La Prophétie de Machy

Nadja Pobel | Jeudi 21 juin 2012

Adossée à la bourgeoise Saint-Germain-au-Mont-d'Or, la bourgade de Chasselay est aux portes de Lyon (distante d'une quinzaine de kilomètres seulement) mais n'est déjà - volontairement - plus dans le Grand Lyon pour garder son indépendance. Car les habitants de ce village ont du caractère à l'image du château de Machy, ancienne propriété de la famille Morand (celle qui au XVIIIe siècle créa le quartier des Brotteaux).

Depuis 1993, la troupe parisienne du théâtre de l'Arc-en-Ciel s'y est installée, pour prendre le temps de la création en pleine campagne, loin de la fureur urbaine. Elle acquiert alors ce bien pour une somme qui aujourd'hui ne permettrait pas même pas de payer un deux pièces. À grand renfort de bonnes volontés (les compagnons du devoir, des chantiers-écoles…), la rénovation du château prend forme. Il est désormais doté d'une hôtellerie pour les artistes, d'une salle de spectacle d'intérieur et d'une cour dont la pente a été aplanie pour accueillir 250 personnes sur des gradins temporaires.

Six membres de la compagnie vivent ici en communauté à l'année pour concocter depuis dix-sept ans des «soirées d'été» théâtrales qui, cette saison, s'ouvrent même à la danse avec Prélude à l'Anastasis. La compagnie Hallet Eghayan rejoint la troupe du metteur en scène Olivier Fenoy pour rendre hommage à Ghandi, la poète Marie Noël, les écrivains Aimé Césaire, Mahmoud Darwich ou encore Alessandro Barrico à travers leurs «appels prophétiques». D'autres soirées (musiques, lectures) ponctueront l'été et notamment un spectacle par la troupe de l'Arc-en-Ciel autour des correspondances de la famille Morand (exposées en ce moment aux Archives de Lyon).

Nadja Pobel

Les Soirées d'été au château de Machy
À Chasselay, du vendredi 29 juin au dimanche 8 juillet

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Lyon, aujourd'hui comme hier

ARTS | S’écharper sur l’urbanisme, inventer de nouveaux quartiers, discuter de la nécessité d’une nouvelle salle de spectacle ou d’une bibliothèque, développer le commerce, ménager le pouvoir religieux, débattre à fleuret à peine moucheté entre pouvoir étatique et pouvoir local… Lyon aujourd’hui ? Non, c’était déjà Lyon au XVIIIe et, dans ce siècle des Lumières, la ville posait les jalons de ce qu’elle est aujourd’hui. Les Musées Gadagne invitent à une balade dans cette période moins exotique qu’imaginée et dont il subsiste bien des traces au-delà de l'exposition. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 1 février 2013

Lyon, aujourd'hui comme hier

Et si Lyon s’étendait au sud de sa presqu’île pour habiter voire déplacer sa Confluence ? Vous croyiez que l’idée datait des années 2000 ? Raté. Antoine-Michel Perrache l'a faite sienne dès 1766. Ce sculpteur-ingénieur envisageait alors d’empiéter sur les marécages au sud des remparts d’Ainay (la rue portant ce nom aujourd’hui était à l'époque la limite sud de la ville) et de faire en sorte que le confluent entre Rhône et Saône ne fasse sa jonction qu’au niveau de la Mulatière. C'est ce qu'expliquent les musées Gadagne (gardiens de la mémoire de la ville via leurs collections permanentes), eux qui, avec leur deuxième exposition temporaire depuis leur réouverture (la première était consacrée à la gastronomie), souhaitent montrer à quel point la manière dont s’est profondément transformée Lyon au XVIIIe a eu des conséquences sur ses spécificités actuelles (voir ci-contre). La première salle de ce panorama regorge à ce titre de plans d’époque et de maquettes montrant clairement comment la ville que nous connaissons s’est dessinée. Comment aménager un territ

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La Bâtie grandit

SCENES | Peu à peu, se dessine au cœur du Forez un festival qui monte qui monte qui monte… Entendez par là que L’Estival de la Bâtie, né l’an dernier de la fusion des (...)

Nadja Pobel | Jeudi 21 juin 2012

La Bâtie grandit

Peu à peu, se dessine au cœur du Forez un festival qui monte qui monte qui monte… Entendez par là que L’Estival de la Bâtie, né l’an dernier de la fusion des Nuits de la Bâtie et de l’Été musical, a accueilli plus 12 000 spectateurs pour sa première édition, plus que le cumul des éditions lorsqu’elles étaient dissociées. Il faut dire, que ne serait-ce que pour découvrir le Château de la bâtie d’Urfé mais aussi l’excentrique grotte de rocailles, la chapelle à la voûte azur et dorée qu’il abrite, le voyage vaut le détour. C’est dans cette illustre maison et au milieu des jardins à l’italienne savamment entretenus tels qu’au XVIe siècle que durant un mois, danse, cirque, théâtre et musique se mêlent avec une forte attention portée au jeune public (des spectacles gratuits pour les enfants sont programmés du 11 au 14 juillet). Parfois aussi le festival se déroule sur d’autres terres du département : c’est la partie «escapades» du programme qui complète les «castellades». Ici ou là donc, il sera possible d’écouter des hommages à Claude Nougaro ou Georges Brassens. Guy Marchand fera lui résonner le son jazz latino et Ibrahim Ferrer Jr. des airs cubains. Côté dan

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Signé Morand

ARTS | Considéré comme le premier urbaniste de Lyon, Jean-Antoine Morand a notamment inventé le quartier des Brotteaux et développé la ville sur la rive gauche du Rhône à l’orée de la Révolution Française. Consignés dans de très nombreuses lettres, ses actes publics mais aussi des éléments de vie privée se dévoilent aux Archives municipales dans une exposition qui éclaire pleinement le XVIIIe siècle lyonnais. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 31 mai 2012

Signé Morand

Dans un siècle des Lumières finissant, le seul moyen de converser pour deux personnes séparées est encore d’écrire. À l’époque, Lyon compte seulement six boîtes aux lettres, mais le principe de la correspondance n’a guère évolué depuis : l’émetteur dépose sa missive dans une de ces boîtes, et plusieurs fois par jour, des tiers les transmettent au destinataire qui doit s’acquitter du prix du timbre. L’orthographe n’a pas encore été normalisée, les fautes n’en sont donc pas. Depuis 1978, les Archives municipales sont dépositaires de ces milliers de documents écrits de la famille lyonnaise Morand. Jean-Antoine Morand est un disciple de Soufflot. Peintre décorateur - notamment dans le Grand Théâtre de Lyon devenu l’Opéra -, il participe rapidement au développement urbain de Lyon et fait ses première armes d’architecte, toujours sous l’égide de Soufflot, dans le quartier Saint-Clair (actuelle rue Royale), sur le bras du Rhône comblé et rattaché à la Presqu’île. Mais la grande œuvre de Morand est le quartier des Brotteaux. Le mot ne désigne alors qu’une île de la plaine du Rhône en patois local et s’écrit «Broteau». Jean-Antoine Morand décide d’agrandir la surface de L

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