Les Nuits de Thèbes

SCENES | Au commencement âpre et foutraque, l'"Antigone" de Gwenaël Morin se révèle au fil du jeu captivante et juste, dans un décor naturel à couper le souffle : les ruines romaines surplombant l’amphithéâtre de Fourvière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 6 juin 2013

Photo : Hervé All


On a beau connaître la recette de Gwenaël Morin, elle déroute encore. «Pas de décor, pas de costume, c'était une putain d'idée», comme le chantait ironiquement Vincent Delerm. Dans son Antigone (d'après Sophocle), les costumes sont des vêtements basiques (nuisette, jupe) ; les quelques accessoires sont comme d'habitude composés de carton et de gros scotch ; les hommes sont joués par des femmes et vice-versa. Bref, la "patte Morin" est immédiatement reconaissable, y compris dans le choix du texte, un gros morceau du répertoire - Gwenaël Morin a pris l'habitude, hormis quatre Fassbinder récemment, de monter des chefs d'œuvres (Philoctète, Tartuffe, Lorenzaccio…) en lesquels il a, dit-il, «une confiance aveugle». Pari payant : avec la traduction simple et néanmoins très contemporaine (2004) d'Irène Bonnaud et Malika Hammou, le metteur en scène va à l'essentiel, une histoire familiale qui dégénère et se mêle à celle de la Cité.

Antigone, gone (de Lyon)

Antigone veut enterrer son frère Polynice auquel Créon, chef de la Cité et frère de sa mère Jocaste, a refusé des funérailles. Au cœur de cette quête de dignité qui met dos à dos les lois divines et universelles et les interprétations déviées qu'en fait la figure politique, un chœur se mêle aux acteurs et fait parler le bon sens, le bien et le mal. Cette troupe d'amateurs unis fait corps, effraie parfois quand elle s'adresse frontalement et de très près à l'assistance, mais produit son effet, implique. In fine, l'alchimie entre l'ancienneté de cette pièce (jouée ici dans un décor naturel incroyablement bien occupé qui donne l'impression d'"être" à Thèbes) et sa contemporanéité est indubitable, et promet pour la suite.

Car Gwenaël Morin entend continuer à travailler des classiques, au théâtre du Point du Jour dont il est directeur depuis le début de l'année, à raison d'un par mois : Don Juan, MacBeth ou La Mouette, au fil de trimestres consacrés à Molière, Shakespeare, Sophocle et Tchekhov. Défendant l'idée d'un théâtre ouvert à tous, Morin ne mettra aucun abonnement en place, encore moins de réservations, chaque pièce sera accessible pour 5€. Une autre façon de s'affranchir des codes.

Antigone
Dans les ruines romaines du théâtre de Fourvière, mercredi 12 juin


Antigone

De Sophocole, ms Gwenaël Morin
Ruines romaines du théâtre romain Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des gens, à la voix du peuple. Et c’est comme ça que

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Élan des siens et liens du sang : "Antigone" de Sophie Deraspe

ECRANS | Pour sauver son frère et sa famille, une jeune fille endosse son identité. Son sacrifice émeut les foules et la transforme en icône. Une relecture impeccable de Sophocle par Sophie Deraspe, couronné de nombreux prix au Québec et qui représenta le Canada à l’Oscar.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Élan des siens et liens du sang :

Québec, de nos jours. Après la mort de son premier frère Étéocle et l’arrestation du second Polynice, la jeune réfugiée kabyle Antigone Hipponomes sacrifie ses études et son avenir pour prendre la place du détenu. Son geste fait d’elle l’égérie d’un mouvement générationnel… Attention, découverte(s) ! Découverte tardive de Sophie Deraspe, tout d’abord. Près de quinze ans après les débuts de cette réalisatrice québécoise dont l’impressionnante filmographie de fiction et de documentaire a déjà emballé les principaux festivals du monde entier mais qui, par on-ne-sait quelle aberration, n’a jamais trouvé le chemin des salles hexagonales — l’occasion de rappeler, au passage, l’importance des distributeurs, ces indispensables intermédiaires achetant les films aux producteurs afin que les exploitants puissent les projeter. Découverte (bis) de Nahéma Ricci, comédienne débutante et interprète du rôle-titre investissant un personnage aux résonances multiples puisqu’il doit à la fois justifier son charisme auprès des foules (comme de la caméra) et renvoyer, dans un inconscient lointain, à la vi

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Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Point du Jour en suspension Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités. Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation). Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu.

