet de l’Opéra, ballet qui compte nombre de ses pièces à son répertoire. L’exigence technique alliée à la profondeur artistique de l’univers de l’artiste américain (né en 1949 aux États-Unis, avant d’émigrer en Allemagne et de diriger longtemps le Ballet de Francfort) en est sans doute la raison principale. Pour sa carte blanche proposée par l’Opéra, Forsythe a choisi parmi le répertoire du Ballet deux pièces emblématiques de son univers : Quintett créée en 1993 et One Flat Thing Reproduced datant de 2000 (la soirée s’ouvrant avec une pièce de Fabrice Mazliah, ancien interprète et collaborateur de Forsythe). L'émotion et la virtuosité Pièce-lettre d’adieu à son épouse mourante, Quintett est l’une des plus poignantes de Forsythe, égrenant en boucles (« Jesus’blood never failed me yet ») la voix de Tom Waits sur une compos

Continuer à lire

Lyon : William Forsythe, trois fois !

Danse | Entre la Maison de la Danse et l'Opéra de Lyon, trois rendez-vous aguicheurs sont proposés cet automne en compagnie du maître néoclassique qu'est William Forsythe.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Lyon : William Forsythe, trois fois !

Difficile de résumer l’univers du chorégraphe William Forsythe, tant son œuvre, débutée dans les années 1970, est riche, débordant même parfois les frontières de la danse pour des installations ou des performances dans les musées… Né en 1949 à New York, féru au départ de rock et de comédie musicale, Forsythe émigre en Allemagne où il dirigera bientôt le Ballet de Francfort de 1984 à 2004. Une formation de culture classique avec laquelle il invente son propre style fait à la fois de déconstruction des codes classiques, mais aussi d’une extrême virtuosité technique (vitesse d’exécution ébouriffante, membres sous forte tension…). En 2005, il crée une compagnie indépendante, toujours basée en Allemagne, multipliant les collaborations (dernièrement avec le Ballet de l’Opéra de Paris en 2015). Plusieurs de ses pièces ont été transmises au Ballet de l’Opéra de Lyon, qui se montre souvent brillant dans leur exécution (leur difficulté faisant sans doute aussi partie du plaisir du danseur). L’incroyable One Flat Thing, reproduced Dès la semain

Continuer à lire

Classique au cordeau

Danse | C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 avril 2018

Classique au cordeau

C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse contemporaine tant le chorégraphe tchèque a su avec cette Petite Mort, allier les gestes ancestraux et hautement techniques sur une symphonie de Mozart à son savoir-faire de l'entre-deux, des attitudes esquissées, glissées. Entre les fleurets des danseurs et les corps quasiment unisexes, c'est un accouplement dangereux, intense qui se joue à l'Opéra de Lyon jusqu'au 25 avril. En préambule, No more play (1988, mais nouvellement inscrite au Ballet), avec les mêmes robes de soirées carcans que dans Petite Mort, se dessine déjà, en un groupe restreint (cinq), le jeu d'attraction/répulsion des interprètes. La partie la plus étonnante de la soirée émane de Johan Inger, vingt ans durant soliste et danseur au Nederlands Dans Theatre, longtemps antre de Kylián. Dans Under a day, Nina Simone et Jeff Buckley font écho aux douze danseurs, gangrenés par la noirceu

Continuer à lire

Kylian en images et en mouvement

Danse | Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 septembre 2017

Kylian en images et en mouvement

Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au Japon en 2013, après la catastrophe de Fukushima, un duo nommé East Shadow (du 27 au 29 septembre). Cette pièce inspirée du texte, lu en voix off, Neither de Samuel Beckett et baignée d'une sonate pour piano de Schubert est interprétée par l'ancien danseur et chorégraphe Gary Chryst et par la muse de Kylian, Sabine Kupferberg. C'est aussi Sabine Kupferberg qui est au centre d'une installation de photographies (sur une musique de Bach) présentée par Kylian aux Subs toujours, du 15 au 29 septembre.

