Place nette (ou pas)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée l'an dernier la mise en scène de l'hommage à Jean Vilar au Festival d'Avignon), KompleXKapharnaüM, se fendra en effet d'impromptus, de jour comme de nuit, au village du festival et à la Doua, étrennant ainsi les premières esquisses de sa prochaine création (prête pour fin 2014), Do not clean.

Ces rendez-vous scelleront une énième collaboration entre cette compagnie villeurbannaise et  le festival, qui l'avait notamment accueillie en 2011 avec le projet Fool, mené avec le groupe High Tone, une immense déambulation dans le quartier des Gratte-ciel qui avait réuni cinq mille personnes. Il s'agira cette fois d'une petite proposition, parfois même imperceptible, visant à s'interroger, toujours dans l'espace public, sur ce que l'on jette, ce que l'on garde et ce que l'on refuse de considérer. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Do not clean n'est pas une fable écologique et donneuse de leçon sur le recyclage, quand bien même le collectif s'est déjà procuré auprès des services propreté du Grand Lyon bennes, balais et autres outils de nettoyage.

Qu'est-ce qu'on bazarde ? Qu'est-ce on conserve ? Dans quel but et pour qui ? Une parole vaut-elle plus qu'une autre ? La question est aussi politique. Pour y répondre, l'équipe rencontre des acteurs du milieu social, se rend au tribunal de Villeurbanne écouter les avis d'expulsion, collecte elle-même avant de trier. Comme à leur habitude, les membres de KompleXKapharnaüM vont aussi recueillir la parole des habitants, par exemple en les invitant à déposer vocalement, dans une benne, ce qui les encombre. Ces propos enregistrés nourriront peut-être le spectacle final. En attendant, ouvrez l'oeil tandis que vous arpenterez les sites sur lesquels prendront place les Invites. Il n'est pas impossible que vous entendiez des sons ou voyiez des images s'échapper d'une poubelle.

Nadja Pobel

KompleXKapharnaüM
Tournages et impromptus durant le festival

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Raccord dans l'axe

SCENES | Suite de la déambulation urbaine Le Long de l'axe proposée par KompleXKapharnaum ce vendredi 4 novembre qui, associée aux équipes de Pixel 13 (collectif (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 novembre 2016

Raccord dans l'axe

Suite de la déambulation urbaine Le Long de l'axe proposée par KompleXKapharnaum ce vendredi 4 novembre qui, associée aux équipes de Pixel 13 (collectif d'artistes et d'architectes) et de la cie Sous X (théâtre), vous enjoint à prendre le T3 à Part-Dieu Villette à 17h32, 18h32 ou 19h34 pour aller à la rencontre de deux hommes sortis de leur quotidien trop mécaniques. Cette sorte de jeu de piste nocturne est accessible dès 10 ans, gratuitement et sur réservation : lelongdelaxe@kxkm.net.

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KompleX Kapharnaum : extérieur ville

Théâtre de Rue | Regarder la ville autrement, l'éprouver physiquement : voilà la grande affaire de l'équipe de KompleXKapharnaum. Avec Le Long de l'axe, ils (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 mai 2016

KompleX Kapharnaum : extérieur ville

Regarder la ville autrement, l'éprouver physiquement : voilà la grande affaire de l'équipe de KompleXKapharnaum. Avec Le Long de l'axe, ils s'aventurent le long du T3, entre Part-Dieu et l'aéroport. Au départ est l'histoire (plus ou moins fictive, à vous de vous faire une idée), d'un homme travaillant dans le trading à haute fréquence qui, à sa descente d’avion, est obligé de rallier la ville à pied. De cette mésaventure (ou aubaine), il a fait un carnet de voyage dont les dessins sont visibles sur le site de Komplex. C'est cette pérégrination qui va commencer pour le public ce samedi 28 mai (à 10h, 11h, 16h et 17h. RV sur le parvis de la gare Part-Dieu Villette. Résa obligatoire au 04 72 37 94 78 ou lelongdelaxe@kxkm.net) avec la promesse de s'arrêter dans ces espaces urbains où plus personne ne prend le temps de se rencontrer. Une carte en main, des signes à retrouver, des installations plastiques, des lieux insolites : voilà de quoi agrémenter ce parcours semi-guidé avec barbecue à la clé (si vous amenez une brochette à faire griller) piloté par les Clermontois de Pixel 13 à l'invitation de "KxKm". Bienvenue dans l’esquisse d’un véritable GR en pleine ville

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Aux arts, citoyens !

CONNAITRE | Pour la douzième année consécutive, Villeurbanne offre à ses habitants (et aux autres) quatre jours de festivités en plein air avec Les Invites. Coup de projecteur sur ce festival généreux et chaleureux, le temps d'une rencontre avec Patrice Papelard, son créateur-concepteur. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Aux arts, citoyens !

Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en 2001. Je l’avais connu lorsqu’il était adjoint à la culture, à l’époque des Eclanova, pour lesquels il m’avait recruté. C’était un festival gratuit de 1989 à 1995, avec plus de musique que dans Les Invites mais où j’avais déjà amené les arts de la rue. Avec Les Invites, on voulait proposer au public de nous rencontrer, utiliser des matériaux pour transformer l’espace urbain et, en plus, confier à des associations la restauration. Manger et boire ensemble faisait partie intégrante du projet artistique. C’était très important.   S'agissait-il déjà d'un festival dit «pas pareil» ? On avait déjà inventé ça oui. «Pas pareil» car il était basé sur la gratuité et la participation et parce que dès la première année on a voulu un mélange d’exigence artistique et de conv

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L'amour à la machine

SCENES | Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

L'amour à la machine

Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a depuis cessé de présenter le résultat aux quatre coins du monde. C'est dire le pouvoir de fascination qu'exerce cette courte pièce (vingt minutes chrono) à mi-chemin de la relecture mécanique de King Kong (plus une magnifique histoire d'amour impossible qu'un récit d'aventure), de la parabole sur la domination croissante des machines et du rêve d'enfant concrétisé. A quoi tient-il ? Au caractère périlleux et par extension spectaculaire de l'exercice, bien sûr, et à la technicité qu'il requiert de ses interprètes. Mais aussi et surtout à l'improbable alchimie qui s'y construit entre l'imposant engin de terrassement, dont le godet se fait tour à tour mâchoire dévorante et main protectrice, et le petit homme tiré à quatre épingles qui tente de l'apprivoiser. Bref, en dépit de la richesse proverbiale des Invites, on ne verra au cours de leur édition 2013 sans doute rien de plus atypique et gracieux que ce pas de deux - d'autant que c'est la voix de

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