Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Photo : "Smashed", Gandini Juggling © Ludovic des Cognets


Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (Matamore, par le Cirque Tratolla et le Petit Théâtre Baraque), sportif et collectif (Opus, collaboration entre la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy) : quel que soit son état et à quelques traumatisantes exceptions près, le nouveau cirque nous a, la saison passée, mis dans tous les nôtres.

Du coup, c'est avec une impatience certaine que l'on aborde le versant acrobatique de cette rentrée, d'autant qu'elle sera jalonnée de quelques retrouvailles. Avec Bolze d'abord, qui en attendant sa nouvelle création, repoussée à 2015, présentera aux Célestins (du 19 au 23 novembre) Nous sommes pareils à..., un programme semi-inédit élaboré avec les danseurs tunisiens Ali et Hedi Thabet. Mais aussi avec une partie du Cirque Tratolla : d'un côté la microscopique Titoune, qui mettra en scène pour le Circ'ombellico Da/Fort, récit burlesque d'une dispute territoriale entre une voltigeuse et un homme fort, de l'autre, dans un registre théâtral, le massif et velu Bonaventure Gacon, à l'affiche de l'excellent Les Clowns de François Cervantès (à la Croix-Rousse du 3 au 7 décembre).

Jeu, set et Smashed

Autres valeurs sûres de la saison : Jean-Baptiste Thiérée et Victoria Chaplin (fille de la deuxième plus célèbre moustache en brosse à dents de l'histoire), qui reprendront leur fabuleux Cirque Invisible à Villefranche (21 au 23 décembre) avant de passer les fêtes au Radiant (26 au 29 du même mois), et les Québécois des 7 Doigts de la main, de retour avec le gracieux Séquence 8 un peu plus d'un an après sa création mondiale aux Nuits de Fourvière (16 et 17 avril à Villefranche) - on vous déconseille en revanche ID, le blockbuster hip hop de leurs compatriotes du Cirque Eloise.

Sur un plan plus local, on ne manquera pas l'inventif Six pieds sur Terre (20 décembre au Polaris), créé à l'hiver 2012 à Tassin par Lapsus, troupe où émargent d'anciens élèves de l'école de cirque de la MJC Ménival, ainsi que 50/50, le très intime nouveau spectacle du duo isèrois Virevolt, créé aux Subsistances au printemps au terme de résidences au Théâtre Jean Marais et à l'Atrium (où ils se produiront respectivement le 11 avril et 17 mai).

C'est toutefois de Londres que devrait venir la meilleure, plus précisément du Gandini Juggling, collectif qui avec Smashed (à Villefranche, les 13 et 14 novembre) entend dynamiter à coups de pommes et de cups of teas les conventions de la jonglerie – et nous faire oublier le prétentieux et mollasson FoReSt de Jérôme Thomas.


Les Clowns

Par François Cervantes, cie L'Entreprise, 1h40, dès 10 ans. Un doux rêveur, un ogre et une passionnée de théâtre découvrent le texte du "Roi Lear" et décident de le jouer
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le Cirque invisible

De Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, 2h. Magie, cirque
Théâtre de Villefranche Place des Arts Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Smashed

Conception Sean Gandini et Kati Ylä-Hokkala, avec Sean Gandini, Kati Ylä-Hokkala, Jon Udry, Malte Steinmetz, Niels Seidel, Kim Huynh, Iñaki Sastre, Owen Reyniolds, Sakari Mannistö, dès 7 ans. Jongleurs
Théâtre de la Renaissance 7 rue Orsel Oullins
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Flip et flippés

Cirque | Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes (...)

Nadja Pobel | Mardi 30 avril 2019

Flip et flippés

Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes se mouvoir avec attention et agilité. Qui sont-ils ? Leurs trapèzes encore enroulés à la structure métallique sont leur langage, celui avec lequel ils vont devenir une tribu à laquelle nous convie Aurélie La Sala, ancienne boxeuse, circassienne qui a repris seule la compagnie Virevolt fondée avec Aurélien Cuvelier. Sans numéro d’épate, au sol, dans les airs, amassés sur un cube à 80 cm du sol comme si une mer menaçante allait les aspirer, les acrobates signent un spectacle bouleversant sur ce qu’il nous reste de liberté, la capacité et/ou la nécessité d’être seul ou plusieurs, comment on se débat avec les contraintes extérieures et nos urgences intérieures. À voir au Théâtre de Villefranche le samedi 4 mai à 17h.