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Gwenael Morin, point final

SCENES | Le metteur en scène Gwenael Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour le 15 août 2018. Le Landerneau théâtral ne bruisse que de cela et les (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 avril 2018

Gwenael Morin, point final

Le metteur en scène Gwenael Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour le 15 août 2018. Le Landerneau théâtral ne bruisse que de cela et les candidatures vont bon train pour cette salle à la taille intermédiaire rare (200 à 350 places selon configurations). D’ici là, Philippe Quesne revient du 17 au 21 avril avec La Mélancolie des dragons, étrange spectacle punk sous la neige et Morin et son théâtre permanent joueront Œdipe à Colonne du 26 juin au 7 juillet à la suite d'une Nuit des Tragédies de Juillet le 21 juin.

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Pas de bataille pour Hernani

Théâtre | On croit connaître la recette du théâtre permanent jusqu’à plus soif. Avec Hernani, on en redécouvre le (bon) goût. Gwenaël Morin pousse toujours plus loin l’ascèse mais y trouve une âme.

Nadja Pobel | Mardi 5 décembre 2017

Pas de bataille pour Hernani

C’est au départ une contrainte et c’est in fine une grande liberté. De quoi s’agit-il ? De ces codes du théâtre et des rituels qui pavent la démarche même de s’y rendre. Sans réservation et sans paiement, il est tentant d’y renoncer même au tout dernier moment. Dénudée de ses fauteuils (!), la salle se présente simplement avec ses marches moquettées sur lesquelles le public est invité à se poser avec quelques gros coussins mis à disposition. Aride, déconcertant : la mise en condition est perturbante, limite agaçante. Comme d’habitude, la lumière plein feu embarque spectateurs et acteurs dans un même espace. Rien n’empêche donc de consulter éventuellement son portable ou de lire le déroulé de la pièce – à disposition à l’entrée - comme la plupart des vingt personnes présentes ce soir-là. Cette absence d’impératifs est peut-être bien la meilleure façon de se laisser happer et d’être concerné. « Je me nomme Hernani (…) c’est un nom de banni » En face, la troupe est de haut niveau et les rôles distribués, sans que le critère du genre n’entre en compte, sont magnifiquement portés par notamment un quatuor de fidèles, dont Barba

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François Veyrunes en chair et en combat

Danse | Deuxième volet d'un triptyque traitant de la mythologie grecque, "Chair Antigone" de François Veyrunes parle de la prise de position par le mouvement et la chair sublimée de corps féminins en tension, guerriers et graciles à la fois. Une pièce pour trois danseuses où le langage du corps définit l'espace.

Charline Corubolo | Mardi 16 mai 2017

François Veyrunes en chair et en combat

Dans la mythologie grecque, Antigone, fille d’Œdipe et de la reine Jocaste, désobéit à un ordre de Créon, son oncle et roi de Thèbes. Dans la pièce de François Veyrunes, ce n'est pas tant le récit mythologique qui intéresse le chorégraphe que les archétypes véhiculés par ces histoires antiques et, dans ce cas précis, la prise de position de l'héroïne Antigone. Chair Antigone, deuxième volet du triptyque amorcé en 2014 avec Tendre Achille et qui se terminera en 2017 avec Sisyphe heureux, explore ainsi la question fondamentale du choix et de la volonté d'agir plutôt que de réagir. Malgré un décor fait de paillettes dorées sans valeur ajoutée et des morceaux musicaux qui soulignent de manière redondante les passages dramatiques, Chair Antigone, pièce pour trois danseuses, sublime les corps par des mouvements épurés qui construisent l'espace et défient la gravité. Les interprètes se métamorphosent en guerrières féminines dont l'engagement physique transparaît par leur chair à moitié dénudée. De trio au solo, en passant par le duo, la grammaire plastique élabore une rencontre entre le plan vertical et le plan horizontal, dans une dimensio

