Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Photo : Babass


On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n'est pas négligeable. Mais s'ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c'est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu'il nous donne l'occasion de vous redire tout le bien que l'on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu'émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d'un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive.

Pour le meilleur et pour le rire

Ce numéro se concluant par un portrait d'Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux rescapés les plus ingambes de Kaamelott. D'un côté Jacques Chambon, qui dans son un Petit coup de blues (Le Complexe du Rire) organise la rencontre d'un cadre stressé que sa femme vient de larguer et d'un gardien de nuit se prenant pour Elvis, respectivement interprétés par les extraordinaires Damien Laquet et Nicolas Gabion. De l'autre Aurélien Portehaut et Yann Guillarme, des Loose Brothers (Rideau Rouge) au nom trompeur. Nulle gaudriole en effet derrière ce titre, mais du comique de haute volée qui les voit, l'un dans la précision et la gestuelle, l'autre dans l'énergie et l'abattage, faire montre d'une belle complémentarité.

En bonne bête de scène qu'il est, Guillarme reprendra dans la foulée (au Boui-Boui cette fois) Merci Jean-François, suite de sketchs trouvant sa cohérence dans son sens inné du cabotinage. Puisqu'il est question de one-man-show, enchainons avec, à l'Auditorium Lumière, deux révélations estampillées On n'demande qu'à en rire, soit Jérémy Ferrari, qui présentera son très noir, très acide et très rôdé Cet homme va trop loin !, et Babass, ou plutôt Chreustian, loser flegmatique que le télé-crochet de Laurent Ruquier a sorti de l'ornière lyonnaise dans laquelle il se trainait depuis de longues années. Terminons par un nom à retenir, celui de Karim Duval (Espace Gerson) : nous n'avons pas encore pu voir le premier solo de cette bonne bouille franco-sino-marocaine, mais de ce qu'on nous en a rapporté, il est probable qu'on vous en reparle la saison prochaine.

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“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

Blockbuster | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, ont parle de "vigueur hybride". En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste (y compris avec des reboots), on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier — et d’un point de vue strictement commercial —, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale au sommet, promettant une vis

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Ponta Preta : seins et surf

Surf Rock | Révélés par le Ninkasi Music Lab en 2019, les cinq Lyonnais de Ponta Preta sacrent le printemps avec leur premier album, Tits Up, impeccable dégradé psychédélique de surf music et de garage pop qui convoque le soleil et réchauffe corps et cœurs, tous azimuts.

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 avril 2021

Ponta Preta : seins et surf

Avec le retour des beaux jours, et même – qui sait ? – des « jours heureux », et bientôt tous vaccinés d'ici quinze jours-trois mois, voilà qu'on va pouvoir réinvestir l'extérieur jusqu'à des 20h, 20h30, tomber sinon les masques du moins chemises et t-shirts, sortir les pantacourts et les mini-jupes, gonfler les torses et pointer les seins vers l'azur même, si on veut – c'est fait pour ça les jours heureux, non ? Eh bien voilà qu'arrive à point nommé le premier album des rookies lyonnais du moment, Ponta Preta, qui pourrait bien être la bande son idéal de ces prémices estivales. La chose a pour nom Tits Up et résonne donc comme une invitation à se dépoitrailler, y compris à se dépoitrailler l'esprit qui commence à sérieusement sentir le renfermé et la chaussette confite. Un titre qui est aussi, les fins limiers de la pop moderne l'auront compris, un clin d'œil plus ou moins avoué au Surf's Up des Beach Boys. Car ces jeunes surfers en partie révélés il y a deux ans — cette douce éternité —, par le

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“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

VOD | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Mercredi 21 avril 2021

“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps — celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… six mois —, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétitions sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur frança

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Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

Théâtre de Rue | Treize structures culturelles convient le KompleXKapharnaüM et... vous tous, à un geste artistique commun dans l'espace public ce samedi 27 février.

Nadja Pobel | Jeudi 25 février 2021

Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

« Nous sommes là. Nous sommes encore là ». Voici une invitation à un geste artistique, mais pas à un spectacle, ce samedi 27 février à 11h. La compagnie maitresse en matière de l’occupation de l’espace public KompleXKapharnaüM en est à l’initiative, car elle ne souhaite plus « attendre » et invite chaque personne qui le souhaite (via une inscription obligatoire sur https://re-partir.net à « se compter, se voir. » Convoqués sur les parvis des théâtres, les participants choisissent un lieu parmi ceux proposés (qui restent secrets avant inscription) et s’installent sur un des points dessinés au sol. Puis : « suivre les indications reçues. Respirer. Laisser venir. Cela commence. Pour une quinzaine de minutes ». À trois mètres de distance, chacun se connecte sur un WebLive, écouteurs sur les oreilles dans lesquels sont diffusés des extraits de Les Potentiels du temps de (l’immense) Camille de Toledo, Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff (Le Peuple qui manque) et Cahier d’un guerrier d

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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Lyon : plus personne pour hurler la nuit

Clubbing | La nuit, c'est fini, pourrait-on affirmer en paraphrasant la Mano Negra. Clubs et discothèques sont à l'agonie, oubliés des discours et souvent des aides nationales, tenus par la ministre de la Culture à l'écart de son périmètre d'action. Les cris d'alarme se multiplient, des artistes aux syndicats : tour d'horizon de la situation à Lyon. Retournera-t-on danser du côté du Terminal, du Azar, du Petit Salon ou du Sucre ?

Manon Ruffel | Mercredi 9 décembre 2020

Lyon : plus personne pour hurler la nuit

« Fermé jusqu’à nouvel ordre » affichent tristement les sites Internet du Sucre, du Terminal ou encore du Petit Salon... Voilà huit mois que les clubs et autres lieux de fêtes nocturnes ont fermé leurs portes. « La fête est terminée », dit Laurent Garnier dans sa lettre ouverte publiée le 26 octobre à l'attention de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, pour qui manifestement le monde de la nuit n’appartient pas au secteur culturel — elle répète que c'est du ressort du ministère de l'Intérieur. « On va dire que le monde de la nuit se repose », préfère ironiser Cédric Dujardin, directeur général de Culture Next en charge du Sucre, qui avait pu ouvrir sa partie rooftop cet été. « Ça nous a permis de garder un lien avec une partie de notre public, et surtout de faire travailler nos personne

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"Quand passent les cigognes" : un chef d'œuvre russe dans les salles du GRAC

Reprise | Il reste quelques ultimes séances pour découvrir dans le cycle “Octobre rouge“ programmé par la Ciné-Collection du GRAC Quand passent les cigognes de Mikhaïl (...)

