Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin.

Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui confesse être incapable de s'exprimer sans les mains (et sans singer des dialogues, est-on tenté d'ajouter) et qu'on soupçonne de couper ses Frosties avec des piles Duracell, développera un jeu tout en élasticité et en vélocité. Lequel lui vaudra plus tard d'être comparé à Jim Carrey. Problème : Alex n'apprécie de lui que ses films dramatiques. Son modèle avoué, c'est Muriel Robin. On y reviendra.


Le premier jour du reste de sa vie
 

Pour l'heure, la suite se passe à Lyon, où Ramirès débarque avec son sourire juvénile à la Philippe Candeloro, ses beaux yeux opaline et sa coupe de fan d'eurodance dans l'idée de suivre des études d'arts plastiques et de cinéma. A l'époque, intimidé par la quantité de jeunes qui aspirent à une vie sur les planches, il n'envisage pas le théâtre autrement que comme un loisir. Jusqu'à la deuxième rencontre cruciale de sa carrière : poursuivant son apprentissage de la spontanéité auprès de la Ligue d'Improvisation Lyonnaises (ses «idoles», qu'il venait encourager avec son professeur) et des Improlocco, il fait la connaissance de Jocelyn Flipo. Les deux hommes se découvrent une passion commune pour les séries télévisées, pour le récit sans contrainte et pour les entreprises un peu folles. Flipo, qui n'est pas encore touche-à-tout surdoué qu'il est aujourd'hui, propose à Ramirès de lui écrire un sketch et de lui organiser un festival dans lequel il pourra le montrer. Nous sommes alors le 12 décembre 2008, que Ramirès décrit comme «le premier jour du reste de (sa) vie». Et c'est la dernière fois que son avenir sera soumis au hasard.

Car au festival Comic Trip ainsi créé, il tape dans l'œil de Cécile Mayet, directrice de Complexe du Rire. Elle lui propose de programmer son one-man-show six mois plus tard. Sauf qu'il n'en a pas. Les deux compères se remettent donc à la tâche, en marge de leurs vies de bureau respectives, et finissent par accoucher de Saison Hein ?, trépidant feuilleton scénique dans lequel Ramirès raconte, en changeant de personnage comme une girouette prise dans un cyclone change de direction et sans jamais verser dans l'hermétisme et la vulgarité teenage, son dépucelage. Nous sommes le 10 novembre 2009, début d'une aventure qui, moyennant l'intervention de deux complices de Flipo (Léon Vitale à la direction, Julien Limonne à la musique) et un changement de titre (Serial Lover), va permettre à Ramirès de faire ses premier pas dans la cour des grands – et de cartonner à quelques encablures de celle des papes, à Avignon, ainsi qu'au Festival national des humoristes de Tournon, qui fait loi question egotrip caustique.
 

Chercher le grand garçon

Désormais décidé à faire parler de lui, il tente sa chance à la télévision, se confrontant à cinq reprises à l'impitoyable jury d'On n'demande qu'à en rire, l'influent télé-crochet de Laurent Ruquier. Il en revient amer, mais pas démotivé : «Quand on dit que la télé est une machine, c'est exactement ça. Si on en maîtrise les rouages, on peut en tirer quelque chose. Ce n'était pas mon cas. C'était trop rapide et soudain. Mais ça m'a encouragé à continuer. Personne ne m'y a conseillé de changer de métier». Ce qu'il lui a été conseillé en revanche, c'est de bosser. D'abord réticent, comme tout post-ado qui se respecte, il multiplie les activités : pratique de la danse hip hop et de la capoeira pour se maintenir en forme, réalisation de courts-métrages animés pour alimenter ses rêves de grand écran, entretien de ses talents d'improvisateur...

Mais sa diversification la plus profitable, il la doit de nouveau à Flipo, qui le fait figurer au générique de Dans ta bulle(où il incarne Max, brave gars un peu lunaire en quête du grand amour) et Loving Out (qui le voit succéder à Rayane Bensetti dans le rôle de Léo, jeune homo un brin superficiel dont va s'éprendre un hétéro convaincu), deux comédies romantiques d'une désarmante justesse de ton. Sans se départir de sa sympathie et de sa vitalité, Ramirès y déploie à sa grande satisfaction une sobriété et une sensibilité qu'on ne lui soupçonnait pas : «C'est bien de ne pas toujours avoir le rôle principal. Des fois, j'ai envie d'être la star, de faire rire, tout seul. Et d'autres fois j'ai envie d'exprimer des émotions plus subtiles, de me prouver que je ne suis pas creux». Une envie qui finira par faire naître en lui un irrépressible besoin d'émancipation : «Est arrivé un moment où j'ai senti que Jocelyn avait une certaine facilité à poser des choses parce qu'elles venaient de son for intérieur. J'ai voulu faire pareil, comme quand on regarde son père conduire une voiture. J'ai toujours souhaité raconter des choses plus personnelles, mais je ne savais jusqu'à présent pas comment le faire».
 