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Les arts transgressés aux 7 Collines

Les 7 Collines | Festival majeur de la Loire et l'un des plus importants en Rhône-Alpes, Les 7 Collines reviennent avec une programmation très circassienne. Dans les propositions de cette 22e édition, focus sur deux artistes passionnants : le magicien sombre Yann Frisch pour Le Syndrôme de Cassandre et le trampoliniste Mathurin Bolze qui se dédouble dans Barons perchés.

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Les arts transgressés aux 7 Collines

Elle a les pieds dans l'eau, des bottes de Bretonne et elle se marre. La fille de l'affiche des 7 collines n'a pas l'air d'arpenter la Loire mais le festival semble la réjouir. Avec des tarifs bas (10€ ou 14€ le spectacle) et des mastodontes du cirque (notamment), chaque année cette manifestation se débrouille pour que des compagnies internationales fassent escale ici. Certaines viennent plusieurs fois. C'est le cas ces deux dernières années pour les 7 doigts de la main venus avec le trop bavard et pour tout dire raté, Cuisine et confessions l'an dernier, ou le beaucoup plus sportif Séquence 8 juste avant. Cet été, c'est avec Mathurin Bolze que le festival renoue. Aérien Le circassien, déjà passé par là avec son cultissime Du goudron et des plumes en 2010 et le plus transitoire À bas bruit en 2013, présente Barons perchés. Encore tout frais (à peine une quinzaine de représentations depuis sa création cet automne), ce spectacle est en fait une réplique de Fenêtres, également au générique du festival. Animé par le théâtre (figurant pour Jean-Paul Delore ou Bruno Boeglin),

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Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Cirque | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion du festival UtoPistes et de sa présence aux Nuits de Fourvière, le trampoliniste Mathurin Bolze raconte son métier récemment vilipendé et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Il a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque à Chalôns-en-Champagne. Rapidement, en 2001, Mathurin Bolze fonde la compagnie mpta et, à l'occasion d'une commande de La Brêche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir, se nommer Fenêtres. Quinze ans plus tard, il donne cette création à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation, et dédouble le rôle dans une autre pièce qui prend directement le nom — mais au pluriel — du roman d'Italo Calvino qui l'a inspiré précedemment, Barons perchés. En duo, il défie le sol et s'entiche du volume. Bien avant que Yoann Bourgeois n'emmène le trampoline dans tous les théâtres, Bolze choisit cet agrès pour les propriétés ludiques et aussi «

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Le retour des UtoPistes

Festival | Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Le retour des UtoPistes

Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à l’air libre, gratuitement. Mathurin Bolze et sa compagnie mpta (les mains, les pieds et la tête aussi) proposera la recréation de Fenêtres et sa suite dédoublée, Barons perchés (également au programme des Nuits de Fourvière). C’est aussi durant ces dix jours que la nouvelle icône de la performance parlée, Sébastien Barrier, viendra pour sept heures consacrées au vin naturel (Savoir enfin qui nous buvons, complet) et cette fable souvent émouvante sur la perte, Chuncky Charcoal. Le grand retour du maitre James Thierré — qui promet, avec La Grenouille avait raison, de revenir a plus d’épure que pour son très raté Tabac rouge — n’éclipsera pas le talent de jeunes acrobates tels Justine Bertillot et Frédéric Vernier (Noos, voir photo) ou les jongleurs de Petit Travers (Nuit) à destination du jeune public. À vous de piocher parmi ces trente représentations.

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Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras". 7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling – associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation. Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur. Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui devrait en mettre plein les yeux et autant dans les narines. Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeu

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Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

SCENES | Avec "Psy", "Traces" et "Séquence 8", le collectif canadien des 7 Doigts de la Main nous avait habitué au meilleur. Avec "Cuisine et confessions", présenté à la Maison de la Danse pour les Nuits de Fourvière, il signe un spectacle tout en auto-satisfaction et en démagogie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 29 juin 2015

Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

Un décor de cuisine monumental à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre des spectateurs qui s’installent pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 Doigts de la Main savent recevoir et allécher. Sauf que ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus, au point que le spectacle semble ne jamais commencer, nonobstant quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques. D’emblée, Cuisine et confessions manque cruellement de rythme – et cela se vérifiera sur ses 90 minutes – un comble pour des circassiens, par ailleurs de très haut niveau (ah ! leur maîtrise du mât chinois...). De là, les 7 Doigts de la Main se laissent prendre au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant fréquemment sur scène, comme s’ils ne pouvaient convaincre par leur seul talent, allant jusqu'à se planquer tandis que trois spectateurs meublent la scène. Dans cet aveu de faiblesse, ce n’est pas tant l’embarras des cobayes qui met mal à l'aise que la limpide démission des artistes. Se (faire) rouler dans la farine Autre facilit

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Un sacré printemps de danse

SCENES | C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

Un sacré printemps de danse

C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril). Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse. Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l’œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital. Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Joyeux bordels

«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro. Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe

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L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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Jeu, set et Smashed

SCENES | Dans Smashed, neuf jongleurs rendent hommage à Pina Bausch avec des pommes et mettent en compote les idées reçues sur leur discipline. Un spectacle d'un raffinement et d'une fluidité impressionnants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 6 décembre 2013

Jeu, set et Smashed

Elle a poussé l'humanité à commettre son premier crime de lèse-déité, inspiré à Newton la loi de la Gravitation universelle et à Magritte son tableau le plus fameux, permis à Chirac de remporter l'élection présidentielle de 1995 et à Steve Jobs de faire prospérer sa secte... Y a pas à dire, la pomme est le fruit le plus influent de la Création. Cette assertion, le Gandini Juggling, troupe londonienne qui depuis le début des années 90 repousse les limites esthétiques et techniques de la jonglerie, lui donne encore un peu plus de crédit avec Smashed. Et pour cause : ce spectacle, l'un de ses plus emblématiques (créé en 2011, il a déjà été joué plus de deux cents fois) se présente comme une transposition de la danse-théâtre, approche expressionniste du geste que la chorégraphe allemande Pina Bausch popularisa dans les années 70, en jonglage-théâtre, et repose, à un service à thé et une rangée de chaises près, uniquement sur le lancer et la passation de pommes. Voire sur leur escamotage.  Les casseurs jongleurs Les neufs interprètes de Smashed font en effet montre d'une telle adresse que leurs manipulations confinent parfois à la prestidigitation.

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Shakespeare avec nez rouge

SCENES | "Les Clowns", c’est un spectacle sur le théâtre porté par trois clowns rocambolesques. C'est aussi et surtout un véritable coup de cœur. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 28 novembre 2013

Shakespeare avec nez rouge

Quand des clowns s’ennuient, que font-ils ? Ils s’essaient au théâtre, tout simplement. Et, quitte à y aller franco, autant se confronter au mythique Shakespeare, à ses intrigues à rallonge et ses personnages en veux-tu en voilà. Le Roi Lear, c’est bien, non ? Bon, certes, quand on est trois, le challenge ressemble plutôt à une gageure. Mais qu’importe, il n’y a qu’à s’adapter. On réduit la distribution au maximum, quitte à fusionner plusieurs rôles en un. Et niveau scénographie, quelques cartons ramassés ici et là serviront bien à faire un château, non ? Les Clowns, c’est ça ; une subtile mise en abyme orchestrée par trois clowns apprentis comédiens : Boudu (le colosse à barbe hirsute Bonaventure Gacon, croisé l’an passé dans l'inquiétant et formidable Matamore), Arletti (Catherine Germain) et Zig (Dominique Chevallier). Tous trois réunis par l’homme de théâtre François Cervantes, passionné par le monde des farceurs maquillés. Moi aussi je veux un cheval Les deux premières scènes servent de présentation. On y découvre les trois interpr

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Cirque engagé

SCENES | Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 22 juin 2013

Cirque engagé

Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour programmer l'éclectique festival utoPistes. Le talentueux circassien lyonnais résume ainsi sa contribution : «Quatre soirées, en plusieurs lieux d’intérieur et de plein air, des pièces de cirque incontournables, des créations dédiées au festival, et jusqu’au bout quelques surprises, tel est le programme composé par la compagnie Mpta». Mathurin Bolze créera en effet une courte pièce avec la collaboration, notamment, du non moins talentueux Yoann Bourgeois (auteur de L’Art de la fugue et du superbe Wu Wei, présenté cette saison à la Maison de la Danse). Mais la grande curiosité de cette édition vient d’Australie avec la compagnie Acrobat. Ses fondateurs, les quadragénaires Jo-Ann Lancaster et Simon Yates, ont mis en scène, après un voyage à Cuba, l’étonnant Propaganda en 2010. Dans une grande économie de moyens scéniques et vêtus souvent de simples sous-vêtements peu glamours, ces deux activistes nourris des œuvres de Marx,

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Gosses aux pieds agiles

SCENES | Retour aux sources pour la compagnie Lapsus. Certains de ses membres ont fait leurs gammes enfants à Ménival, école de cirque du 5e arrondissement de Lyon (...)

