Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Photo : Bérengère Krief - DR


L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce que l'auteur de ces lignes à un petit rôle de juré à y jouer, mais pour ses invités de qualité (l'excessif Florent Peyre, l'allumée Nicole Ferroni et le survolté Willy Rovelli) et son esprit pionnier (chaque one-man-show étant précédé d'un tremplin).

Les copains d'abord

D'ici là, vous pouvez d'ores et déjà réserver auprès de ses organisateurs vos places pour la reprise d'un soir de l'ambitieux Travail, famille, poterie d'Antonia de Rodinger (21 septembre) le nouveau spectacle de l'éminemment sympathique Vérino (16 au 19 octobre), pour l'énergique et cartoonesque Cyril Etesse (23 octobre au 2 novembre), et pour Fin de race, de Gilles Graveleau, avec l'incontournable Jacques Chambon, ici simple acteur (jusqu'au 28 septembre). On en profitera pour (re)voir son Petit coup de blues (4 décembre au 4 janvier) et son Plein phare (au Complexe jusqu'au 5 octobre), avant de voir comment il s'en sort sur le plateau d'un "vrai" théâtre (celui du Karavan, à Chassieu, où il présentera le 20 janvier Carton rouge). Et puisque l'on parle de l'un de nos chouchous, un mot sur le second, Jocelyn Flipo, le fer de lance de l'humour émotionnel, qui reprendra cette saison Dans ta bulle (du 1er octobre au 28 décembre aux Tontons Flingueurs puis du 22 janvier au 15 février au Complexe du rire) et Loving Out (du 19 février au 29 mars au Complexe), tout en poursuivant son travail de développement des talents de demain. A ce titre, on veillera à redonner une chance au trop gnangnan Karim Duval (du 1er octobre au 2 novembre au Boui-Boui) maintenant qu'il est sous son aile. On termine par le blockbuster de la rentrée : le Jamel Comedy Club, vivier de stand-uppers qu'on ne présente pas, qui fera halte au Transbordeur le 3 décembre.


Fin de race

De et par Gilles Graveleau. Deux mâles sont les seuls rescapés d'un tsunami. Ils rencontrent Ariane, envoyée pour perpétuer la race
Espace Gerson 1 place Gerson Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Carton rouge

De et par Jacques Chambon, 1h30. Comédie footballistique
Le Karavan Théâtre 50 rue de la République Chassieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Paroles de réfugiés

Conférence | Des réfugiés racontent leur parcours créatif.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Paroles de réfugiés

Une soirée pour découvrir le parcours de huit personnes réfugiées mais avant tout pleines de projets. Rwandais, syriens, bangladais, français, gabonais, et afghan, ils ont décidé de monter leur association, leur entreprise, de reprendre leurs études... Sur le format d'une conférence TED, ils présenteront leurs parcours atypiques. L'humoriste Karim Duval animera la soirée.

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"Sous peine d’innocence" : un docu éparpillé façon puzzle

Critique | Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle lui a maintes fois été refusée, allongeant sa peine d’une dizaine d’années. Sans jamais entamer sa résolution… L’histoire dramatique de Severino sert de support à un documentaire brouillon et éparpillé façon puzzle, ne sachant pas vraiment quel fil suivre : tantôt il s’intéresse au destin singulier de ce prisonnier intègre (grâce à une masse d’entretiens réalisés avec Dias entre 2004 et 2016) ; tantôt il dresse une hagiographie de la Maison d’Abraham, institution créée à New York pour la réinsertion des détenus par un Aveyronnais, le Père Pierre. Entre les deux, des images illustratives souvent inutiles — tels des stop-motions cache-misère semblant piochés sur Internet — ne parvenant pas à corriger la qualité médiocre des prises de vues ni du montage. Dommage qu’un sujet et des personnages aussi intenses pâtissent d’une absence de point de vue aussi flagrante : ou l’auteur s’engage, ou il reste neutre, mais il ne peut demeurer dans cet entre-deux. Son indécision aggrave (voire explique) la faibless

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Réveillonnez en humour !

Café-Théâtre | Que vous soyez néophytes ou adeptes, le réveillon est une date idéale pour se ruer dans les café-théâtres. Le 31 décembre, il y en a pour tout le monde, les petits comme les grands, ceux qui ont envie de rire comme ceux qui veulent redécouvrir les classiques.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 décembre 2016

Réveillonnez en humour !

Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

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Humour à Lyon : Deux festivals et des stars

Humour | Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

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Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre tous les deux. Sauf que... quelle idée saugrenue de les organiser exactement aux mêmes dates, tous deux prenant fin le 1er octobre ! Collision regrettable, mais programmations délectables pour qui aime les bons mots. À l'Espace Gerson, c'est la 4e édition du festival d'Humour qui accueille en parrain Vincent Roca cette année, lequel donnera deux soirs d'affilée son Délirium Très Mots (26 et 27 septembre) créé en 2010 : virtuose de la langue, jongleur de mots, concurrent direct des titreurs de Libé, il s'est offert une belle notoriété en alignant les chroniques sur France Inter durant onze ans, dans le Fou du Roi de Stéphane Bern. Côté découvertes, se côtoieront Jérémy Vaillot, Margot Winch et Félix Dhjan (le mercredi 28 septembre), Ben H, Timothé Poissonnet et Pierre Daverat qui oscillent entre chanson et humour (jeudi 20 septembre) ou encore Haroun, Mathias Pradenas et Perrine Rouland (vendredi 30 septembre) avant un final hors-les-murs en c

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Adopte un veuf : une comédie réussie

ECRANS | de François Desagnat (Fr, 1h37) avec André Dussollier, Bérengère Krief, Arnaud Ducret, Nicolas Marié…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Adopte un veuf : une comédie réussie

On n’aurait pas forcément misé ses deux mois de caution sur cette nouvelle comédie de colocation, surtout après le lourdingue Five. Le plan de masse d’Adopte un veuf n’a rien d’ébouriffant : un vieux misanthrope dépressif qui voit son quotidien s’éclairer grâce à l’irruption d’une blondinette dynamique, ç'a des airs de Tatie Danielle au masculin — mais Dussollier possède un fond trop pur pour égaler en teigne l’abominable Tsilla Chelton. À partir de cet argument digne d’un Au théâtre ce soir moyen, François Desagnat trousse une histoire attachante, dans laquelle la composante humoristique ne se limite pas à de la gaudriole vulgaire, où le sentiment de solitude est réellement perceptible. Les situations n’échouent jamais dans le pathétique, s’enrichissant des tonalités apportées par chacun des comédiens. Bérengère Krief joue de son dynamisme, en évitant ”d’exploser de naturel“, ce qui confère à son personnage de pot-de-colle gaffeuse un indéniable charme. Mais celui dont le récital confine au chef-d’œuvre est l’exceptionnel Nicola

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Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

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Benjamin Mialot | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote. Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au

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Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

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Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

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La rentrée café-théâtre 2015/2016

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Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

La rentrée café-théâtre 2015/2016

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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Jacques Chambon dépasse les bornes

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Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

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De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de mœurs – au sens où elles disent en creux quelque chose des déséquilibres sociaux de l'époque – à la mécanique plus huilée que le corps d'un adepte du massage Nuru. Sa prochaine création (le 6 février au Karavan, puis les 27 et 28 à la MJC Monplaisir), mise en scène par Patricia Thévenet, sera l'occasion de le découvrir sous un jour plus grave – ou de le redécouvrir, pour qui s'était laissé imprégné par la mélancolie de Plein phare. Inspirée par les pires scissions communautaires du XXe siècle (mur de Berlin, guerres de Yougoslavie, barre de séparation israélienne...), Les Sentinelles se veut en effet «une tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître d

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Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Ta gueule, pour de bon

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Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Ta gueule, pour de bon

Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

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En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Le conte est con

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Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le conte est con

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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Le rêveur Duval

SCENES | «Gnangnan». C’est en ce terme que nous qualifiâmes le spectacle de Karim Duval à sa découverte l’an passé. L’heure est venue de faire notre mea culpa : bosseur comme pas deux, le seul humoriste sino-franco-marocain du monde est depuis devenu un formidable conteur à double tranchant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

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«Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague d’écolier. Encore un de ces stand-uppers communautaires tels que le Jamel Comedy Club en usine à la douzaine chaque semaine ? C'est ce que l'on se demande pendant cinq minutes. Pas plus. Le temps de se rendre compte que chez cet ex-ingénieur à l'arbre généalogique plus ramifié qu'un Dragonnier de Socotra la question des origines, bien qu'abordée dans le respect de la plupart des canons du genre - imitation d'accents, répertoriage de particularismes, sous-texte réconciliateur - ne se résout pas via un humour de repli (mal) camouflé en autocritique, mais avec un sens du récit, une rigueur d'écriture et un souci d'équilibre entre spontanéité et mordant tels qu'ils paraissent inscrits dans son ADN.  La guitare qui le démange Ils le sont peut-être en partie. Car Karim Duval est né au Maroc d'une mère sino-tahitienne et d'un père franco-berbère. Une publicité Benetton à lui tout seul, comme il l'affirme en préambule de Melting Pot', le one-man-show en question. Là