Continuer à lire

Les immanquables de la saison danse

Sélection | Cinq spectacles pour lesquels la réservation se fait sans hésitation.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Les immanquables de la saison danse

Le lynchien : Moeder de Peeping Tom Après Vader ("le père"), la surprenante compagnie flamande Peeping Tom présente Moeder, deuxième volet de la trilogie Père-mère-enfant. Cette nouvelle pièce, toujours très inspirée par l'esthétique cinématographique et le vacillement entre rêve et réalité de David Lynch, nous entraînera dans des lieux aussi différents qu’un service de maternité, un salon funéraire, un musée ou un studio d’enregistrement ! À la Maison de la Danse les 13 et 14 septembre L'associé : East Shadow de Jiří Kylián Le grand chorégraphe tchèque, Jiří Kylián (artiste associé au Ballet de l'Opéra) présente aux Subsistances un duo récent, créé en hommage aux victimes japonaises du tremblement de terre de 2011. Autour d'une table, à l'aube de la vieillesse, deux interprètes tentent de parer au désastre (intime et extime) sur des airs de Schubert et un texte lu de Samuel Beckett (Neither)... Aux Subsistances ​du 27 au 29 septembre Le populaire :

Continuer à lire

Kylián passe-muraille

Danse | Artiste-chorégraphe associé au Ballet de l'Opéra, Jiří Kylián transmet une pièce inédite en France, Sleepless, inspiré par l'univers plastique de Lucio Fontana.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Kylián passe-muraille

Avec les années, le succès et la reconnaissance, Jiří Kylián (né en 1947 en Tchéquie) commence un peu à se regarder chorégraphier et alourdit parfois ses pièces de passages "sentencieux" et affectés... Reste que le chorégraphe a du talent à revendre et surtout une bonne dose de curiosité qui le pousse à changer d'univers, de création en création. Après Stravinski, Mozart, Debussy ou le romantisme de La Nuit transfigurée de Schöenberg, Kylián s'est penché, en 2004, sur le monde plastique de l'artiste italien Lucio Fontana (1899-1968), connu pour ses toiles monochromes percées ou fendues (les fameux Concetto Spaziale). Les deux artistes partagent un même souci de la spatialité que Kylián, dans un entretien en 2010, rappelle ainsi : « Lucio Fontana a pris un couteau et a détruit la surface monochrome de la peinture. Mais son acte destructeur a donné une nouvelle vie à sa peinture... une 3e dimension. Il a ouvert une porte secrète,

Continuer à lire

Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

Continuer à lire

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

SCENES | Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 mars 2016

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex Tchécoslovaquie, plongée alors dans les turpitudes de l'Histoire, le chorégraphe révèle très tôt des dons pour la musique et la danse : il crée sa première pièce (Paradox) à l'âge de vingt-trois ans ! Figure, depuis, de la danse dite "néo-classique", longtemps directeur artistique du Nederlands Dans Theater (NDT) de 1975 à 2004, Kylián a signé un nombre incalculable de pièces dont La Symphonie des Psaumes (1978) ou One of a kind (2000). Nombre d'entre elles sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra dont Jiri Kylián sera l'artiste associé pendant trois saisons à partir de septembre 2016. Il y reprendra l'an prochain One of a kind et transmettra au Ballet Sleepless, une pièce créée en 2004 (jamais montrée en France) autour de l'univers du peintre Lucio Fontana. JED

Continuer à lire

Les Nuits de Fourvière – Jusqu'au 31 juillet à Lyon (69)

SCENES | Après une édition 2014 riche en prises de risques, le festival phare de l'été lyonnais est revenu à ses fondamentaux bankable. On peut le déplorer. On peut, plus prosaïquement, se satisfaire de l'aubaine que constitue la venue d'artistes de haute stature dans un cadre aussi magistral que celui dessiné par les théâtres romains de Fourvière. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Les Nuits de Fourvière – Jusqu'au 31 juillet à Lyon (69)