Vincent Raymond | Mercredi 21 octobre 2020

Il reste quelques ultimes séances pour découvrir dans le cycle “Octobre rouge“ programmé par la Ciné-Collection du GRAC Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov, un classique soviétique Palme d’Or 1958 déjouant tous les clichés attachés au cinéma produit par l’URSS. Normal : il s’agit tout simplement d’un chef-d’œuvre de réalisation, d’innovation technique, esthétique et visuelle, dépourvu de surcroît de cette complaisance idéologique dont ce brave propagandiste d’Eisenstein faisait preuve. Sept ans avant ses affolants plans-séquences de Soy Cuba, Kalatozov était déjà ce sorcier dirigeant avec une fluidité inédite sa caméra dans d’interminables mouvements de foule, créant l’illusion d’un steady-cam — lequel ne serait inventé que… vingt ans plus tard. Chaque image s’avère ici composée et savamment contrastée ; la netteté est cristalline du premier plan à l’infini de la profondeur de champ… Cette beauté virtuose en ferait presque oublier l’h

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Cinéma inferno : "Last Words" de Jonathan Nossiter

Science-Fiction | Après ses documentaires portant sur son autre métier-passion (Mondovino, Résistance naturelle), le cinéaste-sommelier Jonathan Nossiter livre une fiction crépusculaire sur notre civilisation annoncée comme son testament cinématographique. C’est ce qu’on appelle avoir le devin triste…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Cinéma inferno :

La Terre, en 2085. Alors que le désert a recouvert la quasi-totalité de notre planète frappée par une épidémie, l’un des ultimes survivants, Kal, découvre à Paris d’étranges bobines de plastique. Elles le conduiront, après un passage en Italie, à Athènes où subsiste un reliquat d’humanité. Ensemble, ils seront les derniers à (re)découvrir la magie d’un art oublié de tous : le cinéma… Est-ce un effet d’optique, ou bien le nombre de films traitant de catastrophes à l’échelle mondiale ne subit-il pas une affolante inflation — et encore, l’on parle de ceux qui sortent (Light of my Life, Peninsula…), vont sortir (Sans un bruit 2…), en se doutant pertinemment que la Covid-19 et la pandémie vont en inspirer une kyrielle d’autres, à des degrés plus ou moins métaphoriques. Appartenant à la cohorte des prophétiques et des moins optimistes (prouvant par cela à quel point ce natif du Nouveau Monde a épousé les mœurs de l’Ancien), celui de Nossiter assume sa radicalité ; il se paie même le luxe d’être du fond de s

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Amel Lacombe : « notre métier, c’est de sortir les films en salles »

Eurozoom | Elle fait beaucoup pour la japanimation en France, mais aussi beaucoup ces derniers mois pour rappeler aux spectateurs qu'il y a de bons films dans les salles. La distributrice Amel Lacombe n'y est pas étrangère : sa société Eurozoom a sorti, avant "Lupin III", quelques perles cette année.

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

Amel Lacombe : « notre métier, c’est de sortir les films en salles »

Vous sortez Lupin III sur 300 copies. Parce que c’est une figure iconique ou bien parce qu’il s’agit du premier anime où la 3D est enfin à la hauteur de ses ambitions ? Amel Lacombe : Eurozoom existe depuis vingt ans, et travaille sur l’animation japonaise depuis toujours. Nous avons fait découvrir en France de grands réalisateurs comme Mamoru Hosoda. Accompagner des films cultes et sur des personnages iconiques de la culture japonaise s’inscrit dans notre ADN, comme par exemple Akira que nous avons sorti cet été en 4K. Lupin III est un film d’une grande qualité, ce qui nous intéressait c’était à la fois de faire plaisir aux fans du personnage, aux fans d’animation mais aussi de faire venir en salles les familles, les enfants. C’est aussi ça notre travail, de ne pas laisser l’animation japonaise dans une case mais d’élargir son public, les choses ont évolué depuis vingt ans, il y a une démocratisation de la culture japonaise, nous l’avons constaté avec par exemple Your Name

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Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Espoirs | Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 octobre 2020

Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu à l'envers. C'est donc fin septembre que sont tombés comme des fruits trop mûrs les lauréats du tremplin découverte À Thou bout d'chant et du Ninkasi Music Lab. Le temple de la rue de Thou siégeait pour sa finale du côté de la Comédie Odéon et a désigné deux vainqueurs : le duo Enoïa remportant le prix du public et Oscar les Vacances et ses chansons de slacker made in France, celui du jury. Du côté du Ninkasi, ce sont les popeux zinzins d'Arche qui ont emporté l'adhésion – ici, pas vraiment de vainqueur même si un peu quand même – à l'issue de la soi

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Entre les murs : "Relic" de Natalie Erika James

Horreur | Une petite merveille pour amateurs de cinéma de genre, ici largement conjugué au féminin : c'est rare.

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

Entre les murs :

Leur mère et grand-mère respective Edna ayant disparu, Kay et Sam se rendent dans la demeure familiale. Peu après le retour de l’aïeule, d’étranges phénomènes se produisent, comme si une présence invisible et menaçante s’était insinuée dans la maison. Ou le trio féminin… Le propre (et la qualité) de ce film est l’absence d’explication rationnelle dans son dénouement : plus on avance dans ce quasi huis clos, plus abstrait et métaphorique devient le récit où les héroïnes semblent frappées par une damnation familiale. Un mal diffus, lié à l’âge, à l’hérédité ; à un trauma vaguement effacé et qui s’incarne pour ressurgir dans la maison ancestrale (quelque part entre Amityville et l’excellent épisode des Mystères de l’Ouest, La Nuit de la maison hantée). Natalie Erika James crée une atmosphère malaisante polysémique, évoquant autant la déréliction, la sénilité que l’accompagnement dans la mort. Ajoutons, tant qu’il y aura encore besoin de le signaler, l’exception que constitue ce film très majoritairement féminin devant et derrière la caméra. Une rareté notable, surtout dans le c

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À voleur, voleur compte triple : " Lupin III: The First" de Takashi Yamazaki

Animation | "Lupin III" ? Le film d’animation du mois.

