Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Photo : Babass


On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n'est pas négligeable. Mais s'ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c'est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu'il nous donne l'occasion de vous redire tout le bien que l'on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu'émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d'un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive.

Pour le meilleur et pour le rire

Ce numéro se concluant par un portrait d'Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux rescapés les plus ingambes de Kaamelott. D'un côté Jacques Chambon, qui dans son un Petit coup de blues (Le Complexe du Rire) organise la rencontre d'un cadre stressé que sa femme vient de larguer et d'un gardien de nuit se prenant pour Elvis, respectivement interprétés par les extraordinaires Damien Laquet et Nicolas Gabion. De l'autre Aurélien Portehaut et Yann Guillarme, des Loose Brothers (Rideau Rouge) au nom trompeur. Nulle gaudriole en effet derrière ce titre, mais du comique de haute volée qui les voit, l'un dans la précision et la gestuelle, l'autre dans l'énergie et l'abattage, faire montre d'une belle complémentarité.

En bonne bête de scène qu'il est, Guillarme reprendra dans la foulée (au Boui-Boui cette fois) Merci Jean-François, suite de sketchs trouvant sa cohérence dans son sens inné du cabotinage. Puisqu'il est question de one-man-show, enchainons avec, à l'Auditorium Lumière, deux révélations estampillées On n'demande qu'à en rire, soit Jérémy Ferrari, qui présentera son très noir, très acide et très rôdé Cet homme va trop loin !, et Babass, ou plutôt Chreustian, loser flegmatique que le télé-crochet de Laurent Ruquier a sorti de l'ornière lyonnaise dans laquelle il se trainait depuis de longues années. Terminons par un nom à retenir, celui de Karim Duval (Espace Gerson) : nous n'avons pas encore pu voir le premier solo de cette bonne bouille franco-sino-marocaine, mais de ce qu'on nous en a rapporté, il est probable qu'on vous en reparle la saison prochaine.

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De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Ain / Rhône | Entre Jujurieux et Lyon se dessine une histoire autant industrielle que sociale autour de la soie. Balade en deux temps.

Nadja Pobel | Jeudi 23 septembre 2021

De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Soieries Bonnet - Jujurieux C’est une extension de ce qui se trame à Lyon, qui se trouve et se visite toujours à Jujurieux dans l’Ain (à 70 km de Lyon) sur les terres de l’écrivain et prix Goncourt de la poésie, Charles Juliet. En 1835, l’entrepreneur Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) installe dans son village de naissance un véritable pensionnat-école, le premier du genre en France. Lui-même a appris le métier de tisseur à Lyon avant de devenir fabricant dans le quartier des Terreaux à 24 ans. Dans l’Ain, il va faire travailler jusqu’à 2000 personnes en même temps pour la filature, le moulinage et le tissage. À la fin du XIXe siècle, ce sont 800 ouvriers qui œuvrent de chez eux pour le dévidage des cocons et 1200 sur place — dont 800 jeunes filles dès 12-13 ans, venues l’Ain, de Savoie voire l’Italie du Nord, placées par leur famille ou recueillies à l’orphelinat de l’hôpital lyonnais de la Charité (l'actuelle place Antonin Poncet : il n’en reste que le clocher). Bon

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Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Food | Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au (...)

Adrien Simon | Mercredi 8 septembre 2021

Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au dimanche 12 septembre pour sa cinquième édition. L'idée ? Des chefs investissent au déjeuner les jardins du fort Saint-Irénée. Après la bistronomie de Table Wei et de Manto ou la street-food du Bistrot Zakka, ce jeudi les Jardins de Vartan ramèneront leurs légumes (bio) pour un repas végétarien, et Philippe Bernachon clôturera la journée par un cocktail dinatoire. Le samedi, c’est Jérémy Galvan, l’étoilé de la rue du Bœuf, qui montera pour proposer un menu gastronomique en piochant dans le potager de l’Institut. Et pour finir : double-brunch le dimanche, confectionné par Ravigote, avec pour les enfants, grâce à La Petite Académie, calligraphie, dessin et même fabrication de dragons ! (Menus de 26€ à 120€).

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Karavel, 15e édition pour le festival de danse hip-hop

Danse | Créé en 2007 à Bron sous la houlette du chorégraphe Mourad Merzouki, le festival Karavel est consacré à la danse hip-hop sous toutes ses formes, dans différents (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Karavel, 15e édition pour le festival de danse hip-hop

Créé en 2007 à Bron sous la houlette du chorégraphe Mourad Merzouki, le festival Karavel est consacré à la danse hip-hop sous toutes ses formes, dans différents lieux du Grand Lyon. Pour son 15e anniversaire, le festival démarre sur les chapeaux de roue le 26 septembre avec une battle XXL tous styles confondus (break, krump, popping, rock…) à l’Amphithéâtre du Centre de Congrès de Lyon. Et se poursuivra jusqu’au 23 octobre avec une multitude de spectacles, dont une carte blanche à trois figures du krump (mouvement contestataire né à Los Angeles à l’orée des années 2000) au Théâtre des Célestins le 12 octobre et un défilé hip-hop créé par Mourad Merzouki pour quinze danseurs et l’Orchestre National de Lyon, à l’Auditorium le 16 octobre.

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Trokson et Bootlegger : Karl Minetto dévoile l'avenir des deux spots rock de Lyon

Rock Bars | Deux ans après l’incendie qui avait ravagé le Trokson, emblématique café-concert des Pentes, et à l’aube de son seizième anniversaire, le repère à rockeurs rouvre ses portes. De l'autre côté de la Saône, son petit frère couche-tard du 5e arrondissement le Bootlegger tire sa révérence et ne reviendra pas post-Covid. Rencontre avec le maître des lieux, Karl Minetto, qui annonce le retour des concerts au Trokson pour fin septembre.

Louise Grossen | Samedi 4 septembre 2021

Trokson et Bootlegger : Karl Minetto dévoile l'avenir des deux spots rock de Lyon

(En fond sonore: R.L. Burnside, See My Jumper Hanging On the Line) L’incendie, puis le Covid et ses confinements… Comment avez-vous traversé ces épreuves ? Karl Minetto : Lors de l’incendie d’octobre 2019, tout a brûlé. Les assurances se sont mises en route très doucement. Ça a été long, d’autant plus avec la pandémie. Tout a été retardé et s’est mal enchainé : les paiements, les artisans, le début des travaux… Si bien qu’ils se sont terminés seulement début juin. Et encore, la salle de concert — en sous-sol — ne sera finie que courant septembre. Maintenant, on a pu rouvrir, le quartier a retrouvé sa terrasse, les copains reviennent, ça fait du bien. Et le Bootlegger ? Je suis en train de vendre le Bootlegger. [NdlR : l'after-club rock du 5e arrondissement, inspiré des lieux clandestins ouverts durant la prohibition aux États-Unis]. Il ne rouvrira pas, du moins, sous ce nom. On av

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5 étoiles au Festival Ninkasi

Festival | 7 jours, 33 artistes, 27 événements gratuits, répartis sur un territoire vaste comme son réseau de brasseries, le Festival Ninkasi est ras-la-gueule de festivités musicales. Et blindé d'artistes locaux, conformément à la politique maison menée par le grand mamamouchi Fabien Hyvernaud. On vous aide à y voir plus clair avec une sélection des 5 groupes à voir à Lyon et ses environs.