Nadja Pobel | Vendredi 7 décembre 2012

Gosses aux pieds agiles

Retour aux sources pour la compagnie Lapsus. Certains de ses membres ont fait leurs gammes enfants à Ménival, école de cirque du 5e arrondissement de Lyon aujourd’hui labélisée Scène découverte par la Ville, la Région et la DRAC. Depuis ils ont tous fait du chemin et sont notamment passés pour la plupart par le Lido, école circassienne de Toulouse où ils ont décidé de se réunir pour créer Six pieds sur terre. Des pieds, il y en a en fait une douzaine au plateau. Ceux d’un monocycliste, d'un jongleur, de deux porteurs, d'un acrobate et d'une voltigeuse, Gwenaëlle Traonouez, seule fille parmi cette bande de garçons joueurs. Autant d'interprètes dont les techniques, savamment maîtrisées, n’occultent jamais la créativité et la douceur d'un spectacle qui pourtant requiert une sacrée force physique. Preuve en est par exemple cette mégalopole qu'ils dessinent en un clin d'oeil avec des briques de bois. Les buildings, les ponts se dressent sous nos yeux... avant de s’écrouler dans le bruit inquiétant des hélicoptères et d'une guerre qui menace, la troupe n'étant pas perchée dans un univers totalement déconnecté du réel.

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Famille je vous aime

SCENES | Créé dans les années 90, "Le Cirque invisible" de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin fait partie de ces spectacles qui marquent les esprits avec bonheur. Deux heures de véritable magie visuelle, sans aucune autre prétention que celle d’émouvoir et d’enchanter le public. Aurélien Martinez

Christophe Chabert | Lundi 5 novembre 2012

Famille je vous aime

Le Cirque invisible, ce sont des images, des sensations, des formes, des couleurs... Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, que l’on a coutume de présenter comme les pionniers du nouveau cirque (cet art qui s’éloigne du nez rouge et des lapins dans les chapeaux pour rechercher une certaine épure proche de la danse), sont deux artistes délicieusement fantasques. Lui, acteur que l’on a aussi bien pu croiser chez Alain Resnais et Peter Brook que dans la rue en 1968 ; elle, fille du grand et imposant Charlie Chaplin, qui aujourd’hui collabore discrètement avec leurs deux enfants : Aurélia Thierrée (elles ont imaginé ensemble L'Oratorio d'Aurélia), et surtout James Thierrée, artiste pluridisciplinaire qui livra quelques-uns des plus beaux spectacles vus ces dernières années (elle lui confectionne ses costumes). Une lignée à haute valeur artistique ajoutée donc... Mais revenons-en aux parents, qui sont maintenant seuls en piste, leurs enfants ayant depuis longtemps quitté leur Cirque bonjour (qui devint ensuite le Cirq

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Sur une voie de garage

SCENES | Ce devait être l’un des événements de la rentrée… La création aux Célestins du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze n’est que bricolage caricaturant son propre univers… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 octobre 2012

Sur une voie de garage

Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu’Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu’un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n’ai aucune inspiration», cela nous attriste. À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l’on s’interroge sur la possibilité de créer, l’angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l’on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l’envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux. La roue tourne Plus concrètement encore, À bas bruit

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Comment ça marche ?

SCENES | Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Comment ça marche ?

Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des obstacles qui pourraient les freiner. Aurélie et Martin Cuvelier, qui se sont rencontrés à l’école de cirque de Chambéry, et leurs deux acolytes de la bien nommée compagnie Virevolt livrent une belle métaphore de l’existence dans un spectacle d’une heure au cours duquel ils ne lâchent rien. Quand ils n’exécutent pas des acrobaties de haute voltige, ils reviennent humblement au sol, courent, trottinent ou rampent et parviennent ainsi à ne pas transformer leur travail en performance. Des marches (vendredi 4 mai au Théâtre Jean Marais à Saint-Fons puis à l’Atrium à Tassin le 12 mai) se fait aussi suave quand les corps s’effleurent ou drôle quand le quatuor signe un bal de pieds et de mains. Et le clou du spectacle est au salut final. Suspens… Nadja Pobel

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Là-haut

SCENES | CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule (...)