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 9 mai 2017

Insomniaque

12.05.17 > LE SUCRE ANTIGONE Joli plateau de techno pour faire hurler les kids, avec le toujours très efficace Antigone, chouchouté par Concrete dont il est l'un des résidents. Le jeune parisien s'est fait une place sur la scène en explorant aussi les sons plus expérimentaux, signant son premier EP sur Construct Re-form. Autre nom à l'affiche choyé des aficionados : Roman Poncet, couvé par DJ Deep et Len Faki. Relève. 12.05.17 > BOOTLEGGER LE CHIFFRE Et si pour changer, on filait au Bootlegger, ce club rock dont on vous parlait il y a peu ? Échappé du combo lyonnais Omnicore, le DJ du soir - baptisé Le Chiffre - enchaîne classiques cold wave et raretés d'electronic body music, musique industrielle et new wave plus aérienne, et ce depuis le début des années 2000. On l'a croisé au mythique Pezner comme lors des soirées Apostasis. Gothique. 13.05.17 > LA MARQUISE DIMITRI FROM PARIS On l'aime ou pas, mais Dimitri est un modèle de longévité : dès 1986 on l'entendait déjà sur les ondes d'une radio commerciale, avant qu'il ne multiplie les remixes de stars de la pop

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À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

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Andromaque à la racine

Point du Jour | Gratuite, indéfinie dans le temps, Andromaque est au Point du Jour sans fard et renverse les codes ; à commencer par la façon d'effectuer une sortie théâtrale.

Nadja Pobel | Mardi 24 janvier 2017

Andromaque à la racine

C'est une antienne bien connue que Gwenaël Morin développe depuis des années (et depuis 2013 au Point du Jour) : faire un théâtre permanent et considérer l’œuvre théâtrale comme un bien public qu'il faudrait offrir aux spectateurs, encore et encore, puisque personne n'aura jamais assez d'une vie pour explorer la richesse des écrits de nos anciens. Cette humilité assortie d'un sens de l'économie radicale tranche avec ses congénères : pas de droit d'auteurs pour ces œuvres tombées dans le domaine public et pas de billetterie payante par retour d’ascenseur. Sophocle, Molière, Shakespeare... le metteur en scène a su explorer ses classiques dans son théâtre que, volontairement, il ne transforme pas en bar (à peine une salle d'attente blanche avant d'accéder à la salle) et souvent dans des lieux insolites : reconnaissons-lui le mérite d'avoir emmené le théâtre où il n'est pas, comme des quartiers excentrés du 5e arrondissement cet été dans le cadre des

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La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Nuits de Fourvière | « Pas de décor, pas de costume, c'était une putain d'idée » ironisait en 2002 Vincent Delerm à propos du festival d'Avignon. Gwenaël Morin applique ce principe à la lettre pour que les grands auteurs soient entendus. Sophocle sera dans les recoins du 5e arrondissement. Et c'est gratuit !

Nadja Pobel | Mardi 28 juin 2016

La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Des Shakespeare, des Molière, Musset, Racine, un jour peut-être les Tchekhov : Gwenaël Morin s'attelle à monter les auteurs majeurs depuis plus de dix ans. Non par mépris envers les vivants mais ces chefs d’œuvres sont si grands que c'est presque un devoir pour lui de les porter à connaissance. Encore et toujours. Comme un acte de service public qui justifierait que le théâtre du Point du Jour qu'il dirige depuis 2013 ne soit occupé que par sa compagnie, à l’exception des invitations faites à Yves-Noël Genod ou le collectif X, afin d'y poursuivre son théâtre permanent (jeu tous les soirs, répétitions tous les jours quand le rythme habituel est beaucoup plus séquencé). Pour ces Sophocle, il procède comme pour les Molière qui ont notamment connu un mois de plein succès tant critique que public aux Amandiers de Nanterre cet hiver : les rôles sont tirés au sort. Peu importe le genre des personnages

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Les soirées du 23 au 29 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le bal pop du Sucre, Shed au Transbordeur et Jonas Kopp à la Plateforme.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Les soirées du 23 au 29 septembre

26.09 Bal pop de la Casbah «Un samedi par mois, le Sucre fait son bal, avec la complicité de la joyeuse équipe du Pop Up Market.» nous annonce le rooftop. Pourquoi pas ? Surtout que le premier (après un coup d'essai à la Noël 2014), écho à la prochaine édition marocaine de Nuits Sonores, s'annonce pour le moins dépaysant. Ceci grâce à Jannis Stürtz, digger teuton qui, sous le nom de Habibi Funk – et via le label qu'il a co-fondé, Jakarta Records –, exhume les trésors cachés du funk et du psyché maghrébins des années 60 et 70. Une démarche d'utilité publique, complémentaire de celle de Brian "Awesome Tapes from Africa" Shimkovitz.