Stéphane Duchêne | Lundi 6 septembre 2021

 5 étoiles au Festival Ninkasi

Johnnie Carwash, c'est Cali « La Caaaalifoooorniiiie » hululait Julien Clerc. Johnnie Carwash nous la joue depuis Lyon en mode quatuor rock guitare-basse-batterie-coolitude absolue (la coolitude est surnuméraire, en vrai, ils sont trois). Son sec comme une trique, guitares coiffées-décoiffées, chant sans filtre (la voix très 90's de Manon, école Kim Deal/Tanya Donelly), avec trois bouts de ficelles DIY, Johnnie Carwash, auteur d'une belle cavalcade avec le EP Mom is a punk (ils ont donc de qui tenir), recrée une géographie, une époque et s'impose comme la formation lyonnaise la plus excitante du moment. Au bas mot. Mettre une pièce également sur Arabella en première partie, issu du Ninkasi Musik Lab. Au Ninkasi Gerland le jeudi 9 septembre à 20h30 Ulysse Von Ecstasy, psycho-folk

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Villeurbanne : des Invites au zénith

Arts de la Rue | Ces Invites retrouvées (du mercredi 15 au samedi 18 septembre à Villeurbanne) sont d’une densité folle. Et d’une qualité remarquable. Gratuit, as usual pour ce festival des arts de la rue.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Villeurbanne : des Invites au zénith

Il y a les concerts, bien sûr, et c’est plus que jamais un événement étant donné le contexte. Avec la bossanova de Flavia Coelho, le blues créole de Delgres, la sono mondiale de Natacha Atlas, le classique si joyeux du Quatuor Debussy (oui ceux qui accompagnaient Valérie Dréville en Tirésias cet été aux Nuits de Fourvière). Et il y a les arts de la rue, partout dans la ville à l’image du géant Tchangara, marionnette de neuf mètres de hauteur, venue de Côte d’Ivoire et quasi mascotte de cette future Capitale française de la culture en 2022 qu'est Villeurbanne. Il faudrait revoir aussi Zora Snake et son spectacle rageur sur le parcours d’un jeune migrant, Transfrontalier. Sur ce même thème et d’une teneur tout aussi colérique, Continent, la dernière création des locaux du KompleXKapharnaüM est de la dentelle où son et lumière s’entremêlent au texte et la diction puissante de Stéphane Bonnard, qui raconte 18 mois passés avec Nour, Mohamed et 300 autres dans un squat à Lyon. « Ce qui arrive est si gros que ça ne tient pas dans les mots » nous dit-il dans

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Fréquentation des salles à Lyon : chronique d’un été

Cinéma | Bousculées durant l’été par de nouvelles mesures sanitaires, les salles de cinéma se sont adaptées et ont fait mieux que résister dans un contexte difficile. Au bilan, une fréquentation en hausse, des gagnants et un moral retrouvé notamment à Lyon et Grenoble.

Vincent Raymond | Vendredi 20 août 2021

Fréquentation des salles à Lyon : chronique d’un été

Revenus du diable Vauvert et de sept mois (!) de fermeture, malgré l’arsenal de mesures déployées pour préserver la sécurité de ses clients-spectateurs, et surtout l’absence de foyer de contamination avéré constaté sur leurs sites, les exploitants cinématographiques ont vécu un ascenseur émotionnel depuis leur réouverture progressive le 19 mai dernier. Soumises à des jauges variables, au couvre-feu en vigueur dans leur territoire respectif jusqu’au 20 juin, à l’inexistence d’entente et de régulation entre distributeurs (et surtout, d’arbitrage par les tutelles) quant aux sorties, les salles ont ensuite vu avec effroi resurgir la concurrence de l’été — cette envie de sortir qui supplante celle de retrouver le grand écran. Et, pis que tout, la résurgence de la pandémie assortie du variant Delta avec un cortège de nouvelles restrictions. Au programme, un énième abaissement des jauges à 50 personnes et l’instauration du passe sanitaire (ou la présentation d'un test négatif de moins de 72h) pour la clientèle âgée de plus de 18 ans à compter du mercredi 21 juillet. « On est passé sous de nouvelles fourches caudines, soupire Bernard Wolmer

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"Les Fantasmes" des frères Foenkinos : six couples en quête d’ardeur

Comédie | Faut-il mettre du piment ou du sel sur sa vie de couple ? Et comment faire son conjoint ne partage pas les mêmes goûts ? Les frères Foenkinos s’attaquent à la drôle de cuisine des fantasmes amoureux dans un film à sketches où les uns mitonnent, les autres mythonnent…

Vincent Raymond | Lundi 16 août 2021

Six histoires où les relations amoureuses répondent à des impératifs différents de la “norme“ car l’un des partenaires (ou les deux) vit sa passion en assouvissant un jeu de rôle sexuel. Six sketches autour de fantasmes, de ce qu’ils provoquent au sein d’un ménage, mais aussi à l’extérieur… Rêve ou pulsion, le fantasme tient à la fois de l’idéal, de l’interdit ou de la transgression possible dont on ne sait jamais s’il faut, si l’on doit, la conserver comme une ligne d’horizon infranchissable ou bien l’assouvir. Parfait Janus, sa capiteuse ambiguïté le rattache autant à la séduction érotique mutuelle qu’à des formes de perversions inquiétantes qu’on n’aimerait pas croiser le soir dans une rue déserte. Bref, il est doté d’un spectre large et affriolant lui permettant d’être attaqué par la face nord du drame et de la perversion sinistre comme celle, plus légère, de la comédie ludique. Si telle est l’option retenue par les frères Foenkinos, ceux-ci ne se privent cependant jamais de recourir à l’humour noir-grinçant. L’on croise

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“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Vendredi 16 juillet 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche…

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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

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Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

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Une rétrospective pour Kinuyo Tanaka

Festival Lumière | À moins d’être un familier du cinéma de Mizoguchi dont elle fut l’une des interprètes fétiches (notamment pour Les Contes de la lune vague après la pluie, 1953) (...)

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Une rétrospective pour Kinuyo Tanaka

À moins d’être un familier du cinéma de Mizoguchi dont elle fut l’une des interprètes fétiches (notamment pour Les Contes de la lune vague après la pluie, 1953) ou de celui de Naruse, le nom de Kinuyo Tanaka n’est pas forcément évocateur de beaucoup d’images. Pourtant, cette comédienne a la carrière longue comme le bras a imprimé sa silhouette de l’enfance et l’aube du cinéma nippon à sa mort en 1977. Mais plus encore, elle a signé la réalisation de six longs-métrages entre 1953 et 1962 : Lettre d'amour, La Lune s'est levée, Maternité éternelle, La Princesse errante, La Nuit des femmes et Mademoiselle Ogin. Si le premier fut présenté à C

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Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

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Nuits de Fourvière : le Groupe Acrobatique de Tanger en forme(s) éclatante(s)

Cirque | Après Chouf ouchouf et Halka, le Groupe Acrobatique de Tanger revient à Lyon, aux Nuits de Fourvière, plus coloré que jamais !

