Fin de partie au théâtre des Ateliers

Nadja Pobel | Jeudi 21 novembre 2013

Le dépôt de bilan n'est plus qu'une question d'heures. Le dossier ficelé par l'avocat du théâtre est prêt et attend d'être remis au tribunal de commerce de Lyon qui, peut-être, décidera de la poursuite de la saison du théâtre via un administrateur judiciaire.

Il faut dire que Les Ateliers sont dans une impasse depuis au moins un an. En septembre 2012, Simon Delétang, directeur artistique du lieu, quitte son poste, lassé d'avoir toujours Gilles Chavassieux, fondateur et toujours cogérant, dans ses pas. Il souhaite diriger seul une structure. Dès lors, Gilles Chavassieux tente de mettre sur orbite Philippe Delaigue et promet de laisser sa place à des conditions inacceptables pour la Ville de Lyon : l'octroi de 40 000€ pour trois semaines de création par an.

Car si le théâtre est privé (une SARL et une SCOP sont propriétaires du bail), il vit depuis des années grâce à des subventions publiques émanant de la Ville de Lyon, du Département (qui s'est retiré, comme il le fait avec de très nombreux projets depuis quelques mois), la Région Rhône-Alpes et l'Etat via la DRAC Rhône-Alpes. Les trois financeurs restant décident d'appliquer une mesure drastique : ils cessent de verser de l'argent au 30 juin pour pousser Gilles Chavassieux hors des murs. Mais le fondateur refuse de partir sans assurer une transition aves son successeur et lance une saison a minima avec des artistes payés à la recette.

Si les dépenses ont baissé, elles ne sont tout de même pas couvertes par les rentrées d'argent et le trou se creuse avec le versement du salaire des membres de l'équipe, pourtant réduite au maximum. Pour enrayer cette hémorragie, le théâtre choisit donc de déposer le bilan ces jours-ci. Le nouvel artiste pressenti pour succéder à Gilles Chavassieux, Joris Mathieu, attend toujours son heure. La Ville, suivie par la Région, souhaite ardemment que ce lieu reste un théâtre contemporain, tandis que la DRAC fait la sourde oreille, son directeur, Jean-François Marguerin, ne recevant aucun des acteurs de ce feuilleton (jusqu'à faire douter du versement de futures subventions en provenance de l'Etat).

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