Timorée la programmation des Nuits de Fourvière 2015 ? Assurément. Mais ce ne serait un problème que si la perspective de revivre cet instant magique où les coussins à l'effigie du festival, propulsés en signe d'acclamation par les 4500 spectateurs du grand théâtre qui l'accueille chaque été depuis 70 ans, éclipsent les étoiles et les lumières de la ville en contrebas, ne valait pas blanc-seing. Qu'importe en effet, s'il honore son vœu de pluridisciplinarité jusqu'au non sens, en accueillant six représentations de Florence Foresti et s'il nous refait pour la énième fois le coup des phénomènes de foire médiatique (Lily Wood & the Prick, Christine & the Queens), de la variété propre sur elle (Charlie Winston, Calogero) et du rock'n'roll fossilisé (Iggy Pop, Patti Smith, Robert Plant). Là-haut, tout est forcément plus beau. Surtout ce qui l'est déjà à la base, évidemment : l'électro-pop givrée de Björk, les miniatures avant-gardistes de Pascale Comelade, l'indie rock patraque de

Continuer à lire

Rejoignez les Brigades du Ballet

MUSIQUES | Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Rejoignez les Brigades du Ballet

Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de Lyon et Le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses. Vous êtes apprenti blogger, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs et racontez le fruit de cette rencontre sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon ! Adressez-nous votre candidature motivée à : brigadeduballet@petit-bulletin.fr   Plus d'informations : http://www.opera-lyon.com/page/la-brigade-du-ballet Sessions précédentes : http://www.petit-bulletin.fr/lyon/membre-27829.html

Continuer à lire

La danse à contre-pied

SCENES | Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

Continuer à lire

A Fourvière, les adieux de Sylvie Guillem

SCENES | A peine avons-nous fait le deuil de l'été 2014 que les Nuits de Fourvière lèvent le voile sur un premier RDV de leur édition 2015. Ce n'est pas tout à fait une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

A Fourvière, les adieux de Sylvie Guillem

A peine avons-nous fait le deuil de l'été 2014 que les Nuits de Fourvière lèvent le voile sur un premier RDV de leur édition 2015. Ce n'est pas tout à fait une bonne nouvelle, car du 29 juin au 2 juillet, c'est dans le cadre d'une tournée d'adieu mettant fin à pas moins de quarante ans de carrière au service des plus grands (Noureev, Béjart, Bob Wilson...) et d'elle-même que la chorégraphe Sylvie Guillem se produira dans le Théâtre antique. Pour l'occasion (qui concorde avec les soixante-dix ans officieux du festival), elle présentera deux créations (un solo sur une chorégraphie d'Akram Khan, un duo signé Russell Maliphant) et deux reprises (Bye, solo de Mats Ek, et un Duo de Forsythe dansé cette fois par deux interprètes de sa compagnie).

Continuer à lire

Trois Forsythe pour le prix d'un

SCENES | Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 28 octobre 2014

Trois Forsythe pour le prix d'un

Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de William Forsythe – nonobstant sa propre compagnie, même si sa première incursion en terres lyonnaises, lors de la dernière Biennale de la danse, a fait l'effet d'une douche froide. On peut le vérifier depuis la rentrée à Paris, où il assure le gros de l'hommage rendu par le Festival d'Automne au maître américain du néo-classicisme. On pourra surtout le constater du mardi 4 au vendredi 7 novembre, dates auxquelles le Ballet présentera, à domicile, trois de ses œuvres les plus emblématiques. L'occasion de redécouvrir Steptext, déconstruction pleine de danger et de maîtrise des codes du ballet classique qui posa en 1985 les bases du style Forsythe (corps en déséquilibre, mouvements explosifs, enchaînements fragmentés), mais aussi et surtout One Flat Thing, Reproduced (2000), sorte de contrepoint tout en tension et en articulations aux comédies musicales en m