Nadja Pobel | Lundi 5 juillet 2021

Nuits de Fourvière : le Groupe Acrobatique de Tanger en forme(s) éclatante(s)

Réveille-toi ! Voici la traduction de ce FIQ ! que le Groupe Acrobatique de Tanger porte haut en couleurs et dans l’espace pour donner un aperçu de l’état de la jeunesse marocaine : dynamique et révoltée. Mais plus encore, cette troupe s’exprime par ses gestes. Aux acrobates qui perpétuent la tradition millénaire marocaine des pyramides humaines, s’ajoutent quelques recrues issues du foot freestyle, taekwondo ou du hip-hop avec le DJ le plus en vue du pays, DJ Key. Ils sont saisissants aussi parce que le photographe Hassan Hajjaj les a habillé et a signé la scénographie en mêlant ses couleurs éclatantes qui surgissent du noir initial tout au long de ces 75 minutes. Pour donner une colonne vertébrale à toutes ces énergies, la directrice de ce collectif Sanae El Kamouni continue à s’entourer des meilleurs avec cette fois-ci Maroussia Diaz Verbèke. Cette spécialiste de la corde volante y est créditée, ainsi qu

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Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Régionales 2021 | Najat Vallaud-Belkacem, tête de liste du Parti Socialiste pour les Régionales, était de 2004 à 2008 en charge de la culture au sein de cette collectivité, sous la mandature de Jean-Jack Queyranne. Nous l'avons questionnée sur ce volet culturel de son programme.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Si vous êtes élue, vous doublez le budget culture : de 60M€ à 120M€. Ça veut dire que la culture redevient un enjeu politique à gauche ? Najat Vallaud-Belkacem : Je ne sais pas si on peut dire que la gauche avait abandonné ce sujet ces dernières années. Ce dont je suis persuadée, à titre personnel, c'est que l'on a énormément besoin de culture. Surtout à la sortie de cette crise Covid. Potentiellement, nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture. Tellement de gens ont manqué de spectacles, de concerts, de toute cette vitalité, coincés devant Netflix, que je pense qu'ils rêvent de ressortir. Toutes nos belles idées de démocratisation de l'accès à la culture, c'est maintenant qu'il faut leur donner corps. Or, démocratiser la culture, ça passe d'abord par un soutien à nos structures culturelles. Sur tous les sujets : la capacité de production, de diffusion, de médiation. Et j'insiste, car ce sont des mots qui peuvent paraître techniques — mais la médiation par exemple, c'est avoir des moyens humains qui permettent que les publics viennent, de les accompagner. J'assume clairement cette idée de doubler le budget de la culture : on

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

Caviste | En bas des Pentes, une nouvelle cave à vins naturels : Satriale. Tenue par une bande d’amis, aussi exigeants en matière de bons sons que de bons pifs.

Adrien Simon | Mercredi 9 juin 2021

Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

L’entrée de la Grande Côte était jusque là gardée à main gauche par un tandoori, à main droite par une épicerie de nuit, qui ferma définitivement — c’était dans le monde d’avant. Elle a pris aujourd’hui les atours d’une cave à vins. Derrière de grandes baies vitrées, on voit de belles quilles dressées sur leurs piédestaux. Des bouteilles distanciées, remplies de vin nature. Donnez la définition que vous voudrez : liquide branché, piquette, nectar délicieux, vin véritable. La seule vérité c’est que le vin ici est nu (on dit "sans intrant"), fait de raisin juste pressé, fermenté, embouteillé. Les contenants on l’a dit, ne sont pas empilés, mais exposés, exhibant de belles étiquettes. L’équipe a travaillé avec Mačka pour éditer la sienne, qu’elle pose sur des bouteilles remplies de beaujo (signé Karim Vionnet), tirées d’un fut. Et derrière les apparences ? Les tauliers goûtent juste, et parlent bien. Par exemple d’un vin catalan, dont on vante la « complexité ludique. On aime quand il y a une information en bouche différente, c'est-à-dire qui te sort du domaine standard des

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Un nouveau Ninkasi au cœur d'OL Vallée

Brasserie | La saison prochaine, les supporters de l’Olympique Lyonnais pourront retrouver la saveur d'une mousse d'avant-match dans un Ninkasi comme du (...)

Louise Grossen | Vendredi 21 mai 2021

Un nouveau Ninkasi au cœur d'OL Vallée

La saison prochaine, les supporters de l’Olympique Lyonnais pourront retrouver la saveur d'une mousse d'avant-match dans un Ninkasi comme du temps de Gerland. 160 places en intérieur, 100 supplémentaires en terrasse pour savourer les 17 variétés de bières de la marque ou découvrir la récente gamme des spiritueux maison, c'est le programme de ce tout nouveau Ninkasi qui ouvrira le 7 juin sur le site d'OL Vallée. À la direction : Olivier Milesi, ancien gérant du Ninkasi Sans Souci. Côté food, on se délectera des désormais traditionnels burgers, bagels et frites maison. Et la programmation viendra confirmer le concept "bières burgers musique" avec au menu : blind tests, concerts d'artistes locaux, soirée disco bingo & karaoké. Ninkasi OL Vallée 2 avenue Simone Veil, 69150 Décines-Charpieu Du dimanche au mercredi de 11h à minuit Du jeudi au same

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AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

Art Contemporain | Treize artistes issus du continent africain, ou inspiré par lui, ont pris leurs quartiers chez Manifesta, galerie hybride qui a invité la foire parisienne AKAA. Une exposition réussie qui bouleverse quelques idées reçues.