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

À voleur, voleur compte triple :

Voleur comme son illustre grand-père Arsène, Lupin III cherche à s’emparer d’un journal intime menant à une arme surpuissante convoitée par des nazis (si si !) ; il peut heureusement compter sur le soutien de son équipe et d’une archéologue, la ravissante Lætitia… Longue est déjà la liste des anime tirés du manga de Monkey Punch, ainsi que celle des talents ayant concouru à sa réussite — Takahata et Miyazaki y figurent en bonne place. Mais Yamazaki a su relever le gant avec panache pour cette première adaptation en 3D, sans rien sacrifier au fondamentaux de la série : un mélange d’humour et d’aventures mâtiné d’élégance (Lupin III est tout de même l’héritier d’un gentleman-cambrioleur), dépourvu de cette grivoiserie à la nippone qu’on laisse à Nicky Larson. Bien sûr, la trame (l’enjeu, les opposants…) et le mode semi-comique aux limites de l’absurde évoquent furieusement un décalque d’Indiana Jones ; Lupin III possède suffisamment d’atouts propres par ailleurs pour s’en démarquer. Enlevé, bien écrit, doté de décors soignés et d’une palette harmonieuse, c’est sans barguigner l

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La mort en direct ? : "Yalda, la nuit du pardon" de Massoud Bakhshi

Drame | "Yalda, la nuit du pardon" : une rencontre entre Ionesco, Jafar Panahi et Philip K. Dick...

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

La mort en direct ? :

Un programme de télévision durant lequel une condamnée à mort tente d’obtenir sa grâce auprès de la fille de son défunt époux, le tout devant les caméras, en direct et en temps réel… Cela pourrait être une pièce de théâtre de l'absurde contemporaine ; quelque chose comme la rencontre entre Ionesco, Jafar Panahi (la scène se déroulant dans l’Iran d’aujourd’hui) et Philip K. Dick, allant au-delà de ce que Le Prix du danger (1983) et Running Man (1988) extrapolaient avec l’avénement de la société du spectacle et du capitalisme. Ici, la loi religieuse se soumet à ces nouveaux maîtres (ce qui en dit long sur son élasticité morale) et c’est étonnamment le représentant de la justice — de l’État ! — qui porte la voix la plus modérée et la plus humaine, dépassé qu’il est par l’immondice du procédé incitant les téléspectateurs à infléchir le sort de la malheureuse, comme aux jeux du cirque. Sauf qu’en 2020, la responsabilité de chacun est diluée et la mise à mort, virtuelle. Avec son huis clos propice à une adaptation sur les planches, Yalda serait-il une parabole ? Hélas non : les émi

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Papa, maman, forbans : "Kajillionaire" de Miranda July

Comédie | Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990.

Vincent Raymond | Jeudi 1 octobre 2020

Papa, maman, forbans :

Un couple d’escrocs semi-clochards et leur fille de 26 ans Old Dolio vivent de combines médiocres en attendant l’arnaque absolue. Attirée par cette famille atypique, une jeune beauté joint le gang. Et c’est le cataclysme intérieur… N’était le générique attestant leur présence à l’écran, on refuserait d’admettre que sous la défroque usée et hagarde des protagonistes se cachent Debra Winger et Evan Rachel Wood. Mais il y a aussi quelque chose de réjouissant à les (non) voir, puisqu’elles s’effacent totalement derrière des personnages, passant leur temps à se faire oublier d’un monde les ayant exclues. Avec ces bras cassés et son absurdité burlesque, Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990 pratiqué par Jarmush, LaBute, DiCillo, Zwigoff voire Wes Anderson… — ne manque ici que Steve Buscemi pour assurer la caution vintage ! Si elle évite le maniérisme, elle ne résiste pas à un p’tit cliché en insistant lourdement sur l’obsession de Old Dolio pour le Big One. La méchanceté pure et la folie de ses parents rattrapent heureusement cette facilité.

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5 pièces de théâtre à ne pas rater en cette rentrée

À réserver | Au théâtre, c'est ouvert. Et l'on peut réserver pour la saison : voici cinq pièces sur lesquelles vous pouvez miser en toute confiance.

Nadja Pobel | Mercredi 23 septembre 2020

5 pièces de théâtre à ne pas rater en cette rentrée

Ivres Parmi les 42 spectacles à l’affiche des Célestins cette saison, ne pas rater Ivres ! La jeune metteuse en scène Ambre Kahan n’a pas manqué d’ambition en choisissant Ivan Viripev. Quatorze personnages ivres morts (l’ivresse du pouvoir, de la religion, de l’amour…), autant d’acteurs (et un musicien, Jean-Baptiste Cognet) au plateau et ce désir d’aller au plus près de la langue (qu’elle a retraduit pour l’occasion avec une acolyte), de jouer du déséquilibre avec un sol désaxé. La comédienne, formée au Théâtre National de Bretagne, porte ce projet depuis des années avec ses camarades d’école à qui elle fait vivre de véritables trainings sportifs pour mieux toucher à ce texte qu’elle définit comme « un réveil au sein de la bienveillance ». Au Théâtre des Célestins du mardi 3 au samedi 7 novembre Virus C’était prévu bien avant. Et ça tombe à pic. Yan Duyvendak nous avait déjà convié au procès d’Hamlet (Please, continue), voici

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Lyon : au Tambour, la sororité règne

Lieu d'accueil | Le premier lieu lyonnais dédié au bien-être et à l’inclusion des femmes victimes de précarité, d’isolement et de violences a ouvert ses portes le 1er juillet. L’idée ? Qu’elles puissent (re)trouver leur corps, leur identité, leur dignité, leur force. Leur place, aussi. Une initiative plus que nécessaire.

Julie Hainaut | Mercredi 9 septembre 2020

Lyon : au Tambour, la sororité règne

La France en général, et Lyon en particulier, est en retard sur l’accompagnement des femmes isolées et en grande précarité. « Les huit accueils de jour lyonnais sont fréquentés à 90% par des hommes. Quant aux seuls bains-douches de la ville (Paris en compte 17 !), ils ont accueilli en avril 2018 plus de 2800 personnes, dont 2075 hommes isolés, 268 femmes isolées, 93 couples et 79 familles. » explique Anne Kahlhoven, l’initiatrice et la coordinatrice du projet Au Tambour ! L’une des raisons ? L’invisibilité de ces femmes. « Se rendre invisible est une stratégie d’évitement. Par peur des agressions, du harcèlement, les femmes seules évitent les lieux mixtes dans lesquels ni leur intimité ni leur sécurité ne peut être assurée. Cette invisibilisation explique sans doute qu’on réfléchisse peu à leurs situations et que les structures d’accueil ne soient pas pensées pour les femmes. » Au Tambour ! est donc un lieu non mixte. Un véritable cocon, un espace hors du quotidien et des difficultés qui accueille les femmes seules. Sans mari et sans enfant, donc. Et c’est une nécessité. C'est après deux années d’enquêtes et d’échange

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Belle pêche que ce nouveau Noé

Poissonnerie | Ismaël Adam Drissi-Bakhkhat s'était fait connaître par ses huîtres, prisées d'Alain Ducasse : revenu à Lyon, il ouvre avec sa femme Douchka une poissonnerie / restaurant sur le quai Augagneur. Belle trouvaille.

