La traversée du tempo

Benjamin Mialot | Jeudi 28 mars 2013

En comparaison du reste du répertoire de la compagnie Arcosm, Traverse a tout d'un spectacle mineur. Créé en 2011, il n'a pas l'élégance plastique d'Echoa, première création qui voyait une paire de musiciens et autant de de danseurs se transmettre leurs pratiques au cœur d'un échafaudage (et culmine à plus de 800 représentations à travers le globe). Il n'a pas non plus l'extravagance baroque de La Mécanique des anges, opéra rock à huit corps en passe de devenir un long-métrage. Encore moins l'intensité dramatique de Solonely, dernière œuvre en date de la compagnie, la première où ses fondateurs, le chorégraphe Thomas Guerry et le compositeur Camille Rocailleux, apparaissent seuls en scène.

Il est cependant le plus représentatif des questionnements formels qui animent le duo depuis sa rencontre au conservatoire de Lyon. Autrement dit de son attachement au rythme et à la scénographie, exprimé qui dans une séance endiablée de percussion corporelle, qui dans la métamorphose d'une cuisine tout ce qu'il y a de plus ringard en batterie king size. Mais aussi et surtout de sa sainte horreur des conventions et de l'incommunicabilité, le premier rôle, celui d'un type dont le quotidien cadenassé s'ouvre au contact de mystérieuses figures à l'onirisme et à la dinguerie, étant ici tenu par un mime dont les gesticulations confèrent à ce ballet de poche au demeurant extrêmement rigoureux un étonnant cachet burlesque.

Traverse
Au Théâtre Jean Marais, vendredi 5 avril


Traverse

Ms Thomas Guerry et Camille Rocailleux, cie Arcosm, 1h, dès 7 ans
Théâtre Jean Marais 53 rue Carnot Saint-Fons
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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De l’autre côté : les sorties cinéma de la quinzaine (du 22 au 29 septembre)

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question… Où l'on parle de "La Voix d'Aida", "La Traversée", "I Am Greta", "Bigger Than Us", "Tout s'est bien passé" et "After Love".

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

De l’autre côté : les sorties cinéma de la quinzaine (du 22 au 29 septembre)

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aida de Jasmila Žbanić (22 septembre) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aida, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aida. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (22 septembre) relate sous forme de conte atemporel l'exil de Kyona et Adriel, sœur et frère essayant de gagner un pays plus tolérant. Une route semée d’embûches inspirée par l’histo

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Mes frères

Avant-Première | Mes frères ne sortira que le 4 juillet sur les écrans français, mais il peut déjà s’enorgueillir d’un joli parcours à travers le monde : primé pour son scénario et (...)

Vincent Raymond | Vendredi 1 juin 2018

Mes frères

Mes frères ne sortira que le 4 juillet sur les écrans français, mais il peut déjà s’enorgueillir d’un joli parcours à travers le monde : primé pour son scénario et distribution à Richmond, présenté à Cannes (Écran Juniors), à Karlsruhe, en Autriche et au Danemark. Contant le parcours de deux frères, anciennes gloires du rock, retrouvés par leur sœur, ce film évoque également un combat contre la fibrodysplasie ossifiante progressive, une maladie orpheline aussi connue sous le nom de “maladie de l’homme de pierre“. Il s’agit par ailleurs du premier long-métrage d’un ex- premier assistant reconnu, Bertrand Guerry, qui dirige ici son propre frère, Thomas Guerry lui-même ancien du CNSMD. Ajoutons qu’une partie de la musique a été composée par les Black Lilys, représentants de la scène locale, et vous comprenez que cette avant-première se déroule à Lyon. Mes frères Au Pathé Vaise le lundi 4 juin à 19h30

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Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

SCENES | Roland Petit, Merce Cunningham, Saburo Teshigawara, Maguy Marin, Alain Platel... La nouvelle saison danse s'annonce riche en têtes d'affiche. elle réserve aussi bien des projets singuliers et enthousiasmants, comme celui, collectif et ambitieux, de Florence Girardon sur "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