Sarah Fouassier | Lundi 17 mai 2021

AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

La première fois qu’on a poussé la porte de Manifesta, on a été comme subjugués par ce lieu hybride composé de différents espaces qui ressemblent tour à tour à un bureau ultra design, à un appartement aux lignes résolument contemporaines et à une galerie décidée à rendre accessible la création contemporaine au public et aux entreprises. Une visite qui donne le vertige et qui mérite une explication de texte. En imaginant Manifesta, Céline Melon et Marie Ruby souhaitaient sortir des carcans d’une galerie classique. Elles ont par conséquent composé un lieu de rencontre entre le public et des institutions, foires et galeries peut enclines à exposer en "province" pour les plus Parisiens ou en "région" pour les moins snobs. La fracture entre nous et la capitale est réelle dans bien des domaines et l’art contemporain n’y échappe pas. Alors quand une foire parisienne décide de venir à nous avec dans ses bagages des artistes et œuvres visibles pour la première fois en France, on ne se fait pas prier pour s’y rendre. AKAA c’est quoi ? AKAA, pour Also Know As Africa, est une foire d’a

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Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Bande Dessinée | En résidence à Lyon avec le festival Lyon BD et le programme NAFAS de l’Institut Français, les deux auteurs-illustrateurs libanais Mohamad Kraytem et Kamal Hakim vont partager pendant dix semaines leurs regards et dessins via notre compte Instagram. Faisons connaissance avec ces deux talents aussi complices que complémentaires…

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Vous êtes en résidence à Lyon grâce au programme NAFAS de l’Institut français. Avez-vous postulé ? Kamal Hakim : On a été sélectionnés, mais j’avoue ne pas connaître les coulisses officielles. On s’est retrouvés, et c’est tout. Tu as un truc à ajouter ? Mohamad Kraytem : Pour moi, je me suis juste levé le matin, j’ai checké mes mails, j’ai été très surpris parce que je ne m’y attendais pas. C’était l’époque du confinement, en novembre ; j’étais presque déprimé, en train de travailler à Beyrouth, de vivre ma routine. Ça m’a juste rendu très heureux. En arrivant, qu’avez-vous trouvé de plus inspirant d’un point de vue graphique dans la géométrie et la géographie lyonnaise ? KH : Ça commence avec l’architecture : rien que le prétexte des traboules. Déjà, tu rentres dans l’histoire des traboules. Pour un Libanais, tu te dis : tout est une question de faufilades pour n

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“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

Blockbuster | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, ont parle de "vigueur hybride". En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste (y compris avec des reboots), on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier — et d’un point de vue strictement commercial —, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale au sommet, promettant une vis

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Ponta Preta : seins et surf

Surf Rock | Révélés par le Ninkasi Music Lab en 2019, les cinq Lyonnais de Ponta Preta sacrent le printemps avec leur premier album, Tits Up, impeccable dégradé psychédélique de surf music et de garage pop qui convoque le soleil et réchauffe corps et cœurs, tous azimuts.

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 avril 2021

Ponta Preta : seins et surf

Avec le retour des beaux jours, et même – qui sait ? – des « jours heureux », et bientôt tous vaccinés d'ici quinze jours-trois mois, voilà qu'on va pouvoir réinvestir l'extérieur jusqu'à des 20h, 20h30, tomber sinon les masques du moins chemises et t-shirts, sortir les pantacourts et les mini-jupes, gonfler les torses et pointer les seins vers l'azur même, si on veut – c'est fait pour ça les jours heureux, non ? Eh bien voilà qu'arrive à point nommé le premier album des rookies lyonnais du moment, Ponta Preta, qui pourrait bien être la bande son idéal de ces prémices estivales. La chose a pour nom Tits Up et résonne donc comme une invitation à se dépoitrailler, y compris à se dépoitrailler l'esprit qui commence à sérieusement sentir le renfermé et la chaussette confite. Un titre qui est aussi, les fins limiers de la pop moderne l'auront compris, un clin d'œil plus ou moins avoué au Surf's Up des Beach Boys. Car ces jeunes surfers en partie révélés il y a deux ans — cette douce éternité —, par le

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“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

VOD | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Mercredi 21 avril 2021

“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps — celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… six mois —, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétitions sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur frança

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Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

Théâtre de Rue | Treize structures culturelles convient le KompleXKapharnaüM et... vous tous, à un geste artistique commun dans l'espace public ce samedi 27 février.

Nadja Pobel | Jeudi 25 février 2021

Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

« Nous sommes là. Nous sommes encore là ». Voici une invitation à un geste artistique, mais pas à un spectacle, ce samedi 27 février à 11h. La compagnie maitresse en matière de l’occupation de l’espace public KompleXKapharnaüM en est à l’initiative, car elle ne souhaite plus « attendre » et invite chaque personne qui le souhaite (via une inscription obligatoire sur https://re-partir.net à « se compter, se voir. » Convoqués sur les parvis des théâtres, les participants choisissent un lieu parmi ceux proposés (qui restent secrets avant inscription) et s’installent sur un des points dessinés au sol. Puis : « suivre les indications reçues. Respirer. Laisser venir. Cela commence. Pour une quinzaine de minutes ». À trois mètres de distance, chacun se connecte sur un WebLive, écouteurs sur les oreilles dans lesquels sont diffusés des extraits de Les Potentiels du temps de (l’immense) Camille de Toledo, Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff (Le Peuple qui manque) et Cahier d’un guerrier d

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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Lyon : plus personne pour hurler la nuit

Clubbing | La nuit, c'est fini, pourrait-on affirmer en paraphrasant la Mano Negra. Clubs et discothèques sont à l'agonie, oubliés des discours et souvent des aides nationales, tenus par la ministre de la Culture à l'écart de son périmètre d'action. Les cris d'alarme se multiplient, des artistes aux syndicats : tour d'horizon de la situation à Lyon. Retournera-t-on danser du côté du Terminal, du Azar, du Petit Salon ou du Sucre ?

Manon Ruffel | Mercredi 9 décembre 2020

Lyon : plus personne pour hurler la nuit

« Fermé jusqu’à nouvel ordre » affichent tristement les sites Internet du Sucre, du Terminal ou encore du Petit Salon... Voilà huit mois que les clubs et autres lieux de fêtes nocturnes ont fermé leurs portes. « La fête est terminée », dit Laurent Garnier dans sa lettre ouverte publiée le 26 octobre à l'attention de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, pour qui manifestement le monde de la nuit n’appartient pas au secteur culturel — elle répète que c'est du ressort du ministère de l'Intérieur. « On va dire que le monde de la nuit se repose », préfère ironiser Cédric Dujardin, directeur général de Culture Next en charge du Sucre, qui avait pu ouvrir sa partie rooftop cet été. « Ça nous a permis de garder un lien avec une partie de notre public, et surtout de faire travailler nos personne

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"Quand passent les cigognes" : un chef d'œuvre russe dans les salles du GRAC

Reprise | Il reste quelques ultimes séances pour découvrir dans le cycle “Octobre rouge“ programmé par la Ciné-Collection du GRAC Quand passent les cigognes de Mikhaïl (...)