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

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Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Portier de nuit

SCENES | «La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 29 novembre 2013

Portier de nuit

«La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes recommandant Plein phare. Ainsi pourraient débuter tous les papiers consacrés à une pièce basée sur un texte du stakhanoviste Jacques Chambon. Surtout quand il en assure lui-même la mise en scène et/ou l'interprétation, comme c'est le cas avec Troubles de l'élection, programmé à La Maison de Guignol jusqu'au 28 décembre. Soit la rencontre de Bertrand Ballandard (Chambon, qui use et abuse de son irrésistible air hébété), favori à l'élection présidentielle tout juste rescapé d'un attentat, et de Francis (Laurent Lacroix), réceptionniste d'un hôtel limousin miteux. 

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Baroque & Plus si affinités

MUSIQUES | Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Baroque & Plus si affinités

Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux les biscuits Bahlsen ? Eh bien Franck-Emmanuel Conte est un peu le Monsieur Plus du baroque : avec Le Concert de l'Hostel Dieu, l'ensemble qu'il a fondé voilà deux décennies, il n'a de cesse de le sortir de sa zone de confort, soit en se penchant sur des répertoires méconnus, soit en le confrontant à d'autres disciplines – on ne lui souhaite toutefois pas de finir, comme le croqueur de tuiles, noyé dans la Seine dans l'indifférence générale. Une démarche qu'il pousse un cran plus loin cette saison avec la création de Baroque & Plus, un festival tout entier dédié au dépoussiérage de cette musique ornementale et contrastée.  Au programme de sa première édition : du théâtre avec l'immense Jacque

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Les trois font la Peyre

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Nadja Pobel | Mercredi 18 septembre 2013

Les trois font la Peyre

Il ose tout, et c’est hilarant car très mal-pensant. Avec une ironie mordante, Florent Peyre ne fait pas dans la demi-mesure et sera l’artiste à ne pas manquer au festival de l’Espace Gerson. Il n’y a d'ailleurs qu’à lire l’intitulé de ses sketches pour avoir une idée de son ton : À 34 ans, il est père de seize enfants, Un handicapé est allé voir Intouchables, Le Boom des cosmétiques pour enfants… Comme Monsieur Fraize (qui l’an dernier nous avait presque fait mourir de rire lors de ce même événement), Florent Peyre s'est fait connaître grâce au surpuissant tremplin télévisuel On ne demande qu'à en rire. Nicole Ferroni, qui ouvre ces trois jours, est passée par la même case. Seul le troisième larron, Willy Rovelli, n’a pas été noté par le jury de Laurent Ruquier. Il a cependant trusté tous les autres médias (France Inter, Europe 1, France 4, Canal + et même Gulli, où il présentera  en 2014 L’Ecole des fans). En première partie de ces trois comiques déjà établis, chaque soir, une triplette de jeunes talents tentera de s'attirer les faveurs de l'un des trois aréopages con

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Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

L'île aux grands enfants

Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour une comédie footballistique intitulée Carton rouge), le prolifique Jacques Chambon est l'un des hommes forts de la rentrée café-théâtrale. Nous vous le sous-entendions la semaine passée, nous vous le confirmons maintenant que nous l'avons vu à l’œuvre dans Fin de race, délirant huis clos post-apocalyptique que Gilles Graveleau met en scène et co-interprète avec lui à Gerson jusqu'à la fin du mois. Car Chambon y est, avec sa voix de doubleur de séries d'animation japonaises et son physique de gamin tombé dans une fontaine de sénescence, tout simplement désopilant en last man on Earth amnésique et régressif prêt à tout pour se taper avant le mythomane qui lui sert de compagnon d'infortune (Graveleau, impeccable mais plus timoré) une belle blonde chargée de perpétuer la race humaine (Alexandra Bialy, qui aurait pour le coup mérité un rôle un peu moins bateau). Sa performance n'empêche pas Fin de race d'être perfectible e

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Le point G.