Landscape / Coup Fatal Le Japonais Saburo Teshigawara danse autant avec la musique qu'avec la lumière, développant une gestuelle singulière, tour à tour poétique ou tranchante et précise comme une lame. Il revient cette saison à Lyon avec une pièce récente, Landscape (2014), un duo sous forme de quasi-improvisation avec la danseuse Rihoko Sato, sur des musiques de Bach (Variations Goldberg) et de John Cage (In a Landscape) interpré- tées sur scène au piano par le touche-à-tout Francesco Tristano – il s'est notamment produit aux côtés du pionnier techno Carl Craig et de l'Orchestre des Siècles à la Villette. Les 22 et 23 septembre à la Maison de la danse Qu'il nous déçoive ou qu'il nous enthousiasme, Alain Platel présente depuis plusieurs décennies des pièces sombres, souvent aux bords de la folie. Coup fatal, crée en 2014 pour le Festival d'Avignon, est un étonnant volte-face du chorégraphe belge qui, sur des musiques baroques se mêlant à des rythmes africains (jouées live par un orchestre d'une quinzaine de musiciens) et avec le concours d'énergiques danseurs congola

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Babel heureuse

SCENES | Á l'initiative de la Maison de la Danse, Babel 8.3 invite des habitants des 8e et 3e arrondissements à se familiariser avec les univers d'une dizaine de chorégraphes. Coup de projecteur sur un projet innovant qui cultive à la fois proximité et excellence. Valentine Martin

Valentine Martin | Mardi 26 mai 2015

Babel heureuse

Dans la mythologie biblique, la tour de Babel était une construction des hommes dont le sommet devait atteindre les cieux. Un projet jugé trop vaniteux par Dieu, qui décida alors de les punir en attribuant à chacun d'entre eux des langages différents. Ainsi les hommes se brouillèrent, avant de se disperser dans le monde. Aujourd'hui, la Maison de la danse tente une réunification, sous la forme d'un grand spectacle orchestré par sa directrice Dominique Hervieu, Babel 8.3, qui a vu 17 groupes d'habitants des 8e et 3e arrondissements apprendre un nouveau langage commun : celui du corps. Cet événement est né d'un désir : celui de mener un travail de proximité avec les habitants de quartiers dit sensibles. Des gens qui, pour certains, n'ont jamais mis les pieds dans cette institution du geste et sont en grande partie des amateurs. En tout, ce sont près de 250 volontaires qui se sont lancés dans cette aventure de longue haleine – débutée en septembre 2014, elle débouche cette semaine sur trois représentations – qui entend concilier haut niveau technique et respect de la diversité des cultures et individualités de chacun.

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Mots et merveilles

SCENES | A travers le portrait croisé d'un maître de cérémonie aussi candide que zinzin, le metteur en scène et comédien Cédric Marchal signe avec Et pourquoi pas la Lune ? l'un des spectacles les plus réussis de la saison. Et synthétise deux décennies d'une carrière sous le signe de l'émerveillement collectif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 20 mai 2014

Mots et merveilles

«Le spectacle vivant l'est parce que vous êtes là pour le lui rappeler». C'est par ce bon mot que Cédric Marchal conclue les représentations d'Oskar & Viktor, le pittoresque duo de juke-boxes de chair et de sang qu'il compose avec François Thollet depuis bientôt quinze ans. C'est sur elle que semble avoir été construit Et pourquoi pas la Lune ?, un seul-en-scène et demi – le marionnettiste Aïtor Sanz Juanes lui "donne la réplique" – qui voit cet artiste à tout faire embrasser d'un geste plein de fantaisie et de virtuosité les obsessions qui le travaillent depuis le début des années 90. A l'époque, Cédric Marchal, né à Strasbourg et aujourd'hui installé à Lyon, est un jeune produit du conservatoire de Chambéry, au sein duquel il trompait l'ennui que lui inspirait l'enseignement. De sa scolarité, il garde toutefois deux souvenirs : celui de ses premiers pas sur une scène, à l'âge de onze ans, dans une adaptation de L'Enfant sauvage de Truffaut ; et celui d'un prof d'arts plastiques autodidacte, qui lui tint un jour ce discours : «tant que tu n'as pas essayé, personne n'a le droit de te dire que tu n'es pas capable». Bonjour chez vous