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Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

SCENES | C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (et jusqu’à fin décembre 2016 a minima), Gwenaël Morin poursuit cette expérience largement développée à Aubervilliers qui, si elle est incompatible avec bons nombres de compagnies, a le mérite d'inventer un théâtre du quotidien, tout en proposant une autre forme d’accueil du public : sans réservation et à 5€ la place. Lui-même l'a pratiqué avec Molière, Tchekhov ou Shakespeare, avant de convier le Collectif X pour quatre journées du Soulier de satin sur quatre mois. Hardcore. Cet automne, c’est le comédien et metteur en scène Yves-Noël Genod qui, une semaine sur deux, va dérouler huit épisodes d’un même mouvement théâtral. Son contenu ? Lui-même ne le connait pas vraiment, si ce n’est que Baudelaire et des dramaturges passeront par là, souvent dits dans le noir par dix à trente comédiens qui travailleront dans l’urgence. Car ce qu’aime Yves-Noël Genod, c’est «ouvrir la perception du public», rappelant qu’étymologiquement, le théâtr

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Les soirées du 27 mai au 2 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Unforeseen Alliance au Sucre, Roman Lindau au Logo et Mike Huckaby au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Les soirées du 27 mai au 2 juin

29.05 XIII de France A peine le Sucre débute-t-il sa saison estivale qu'il troque le soleil de plomb pour une chape du même matériau (elle-même recouverte d'un voile de noirceur). Et pour cause : le rooftop accueillera, en guise de première étape de son désormais traditionnel tour de France de la musique électronique, l'une des premières dates de la Unforeseen Alliance. Soit l'union, autour d'un projet live inédit appelé à faire date, de quatre producteurs parisiens qui font bouger les lignes (brisées et pas claires du tout) de la techno : Antigone, The Birth Frequency, Voiski et Zadig, le carré d'as du label Construct Re-form.

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Le point sur Morin

SCENES | Gwenaël Morin, à la tête depuis le 1er janvier du Théâtre du Point du Jour, est un homme de théâtre atypique : il se propose de créer quotidiennement, avec ses acteurs et des anonymes, les grands classiques du répertoire dans un théâtre dit «permanent». Rencontre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Le point sur Morin

Vous avez déclaré il ya longtemps que le théâtre ne sert à rien, ne rend service à personne et n’est même pas à la mode. Pourquoi en avoir fait votre vie ?Gwenaël Morin : C’est vrai que ça ne sert rien, que ce ne soit pas à la mode est moins vrai. Il y a des espèces de phases où la branchitude s’épuise des biennales d’art contemporain et se ré-intéresse au spectacle vivant jusqu’à la prochaine décennie. Il y a des flux. Je voulais dire qu’un artiste est illégitime donc ne peut être à la mode, utile ou intéresser les gens a priori. Deleuze dit que l’artiste crée pour un peuple à venir, un peuple du futur, un peuple qui n’existe pas. C’est comme si l’artiste mettait au jour des évidences qui le deviendront a posteriori et si elles ne le deviennent pas, c’est que son œuvre aura d’une certaine manière échoué. C’est une espèce d’appel des contraires. En 2003, vous jouiez déjà au Point du Jour avec un spectacle – Mademoiselle Julie - à la scénographie dépouillée. Qu’est-ce qui vous pousse vers cette esthétique ?Le dépouillement n’e

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Gwenaël Morin au Point du jour

SCENES | Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 novembre 2012

Gwenaël Morin au Point du jour

Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à ce poste depuis le départ volontaire de Michel Raskine et André Guittier, il y a un an. Son souhait : faire de ce lieu un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés et un public participatif, soit un théâtre ouvert à tous et pas seulement aux heures de spectacle. Depuis septembre, Gwenael Morin revisite le répertoire de Fassbinder selon un mode de répétitions ouvertes (du 1er au 9 de chaque mois) suivi d’une représentation le 10. Ce lundi à 20h, Village en flamme clôturera cette série d’«antithéâtre», ainsi qu'il la nomme. Nadja Pobel

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Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

SCENES | Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet (...)

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet au 1er janvier 2013. La commission chargée des auditions, représentant les différents partenaires (Ville de Lyon, Région Rhône-Alpes, Conseil général du Rhône et Ministère de la culture -DRAC Rhône Alpes), a reçu vingt candidatures. Neuf équipes ont été auditionnées début novembre. Gwenaël Morin souhaite faire du Théâtre du Point du Jour un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés.  Des rendez-vous avec le public seront programmés au premier semestre 2013 avant le lancement de la saison du « Théâtre permanent » le 1er septembre 2013. Du 1er au 10 décembre à 20h, Gwenael Morin propose des répétitions ouvertes de "Village en flamme", quatrième volet d'Antiteatre (40 jours de traversée de quatre pièces majeures du répertoire de Rainer Werner Fassbinder).