Continuer à lire

Chronique d'une Biennale 3/3

SCENES | Cette troisième et dernière semaine de Biennale, deux grands chorégraphes n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Si Maguy Marin, avec "Bit", parvient encore à surprendre, William Forsythe, lui, se regarde danser lors d'une aussi virtuose qu'ennuyeuse "répétition". Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 28 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 3/3

Pour résister aux cadences infernales imposées par la société, les artistes de cirque de Mathurin Bolze prenaient la "tangente", traçaient des lignes de fuite inédites. La chorégraphe Maguy Marin, elle, oppose aux scansions techno très entraînantes de Charlie Aubry (qui signe une impressionnante bande son) une farandole volontairement un peu gauche et désuète exécutée, bon an mal an, par six danseurs. Presque une sorte de frise, qui craque parfois, est reprise ailleurs, s'immisce parmi les interstices d'un décor constitué de six grands modules en pente. Plongés dans la pénombre, secoués d'électro ou bien baignés de nappes musicales inquiétantes, les danseurs suivent un fil, celui de leur rythme propre, jusqu'à l'hébétude, la chute, le raté, le choc avec l'autre... Dans Bit (le plus mauvais titre de la carrière de Maguy Marin, qui compte aujourd'hui 49 pièces), danse et musique sont en constant déphasage, mais surtout les danseurs déçoivent les attentes du public, résistent à l'unisson souhaitée. Il y a discordance, disjonction : «Car le réflexe c'est toujours de se mettre au diapason des autres : être discordant demande du courage... La t

Continuer à lire

La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

Continuer à lire

Biennale : faire le point, reprendre le pas

SCENES | En se donnant comme fil rouge la notion de performance, la 16e Biennale de la danse revisite le passé et interroge l'avenir. Un questionnement qui ne réduit pas la danse à son histoire, mais lui redonne son caractère toujours renaissant et intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

Biennale : faire le point, reprendre le pas

Qu'est-ce qui, davantage qu'au théâtre bavard et au cirque virtuose, émeut donc toujours avec la danse ? Sa fragilité, sa fulgurance sans doute. Et, surtout, sa façon d'évoluer, d'éclore dans le pré-symbolique, le pré-verbal, sa façon de renaître toujours à nouveau, de recommencer comme si rien n'avait été réellement fait ni gagné... Chaque danse est, potentiellement, une naissance. « La danse n'entre pas dans le passé. Elle appartient toute entière au jadis. Elle sort. Elle est sortie de jadis n'arrivant nulle part. Elle ne veut ni passé ni visage ni mère ni langue ni société. Elle reste dans l'effroi, elle persiste dans le pur changement d'état. Elle n'avance pas : elle sort» écrit Pascal Quignard dans L'Origine de la danse. Son spectateur idéal ne doit donc s'attendre ni à ce qu'elle lui raconte une "histoire", ni à ce qu'elle ressemble à une autre danse. Ni même, parfois, à de la danse ! Pour renaître de ses propres cendres empesées, la danse, à plusieurs reprises, s'est rapprochée des arts plastiques et de son esprit performatif (c'est-à-dire contestataire, proche de l'improvisation, libéré des contraintes techniques et

Continuer à lire

Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

Continuer à lire

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

Continuer à lire

Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

Continuer à lire

Hannon solo

MUSIQUES | The Divine Comedy en solo : hérésie ou idée de génie ? La réponse ici et plus encore aux Nuits de Fourvière, dans le cadre de l'Odéon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 juin 2012