SCENES | Faux pauvre type arrogant mais vraie bête de scène, Gérémy Crédeville s'installe au Boui-Boui jusqu'à la fin du mois avec G., parfait et modeste, un premier one-man-show aussi transpirant que grinçant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 29 août 2013

Le point G.

Gérémy Credeville a tout pour lui : un visage de jeune premier du twist, genre Johnny Hallyday avant sa période cuir et bandana, une chevelure de mannequin Vivelle Dop, un indice de masse grasse d'ailier du Top 14 et une croyance en ses qualités physiques quasi-pathologique. Mais cela ne l'empêche pas d'être un loser patenté. En tout cas dans G., parfait et modeste, son premier one-man-show, qu'il présente jusqu'à la fin du mois au Boui-Boui après une prestation de semonce à l'Espace Gerson la saison passée. Car lorsqu'il cesse de tourner en dérision ses mésaventures intimes et professionnelles et repasse de l'autre côté du quatrième mur, ce jeune Lillois qui, il y a à peine deux ans de cela, gagnait (bien) s

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Seb, c'est bien

SCENES | Au Petit Bulletin comme ailleurs, il nous arrive de casser un peu de la distance critique qui nous sépare des artistes peuplant nos pages. Généralement (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 juillet 2013

Seb, c'est bien

Au Petit Bulletin comme ailleurs, il nous arrive de casser un peu de la distance critique qui nous sépare des artistes peuplant nos pages. Généralement par amitié – pour un auteur rencontré au sortir du berceau, un prof de philo qui fut intellectuellement déterminant, un metteur en scène devenu quasi voisin de palier... Cela, nous le faisons bien sûr très rarement, et le prix à payer en culpabilité est à chaque fois élevé. Le cas de Seb Mellia est un peu particulier : avant de le voir à l'œuvre sur la petite scène du Boui-Boui (où il est à l'affiche jusqu'à la fin du mois), nous ne le connaissions que de réputation et pourtant, le mettre ainsi en avant heurte notre éthique. Sans doute parce que ce Parisien de vingt-six printemps, qui après avoir fait ses armes dans le comedy club de Jamel anime celui fondé par le mec de Bref (le Bordel Club, au Théâtre Galabru) est, avec son sourire à la Parker Lewis, son débit de tuyauteur et ses bafouillages p

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Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

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Joséphine

ECRANS | D’Agnès Obadia (Fr, 1h28) avec Marilou Berry, Mehdi Nebbou, Bérengère Krief…

Christophe Chabert | Mercredi 12 juin 2013

Joséphine

Librement adapté du personnage créé dans sa BD par Pénélope Bagieu, Joséphine se présente surtout comme un Bridget Jones à la française, avec son héroïne célibataire et complexée, cherchant l’amour en se contentant, temporairement, d’un plan cul régulier avec un homme marié et de la compagnie de son chat nommé Brad Pitt, plus l’amitié de sa bande — copine d’enfance, collègue de bureau et pote homo. Tout cela pourrait avoir le charme sucré de la comédie girly, d’autant plus qu’il y a un talent certain du côté des comédiens — Marilou Berry, notamment, actrice encore sous-employée par le cinéma d’ici ; or Obadia se repose complètement sur son casting pour venir à la rescousse d’une production bâclée et sans âme. Le scénario accumule jusqu’à l’overdose les péripéties et la réalisatrice s’avère incapable de mettre en scène les gags, passés au hachoir d’un montage hystérique pour créer un rythme illusoire. On a l’impression que tout a été vite fait mal fait, au point qu’il faut vraiment avoir le nez dans le seau de pop corn pour ne pas remarquer les faux ra

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Very drôle

SCENES | Avant, nous étions contre le concept de "première partie". Mais ça, c'était avant. Avant que Vérino ne nous fasse prendre conscience, à son corps défendant, de la (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 21 février 2013

