L'amour à la machine

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a depuis cessé de présenter le résultat aux quatre coins du monde. C'est dire le pouvoir de fascination qu'exerce cette courte pièce (vingt minutes chrono) à mi-chemin de la relecture mécanique de King Kong (plus une magnifique histoire d'amour impossible qu'un récit d'aventure), de la parabole sur la domination croissante des machines et du rêve d'enfant concrétisé.

A quoi tient-il ? Au caractère périlleux et par extension spectaculaire de l'exercice, bien sûr, et à la technicité qu'il requiert de ses interprètes. Mais aussi et surtout à l'improbable alchimie qui s'y construit entre l'imposant engin de terrassement, dont le godet se fait tour à tour mâchoire dévorante et main protectrice, et le petit homme tiré à quatre épingles qui tente de l'apprivoiser. Bref, en dépit de la richesse proverbiale des Invites, on ne verra au cours de leur édition 2013 sans doute rien de plus atypique et gracieux que ce pas de deux - d'autant que c'est la voix de Mater Dolorosa de La Callas qui le souligne, présenté vendredi 21 et samedi 22 juin sur l'avenue Henri Barbusse.

Benjamin Mialot

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L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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Aux arts, citoyens !

CONNAITRE | Pour la douzième année consécutive, Villeurbanne offre à ses habitants (et aux autres) quatre jours de festivités en plein air avec Les Invites. Coup de projecteur sur ce festival généreux et chaleureux, le temps d'une rencontre avec Patrice Papelard, son créateur-concepteur. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Aux arts, citoyens !

Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en 2001. Je l’avais connu lorsqu’il était adjoint à la culture, à l’époque des Eclanova, pour lesquels il m’avait recruté. C’était un festival gratuit de 1989 à 1995, avec plus de musique que dans Les Invites mais où j’avais déjà amené les arts de la rue. Avec Les Invites, on voulait proposer au public de nous rencontrer, utiliser des matériaux pour transformer l’espace urbain et, en plus, confier à des associations la restauration. Manger et boire ensemble faisait partie intégrante du projet artistique. C’était très important.   S'agissait-il déjà d'un festival dit «pas pareil» ? On avait déjà inventé ça oui. «Pas pareil» car il était basé sur la gratuité et la participation et parce que dès la première année on a voulu un mélange d’exigence artistique et de conv

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Place nette (ou pas)

SCENES | Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Place nette (ou pas)

Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée l'an dernier la mise en scène de l’hommage à Jean Vilar au Festival d’Avignon), KompleXKapharnaüM, se fendra en effet d'impromptus, de jour comme de nuit, au village du festival et à la Doua, étrennant ainsi les premières esquisses de sa prochaine création (prête pour fin 2014), Do not clean. Ces rendez-vous scelleront une énième collaboration entre cette compagnie villeurbannaise et  le festival, qui l’avait notamment accueillie en 2011 avec le projet Fool, mené avec le groupe High Tone, une immense déambulation dans le quartier des Gratte-ciel qui avait réuni cinq mille personnes. Il s’agira cette fois d’une petite proposition, parfois même imperceptible, visant à s'interroger, toujours dans l'espace public, sur ce que l’on jette, ce que l’on garde et ce que l'on refuse de considérer. Mais qu’on ne s'y trompe pas : Do not clean n’est pas une fable écologique et donneuse de leçon sur le recyclage, quand bien même le collectif s’est

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