Adrien Simon | Mercredi 9 septembre 2020

Belle pêche que ce nouveau Noé

Dans le monde d’avant il y avait, dans l’Hôtel-Dieu rénové, une rutilante Cité de la Gastronomie. L’exposition permanente abritait un ersatz de marché, dans lequel de faux artisans, s’agitant sur des écrans LED, présentaient les matières premières de la cuisine française. Parmi eux, un poissonnier derrière son étal de poissons dématérialisés. Pas de quoi faire une bouillabaisse. L’établissement n’a pas résisté au confinement. On imagine le poissonnier désormais débranché, et sa came évaporée. Un poissonnier virtuel s’éteint et un autre réel se révèle de l’autre côté du Rhône, quai Augagneur. Produits de saison C’est ici qu’Ismaël Adam Drissi-Bakhkhat a posé son étal, au bord du trottoir — l’intérieur est encore en travaux. Il s’est fait connaître dans

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David Dufresne et Karin Viard attendus au Comœdia

Avant-Premières | Sortez vos agendas tous neufs, vous allez avoir de quoi noter : à peine les Hallus terminées, le Comœdia (Lyon 7e) embraye avec un chapelet de (...)

Vincent Raymond | Vendredi 11 septembre 2020

David Dufresne et Karin Viard attendus au Comœdia

Sortez vos agendas tous neufs, vous allez avoir de quoi noter : à peine les Hallus terminées, le Comœdia (Lyon 7e) embraye avec un chapelet de films présentés en avant-première par leurs réalisateurs et/ou interprètes. Avec l’attachante dramédie sentimentale Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret escorté par celui-ci le jeudi 10 septembre à 20h, le thriller Les Apparences de Marc Fitoussi accompagné (sous réserves) par Karin Viard le mercredi 16 à 20h, et enfin l’explosif documentaire Un pays qui se tient sage dégoupillé par David Dufresne le dimanche 20 à 18h. Juste après viendra le tour de la sélection cannoise 2020 des films de l’ACID — on en reparlera.

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Ici EST là : "Les Mondes parallèles" de Yuhei Sakuragi

Sur Canal+VOD | Un bon anime aux sous-textes écologistes réalisé par Yuhei Sakuragi, à découvrir sur Canal+VOD.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ici EST là :

Tokyo, de nos jours. Shin et Kotori, deux lycéens proches, découvrent l’existence d’un monde en tout point identique au nôtre, où chacun possède son double : si l’un meurt, l’autre disparaît à son tour. Or ce monde parallèle est une dictature qui envoie des tueurs avec des cibles précises… Réduire ce film à un énième anime avec collégiens et collégiennes en uniformes, pseudo-Transformers et baston de fin du monde serait se priver de sa part de mélo et de sa très utile dimension métaphorique. Car au-delà de la variation sur les histoires à paradoxe temporel — comme si Terminator ou Retour vers le futur rencontrait Matrix — cette semi-uchronie résonne étrangement avec l’actualité contemporaine : à l’instar de la parabole sur “l’effet papillon”, elle rappelle en effet que nous habitons tous le même écosystème, et sommes plus interdépendant que nous le croyons. Dans la lignée, en somme, de Pompoko ou Lou et l’île aux sirènes aux sous-textes volontiers écologistes…

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Elle en connaît un rayon : "Honeyland" de Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov

Documentaire | Où l'on suit l'ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze Muratova.

Vincent Raymond | Mercredi 16 septembre 2020

Elle en connaît un rayon :

Ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze vit isolée en compagnie de sa vieille mère impotente. Sa relation apaisée à la nature est chamboulée par l’installation à côté de chez elle d’une smala folklorique et inconséquente qui va parasiter ses ruches… Ce documentaire étonne à plus d’une enseigne. Par son esthétique, tout d’abord : miracle d’une photographie parfaitement composée et contrastée, capable de magnifier l’âpreté des décors, la misère des intérieurs, l’ingratitude des physiques. Par sa forme, ensuite : si l’on sait qu’un documentaire est souvent scénarisé, celui-ci présente une construction dramatique d’une impeccable linéarité pouvant rivaliser avec nombre de fictions (donc celles de Kusturica, pour rester dans l’ambiance et la proximité géographique ; mais sans la musique) tant la caméra sait anticiper certaines séquences-clefs, tant les rebondissements sont variés. Un hymne à l’or liquide des travailleuses du miel, à une lisière aussi floue que troublante entre cinéma et réel. Honeyland ★★ύ

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Niches en série : "Les Nouvelles Aventures de Rita et Machin" de Pon Kozutsumi et Jun Takagi

Animation | ★★☆☆☆ Un film d'animation de Pon Kozutsumi & Jun Takagi (Fr-Jap, 0h45)

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Niches en série :

Une fillette et son toutou en proie à leur imagination fertile, vivent des aventures extraordinaires sans quitter leur maison ni leur jardin… Cette salve de courts-métrages fait suite à un programme sorti l’an dernier, se caractérisant par un trait minimaliste, une palette également restreinte (du blanc, du noir, un ou deux dégradés colorés) et… un trame un poil répétitive. Comme les protagonistes sont un peu des pendants de Calvin & Hobbes, que le public visé a 3 ans et que l’ensemble dure 3/4 d’heure, ça passe… Les Nouvelles Aventures de Rita et Machin ★★☆☆☆ Un film d'animation de Pon Kozutsumi & Jun Takagi (Fr-Jap, 0h45)

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Le Festival Ninkasi rabote son programme

Ninkasi | Le Festival Ninkasi aura bien lieu en septembre. Mais en version encore raccourcie, amputée de plusieurs concerts et soirées prévues avant l'été. On détaille tout ça.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 août 2020

Le Festival Ninkasi rabote son programme

Le Ninkasi et son directeur musiques Fabien Hyvernaud étaient un peu partis la fleur au bout du fusil pour bien montrer que non les musiques actuelles ne baisseraient pas les bras face au Covid-19, et c'était tout à leur honneur : le Festival Ninkasi deuxième du nom aurait bien lieu, du 7 au 13 septembre. Mais avec l'augmentation de la recrudescence comme disait le poète, il a bien fallu se rendre à l'évidence et changer de braquet face à la Covid-19 et au manque de lisibilité des mesures de restrictions et solutions gouvernementales - d'autant plus avec le passage en zone rouge du Rhône annoncé ce jeudi matin. Car plutôt que d'annuler l'événement la mort dans l'âme le Ninkasi a choisi d'adapter et de modifier son déroulement — ce q

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Science infuse : "Dans un jardin qu'on dirait éternel" de Tatsushi Ōmori

Comédie dramatique | À Yokohama, les jeunes Noriko et Michiko décident de suivre l’enseignement prodigué par Madame Takeda : le rituel de la cérémonie du thé. Une tradition codifiée, gravée dans le marbre du temps que Noriko respectera durant des décennies et qui va étonnamment guider sa vie…