Very drôle

Avant, nous étions contre le concept de "première partie". Mais ça, c'était avant. Avant que Vérino ne nous fasse prendre conscience, à son corps défendant, de la véritable utilité de la chose : la première partie ne sert ni à chauffer le public, ni à faire naître en lui une envie de tapas et d'alcool à faible fermentation, elle sert à prendre la mesure du chemin parcouru par la tête d'affiche depuis qu'elle n'a plus à s'estimer heureuse de se voir confier ce créneau ingrat. Le soir de son arrivée à l'Espace Gerson, il a en effet suffi à ce trentenaire nancéen de deux phrases et trois gestes, tout au plus, pour atomiser l'apprenti Gad Elmaleh programmé avant lui et légitimer son récent Olympia à guichet fermé. A ce point ? A ce point. Car Vérino a tout. L'énergie, le rythme, la plasticité faciale, la mesure dans la grossièreté, l'ignominie et l'absurdité, une sidérante awareness et un tout aussi sidérant sens de l'improvisation et du rebond – gardez-vous d'envoyer des SMS ou de tousser pendant son one-man-show – et, trait plus rare qu'il n'y paraît dans le milieu de la gaudriole, une franche et contagieuse sympathie. Autant de qualités lui permettant de

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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Le Blues du businessman

SCENES | Avec "Un petit coup de blues", Jacques Chambon ressort son petit manuel de la comédie efficace, y ajoutant ce qu’il faut de nouveautés pour éviter la redite, et incorporant dans son univers deux comédiens hors norme : Nicolas Gabion et Damien Laquet. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 6 janvier 2012

Le Blues du businessman

Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses heures de travail à répéter un show musical où il (ré)incarne Elvis Presley. Prémisse B : soit un spécimen typiquement contemporain et du coup représentatif d’un siècle matérialiste, individualiste et gouverné par l’avoir et le pognon. Exemple : un cadre stressé marié à une femme dépensière et récemment viré par un supérieur encore plus beauf que lui. Axiome A : réunissez-les dans un lieu d’où ils ne peuvent sortir ni l’un, ni l’autre — au besoin, inventer tous les prétextes possibles pour les retenir à l’intérieur. Axiome B : débrouillez-vous pour qu’ils se mettent sur la gueule avec un maximum de dialogues percutants et de vannes grinçantes. Axiome C : révélez que l’idiot n’est pas forcément celui que l’on croit, que le bon sens n’est pas obligatoirement du côté de l’idéologie dominante, et que répéter quelques vérités essentielles (on n’a qu’une vie, autant ne pas la dépenser en essayant de la gagner) n’a jamais fait de mal à personne. En gros, vous obtenez une bonne comédie de Jacques Chambon, et c’est ce qu’est

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Chambon, et même très bon

SCENES | Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 21 octobre 2011

Chambon, et même très bon

Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en commun, enfermez-les dans un lieu unique, agitez longuement et laissez monter la sauce comique. Ça s’appelle la comédie des contraires et Francis Veber, en son temps, l’avait déjà inscrite régulièrement à son menu. Chez Jacques Chambon, les différences se jouent sur le degré de mélancolie qui finit par infuser au milieu de l’humour, sur des notations sociales ou politiques qui s’immiscent dans les creux de l’intrigue… Mais avec Ta gueule !, il ne cherche qu’une seule chose : l’efficacité pure, le burlesque effréné, le gag qui tabasse. Et ça marche : difficile de trouver spectacle plus drôle actuellement à l’affiche. La partition, comme d’habitude, a été écrite sur mesure, et Chambon lui-même s’est emparé du personnage de Jean-Claude, prof dépressif et cocu, avec une manifeste jubilation. Maître de la rupture (guettez le «Bon, j’vais m’laver les dents»), ne reculant jamais face au ridicule des situations (la grandiose scène de l’entraînement téléphonique en est la meilleure illustration), il envoie du lourd sur scène. Si

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Réveillons le rire

SCENES | Comme chaque année pour le réveillon du 31, la programmation des cafés-théâtres se démultiplie dans de nombreuses salles de la ville en plus de leurs lieux habituels. Tour d'horizon des très nombreux spectacles qui dérident les zygomatiques avant le grand saut en 2010. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 10 décembre 2009

