Dissoudre les certitudes

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 27 janvier 2013

Photo : Maude le Pladec / Tania Carvalho


La formule d'Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l'une de ses pièces, avec une musique jouée sur le plateau. Après David Lang en 2012, c'est sa compatriote américaine Julia Wofe qui est conviée pour cette deuxième édition du festival. Deux compositeurs très proches puisqu'ils ont cofondé avec Michael Gordon le collectif new-yorkais de musique contemporaine Bang on the Can. S'inscrivant dans le courant de la musique minimaliste ou répétitive (Philip Glass au premier chef), Julia Wolfe donne corps et chaleur à ses compositions en puisant aussi dans l'énergie rock. Une énergie qui a inspiré Maud Le Pladec (déjà présente pour Aire de Jeu 2012) qui lancera six danseurs sur Dark Full Ride, morceau pour quatre percussionnistes, avec «l'envie de travailler sur la démocratie, pas la démocratie réduite à son cadre politique. La démocratie "insurgente" qui œuvre pour la dissolution des certitudes». Autre femme forte invitée : l'artiste portugaise touche-à-tout Tânia Carvalho qui s'emparera d'une pièce pour cornemuse de Julia Wolfe, avec trois danseurs et «des intensités du corps, des rythmes, des pauses, des silhouettes, des atmosphères…». Parallèlement à cette création au CCN de Rillieux-la-Pape, elle donnera un concert prometteur au piano en reprenant à sa sauce des chansons de Diamanda Galas, Nina Hagen, Klaus Nomi… Le chorégraphe israélien Arkadi Zaids et le Congolais Faustin Linyekula complèteront ce plateau 2013 aussi cosmopolite que stimulant.

Jean-Emmanuel Denave

Aire de jeu
Aux Subsistances, au CCN de Rillieux-la-Pape et au Théâtre de la Croix-Rousse
Jusqu'au samedi 2 février

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Le rythme dans le moi-peau

Le Moi de la Danse | Les Subsistances présentent la deuxième édition du passionnant rendez-vous Le Moi de la Danse : un festival de soli, où le moi se fait dansant, vibrant, changeant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Le rythme dans le moi-peau

Et si, plutôt que de nous figer dans nos peurs et nous réfugier dans l'immobilité, nous inventions un "moi" dansant, plus souple dans son rapport à lui-même et aux autres ? Le chorégraphe Boris Charmatz nous y invite comme, plus largement, ce festival des Subsistances où il est invité : Le Moi de la Danse. Ce festival rassemble des artistes émergents (comme Fouad Nafili) et d'autres plus renommés (Carolyn Carlson) autour de ces questions de l'identité, singulière et plurielle à la fois. Depuis, au moins, l'écrit de l'anthropologue Marcel Mauss, Les techniques du corps, l'on sait les constructions historiques et relatives de nos postures corporelles et de nos façons de nous mouvoir. L'on sait aussi la possibilité

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Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

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Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

SCENES | Roland Petit, Merce Cunningham, Saburo Teshigawara, Maguy Marin, Alain Platel... La nouvelle saison danse s'annonce riche en têtes d'affiche. elle réserve aussi bien des projets singuliers et enthousiasmants, comme celui, collectif et ambitieux, de Florence Girardon sur "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

Landscape / Coup Fatal Le Japonais Saburo Teshigawara danse autant avec la musique qu'avec la lumière, développant une gestuelle singulière, tour à tour poétique ou tranchante et précise comme une lame. Il revient cette saison à Lyon avec une pièce récente, Landscape (2014), un duo sous forme de quasi-improvisation avec la danseuse Rihoko Sato, sur des musiques de Bach (Variations Goldberg) et de John Cage (In a Landscape) interpré- tées sur scène au piano par le touche-à-tout Francesco Tristano – il s'est notamment produit aux côtés du pionnier techno Carl Craig et de l'Orchestre des Siècles à la Villette. Les 22 et 23 septembre à la Maison de la danse Qu'il nous déçoive ou qu'il nous enthousiasme, Alain Platel présente depuis plusieurs décennies des pièces sombres, souvent aux bords de la folie. Coup fatal, crée en 2014 pour le Festival d'Avignon, est un étonnant volte-face du chorégraphe belge qui, sur des musiques baroques se mêlant à des rythmes africains (jouées live par un orchestre d'une quinzaine de musiciens) et avec le concours d'énergiques danseurs congola

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Une nouvelle Aire

SCENES | Pour la quatrième année consécutive, Les Subsistances rattaquent la saison avec le petit festival Aire de jeu (du 27 au 31 janvier). Une formule originale (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 janvier 2015

Une nouvelle Aire

Pour la quatrième année consécutive, Les Subsistances rattaquent la saison avec le petit festival Aire de jeu (du 27 au 31 janvier). Une formule originale qui permet tout à la fois de découvrir un compositeur méconnu et des pièces chorégraphiques dansées sur la musique de ce dernier. Après l'avant-gardiste pop Nico Muhly en 2014, auquel nous avions alors consacré notre Une, c'est le Finlandais Kalevi Aho, musicien renouant avec la "belle musique" et l'harmonie, proche parfois des épopées de Dmitri Chostakovitch, qui sera à l'honneur. Il a inspiré à Maud Le Pladec, habituée de l'événement; Hunted, un rituel performatif sous forme de solo incantatoire ; au collectif lyonnais Loge 22 (à l'origine de l'événement performatif Spider) le trio Rumeur, déclinant l'idée de métamorphose chère à Ovide ; et à l'Australien Adam Linder le duo Vexed Vista, entremêlant voix, danse et décor lunaire et abstrait signé du plasticien Shahryar Nashat. Autant de créations qui seront précédées d'un court concert des étudiants du CNSMD, préambule à un programme dédié à l'Auditorium le 1er février.

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Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

SCENES | "D'après une histoire vraie", "Drums and Digging"

Benjamin Mialot | Mardi 16 juillet 2013

Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

Christian Rizzo a souvent divisé notre rédaction, entre admirateurs de la ligne claire du chorégraphe et pourfendeurs d’un langage hermétique – pour rester poli. D’après une histoire vraie, sa dernière création dévoilée au Festival d’Avignon, rebat les cartes, Rizzo lui-même expliquant avoir changé sa façon de travailler. Stop aux corps frêles et au sous-texte cérébral, place à une émotion brute. Soit huit danseurs et deux batteurs, pour une pièce centrée sur les danses folkloriques de groupe, imaginée à partir d’un souvenir fort – un spectacle vu par Rizzo à Istanbul « dans lequel jaillissait un groupe d’hommes se livrant à une danse traditionnelle, complètement effrénée, avant de disparaître aussitôt ».Un jaillissement retranscrit sur scène en 1h15, dans une lente progression. D’où un spectacle qui prend du corps au fil de la représentation, emportant littéralement l’audience qui finit par se croire à un concert de rock – même si, le jour où nous y étions, personne n’a osé se lever. On ne savait pas Christian Rizzo capable d’une telle intensité, et l’on espère revoir ce spectacle en 2014/2015 dans la région – une autre pièce de Christia

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