Hannon solo

L'annonce de la venue de Neil Hannon/The Divine Comedy, que l'on n'avait plus vu à Lyon depuis le début des années 2000 provoqua chez le fan de base du Nord-Irlandais une réaction qui se décline ainsi : «Ouuuuaais !!!» suivi de «Hein ? Mais qu'est-ce que c'est que cette blague ?». «Ouuuuais !!!» parce qu'on allait enfin pouvoir se refaire en live le best-of de l'auteur de Casanova (le disque, donc) et que, comme on connaît nos Nuits de Fourvière, elles allaient nous dégainer l'Orchestre national de Lyon, de Pékin ou même de Vesoul, peu importe, pour aller avec. Et «Hein ? Qu'est-ce que c'est que cette blague ?» au moment où l'on apprenait qu'An Evening with Neil Hannon signifiait qu'en réalité le petit homme allait se produire en solo à l'Odéon, au piano et à la guitare. Onze ans qu'on n'a pas vu Nilou et il se pointe les mains dans les poches, et pourquoi pas en pyjama ? Petite précision pour qui n'est pas familier de The Divine Comedy : sa pop aux accents baroques, classiques ou romantiques, faisant la part belle, entre autres, aux arrangements emphatiques, Neil Hannon seul, c'est u

Continuer à lire

Les Stone Roses à Fourvière

MUSIQUES | La programmation des prochaines Nuits de Fourvière continue a être dévoilée par les sites officiels des groupes qui vont s'y produire. Ce matin, après Björk, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 9 mars 2012

Les Stone Roses à Fourvière

La programmation des prochaines Nuits de Fourvière continue a être dévoilée par les sites officiels des groupes qui vont s'y produire. Ce matin, après Björk, c'était au tour des Stone Roses, mythique groupe de brit-pop emmené par Ian Brown, récemment reformé, d'annoncer leur venue dans le théâtre antique le 25 juin. Les billets seront mis en vente le 26 mars, soit le jour de la révélation de la programmation complète !

Continuer à lire

Chronique d'une biennale 4/4

SCENES | Danse / William Forsythe et les sœurs Sagna ont conclu avec force la Biennale 2010. Mêlée aux techniques néoclassiques ou au théâtre, la danse poursuit ici son œuvre de trouble, d'inquiétude, de dérèglement du sens et des figures du corps... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 3 octobre 2010

Chronique d'une biennale 4/4

Après la grande débauche de spectacles bien ficelés et aseptisés de la semaine passée, William Forsythe est arrivé à point nommé. Pour remettre les pendules à l'heure, débarrasser la danse de son clinquant et lui rendre sa puissance d'émotion et de représentation des fragilités humaines. Le chorégraphe a transmis deux de ses pièces au talentueux ballet de l'Opéra de Lyon, qui en comptait déjà huit à son répertoire. Sur des duos pour violons de Luciano Berio, souvent secs et râpeux, "Workwithinwork" (1998) enchaîne des variations de mouvements et de configurations (duos, trios, etc.) sur une base technique néoclassique. Avec ces grands «cassés» à la Forsythe, cette façon aussi de fendre l'air comme avec des membres de métal, et cette énergie qui explose soudain du centre des corps comme des décharges électriques. L'écriture chorégraphique est complexe, abstraite, saisissante. Beaucoup plus expressive et mélancolique, "Quintett" (1993) est une pièce-lettre d'adieu de Forsythe à son épouse mourante. La voix éraillée de Tom Waits répète en boucle «Jesus'blood never failed me yet», cinq danseurs sortent et rentrent dans une fosse, leurs mouvements urgents butant toujours contre quelque

Continuer à lire

Sans contrefaçon

SCENES | Danse / Un metteur en scène et deux danseurs. Robert Lepage, Russell Maliphant et Sylvie Guillem se sont lancés dans un projet inattendu. Raconter et donner à voir sur une scène la vie de Charles de Beaumont, plus connu sous le nom de Chevalier d’Éon.