Vincent Raymond | Jeudi 27 août 2020

Science infuse :

La regrettée Kirin Kiki semblait faire dans ses dernières années grand cas des questions de transmission de culture gastronomique : n’était-elle pas dépositaire des secrets des dorayaki — ces savoureux gâteaux à la pâte de haricot rouge — dans Les Délices de Tokyo (2014) ? Tenant à la fois du marqueur social et de la symbolique de l’attachement à l’identité nippone dans ce qu’elle a de plus profond, le rite culturel de la préparation du thé est aussi une leçon de philosophie appliquée : comment une activité aussi anodine en apparence, presque triviale dans sa répétition, peut-elle remplir une existence au point de l’épanouir ? Justement parce que celles qui s’y consacrent atteignent à une forme de perfection, de grâce absolue, d’oubli d’elles-mêmes par la dévotion suprême à leur art. Au fond, ce n’est pas tant la liturgie du thé qui est enseignée, mais l’accomplissement de l’effacement et la transmission de ce savoir. Tatsushi Ōmori illustre dans sa mise en sc

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Papa anyways : "A Perfect Family" de Malou Leth Reymann

Drame | Mari et père aimant de deux adolescentes, Thomas est contraint de divorcer quand son épouse apprend qu’il mène une transition de genre, devenant Agnethe. Si leur aînée Caro réagit bien, la cadette Emma vit mal cette double révolution intime. Avec le temps, les choses évolueront…

Vincent Raymond | Jeudi 27 août 2020

Papa anyways :

Le glorieux été du cinéma danois se poursuit avec ce qui, il y a un siècle, serait passé pour un conte surréaliste à dormir debout mais devient aujourd’hui une histoire *presque* ordinaire, traitée comme sont traitées habituellement les histoires de séparations : de manière hyperréaliste, en montrant les incidences sur le couple et les enfants. Sauf qu’ici, originalité, l’un des parents se sépare en sus de son ancienne identité de genre. Il y a donc une “couche“ qui s’ajoute au brusque déséquilibre ressenti par Emma, accentué par son propre état de jeune adolescente, sensible non seulement aux ragots et médisances environnants (à cet âge, on aspire au conformisme, pas forcément à la singularité), sans doute décontenancée également de vivre sa puberté de jeune femme au moment où son père vit la sienne. Un cas d’école ! Malou Leth Reymann tournant à hauteur d’Emma, tout est montré sans ce terrifiant sirop du politiquement correct qui voudrait déjà faire croire à la banalité d’une telle situation. Une recombinaison familiale, quelle qu’elle soit, n’est jamais anodine : il aura ainsi fallu plusieurs gén

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Sandrine Bonnaire, sage femme dans "Voir le jour" de Marion Laine

Comédie Dramatique | À l’hôpital de Marseille, Jeanne est auxiliaire dans un service de maternité. Son quotidien, entre les arrivées, les départs, les naissances ; les relations tantôt coulantes, tantôt houleuses avec les collègues ou l’administration… Et puis la vie à côté, avec sa fille de 18 ans, presque autonome…

Vincent Raymond | Vendredi 28 août 2020

Sandrine Bonnaire, sage femme dans

Qu’elles soient documentaires ou fictionnelles, issues d’un long-métrage (comme Hippocrate) ou non, les séries thématiques hospitalières nous ont familiarisé depuis deux décennies avec les couloirs aseptisés et le vocabulaire spécifique ou l’adrénaline qui les parcourent. Faisant partie de la cohorte des films décalés par la pandémie, Sages femmes tombe à point nommé dans la mesure où il s’articule autour des difficultés récurrentes de fonctionnement du service : la continuité des soins, l’usure des personnels, le manque de suivi des stagiaires, les risques, la vétusté sont compensés par l’investissement surhumain des équipes plaçant leur mission au-dessus de leur vie personnelle — ce qui n’empêche pas, hélas, les fautes. L’eût-on vu avant la crise de la Covid-19 (ce qui est le cas pour le public de quelques festivals), qu’on l’eût perçu comme un signal d’alerte ; il n’en prend que plus de valeur aujourd’hui. Et puis, Marion Laine habille son tract

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Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

Kaamelott Livre IV | Après une longue interruption (et avant la sortie du premier long-métrage issu de la saga), Alexandre Astier reprend la publication du texte intégral de la série "Kaamelott". La parution du "Livre IV" (aux éditions Télémaque), point d’inflexion dramatique et formel de son épopée arthurienne, est l’occasion d’une conversation édifiante avec l’auteur-interprète sur, notamment, son approche de l’écriture — du cambouis de la structure à la haute couture brodée main pour les acteurs —, mais aussi de battre en brèche certaines légendes. Trois cors, c’est parti…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

L’édition d’un scénario reste une sorte de paradoxe dans la mesure où il s’agit d’un “texte en bleu de travail“, un objet théoriquement invisible car il est en permanence contredit ou confirmé par le tournage. S’agit-il alors d’un témoin, d’un ouvrage de référence permettant des études comparées avec ce qui a été filmé, d’un outil pour d’autres comédiens ? Alexandre Astier : C’est difficile à dire. On pourrait même partir du principe qu’il ne devrait pas exister. Sur les gros films, les scénarii sont confidentiels, watermarkés, tout le monde y fait attention. Ceux des séries, c’est autre chose : tu en retrouves par terre à la cantine ; c’est un tel flux d’apports nouveaux que tu en balayes ! À l’époque de Kaamelott la série, on vivait très clairement dans le papier. Et la vie du scénario, c’est de mourir le soir : poubelle. D’autant que c’est un document technique ne concernant que ceux qui savent s’en servir, comme un blueprint, un plan de démont

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Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Ninkasi | Histoire d'attaquer la saison automnale à la gorge et peut-être de forcer le destin des concerts post-Covid, le Ninkasi a remis sur la table son festival de rentrée, avec les moyens du bord mais pas mal de talent, dans l'organisation et sur scène. 34 artistes, 20 lieux, 97% de locaux, 100% de fun. Et surtout des concerts, nom de dieu !