La vie d'Alex

Dont acte.Serial Lover avait été écrit par Flipo pour que son poulain, mal assuré et trop fougueux, ne s'effondre pas sous le poids de son admiration pour Muriel Robin, dont il empruntait des intonations et phrases sans même s'en rendre compte («Il m'a confectionné un costume et j'en ai fait ce que je voulais, je l'ai étiré aux coudes... Sans lui, j'aurais été tout nu»). Son successeur, Alex Ramirès est un grand garçon, est lui du seul fait de Ramirès, qui pose d'ailleurs à poil sur l'affiche – et sur celle de Trash, la prochaine création de Flipo, qui d'ici là se "contente" d'un rôle de manager. Ce parti pris pictural n'a rien d'anodin, ce deuxième one-man-show creusant une veine beaucoup plus autobiographique. De sa piètre résistance à l'alcool à son comportement régressif en boîte de nuit en passant par son mépris du VDST (le «Vieux Dans Sa Tête», type d'humain qui bouffe des fruits secs à l'apéro et se mouille la nuque avant d'entrer dans l'eau, entre autres signes d'insipidité précoce), Ramirès s'y livre avec un souci du détail qui tue, un sens de l'auto-dérision et un désintéressement physique proprement irrésistibles.

Des qualités qu'il lui a toutefois fallu canaliser, avec le concours de Stéphane Casez. Le directeur du Boui-Boui (et du Rideau Rouge et du Comédie Odéon) et expérimenté collaborateur de Stéphane Guillon et Jérôme Commandeur a en effet été invité à donner son avis sur la mise en scène du spectacle à deux semaines de la première : «Il a apporté une expertise technique. Malheureusement ou heureusement, il y a des codes dans l'humour. C'est comme en musique. Tu ne fais pas une chanson de six minutes si tu veux être programmé en radio. Et moi j'ai envie d'être programmé en radio». A l'arrivée, Alex Ramirès est un grand garçon a gagné en expressivité (par la réduction du nombre d'accessoires utilisé), en efficacité (certains passages ont été raccourcis) et en nuances. 

Raisons et sentiments

Grises les nuances. Car sous ses airs de petit con jovial, Alex Ramirès est un grand angoissé. Un trentenaire avant l'heure qui refuse de se maquer parce qu'il craint la normalisation, archive tout par peur de l'oubli («à neuf ans, je proposais à mes amis de mettre des souvenirs dans une boîte pour qu'on s'en rappelle dix plus tard») et porte du jaune pour éclipser ses idées noires. Cette maturité, pas si paradoxale qu'il n'y paraît, est la garante de l'universalité d'un propos de prime abord très référentiel (la pop culture occupe la majeure partie de l'imaginaire de Ramirès). Elle est surtout le catalyseur de contrepoints tout à fait bouleversants, telle cette virtuose tirade anti-vie-à-deux qui s'achève par un soudain aveu de faiblesse, ce portrait d'une tante sale et vulgaire se terminant sur un monologue nostalgique qui ne ferait pas tâche sur une Scène nationale ou cet autre d'un candidat de télé-réalité prêt à se flinguer en direct pour connaître la gloire, qu'on croit hors sujet alors qu'il est un garde-fou. «Le spectacle ne s'adresse pas qu'aux adolescents ou aux jeunes de mon âge. Ce n'est pas du Kev Adams. Pour moi un grand garçon, c'est un homme d'affaires qui va se réveiller avec un putain d'épi le matin. C'est ce décalage que je trouve intéressant. Le monde des adultes ne convient pas à tout le monde, et ce n'est pas une question d'âge. J'aurais pu écrire ce spectacle à 34 ans. Il se trouve que j'en ai 24, et pour moi c'est déjà bien assez vieux. D'ailleurs, si je m'étais écouté, tous les sketches finissaient mal. Sauf que si à chaque fin de sketch le public a le cœur serré, c'est dur de rebondir. Les gens viennent pour rire, mais si je peux les toucher d'une manière différente, c'est un bonus. Si je peux les emmener vers quelque chose que je pense être juste, qui me touche, ça ne peut que les toucher aussi. Je trouve ça fort quand on passe du rire à l'émotion en une seconde. Comme dans La Solitude de Muriel Robin, mon sketch préféré».