Dorotée Aznar | Lundi 29 juin 2009

Sans contrefaçon

Danse / Un metteur en scène et deux danseurs. Robert Lepage, Russell Maliphant et Sylvie Guillem se sont lancés dans un projet inattendu. Raconter et donner à voir sur une scène la vie de Charles de Beaumont, plus connu sous le nom de Chevalier d’Éon. Du capitaine des dragons, espion de Louis XV, on retient surtout l’ambiguïté qui demeura autour de son sexe, lui qui fut condamné par Louis XVI à porter pendant plus de trente ans le vêtement féminin. Dans Eonnagata, le trouble n’est pas uniquement sexuel, il est également à l’origine même de ce spectacle mélangeant récits, lectures, arts martiaux japonais et chinois, combats d’épée, danse contemporaine… Trois périodes de la vie du Chevalier sont évoquées dans une succession de tableaux splendides, dont la beauté hypnotique doit beaucoup aux lumières de Michael Hulls. La «griffe» du metteur en scène canadien Robert Lepage est également palpable dans cette création où la danse sert continuellement le récit. Le mélange des sexes, des âges, des références, des cultures ne dessert pas la narration, mais permet au contraire de passer naturellement de la violence sourde des percussions à la grâce aérienne d’une danse sur un miroir. Car, si

Continuer à lire

Kylian, l’âme au corps

SCENES | Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 6 juin 2008

Kylian, l’âme au corps

Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les ténèbres de la scène. Des voix chantées s’élèvent doucement, l’onde d’un violoncelle sinue, un décor architectural abstrait s’éclaire, puis surgissent, issues de nulle part, une deuxième, une troisième, une quatrième danseuse… Des filles, et bientôt des garçons, qui frôlent l’espace, caressent le vide, s’enroulent sur eux-mêmes ou autour de l’autre, partenaire fugace, dans des duos superbes. Les mouvements sont doux ou aigus, vifs ou ralentis, vibratiles ou sûrs, mais toujours délicats, sobres et poignants. Depuis trente ans, Jiri Kylian nous parle d’amour et de mort, d’aliénation et de liberté individuelle, de chute et d’élévation : oui toujours et « seulement » de cela, mais avec quelle grâce, quelle inventivité gestuelle de chaque instant, quel génie du détail et de la forme ! Dans une pénombre bleutée, ses interprètes cherchent un chemin, un peu de lumière, un équilibre, une étreinte ; confrontés aux énigmes de l’existence et sans cesse menacés de solitude et d’abandon. Divisée en trois parties distinctes, One of a kind (créée en

Continuer à lire

S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

Continuer à lire

Monstrueuse rencontre !

SCENES | Quand deux géants de la danse se croisent sur un même plateau, cela donne un spectacle exceptionnel, drôle, émouvant ; à couper le souffle. Nous avons rencontré successivement Sylvie Guillem et Akram Khan, nous leur avons posé les mêmes questions. Leurs réponses. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Christophe Chabert | Mercredi 20 juin 2007

Monstrueuse rencontre !

Petit bulletin : Pourquoi avez-vous souhaité travailler ensemble et comment s'est passée votre rencontre ?Sylvie Guillem : J'ai vu, par hasard, un reportage sur Arte. C’était Akram, au Théâtre de la Ville à Paris. J'ai été fascinée par l'énergie et le langage de ce chorégraphe. J'ai voulu aller le voir, mais c'était complet. Rentrée à Londres, trois jours plus tard, j'ai reçu un mail de l'agent d'Akram, me disant qu'il allait faire des spectacles de kathak à Londres et qu'il souhaitait me rencontrer. Notre désir réciproque a été exaucé !Akram Khan : Sylvie suivait mon travail depuis longtemps. Nous nous sommes rencontrés après mon spectacle et je lui ai demandé comment elle se sentait. Quand elle m'a répondu : «anxieuse», j'ai réalisé que les gens se trompaient sur elle et qu'elle n'était pas une diva comme on voudrait le faire croire. Techniquement, quelles sont les difficultés auxquelles vous avez dû faire face pour travailler ensemble ?Sylvie Guillem : Je suis allée vers Akram pour faire des choses que je n'avais jamais faites. Nous sommes très différents en rapidité, en énergie. Son rythme et son rapport avec le sol sont également

Continuer à lire