Vincent Raymond | Mercredi 21 octobre 2020

Il reste quelques ultimes séances pour découvrir dans le cycle “Octobre rouge“ programmé par la Ciné-Collection du GRAC Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov, un classique soviétique Palme d’Or 1958 déjouant tous les clichés attachés au cinéma produit par l’URSS. Normal : il s’agit tout simplement d’un chef-d’œuvre de réalisation, d’innovation technique, esthétique et visuelle, dépourvu de surcroît de cette complaisance idéologique dont ce brave propagandiste d’Eisenstein faisait preuve. Sept ans avant ses affolants plans-séquences de Soy Cuba, Kalatozov était déjà ce sorcier dirigeant avec une fluidité inédite sa caméra dans d’interminables mouvements de foule, créant l’illusion d’un steady-cam — lequel ne serait inventé que… vingt ans plus tard. Chaque image s’avère ici composée et savamment contrastée ; la netteté est cristalline du premier plan à l’infini de la profondeur de champ… Cette beauté virtuose en ferait presque oublier l’h

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Cinéma inferno : "Last Words" de Jonathan Nossiter

Science-Fiction | Après ses documentaires portant sur son autre métier-passion (Mondovino, Résistance naturelle), le cinéaste-sommelier Jonathan Nossiter livre une fiction crépusculaire sur notre civilisation annoncée comme son testament cinématographique. C’est ce qu’on appelle avoir le devin triste…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Cinéma inferno :

La Terre, en 2085. Alors que le désert a recouvert la quasi-totalité de notre planète frappée par une épidémie, l’un des ultimes survivants, Kal, découvre à Paris d’étranges bobines de plastique. Elles le conduiront, après un passage en Italie, à Athènes où subsiste un reliquat d’humanité. Ensemble, ils seront les derniers à (re)découvrir la magie d’un art oublié de tous : le cinéma… Est-ce un effet d’optique, ou bien le nombre de films traitant de catastrophes à l’échelle mondiale ne subit-il pas une affolante inflation — et encore, l’on parle de ceux qui sortent (Light of my Life, Peninsula…), vont sortir (Sans un bruit 2…), en se doutant pertinemment que la Covid-19 et la pandémie vont en inspirer une kyrielle d’autres, à des degrés plus ou moins métaphoriques. Appartenant à la cohorte des prophétiques et des moins optimistes (prouvant par cela à quel point ce natif du Nouveau Monde a épousé les mœurs de l’Ancien), celui de Nossiter assume sa radicalité ; il se paie même le luxe d’être du fond de s

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Amel Lacombe : « notre métier, c’est de sortir les films en salles »

Eurozoom | Elle fait beaucoup pour la japanimation en France, mais aussi beaucoup ces derniers mois pour rappeler aux spectateurs qu'il y a de bons films dans les salles. La distributrice Amel Lacombe n'y est pas étrangère : sa société Eurozoom a sorti, avant "Lupin III", quelques perles cette année.

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

Amel Lacombe : « notre métier, c’est de sortir les films en salles »

Vous sortez Lupin III sur 300 copies. Parce que c’est une figure iconique ou bien parce qu’il s’agit du premier anime où la 3D est enfin à la hauteur de ses ambitions ? Amel Lacombe : Eurozoom existe depuis vingt ans, et travaille sur l’animation japonaise depuis toujours. Nous avons fait découvrir en France de grands réalisateurs comme Mamoru Hosoda. Accompagner des films cultes et sur des personnages iconiques de la culture japonaise s’inscrit dans notre ADN, comme par exemple Akira que nous avons sorti cet été en 4K. Lupin III est un film d’une grande qualité, ce qui nous intéressait c’était à la fois de faire plaisir aux fans du personnage, aux fans d’animation mais aussi de faire venir en salles les familles, les enfants. C’est aussi ça notre travail, de ne pas laisser l’animation japonaise dans une case mais d’élargir son public, les choses ont évolué depuis vingt ans, il y a une démocratisation de la culture japonaise, nous l’avons constaté avec par exemple Your Name

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Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Espoirs | Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 octobre 2020

Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu à l'envers. C'est donc fin septembre que sont tombés comme des fruits trop mûrs les lauréats du tremplin découverte À Thou bout d'chant et du Ninkasi Music Lab. Le temple de la rue de Thou siégeait pour sa finale du côté de la Comédie Odéon et a désigné deux vainqueurs : le duo Enoïa remportant le prix du public et Oscar les Vacances et ses chansons de slacker made in France, celui du jury. Du côté du Ninkasi, ce sont les popeux zinzins d'Arche qui ont emporté l'adhésion – ici, pas vraiment de vainqueur même si un peu quand même – à l'issue de la soi

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Entre les murs : "Relic" de Natalie Erika James

Horreur | Une petite merveille pour amateurs de cinéma de genre, ici largement conjugué au féminin : c'est rare.

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

Entre les murs :

Leur mère et grand-mère respective Edna ayant disparu, Kay et Sam se rendent dans la demeure familiale. Peu après le retour de l’aïeule, d’étranges phénomènes se produisent, comme si une présence invisible et menaçante s’était insinuée dans la maison. Ou le trio féminin… Le propre (et la qualité) de ce film est l’absence d’explication rationnelle dans son dénouement : plus on avance dans ce quasi huis clos, plus abstrait et métaphorique devient le récit où les héroïnes semblent frappées par une damnation familiale. Un mal diffus, lié à l’âge, à l’hérédité ; à un trauma vaguement effacé et qui s’incarne pour ressurgir dans la maison ancestrale (quelque part entre Amityville et l’excellent épisode des Mystères de l’Ouest, La Nuit de la maison hantée). Natalie Erika James crée une atmosphère malaisante polysémique, évoquant autant la déréliction, la sénilité que l’accompagnement dans la mort. Ajoutons, tant qu’il y aura encore besoin de le signaler, l’exception que constitue ce film très majoritairement féminin devant et derrière la caméra. Une rareté notable, surtout dans le c

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À voleur, voleur compte triple : " Lupin III: The First" de Takashi Yamazaki

Animation | "Lupin III" ? Le film d’animation du mois.

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

À voleur, voleur compte triple :

Voleur comme son illustre grand-père Arsène, Lupin III cherche à s’emparer d’un journal intime menant à une arme surpuissante convoitée par des nazis (si si !) ; il peut heureusement compter sur le soutien de son équipe et d’une archéologue, la ravissante Lætitia… Longue est déjà la liste des anime tirés du manga de Monkey Punch, ainsi que celle des talents ayant concouru à sa réussite — Takahata et Miyazaki y figurent en bonne place. Mais Yamazaki a su relever le gant avec panache pour cette première adaptation en 3D, sans rien sacrifier au fondamentaux de la série : un mélange d’humour et d’aventures mâtiné d’élégance (Lupin III est tout de même l’héritier d’un gentleman-cambrioleur), dépourvu de cette grivoiserie à la nippone qu’on laisse à Nicky Larson. Bien sûr, la trame (l’enjeu, les opposants…) et le mode semi-comique aux limites de l’absurde évoquent furieusement un décalque d’Indiana Jones ; Lupin III possède suffisamment d’atouts propres par ailleurs pour s’en démarquer. Enlevé, bien écrit, doté de décors soignés et d’une palette harmonieuse, c’est sans barguigner l

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La mort en direct ? : "Yalda, la nuit du pardon" de Massoud Bakhshi

Drame | "Yalda, la nuit du pardon" : une rencontre entre Ionesco, Jafar Panahi et Philip K. Dick...