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 juillet 2020

Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Alors, certes on ne sait pas si la saison automnale aura lieu mais son lancement lui, oui — enfin si tout va bien — grâce au Festival Ninkasi, qui se veut depuis sa création l'an dernier le starter de la saison. Peut-être faut-il y voir pour le brasseur de bière et de culture, une manière de forcer le destin. De rester positif et de conserver quelques perspectives comme le clame le patron Christophe Fargier. Bien sûr, le Ninkasi a dû s'adapter à la situation et c'est une programmation en circuit beaucoup plus court (pas d'internationaux, parce que Covid, frontières et tout le bazar) qui s'annonce — et même plus que cela puisqu'on compte 97% de locaux, chiffre officiel confié par Fabien Hyvernaud, directeur général de Ninkasi Musiques qui s'exprime ci-dessous —, constitué notamment de quelques reports de concerts du printemps mais pas que. Pour tout voir du 5 au 13 septembre, il faud

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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Cinq expos à voir cet été à Lyon

De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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Galerie NörKa : passages en série

Photographie | La main passe, mais l’art demeure rue Burdeau où la photographe NörKa vient de reprendre la Galerie Pallade. Et offre un accrochage de ses œuvres en guise de pendaison de crémaillère. C’est au n°35 que ça se passe…

Vincent Raymond | Vendredi 10 juillet 2020

Galerie NörKa : passages en série

L’adresse est connue, mais l’enseigne a changé. Là où en début d’année se tenait encore la Galerie Pallade, NörKa a pris la relève mi-juin, le confinement-déconfinement précipitant une transition prévue en douceur pour l’été. Un passage de relais insolite de deux galeristes à une artiste photographe qui ne s’imaginait pas, « en tout cas, pas tout de suite », ralentir le rythme de ses « vadrouilles ». Une transmission surprise, également, entre des inconnus. Peu banale, la chose mérite d’être racontée. Fin 2019, Caroline Capelle Tourn, alias NörKa, adresse comme le veut l’usage ses vœux photographiques à l’ensemble de ses contacts, dont Anne-Marie et Roland Pallade, ignorant que ceux-ci envisagent de céder leur activité. Séduit par la personnalité se dégageant de l’œuvre qu’il découvre, Roland Pallade appelle aussitôt l’expéditrice. Point d’accrochage au menu de la conversation, mais une étonnante offre : prendre la succession du couple installé depuis 2007 ! Interloquée de prime abord, NörKa n’hésite guère longtemps avant d’accepter, « ce genre de proposition [n’arrivant]

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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Du sang à la dune : "Abou Leila" de Amin Sidi-Boumedin

Policier | Algérie, années 1990. Depuis qu’il a été témoin d’un attentat, un policier dont la raison défaille est persuadé que le responsable de tout est le terroriste Abou Leila. Son ami et collègue Lofti l’accompagne dans sa traque loin de la capitale, vers le sud du pays. Vers la sang et la folie…

Vincent Raymond | Lundi 13 juillet 2020

Du sang à la dune :

Il ne faut pas craindre l’épreuve de la durée ni l’errance dans toutes ses dimensions face à Abou Leila, objet cinématographique transfigurant un épisode de l’histoire politique récente de l’Algérie à travers les yeux d’un policier rendu fou par la guerre civile. Road movie aussi mental que géographique, ce premier long-métrage se distingue en naviguant également dans le temps, hors des balises normatives d’une trop stricte linéarité, épousant autant que possible les cauchemars hallucinatoires du flic obsédé par sa cible. Bad trip au sens propre, le voyage se double d’une évocation des Algéries — pluriel signifiant, puisqu’entre la métropolitaine Alger au nord et les sahariennes dunes désertiques au sud, on a bien affaire à un pays double, ou partagé. De cette dichotomie à la schizophrénie paranoïaque du personnage ou au mal-être ambiant de toute la population, il n’y a qu’un pas. Progressant par crises successives et violentes, Abou Leila trouve son apothéose dans un finale d’un symbolisme stupéfiant, digne d’un conte épique, hypnotiq

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Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Story | On connaît bien par ici cet illustre pensionnaire du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine, musicien et activiste américain autant que citoyen du monde, installé désormais à Barcelone. Moins peut-être son projet de tournée mondiale verte mené avec sa compagne, la musicienne et artiste Nova Ruth, aux commandes du bateau-scène Arka Kinari. Lequel lui vaut, à lui et son équipage, d'errer au milieu du Pacifique avec nulle part où accoster pour cause de confinement mondial des frontières. Récit de cette ubuesque aventure nautique malheureusement toujours en cours, aux rebondissements dignes d'un roman.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 juin 2020

Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Vous pensiez avoir vécu l'aventure de votre vie en étant confiné à la campagne avec belle-maman, dans un 50m2 avec votre progéniture et les programmes de CM2 et de Seconde, ou même seul en tête à tête avec Netflix et 18 litres d'alcool ? Attendez de lire celle qu'est en train de vivre l'équipage de l'Arka Kinari, une goëlette de 1947 quelque peu pimpée en mode durable par un des fameux pensionnaires du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine et sa musicienne de compagne Nova Ruth. Depuis le mois de février, le musicien et son équipage composé de six personnes de nationalités diverses (américaine, portugaise, britannique, française, espagnole) sont "coincés" en plein milieu du Pacifique sans nulle part où accoster pour cause de lock-out mondial. La mésaventure a commencé comme une aventure tout court, plutôt très belle en plus, lorsque Grey Filastine et Nova Ruth se questionnant sur le bilan c

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À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

À Villeurbanne : la culture, point par point

Cultivant sa singularité politique depuis plus d’un siècle dans l’agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l’équipe sortante. L’actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s’installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l’avenue Henri-Barbusse. D’un côté, la liste “Villeurbanne c’est vous !” menée par l’ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l’adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l’autre,

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Une expo Karl Lagerfeld au Salon du Vintage en septembre

Salon du Vintage | Le Salon du Vintage s'installera les samedi 26 et dimanche 27 septembre prochain au Palais de la Bourse, en plein centre de Lyon pour la première (...)

Sébastien Broquet | Lundi 15 juin 2020

Une expo Karl Lagerfeld au Salon du Vintage en septembre

Le Salon du Vintage s'installera les samedi 26 et dimanche 27 septembre prochain au Palais de la Bourse, en plein centre de Lyon pour la première fois. Fondé en 2007, ce salon itinérant accueillera plus d'une centaine d'exposants autour du vintage mais également une exposition consacrée au couturier Karl Lagerfeld, avec le concours de la maison Anoushka, regroupant ses premières pièces des seventies jusqu'aux dernières créations pour Chanel. Côté stands, venus de toute l'Europe nous dit-on, le chaland pourra chiner entre design, mobilier, mode luxe, accessoires, classic cars ou encore vinyles, de 10h à 19h pour un prix d'entrée de 5€.