A cette aune, plus que l'hymne générationnel évoqué en début de papier, ce sont les deux phrases suivantes, retirées de l'ultime séquence d'Alex Ramirès est un grand garçon (où un guide futuriste fait visiter les ruines d'un café-théâtre), qui synthétisent le mieux le parcours d'Alex Ramirès, sa complicité avec Jocelyn Flipo et la teneur de ce nouveau one-man-show : «C'est l'histoire d'un gars qui voulait bien grandir mais pas mourir, parce qu'il voulait tout voir, tout vivre, tout découvrir et tout raconter après. C'est l'histoire d'un gars qui ne voulait pas être connu mais qui voulait devenir quelqu'un». Et qui y est parvenu.

Alex Ramirès fait sa crise
Au Boui-Boui, jusqu'au samedi 27 septembre


Alex Ramirès fait sa crise!


Le Boui Boui 7 rue Mourguet Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Ça bulle pour lui

SCENES | Jocelyn Flipo a beau avoir une carrure de rugbyman, il n'y connaît rien en plaquages. Du moins ceux qui coupent l'élan. Ceux qui écrasent le cœur, en revanche, n'ont aucun secret pour ce quadra lyonnais qui, en l'espace de cinq ans, s'est imposé comme le golden boy du café-théâtre local. Son emploi du temps s'en ressent : avec trois projets à l'affiche et le double en cours de réalisation, le suivre ne va pas être une mince affaire. Il va pourtant bien falloir. De très près qui plus est. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Ça bulle pour lui

«Je suis quelqu'un qui travaille dans l'ombre. J'aime faire briller les autres». Ce sont, à quelques balbutiements près, les premiers mots qu'a prononcés Jocelyn Flipo lorsque nous lui avons fait part de notre volonté de lui consacrer la Une de ce numéro. Des mots d'excuse à peine déguisés, ceux d'un homme gêné à l'idée de tirer à lui une couverture dont ces «autres» lui paraissent plus dignes. Cet embarras ne l'a cependant pas empêché de se démener pour nous fournir un portrait photo digne d'une publicité Lacoste – ce doit être la première fois qu'un artiste organise un shooting rien que pour nous. L'anecdote peut sembler anodine. Elle en dit pourtant long sur la personnalité de ce jeune auteur et metteur en scène lyonnais, dont le travail injecte de la nuance au communément très criard milieu du café-théâtre. Un pro de l'impro La carrière de Jocelyn Flipo débute il y a cinq ans lorsque, en parallèle d'une vie salariale le voyant assumer successivement des postes d'éducateur sportif, de conseiller juridique et de responsable RH, il chope le virus de l'improvisation après s'être amusé de la prestation d'un ami : «Ce qui est génial

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Loving Out is all you need

SCENES | Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 13 janvier 2013

Loving Out is all you need

Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que les happenings des manifestants contre le mariage pour tous : lorsque l'homosexualité s'invite dans une mise en scène à vocation humoristique, elle le fait presque systématiquement avec balourdise et/ou paresse. Loving Out, la dernière création de Jocelyn Flipo et son complice Léon Vitale, qui avec Dans ta bulle nous avaient fait prendre conscience que le café-théâtre pouvait remuer les tripes autant que le diaphragme, est une très heureuse exception à cette règle. Principalement parce que l'homosexualité n'y est qu'un thème secondaire. Le vrai sujet de la pièce, c'est l'amour, en l'occurrence celui que se découvre Romain, galeriste hétéro dans la trentaine, tardivement dépucelé et depuis célibataire, pour Léo, adonis d'à peine vingt ans qui n'aime rien tant que faire la bringue en toge avec ses colocs. Un synopsis qui ne paye pas de mine dont les metteurs en scène tirent, par le truchement d'astucieux emprunts au cinéma, juste ce qu'il faut

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Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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Drôle de rentrée