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

La mort en direct ? :

Un programme de télévision durant lequel une condamnée à mort tente d’obtenir sa grâce auprès de la fille de son défunt époux, le tout devant les caméras, en direct et en temps réel… Cela pourrait être une pièce de théâtre de l'absurde contemporaine ; quelque chose comme la rencontre entre Ionesco, Jafar Panahi (la scène se déroulant dans l’Iran d’aujourd’hui) et Philip K. Dick, allant au-delà de ce que Le Prix du danger (1983) et Running Man (1988) extrapolaient avec l’avénement de la société du spectacle et du capitalisme. Ici, la loi religieuse se soumet à ces nouveaux maîtres (ce qui en dit long sur son élasticité morale) et c’est étonnamment le représentant de la justice — de l’État ! — qui porte la voix la plus modérée et la plus humaine, dépassé qu’il est par l’immondice du procédé incitant les téléspectateurs à infléchir le sort de la malheureuse, comme aux jeux du cirque. Sauf qu’en 2020, la responsabilité de chacun est diluée et la mise à mort, virtuelle. Avec son huis clos propice à une adaptation sur les planches, Yalda serait-il une parabole ? Hélas non : les émi

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Papa, maman, forbans : "Kajillionaire" de Miranda July

Comédie | Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990.

Vincent Raymond | Jeudi 1 octobre 2020

Papa, maman, forbans :

Un couple d’escrocs semi-clochards et leur fille de 26 ans Old Dolio vivent de combines médiocres en attendant l’arnaque absolue. Attirée par cette famille atypique, une jeune beauté joint le gang. Et c’est le cataclysme intérieur… N’était le générique attestant leur présence à l’écran, on refuserait d’admettre que sous la défroque usée et hagarde des protagonistes se cachent Debra Winger et Evan Rachel Wood. Mais il y a aussi quelque chose de réjouissant à les (non) voir, puisqu’elles s’effacent totalement derrière des personnages, passant leur temps à se faire oublier d’un monde les ayant exclues. Avec ces bras cassés et son absurdité burlesque, Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990 pratiqué par Jarmush, LaBute, DiCillo, Zwigoff voire Wes Anderson… — ne manque ici que Steve Buscemi pour assurer la caution vintage ! Si elle évite le maniérisme, elle ne résiste pas à un p’tit cliché en insistant lourdement sur l’obsession de Old Dolio pour le Big One. La méchanceté pure et la folie de ses parents rattrapent heureusement cette facilité.

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5 pièces de théâtre à ne pas rater en cette rentrée

À réserver | Au théâtre, c'est ouvert. Et l'on peut réserver pour la saison : voici cinq pièces sur lesquelles vous pouvez miser en toute confiance.

Nadja Pobel | Mercredi 23 septembre 2020

5 pièces de théâtre à ne pas rater en cette rentrée

Ivres Parmi les 42 spectacles à l’affiche des Célestins cette saison, ne pas rater Ivres ! La jeune metteuse en scène Ambre Kahan n’a pas manqué d’ambition en choisissant Ivan Viripev. Quatorze personnages ivres morts (l’ivresse du pouvoir, de la religion, de l’amour…), autant d’acteurs (et un musicien, Jean-Baptiste Cognet) au plateau et ce désir d’aller au plus près de la langue (qu’elle a retraduit pour l’occasion avec une acolyte), de jouer du déséquilibre avec un sol désaxé. La comédienne, formée au Théâtre National de Bretagne, porte ce projet depuis des années avec ses camarades d’école à qui elle fait vivre de véritables trainings sportifs pour mieux toucher à ce texte qu’elle définit comme « un réveil au sein de la bienveillance ». Au Théâtre des Célestins du mardi 3 au samedi 7 novembre Virus C’était prévu bien avant. Et ça tombe à pic. Yan Duyvendak nous avait déjà convié au procès d’Hamlet (Please, continue), voici

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Lyon : au Tambour, la sororité règne

Lieu d'accueil | Le premier lieu lyonnais dédié au bien-être et à l’inclusion des femmes victimes de précarité, d’isolement et de violences a ouvert ses portes le 1er juillet. L’idée ? Qu’elles puissent (re)trouver leur corps, leur identité, leur dignité, leur force. Leur place, aussi. Une initiative plus que nécessaire.

Julie Hainaut | Mercredi 9 septembre 2020

Lyon : au Tambour, la sororité règne

La France en général, et Lyon en particulier, est en retard sur l’accompagnement des femmes isolées et en grande précarité. « Les huit accueils de jour lyonnais sont fréquentés à 90% par des hommes. Quant aux seuls bains-douches de la ville (Paris en compte 17 !), ils ont accueilli en avril 2018 plus de 2800 personnes, dont 2075 hommes isolés, 268 femmes isolées, 93 couples et 79 familles. » explique Anne Kahlhoven, l’initiatrice et la coordinatrice du projet Au Tambour ! L’une des raisons ? L’invisibilité de ces femmes. « Se rendre invisible est une stratégie d’évitement. Par peur des agressions, du harcèlement, les femmes seules évitent les lieux mixtes dans lesquels ni leur intimité ni leur sécurité ne peut être assurée. Cette invisibilisation explique sans doute qu’on réfléchisse peu à leurs situations et que les structures d’accueil ne soient pas pensées pour les femmes. » Au Tambour ! est donc un lieu non mixte. Un véritable cocon, un espace hors du quotidien et des difficultés qui accueille les femmes seules. Sans mari et sans enfant, donc. Et c’est une nécessité. C'est après deux années d’enquêtes et d’échange

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Belle pêche que ce nouveau Noé

Poissonnerie | Ismaël Adam Drissi-Bakhkhat s'était fait connaître par ses huîtres, prisées d'Alain Ducasse : revenu à Lyon, il ouvre avec sa femme Douchka une poissonnerie / restaurant sur le quai Augagneur. Belle trouvaille.

Adrien Simon | Mercredi 9 septembre 2020

Belle pêche que ce nouveau Noé

Dans le monde d’avant il y avait, dans l’Hôtel-Dieu rénové, une rutilante Cité de la Gastronomie. L’exposition permanente abritait un ersatz de marché, dans lequel de faux artisans, s’agitant sur des écrans LED, présentaient les matières premières de la cuisine française. Parmi eux, un poissonnier derrière son étal de poissons dématérialisés. Pas de quoi faire une bouillabaisse. L’établissement n’a pas résisté au confinement. On imagine le poissonnier désormais débranché, et sa came évaporée. Un poissonnier virtuel s’éteint et un autre réel se révèle de l’autre côté du Rhône, quai Augagneur. Produits de saison C’est ici qu’Ismaël Adam Drissi-Bakhkhat a posé son étal, au bord du trottoir — l’intérieur est encore en travaux. Il s’est fait connaître dans

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David Dufresne et Karin Viard attendus au Comœdia

Avant-Premières | Sortez vos agendas tous neufs, vous allez avoir de quoi noter : à peine les Hallus terminées, le Comœdia (Lyon 7e) embraye avec un chapelet de (...)