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A capela

SCENES | Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 20 janvier 2012

A capela

Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un investissement total de la présence et de la parole de l'acteur. Il adapte au Point du Jour un texte de jeunesse de Peter Handke, Introspection, écrit en 1966 et qui recèle bien des idées qui éclateront au grand jour en... mai 1968. Ce monologue pour deux personnages est ici interprété par un chœur (antique et contemporain) de sept acteurs, la plupart du temps simplement en ligne face au public. Il y est question de l’histoire d'un être humain, de sa naissance à aujourd'hui, en passant par toutes les étapes de sa vie, ses déboires, ses espoirs et ses transgressions. Le texte est acide, drôle, répétitif, vindicatif, poétique, musical : le chœur se fait d'ailleurs aussi souvent chorale (des moments chantés et surtout des moments rythmiques où le texte est scandé). Et l'on retient de cette stimulante mise en scène la mise en collectif du singulier, en multiplicité de l'individuel. Un «Je» parle ou chante en chœur : façon à la fois de s'aliéner aux autres (le règlement) ou de pouvoir lutter, se révolter, résister en s

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Sophocle on the rocks

SCENES | Théâtre / Wajdi Mouawad adapte Sophocle dans sa trilogie "Des terres" sans grands risques artistiques, hormis celui d’avoir confié à Bertrand Cantat la mise en musique rock des chœurs. Une idée discutable. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 13 novembre 2011

Sophocle on the rocks

Dramaturge boulimique remettant dans ses propres textes la tragédie au goût du jour, Wajdi Mouawad s’est lancé dans un projet ambitieux d’adaptation des sept pièces de son idole, Sophocle. Une première "fournée" est présentée aux Célestins qu’il est possible de voir d’affilée (6h30 au total) ou non : Les Trachiniennes, Antigone et Electre. Soit successivement les démêlés de trois femmes aux prises avec l’amour et la mort, le désir et la justice, la vengeance et le chaos. L’une des innovations les plus marquantes de Mouawad, et qui a fait couler beaucoup d’encre, est d’avoir confié la mise en musique et en chants du chœur à Bertrand Cantat (qu’il interprète avec trois autres musiciens sur scène, mais la distribution change cette semaine). Cette idée d’un coryphée rock est sympathique, donne leur rythme aux pièces, et l’on assiste à des passages assez saisissants, comme celui où Antigone "pète les plombs", danse et rugit sur un morceau très rock et noir-désien. Il y a d’autres séquences fortes, d’autres beaucoup plus discutables musicalement et certaines totalement ridicules, dans Les Trachniennes par exemple où Cantat chante a capella du Sophocle comme

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Louons Loyon

SCENES | Théâtre / Quand René Loyon propose une version «actualisée» d’Antigone, il ne cherche pas à «faire jeune». Pour montrer la pertinence et la persistance des (...)

Dorotée Aznar | Lundi 18 mai 2009

Louons Loyon

Théâtre / Quand René Loyon propose une version «actualisée» d’Antigone, il ne cherche pas à «faire jeune». Pour montrer la pertinence et la persistance des questions soulevées par la pièce de Sophocle, le metteur en scène prend le parti, finalement assez logique, de faire entendre le texte. Pour cela, il se débarrasse des décors, des costumes, et même des lumières. Les personnages évoluent dans un clair-obscur visant à restituer la tragédie qui se noue sous les yeux du spectateur. L’opposition entre la femme et l’homme, entre la jeunesse et l’âge mûr, entre la loi écrite et la loi non écrite, c’est ce qui se joue dans Antigone. Les fils d’Œdipe se sont livrés un combat à mort. Pour Étéocle, qui a défendu Thèbes, le nouveau roi décide d’organiser des funérailles officielles. La dépouille du frère ennemi, Polynice, sera quant à elle laissée sans sépulture, livrée aux chiens et aux rapaces. Toute personne s’opposant à cet édit sera punie de mort. Bravant l’interdiction, Antigone décide de rendre les derniers hommages au corps de son frère, préférant obéir aux lois d’en bas qu’à celles des hommes. À l’opposition martyr-tyran, le metteur en scène préfère substituer l’honnêteté des deux

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