Dorotée Aznar | Lundi 9 mai 2011

Là-haut

CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien.«Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée», explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Des questions, beaucoup de questions, mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et où on les croyait sans sourciller, parce que l’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’explique Mathurin Bolze. De ces matériaux riches servant de «combustibl

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Repères Mathurin Bolze

SCENES | Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

Repères Mathurin Bolze

Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le chorégraphe Joseph Nadj pour la tournée du Cri du caméléon et avec le chorégraphe François Verret dans les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour. 2001 : Fondation de la Compagnie «Les Mains les Pieds et la Tête Aussi», soit tout un programme où corps, technique, imagination et réflexion ne font qu'un.2002 : Fenêtres, solo émouvant et drôle où Mathurin Bolze campe un personnage esseulé dont le sol de son habitation est un trampoline. 2005 : Tangentes. Trois protagonistes tentent de s’arracher et d’échapper aux rouages de la machine sociale contemporaine (soit sur scène deux tapis roulants et une roue), aussi absurde et répétitive que les cycles de Sisyphe 2008 : Ali, duo créé avec Hedi Thabet 2010 : Du Goudron et des plumes

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«Se libérer de la machine»

SCENES | Entretien / Mathurin Bolze Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

«Se libérer de la machine»

Petit Bulletin : De quand date, dans votre parcours, ce désir de mêler cirque, danse, musique ?Mathurin Bolze : Il n'y a pas eu de basculement précis. J'ai découvert le monde du spectacle très jeune, à 8 ans, en faisant de la figuration dans les pièces de théâtre de Bruno Boëglin et Jean-Pierre Delore. Parallèlement, j'ai fait de la gymnastique jusqu'à 16 ans. Puis, j'ai été attiré par le cirque où je pouvais allier le plaisir du mouvement au plaisir du spectacle. Ce mélange des disciplines était une réalité, déjà, lors de ma formation. La technique circassienne n'a jamais été pour moi un enjeu premier, mais toujours un outil au service d'une dramaturgie. Ceci dit, les sensations «techniques» restent importantes car elles emmènent à des endroits de précision et de conscience particulières du corps. Qu'est-ce qui déclenche chez vous le désir d'une création ?Il me faut un état de disponibilité et de sensibilité, un état de concordance où j'arrive à mettre en lien des choses qui me touchent : une actualité, une rencontre, un film, un livre... Ces éléments s'agglomèrent, des questions apparaissent qui peuven

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En piste(s)

SCENES | Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à (...)

Dorotée Aznar | Lundi 2 mai 2011

En piste(s)

Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à Mathurin Bolze, à sa compagnie et à ses invités. Des spectacles seront proposés à l’intérieur du théâtre mais aussi sur la place des Célestins ou dans un parking… On en reparle, dès la semaine prochaine.

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En piste, poètes !

SCENES | On en oublierait presque que ce sont eux, les inventeurs du Nouveau Cirque. L'air de ne pas y toucher, avec Le Cirque invisible, Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'art de la piste. Marion Quillard

Marion Quillard | Jeudi 11 décembre 2008

En piste, poètes !

Lui, vieillard fou, tignasse blanche ébouriffée, professeur tournesol de la piste, clown burlesque. Elle, grands yeux noirs écarquillés, cheveux de jais, petit format tout en agilité. Lui, prestidigitateur en couleur, magicien de quatre sous, illuminé émerveillé. Elle, grâce incarnée, acrobate poète, contorsionniste élégante. Eux: Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin, maîtres à bord de cet incroyable Cirque Invisible. L'histoire du Cirque Invisible, c'est d'abord celle d'une rencontre, d'une correspondance. Il lui a écrit, elle lui a répondu. De ce désir de travailler ensemble sont nés deux enfants, James Thiérrée et Aurélia Chaplin, et trente ans de vie commune sur les pistes du monde entier. Au bilan, trois créations: le Cirque Bonjour, le Cirque Imaginaire et le Cirque Invisible, qui tourne depuis 1990. Jean-Baptiste Thiérrée aurait aimé «n'en faire qu'un seul et le peaufiner sans cesse...» Spectacle-valiseAvec facétie, les deux amants inventent un monde étrange et onirique où se mêlent équilibristes gracieux, lapins géants, cyclistes ingénieux et genoux amateurs d'opéra. Dans une irrésistible panoplie de numéros, ils marient la dextérité au merveilleux, l'inv

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Cirque poète

SCENES | L'air de ne pas y toucher, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'histoire du cirque. Du 9 au 22 décembre à la Maison de la Danse, leur (...)