Vincent Raymond | Vendredi 11 septembre 2020

David Dufresne et Karin Viard attendus au Comœdia

Sortez vos agendas tous neufs, vous allez avoir de quoi noter : à peine les Hallus terminées, le Comœdia (Lyon 7e) embraye avec un chapelet de films présentés en avant-première par leurs réalisateurs et/ou interprètes. Avec l’attachante dramédie sentimentale Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret escorté par celui-ci le jeudi 10 septembre à 20h, le thriller Les Apparences de Marc Fitoussi accompagné (sous réserves) par Karin Viard le mercredi 16 à 20h, et enfin l’explosif documentaire Un pays qui se tient sage dégoupillé par David Dufresne le dimanche 20 à 18h. Juste après viendra le tour de la sélection cannoise 2020 des films de l’ACID — on en reparlera.

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Ici EST là : "Les Mondes parallèles" de Yuhei Sakuragi

Sur Canal+VOD | Un bon anime aux sous-textes écologistes réalisé par Yuhei Sakuragi, à découvrir sur Canal+VOD.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ici EST là :

Tokyo, de nos jours. Shin et Kotori, deux lycéens proches, découvrent l’existence d’un monde en tout point identique au nôtre, où chacun possède son double : si l’un meurt, l’autre disparaît à son tour. Or ce monde parallèle est une dictature qui envoie des tueurs avec des cibles précises… Réduire ce film à un énième anime avec collégiens et collégiennes en uniformes, pseudo-Transformers et baston de fin du monde serait se priver de sa part de mélo et de sa très utile dimension métaphorique. Car au-delà de la variation sur les histoires à paradoxe temporel — comme si Terminator ou Retour vers le futur rencontrait Matrix — cette semi-uchronie résonne étrangement avec l’actualité contemporaine : à l’instar de la parabole sur “l’effet papillon”, elle rappelle en effet que nous habitons tous le même écosystème, et sommes plus interdépendant que nous le croyons. Dans la lignée, en somme, de Pompoko ou Lou et l’île aux sirènes aux sous-textes volontiers écologistes…

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Elle en connaît un rayon : "Honeyland" de Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov

Documentaire | Où l'on suit l'ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze Muratova.

Vincent Raymond | Mercredi 16 septembre 2020

Elle en connaît un rayon :

Ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze vit isolée en compagnie de sa vieille mère impotente. Sa relation apaisée à la nature est chamboulée par l’installation à côté de chez elle d’une smala folklorique et inconséquente qui va parasiter ses ruches… Ce documentaire étonne à plus d’une enseigne. Par son esthétique, tout d’abord : miracle d’une photographie parfaitement composée et contrastée, capable de magnifier l’âpreté des décors, la misère des intérieurs, l’ingratitude des physiques. Par sa forme, ensuite : si l’on sait qu’un documentaire est souvent scénarisé, celui-ci présente une construction dramatique d’une impeccable linéarité pouvant rivaliser avec nombre de fictions (donc celles de Kusturica, pour rester dans l’ambiance et la proximité géographique ; mais sans la musique) tant la caméra sait anticiper certaines séquences-clefs, tant les rebondissements sont variés. Un hymne à l’or liquide des travailleuses du miel, à une lisière aussi floue que troublante entre cinéma et réel. Honeyland ★★ύ

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Niches en série : "Les Nouvelles Aventures de Rita et Machin" de Pon Kozutsumi et Jun Takagi

Animation | ★★☆☆☆ Un film d'animation de Pon Kozutsumi & Jun Takagi (Fr-Jap, 0h45)

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Niches en série :

Une fillette et son toutou en proie à leur imagination fertile, vivent des aventures extraordinaires sans quitter leur maison ni leur jardin… Cette salve de courts-métrages fait suite à un programme sorti l’an dernier, se caractérisant par un trait minimaliste, une palette également restreinte (du blanc, du noir, un ou deux dégradés colorés) et… un trame un poil répétitive. Comme les protagonistes sont un peu des pendants de Calvin & Hobbes, que le public visé a 3 ans et que l’ensemble dure 3/4 d’heure, ça passe… Les Nouvelles Aventures de Rita et Machin ★★☆☆☆ Un film d'animation de Pon Kozutsumi & Jun Takagi (Fr-Jap, 0h45)

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Le Festival Ninkasi rabote son programme

Ninkasi | Le Festival Ninkasi aura bien lieu en septembre. Mais en version encore raccourcie, amputée de plusieurs concerts et soirées prévues avant l'été. On détaille tout ça.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 août 2020

Le Festival Ninkasi rabote son programme

Le Ninkasi et son directeur musiques Fabien Hyvernaud étaient un peu partis la fleur au bout du fusil pour bien montrer que non les musiques actuelles ne baisseraient pas les bras face au Covid-19, et c'était tout à leur honneur : le Festival Ninkasi deuxième du nom aurait bien lieu, du 7 au 13 septembre. Mais avec l'augmentation de la recrudescence comme disait le poète, il a bien fallu se rendre à l'évidence et changer de braquet face à la Covid-19 et au manque de lisibilité des mesures de restrictions et solutions gouvernementales - d'autant plus avec le passage en zone rouge du Rhône annoncé ce jeudi matin. Car plutôt que d'annuler l'événement la mort dans l'âme le Ninkasi a choisi d'adapter et de modifier son déroulement — ce q

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Science infuse : "Dans un jardin qu'on dirait éternel" de Tatsushi Ōmori

Comédie dramatique | À Yokohama, les jeunes Noriko et Michiko décident de suivre l’enseignement prodigué par Madame Takeda : le rituel de la cérémonie du thé. Une tradition codifiée, gravée dans le marbre du temps que Noriko respectera durant des décennies et qui va étonnamment guider sa vie…

Vincent Raymond | Jeudi 27 août 2020

Science infuse :

La regrettée Kirin Kiki semblait faire dans ses dernières années grand cas des questions de transmission de culture gastronomique : n’était-elle pas dépositaire des secrets des dorayaki — ces savoureux gâteaux à la pâte de haricot rouge — dans Les Délices de Tokyo (2014) ? Tenant à la fois du marqueur social et de la symbolique de l’attachement à l’identité nippone dans ce qu’elle a de plus profond, le rite culturel de la préparation du thé est aussi une leçon de philosophie appliquée : comment une activité aussi anodine en apparence, presque triviale dans sa répétition, peut-elle remplir une existence au point de l’épanouir ? Justement parce que celles qui s’y consacrent atteignent à une forme de perfection, de grâce absolue, d’oubli d’elles-mêmes par la dévotion suprême à leur art. Au fond, ce n’est pas tant la liturgie du thé qui est enseignée, mais l’accomplissement de l’effacement et la transmission de ce savoir. Tatsushi Ōmori illustre dans sa mise en sc

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Papa anyways : "A Perfect Family" de Malou Leth Reymann

Drame | Mari et père aimant de deux adolescentes, Thomas est contraint de divorcer quand son épouse apprend qu’il mène une transition de genre, devenant Agnethe. Si leur aînée Caro réagit bien, la cadette Emma vit mal cette double révolution intime. Avec le temps, les choses évolueront…

Vincent Raymond | Jeudi 27 août 2020

Papa anyways :