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Mikaël Muller : « si les salles de cinéma ont fermé, c’est pour mieux rouvrir »

Nous, les chiens | Directeur de la programmation chez Les Bookmakers / The Jokers, Mikaël Muller détaille les raisons ayant présidé au positionnement précoce du film "Nous, les chiens" pour la date de réouverture des salles de cinéma. Ils furent (parmi) les premiers…

Vincent Raymond | Mardi 30 juin 2020

Mikaël Muller : « si les salles de cinéma ont fermé, c’est pour mieux rouvrir »

À la faveur du décret lié à l’état d’urgence sanitaire, de nombreux distributeurs ont basculé leurs film en VOD. Or vous dès le début du confinement chez The Jokers / The Bookmakers, vous avez positionnés la sortie Nous, les chiens à la réouverture des cinémas… Mikaël Muller : On est resté fidèles à notre ligne de conduite. Au moment où l’on a commencé à travailler sur la programmation et la promotion de ce film, on entendait effectivement parler de ce fameux confinement qui allait arriver. Pour des raisons diverses et variées, de nombreux distributeurs ont décidé de retirer leurs films du line-up ; nous, au contraire, on a décidé d’avancer la sortie de Nous, les chiens au 8 avril. Dans notre esprit, il n’était pas imaginable, toutes les salles étant potentiellement encore ouvertes à la date du 8 avril, qu’il n’y ait pas de film d’animation sur cette période. Après, il y a eu confinement et on a voulu le rendre disponible dès la réouverture, pour accompagner les ciné

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Agnieszka Holland : « sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

L’Ombre de Staline | Un œil sur le passé, l’autre sur le présent, Agnieszka Holland a tourné "L’Ombre de Staline" avec, comme toujours, une conscience aiguë des problématiques historiques, humanistes et politiques. Rencontre éclairante avec la cinéaste, l’avant-veille du confinement…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Agnieszka Holland : « sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé, et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits — on en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jett

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Satanique son père : "The Demon Inside"

Horreur | Affecté par la mort de son épouse et traité pour troubles schizophréniques, Joel élève son fils Mason aidé par une baby-sitter mais sous surveillance d’une psy. Lorsque d’étranges phénomènes conduisent un exorciste à s’intéresser à Mason, son foyer chancelant bascule pour de bon…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juin 2020

Satanique son père :

Qu’on aimerait ne pas avoir à renvoyer cette triste série B à Friedkin, étant donné qu’elle semble insister davantage sur le ressenti douloureux du malade psychique sur le tintouin grand-guignolesque de la liturgie de dépossession. Sauf que… Trop occupé, sans doute, à peaufiner son décor bleu éteint et à triturer l’esthétique de ses images subjectives, joliment irisées façon kaléidoscope, Pearry Regnald Teo n’a pas jugé utile de proposer quelque nouveauté dans la représentation de l’exorcisme d’un gamin : voix rauque borborygmant du latin, pustules diverses, reflux œsophagien sur curés… Pas l’once d’une nouveauté audacieuse au tableau. Mais le pompon, en ce XXIe siècle censément spirituel, c’est lorsque le prêtre convainc le père aux abois que sa pratique magique est légale, garantie par « le premier amendement ». Aussi imparable, justifié et d’actualité que le port d’armes du deuxième amendement, permettant de se prémunir

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Au ciné depuis votre canapé : les nouveautés de la semaine

e-Cinéma | Deux documentaires ("Douce France" et "Green Boys"), une fiction ("Sankara n’est pas mort") : voici trois bonnes raisons de guetter la programmation virtuelle de vos habituelles salles de cinéma favorites et les sites de VOD.

Vincent Raymond | Mardi 5 mai 2020

Au ciné depuis votre canapé : les nouveautés de la semaine

Douce France Un documentaire de Geoffrey Couanon (Fr, 1h39) : quand un programme d’aménagement urbain devient un cas d’école pour des lycéens directement concernés, c’est leur conscience citoyenne qui s’éveille. Et leur mobilisation qui suit… Le Triangle de Gonesse, entre la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise. La concertation autour de l’aménagement d’EuropaCity — mégacomplexe mêlant centre commercial géant, pôle de loisirs et d’équipements — conduit des élèves de 1ère encadrés par leurs professeurs à s’interroger sur le bien-fondé de ce chantier prévoyant de rogner sur des centaines d'hectares dévolus à l’agriculture. Une alternative est-elle possible à ce programme intégré au projet du Grand Paris, soutenu par le pouvoir politique et financier ? De la classe impliquée dans cet atelier d'enseignement moral et civique, Geoffrey Couanon distingue Amina, Jennyfer et Sami. Trois lycéens dont il fait ses hérauts-héros, des “apprenants“ (le terme est à la mode) menant leur enquête de réunions publiques en rendez-vous particuliers av

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La musique selon David Byrne

Qu'est-ce que c'est ? | Fidèle à sa réputation de musicien lettré et curieux, l'ex-Talking Heads David Byrne a publié en 2012 "How Music Works", un copieux ouvrage qui décortique, toujours à hauteur d'humain et avec pédagogie, tout ce qui conditionne la musique, de sa création à sa diffusion sous toutes ses formes. Un livre que la Philharmonie de Paris a fait traduire et publié l'an dernier sous le titre "Qu'est-ce que la musique ?", et qu'il faut lire absolument.

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 mars 2020

La musique selon David Byrne

Il y a des moments comme ça où l'ennui finit par nous inonder de questions jusqu'alors souterraines : "où est-ce que j'ai foutu le Cluedo ?", "combien de temps faut-il rester dans son bain pour avoir les doigts frippés", "Pourquoi la vie ?", "Ne faudrait-il pas remplacer l'expression "l'effet papillon" par "l'effet pangolin ?" "Mais au fait, qu'est-ce que la musique ?". On ignore dans quelles circonstances cette dernière question est venue à l'esprit de l'ancien leader des Talking Heads, David Byrne. Toujours est-il qu'il se l'est suffisamment posée – même si dans sa version anglophone, How music works, ce n'en est pas une – pour avoir envie d'y répondre. Et pas par une pirouette, non : par un travail de fourmi tout autant basé sur des recherches approfondies, une remarquable érudition que sur sa propre expérience de musicien, des premières scènes à la fin des années 60 à ses toutes dernières productions, toujours impeccables après toutes ces années, ses nombreuses incursions dans les arts visuels et scéniques, en passant donc par cette parenthèse enchantée et fondatrice que furent les Talki

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Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Covid-19 | Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 mars 2020

Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, centres hospitaliers, en leur mettant à disposition les 181 litres d’alcool neutre présents dans sa distillerie de Tarare. Les soignants qui le souhaitent peuvent récupérer cet alcool gracieusement auprès d’Alban Perret, maître-distillateur du Ninkasi en le contactant au préalable à l’adresse suivante : alban.perret@ninkasi.fr.