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Bloc party

SCENES | Dans 2001 : l'odyssée de l'espace, un enregistrement dans lequel le Dr. Floyd fait état de la découverte, sur la Lune, d'un monolithe de fabrication (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 4 décembre 2013

Bloc party

Dans 2001 : l'odyssée de l'espace, un enregistrement dans lequel le Dr. Floyd fait état de la découverte, sur la Lune, d'un monolithe de fabrication extraterrestre, se conclue par ces mots : «Son origine et sa fonction demeurent totalement mystérieuses». On pourrait en dire autant de l'hexaèdre en bois qui se dresse au milieu du plateau de Bounce!, la nouvelle création de Thomas Guerry et Camille Rocailleux. En tout cas pendant ses cinq premières minutes. Passé ce délai et une collision inopinée avec un interprète, il deviendra tour à tour, par le truchement de subtils jeux de lumière et de la propension de ses concepteurs à faire du moindre élém

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Les corps impatients

SCENES | Le chorégraphe Thomas Guerry et le percussionniste Camille Rocailleux, fondateurs de la compagnie lyonnaise Arcosm, imaginent et défendent aux quatre coins du monde des spectacles inclassables, où la fantaisie le dispute à la prouesse. A l'occasion de leur nouvelle création ("Bounce!", au Théâtre de Vénissieux), rencontre avec ces deux grands enfants à la complicité féconde. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 4 décembre 2013

Les corps impatients

Vous vous êtes rencontrés au CNSMD il y a une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui vous a attiré l’un vers l’autre ? Thomas Guerry : C’est le langage qui nous a rapprochés. Camille utilisait son corps comme instrument, ma danse était très musicale, on se comprenait sans se parler. Au sortir du Conservatoire, frustrés du manque de passerelles qu’il y avait là-bas entre la musique et la danse, on a partagé un atelier le temps d’un été, sans autre volonté que d’échanger. A l’issue de cette session, on a présenté quelques rendus dans un festival et c’est André Curmi, directeur de la Scène Nationale d’Angoulême, qui nous a mis au défi de monter un spectacle à partir de cette matière. L’été suivant, nous avons créé Echoa. Camille Rocailleux : Il n’y avait aucun plan de carrière au départ. Nous étions portés par un sursaut d’énergie lié au terme de notre cursus et voulions simplement voir comment nos univers pouvaient s'imbriquer.

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Thomas Guerry & Camille Rocailleux, La Mécanique des anges

SCENES | Vous rêviez d'une sorte de huis clos sartrien sous forme de puzzle baroque chorégraphique et musical ? Alors courrez au Toboggan du 7 au 11 décembre voir (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2010

Thomas Guerry & Camille Rocailleux, La Mécanique des anges

Vous rêviez d'une sorte de huis clos sartrien sous forme de puzzle baroque chorégraphique et musical ? Alors courrez au Toboggan du 7 au 11 décembre voir "La Mécanique des anges" de Thomas Guerry (chorégraphe et metteur en scène) et Camille Rocailleux (compositeur et percussionniste). Huit danseurs, comédiens, chanteurs, musiciens rock et classique s'y adonnent avec énergie à un tourbillon fantasque et lyrique s'adressant plus aux sens qu'à l'esprit logique ou dramaturgique. Les autres, ceux pour qui les images même les plus réussies formellement ont besoin de consistance, passeront leur chemin. JED

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