Le glorieux été du cinéma danois se poursuit avec ce qui, il y a un siècle, serait passé pour un conte surréaliste à dormir debout mais devient aujourd’hui une histoire *presque* ordinaire, traitée comme sont traitées habituellement les histoires de séparations : de manière hyperréaliste, en montrant les incidences sur le couple et les enfants. Sauf qu’ici, originalité, l’un des parents se sépare en sus de son ancienne identité de genre. Il y a donc une “couche“ qui s’ajoute au brusque déséquilibre ressenti par Emma, accentué par son propre état de jeune adolescente, sensible non seulement aux ragots et médisances environnants (à cet âge, on aspire au conformisme, pas forcément à la singularité), sans doute décontenancée également de vivre sa puberté de jeune femme au moment où son père vit la sienne. Un cas d’école ! Malou Leth Reymann tournant à hauteur d’Emma, tout est montré sans ce terrifiant sirop du politiquement correct qui voudrait déjà faire croire à la banalité d’une telle situation. Une recombinaison familiale, quelle qu’elle soit, n’est jamais anodine : il aura ainsi fallu plusieurs gén

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Sandrine Bonnaire, sage femme dans "Voir le jour" de Marion Laine

Comédie Dramatique | À l’hôpital de Marseille, Jeanne est auxiliaire dans un service de maternité. Son quotidien, entre les arrivées, les départs, les naissances ; les relations tantôt coulantes, tantôt houleuses avec les collègues ou l’administration… Et puis la vie à côté, avec sa fille de 18 ans, presque autonome…

Vincent Raymond | Vendredi 28 août 2020

Sandrine Bonnaire, sage femme dans

Qu’elles soient documentaires ou fictionnelles, issues d’un long-métrage (comme Hippocrate) ou non, les séries thématiques hospitalières nous ont familiarisé depuis deux décennies avec les couloirs aseptisés et le vocabulaire spécifique ou l’adrénaline qui les parcourent. Faisant partie de la cohorte des films décalés par la pandémie, Sages femmes tombe à point nommé dans la mesure où il s’articule autour des difficultés récurrentes de fonctionnement du service : la continuité des soins, l’usure des personnels, le manque de suivi des stagiaires, les risques, la vétusté sont compensés par l’investissement surhumain des équipes plaçant leur mission au-dessus de leur vie personnelle — ce qui n’empêche pas, hélas, les fautes. L’eût-on vu avant la crise de la Covid-19 (ce qui est le cas pour le public de quelques festivals), qu’on l’eût perçu comme un signal d’alerte ; il n’en prend que plus de valeur aujourd’hui. Et puis, Marion Laine habille son tract

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Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

Kaamelott Livre IV | Après une longue interruption (et avant la sortie du premier long-métrage issu de la saga), Alexandre Astier reprend la publication du texte intégral de la série "Kaamelott". La parution du "Livre IV" (aux éditions Télémaque), point d’inflexion dramatique et formel de son épopée arthurienne, est l’occasion d’une conversation édifiante avec l’auteur-interprète sur, notamment, son approche de l’écriture — du cambouis de la structure à la haute couture brodée main pour les acteurs —, mais aussi de battre en brèche certaines légendes. Trois cors, c’est parti…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

L’édition d’un scénario reste une sorte de paradoxe dans la mesure où il s’agit d’un “texte en bleu de travail“, un objet théoriquement invisible car il est en permanence contredit ou confirmé par le tournage. S’agit-il alors d’un témoin, d’un ouvrage de référence permettant des études comparées avec ce qui a été filmé, d’un outil pour d’autres comédiens ? Alexandre Astier : C’est difficile à dire. On pourrait même partir du principe qu’il ne devrait pas exister. Sur les gros films, les scénarii sont confidentiels, watermarkés, tout le monde y fait attention. Ceux des séries, c’est autre chose : tu en retrouves par terre à la cantine ; c’est un tel flux d’apports nouveaux que tu en balayes ! À l’époque de Kaamelott la série, on vivait très clairement dans le papier. Et la vie du scénario, c’est de mourir le soir : poubelle. D’autant que c’est un document technique ne concernant que ceux qui savent s’en servir, comme un blueprint, un plan de démont

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Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Ninkasi | Histoire d'attaquer la saison automnale à la gorge et peut-être de forcer le destin des concerts post-Covid, le Ninkasi a remis sur la table son festival de rentrée, avec les moyens du bord mais pas mal de talent, dans l'organisation et sur scène. 34 artistes, 20 lieux, 97% de locaux, 100% de fun. Et surtout des concerts, nom de dieu !

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 juillet 2020

Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Alors, certes on ne sait pas si la saison automnale aura lieu mais son lancement lui, oui — enfin si tout va bien — grâce au Festival Ninkasi, qui se veut depuis sa création l'an dernier le starter de la saison. Peut-être faut-il y voir pour le brasseur de bière et de culture, une manière de forcer le destin. De rester positif et de conserver quelques perspectives comme le clame le patron Christophe Fargier. Bien sûr, le Ninkasi a dû s'adapter à la situation et c'est une programmation en circuit beaucoup plus court (pas d'internationaux, parce que Covid, frontières et tout le bazar) qui s'annonce — et même plus que cela puisqu'on compte 97% de locaux, chiffre officiel confié par Fabien Hyvernaud, directeur général de Ninkasi Musiques qui s'exprime ci-dessous —, constitué notamment de quelques reports de concerts du printemps mais pas que. Pour tout voir du 5 au 13 septembre, il faud

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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Cinq expos à voir cet été à Lyon

De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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Galerie NörKa : passages en série

Photographie | La main passe, mais l’art demeure rue Burdeau où la photographe NörKa vient de reprendre la Galerie Pallade. Et offre un accrochage de ses œuvres en guise de pendaison de crémaillère. C’est au n°35 que ça se passe…

Vincent Raymond | Vendredi 10 juillet 2020

Galerie NörKa : passages en série

L’adresse est connue, mais l’enseigne a changé. Là où en début d’année se tenait encore la Galerie Pallade, NörKa a pris la relève mi-juin, le confinement-déconfinement précipitant une transition prévue en douceur pour l’été. Un passage de relais insolite de deux galeristes à une artiste photographe qui ne s’imaginait pas, « en tout cas, pas tout de suite », ralentir le rythme de ses « vadrouilles ». Une transmission surprise, également, entre des inconnus. Peu banale, la chose mérite d’être racontée. Fin 2019, Caroline Capelle Tourn, alias NörKa, adresse comme le veut l’usage ses vœux photographiques à l’ensemble de ses contacts, dont Anne-Marie et Roland Pallade, ignorant que ceux-ci envisagent de céder leur activité. Séduit par la personnalité se dégageant de l’œuvre qu’il découvre, Roland Pallade appelle aussitôt l’expéditrice. Point d’accrochage au menu de la conversation, mais une étonnante offre : prendre la succession du couple installé depuis 2007 ! Interloquée de prime abord, NörKa n’hésite guère longtemps avant d’accepter, « ce genre de proposition [n’arrivant]

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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