Marion Quillard | Vendredi 5 décembre 2008

Cirque poète

L'air de ne pas y toucher, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'histoire du cirque. Du 9 au 22 décembre à la Maison de la Danse, leur Cirque Invisible recrée un monde incroyablement libre qu'habitent clowns illusionnistes, lapins géants et autres personnages incongrus. Un univers coloré dans lequel ils se dédoublent, se métamorphosent à l'infini avec une précision et une invention époustouflante.

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La création perpétuelle

SCENES | Mathurin Bolze reprend la Tangente ces mardi et mercredi au Centre Culturel de Saint-Priest. L'occasion pour nous de faire le point sur l'énergie créatrice de cet acrobate actuellement en résidence aux Subsistances. Propos recueillis par Marion Quillard

Marion Quillard | Mardi 25 novembre 2008

La création perpétuelle

Petit Bulletin : Vous rejouez "Tangentes" cette semaine, une création qui date de 2005. Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle ?Mathurin Bolze: Je ne l'explique pas ! C'est un travail qu'on a joué une centaine de fois, et là c'est bientôt la fin... Ce n'est pas le public qui choisit un spectacle, mais les directeurs de salle. Ce sont eux qui nous programment. Ça veut dire que le spectacle a plu à un certain nombre d'entre eux, et qu'ils ont décidé de le diffuser... Nous, par ce biais-là, nous avons pu rencontrer leur public. Des publics variés, parce qu'on était dans différentes régions, dans différents pays...S'il y a une chose à mettre au compte du spectacle, c'est qu'il y a très peu de texte, donc c'est un langage qui est compréhensible par tous. C'est un langage visuel, véhiculé par des émotions, des impressions... Il n'y a pas besoin d'être un habitué du spectacle, un habitué du monde culturel, pour apprécier un spectacle de cirque. C'est pour cela que le cirque est une forme populaire qui permet une forme d'exigence... Le spectacle a-t-il évolué depuis 2005 ?Oui ! Il a beaucoup évolué depuis sa création... Un spectacle de cirque pre

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Reprendre la tangente

SCENES | En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 novembre 2008

Reprendre la tangente

En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son petit chef-d’œuvre Tangentes au Centre Théo Argence à Saint-Priest les 25 et 26 novembre. Une pièce mêlant cirque et musique survoltée, et dont le mot clef pourrait être «la panique» : panique de l’individu pris dans le circuit absurde de la vie moderne et de ses rouages écrasants, panique le poussant à prendre la tangente et à trouver toutes sortes de lignes de fuite acrobatiques…

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Le cirque contre l’aliénation

SCENES | Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Le cirque contre l’aliénation

Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La reprise du chef-d'œuvre du jeune Mathurin Bolze au Toboggan fin février : Tangentes. Le second opus du circassien s'interroge sur les conditions de possibilité d'une communauté humaine, propulsant quatre acrobates parmi les engrenages d'une machinerie infernale composée d'un tapis roulant, d'une roue, d'un mât chinois et d'un trampoline. Soit la métaphore des rouages de nos sociétés aux rythmes effrénés et kafkaïens, broyant le corps comme l'esprit... Eux-aussi inquiets d'un monde soumis au tout économique et productif, le circassien Xavier Kim et la danseuse Wei Chen Yang tentent dans 100% croissance (Week-end «Ca change !» aux Subsistances) d'insuffler un peu de poésie, de désordre et de liberté parmi ce management qui ronge jusqu'à nos corps eux-mêmes. Leurs armes de résistance : l'humour, l'acrobatie, le jonglage et l'incongru. Enfin, dans un tout autre registre, James Thiérrée présentera à la Maison de la danse en avril une nouvelle création, dans la lignée de ses derniers spectacles amples et burlesques, La symphonie du

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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