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Le premier qui dit la vérité : "L'Ombre de Staline" de Agnieszka Holland

Biopic | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Le premier qui dit la vérité :

Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique, vantés par la presse. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret adoucissant le propos de sa cruelle morale. Tragique est la destinée des lanceurs d’alertes ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. La condition actuelle de Chelsea Manning, de Julien Assange, de Edward Snowden ; la fin cruelle du docteur Li Wenliang prouvent que les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (190

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Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Nuits de Fourvière | À l'approche du printemps tombe le programme de l'été, du moins du côté de Fourvière dont les Nuits vont une fois de plus occuper nos soirées de juin et juillet. Revue d'effectif du casting musical de cette édition 2020, toujours enrichi du programme parallèle des Salons de musique.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Passer aux Salons Commençons par Les Salons de musique des Nuits, cette extension intimiste et indoor des Nuits de Fourvière chargée de proposer une sorte de contre-programmation. La chose débutera avec un énième projet de l'intenable saxophoniste Thomas de Pourquery : Von Pourquery accompagné de chœurs du Conservatoire à Rayonnement Régional (2 juillet). Suivront le trio de multi-instrumentistes Bernard Lubat, André Minvielle et Fabrice Vieira (3 juillet), le Valetti Quintetto (5 juillet) formé par le même Minvielle, Raphaël Imbert, Beer-Demander et Serge Valtetti à la création et production ; un hommage à Henri Crolla, sorte de Django Reinhardt napolitain avec Dominic Cravic, concert suivi du film Le Bonheur est pour demain avec Crolla et Higelin (7 juillet) ; le spectacle Si oui, oui, Si non, non, où le jazz rock d'Albert Marcoeur rencontre les appétences contempora

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Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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Décharge parentale : "10 jours sans maman"

Comédie | Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Décharge parentale :

L’une des plaies du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ni d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la méconnaissance de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’apparition des règles chez les adolescentes, et en bonus ironise sur les grotesques méthodes des grosses boîtes, mixte de lean management sauvage et d’injonction à être joyeusement corporate sous la houlette de

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Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

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Le festival de Kahane

Pop | Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Le festival de Kahane

Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert lyonnais en mars 2016, en compagnie du Quatuor Debussy, puis consacré une Une à son Book of Travelers, sublime auscultation itinérante de l'Amérique de Trump, qui lui avait valu de se produire deux soirs de suite au Théâtre de la Croix-Rousse en avril dernier. Depuis, l'auteur-compositeur-arrangeur, prodigieuse émanation de la génération dorée de la pop US (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bon Iver, Chris Thile...) a encore davantage trimballé ses galo

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Des débuts prometteurs : "La Dernière Vie de Simon"

Fantastique | À part Thomas et Madeleine, personne ne connaît le secret de Simon, petit orphelin capable de prendre l’apparence de ceux qu’il touche. Quand Thomas est victime d’un accident, Simon le remplace sans prévenir qui que soit. Dix ans plus tard, Simon va “ressurgir“…

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Des débuts prometteurs :

Du fantastique à la française ! C’est-à-dire héritier de la (bonne) littérature de la fin du XIXe siècle, du Horla de Maupassant, de L’Homme à l’oreille cassée d’About, de La Cafetière de Gautier — tous ces romans et nouvelles ayant profité du mouvement positivo-scientiste pour entrouvrir les volets du paranormal, pendant que Jules Verne conservait une rigueur toute cartésienne. Ici, point de pyrotechnie ni de super-héros en cape et collants, mais l’instillation perpétuelle du doute et de l’inquiétude : sur les visages, dans les regards, et même dans la douceur fluide des mouvements de caméra. Conte fantastique, La Dernière Vie de Simon tient également de l’habile réflexion identitaire, métaphorisant la dualité intérieure que peut ressentir un enfant adopté — même si l’amour qu’il reçoit de sa famille

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Body Count et The Hives complètent la programmation

Felyn Festival | Le Felyn Festival dévoile de nouveaux noms, parmi lesquels Body Count emmené par Ice T.

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 janvier 2020

Body Count et The Hives complètent la programmation

On connaissait déjà depuis novembre quelques noms de la programmation de ce drôle de "Stadium festival" que sera le Felyn en juin prochain au Parc OL. Avec les annonces de Bad Bunny, DJ Snake et Dadju (le 19 juin) le festival optait pour une orientation urban pop que venait compléter un dinosaure de la musique de stade en la personne des Red Hot Chili Peppers, icône de la fusion des années 90 taillé pour le gigantisme live, programmée le 20 juin. La deuxième vague d'annonce d'une programmation désormais complète confirme et infirme tout à la fois ces deux tendances. Avec le rap métal californien rageur du Body Count d'Ice T (autre emblème de la fusion 90's) ce sont là encore les années 90 et la touche urbaine – ainsi que la puissance de feu live – qui sont visées. D'une certaine manière on pourrait tenir

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J’avais deux camarades : "Jojo Rabbit"

Burlesque | Un garçonnet dont le confident imaginaire est Hitler, se retrouve à sauver des nazis une orpheline juive. Taika Waititi s’essaie au burlesque dans une fable maladroite ne sachant jamais quel trait forcer. Une déception à la hauteur du potentiel du sujet.

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

J’avais deux camarades :

Allemagne, années 1940. Tête de turc de sa section des Jeunesses hitlériennes, le malingre et craintif Jojo trouve du réconfort auprès d’un ami imaginaire, Adolf en personne. Tout s’embrouille lorsqu’il découvre une adolescente juive cachée dans les murs de sa maison… L’accueil enthousiaste rencontré par Jojo à Toronto, doublé d’un Prix du Public, en a fait l’un des favoris dans la course à l’Oscar. Sur le papier, le postulat du film a de quoi susciter la curiosité tant il semble cumuler les transgressions volontaires. Résumons : Jojo conte tout de même la fin de la Seconde Guerre mondiale côté allemand du point de vue d’un jeune féal du Führer en adoptant un registre absurdo-burlesque avec des stars populaires, le tout sous la direction de Taika “Ragnarok” Waititi qui s’adjuge de surcroît le rôle d’Hitler. Ça fait beaucoup, mais pourquoi pas si une cohérence supérieure gouverne les choses. Ce n’est malheureusement pas le cas.

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L’espion qui venait de l’asile : "Le Lion"

Comédie | Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s’est vu confier le cas de Léo Milan, “le Lion”, un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d’aider son toubib, à condition qu’il le fasse évader…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

L’espion qui venait de l’asile :

Inépuisable mais loin d’être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d’allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d’adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête (compte à rebours, poursuite, fuite, etc.). Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l’association fonctionne entre Dany Boon — de plus en plus attiré par les emplois physiques — et Philippe Katerine, qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire. Cavale burlesque autant que film d’action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la hauteur de celle du Zidi de La Totale, auquel Le Lion renvoie également — et qui, on s’en souvient, inspira True Lies à

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