Réveillons le rire

Les Français ont-ils besoin de rire pour boucler une année 2009 morose ? La réponse tient en quelques chiffres. Le soir du 31 décembre, vingt-neuf spectacles de café-théâtre (soit une dizaine de plus que l'an dernier) sont annoncés à Lyon pour pas moins de cinquante-cinq représentations. Le succès de ce type de divertissement ne se dément pas, bien au contraire. Les salles prennent donc leurs quartiers d'hiver dans des lieux aux jauges plus importantes loués pour l'occasion. C'est ainsi que les programmateurs du Boui-Boui investissent les espaces disponibles de la Cité Internationale avec la reprise de «Mon colocataire est une garce» à l'auditorium Pasteur, le diptyque «Homme / femme mode d'emploi» à l'auditorium Lumière et surtout les indétronables «Arrête de pleurer Pénélope» et «Monologues du pénis» dans l’Amphithéâtre (la salle 3000). La Salle Victor Hugo a quant à elle été réquisitionnée pour «Du plaisir et des médocs». Le Boui- Boui et le Rideau rouge accueillant aussi, comme quasiment chaque jour de l'année, des spectacles, ce sont donc plus de 7000 spectateurs qui sont attendus dans tous ces lieux ! Les organisateurs espèrent rencontrer logiquement encore cette année un lar

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Si c’était eux…

SCENES | Théâtre / Loin des mœurs du théâtre institutionnel, deux auteurs-acteurs ont créé Si c’était L., tragi-comédie romantique reprise actuellement à l’Acte 2 théâtre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 février 2009

Si c’était eux…

Si Claude Allègre avait été ministre de la culture, il aurait sûrement traité le théâtre de «mammouth». Mais plutôt que de le dégraisser, il mériterait surtout d’être plus échevelé et hirsute. L’esprit qui a animé l’équipe de Si c’était L… pour créer leur comédie romantique n’a cependant rien d’un acte militant. Pas de théorie, mais plutôt du «faire», du culot et une culture qui n’est iconoclaste que pour les gardiens du temple théâtral. Emmanuel Pinto et Nicolas Musili ressemblent aux deux personnages qu’ils se sont écrits : de jeunes adultes qui ont gardé une part d’adolescence, élevés au cinéma américain, aux séries télé et aux jeux vidéos. On peut même voir le pitch de la pièce comme une métaphore de cet entre-deux : la fille dont ils étaient amoureux, morte dans un accident de voiture, «réapparaît» trois ans plus tard sous un nouveau nom, voisine du dessus au comportement franc du collier bousculant l’équilibre léthargique dans lequel les deux colocataires s’étaient lentement lovés. Éternel retour de l’aimée ou nostalgie d’un temps qu’on rêve d’arrêter dans une adulescence fragile ? Mais achtung ! Si c’était L… n’est pas un pensum, juste une comédie qui choisit de rire à coups

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Sanseverino

MUSIQUES | Sa tournée précédente, dans la foulée de son album Exactement, l’avait vu se produire sur scène avec un big band pour des concerts explosifs. En 2008, (...)

Christophe Chabert | Lundi 6 octobre 2008

Sanseverino

Sa tournée précédente, dans la foulée de son album Exactement, l’avait vu se produire sur scène avec un big band pour des concerts explosifs. En 2008, Sanseverino revient à une formule nettement plus épurée : lui-même au chant et à la guitare, accompagné par deux accordéonistes. Sa prestation au Radiant le 9 octobre à 20h30 pourrait donc voir son swing manouche dérivé de Django Reinhardt accueillir des accents plus réalistes, pour une relecture de son répertoire avant un nouveau disque à la fin de l’année. Comptons sur le bagout scénique, l’humour et l’énergie du bonhomme pour proposer au public un spectacle à la générosité communicative…

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Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

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Magicien à tout faire

SCENES | Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, (...)

| Mercredi 15 novembre 2006

Magicien à tout faire

Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, il a joué pour Planchon dans une pièce produite par le TNP. En bon gymnaste, il fait surtout depuis le début de sa carrière de grands écarts entre ce qu'il ne peut pas dissocier, le café-théâtre et le théâtre classique. Il consent néanmoins à dire que les deux univers ont un manque cruel de curiosité réciproque. «Je sais depuis longtemps qu'il faut savoir faire plusieurs choses pour survivre dans ce métier». C'est pas le tout mais «faut faire croûter les enfants, et ils ont bon appétit», note-t-il au passage. Il faut tenter de vivre de cette scène «indispensable» et d'avancer dans une carrière de comédien. Pas simple. Alors plutôt que d'attendre que le théâtre institutionnel lui ouvre grand les bras, il fait son travail là où on le lui permet. «On peut faire des choses bien en café-théâtre, de la comédie intelligente, avec du fond», assure-t-il. D'autant qu'il ne joue et n'écrit pas que ça. Sa pièce Nous crions grâce écrite à partir de lettres de soldats a tiré les larmes à plus d'un spectateur. Par ailleurs, la comédie qu'il a écr

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