SCENES | Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 23 décembre 2011

Drôle de rentrée

Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et côtes de bœuf au Boui-boui jusqu’au 3 mars, le retour de Monsieur Fraize et son one man show au Rideau rouge du 31 janvier au 7 mars) et changement dans la continuité (au Complexe du rire, Jacques Chambon poursuit son O.P.A. sur la scène comique avec Un petit coup de blues, qu’il a écrit et qu’il met en scène jusqu’au 28 janvier, et Bilan provisoire, son one qu’il défendra du 6 au 28 avril). Quelques dates sont toutefois à retenir : on est curieux de découvrir le one woman show de Zazon, découverte sur France 4, qui se lance en public avec la même dose d’humour caustique (au Boui-Boui du 3 au 28 avril) ; quant à l’excellent Didier Bénureau, il présentera à la Salle Rameau son dernier spectacle, Indigne, le 28 avril. Niveau grosses pointures, les très populaires Audrey Lamy (Dernières avant Vegas, le 29 mars) et Thomas Ngijol

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L’humour sur son 31

SCENES | Ce 31 décembre 2011 ne verra pas que péter les bouchons de champagne ; il pètera aussi les records du nombre de spectacles comiques programmés dans les salles. Dans cette orgie, pointons nos coups de cœur, sorte de caviar de l’humour lyonnais. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

L’humour sur son 31

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière de théâtre, on n’a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l’affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s’en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s’occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C’est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité. Best of 2011 Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l’univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l’élasticité proche d’un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter.

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Série Sexy à Suivre

SCENES | L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Série Sexy à Suivre

L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible incendie. C’est son frère aîné, plutôt coincé, et sa femme, plutôt pincée, qui doivent reprendre le lieu après travaux, tout en essayant de calmer les ardeurs pubères de leur grand ado. Pour cela, ils décident de l’envoyer dans le lycée catho de l’autre côté de la rue, tenu par un directeur rigide et manifestement névrosé. Ledit directeur refuse par ailleurs d’accorder une augmentation à une de ses enseignantes, ce qui conduit la pauvre à aller postuler comme strip-teaseuse dans le fameux sex-shop, où un geek survolté et impuissant fabrique en douce une machine énigmatique… Ce ne sont que quelques fils de S, la nouvelle série semi improvisée de La Scène Déménage, qui s’installe le premier mardi de chaque mois en bas du Complexe du rire. Manifestement inspiré par Six feet under, Jocelyn Flipo trouve ici un nouveau terrain de jeu après une saison de Plasma et trois saisons de Désordre(s), à travers lesquelles il avait forgé ce concept novateur. Chaque comédien incarne un personnage unique dont il conna

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De Saison

SCENES | Mardi 19 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

De Saison

Comédien attachant, physiquement virtuose, d'une énergie débordante, capable en un battement de cil de changer de peau et de personnage, Alex Ramirès a fait sensation, à seulement 21 ans, dans le paysage du café-théâtre lyonnais cette saison. De saison, il est question avec son premier spectacle, puisqu'il décrit comment un post-ado féru de culture télé raconte sa vie et son entourage à la manière des séries cultes, de Prison Break à Desperate housewives. C'est drôle, rythmé, intelligent, et c'est au Boui-Boui pendant tout le mois de juillet. CC

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Serial comédien

SCENES | À tout juste 21 ans, Alex Ramirès se lance dans un one man show en forme de série télé, où, derrière les références générationnelles, perce la personnalité d’un comédien physique et virtuose, promis à un bel avenir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 janvier 2011

Serial comédien

Dans le laïus introductif au spectacle, le présentateur de la soirée nous avait prévenu : il «plait aux filles». Regard clair et sourire charmeur, avec cette légère cicatrice au-dessus de la pommette droite, Alex(andre) Ramirès est effectivement un "beau gosse". Mais quand il entre en scène, c’est en teenager ayant tout juste perdu son pucelage et proposant de le raconter à la manière d’une saison entière de série télé. Un personnage, bien sûr… Un fantasme de geek dont le canapé et la télécommande seraient comme des organes ayant poussé naturellement à l’adolescence. Sur un tel canevas, il y a un risque de dérapage dans le graveleux, la blague potache ou les références interdites aux plus de 25 ans ; Ramirès n’y tombera jamais, et on l’en remercie. À la place, c’est en pur comédien qu’il anime la scène, multipliant les personnages et les situations à une vitesse délirante, changeant de peau par une inflexion de voix, un simple raidissement ou un déhanché suggestif ; un véritable split screen humain. «Ne pas figer les choses» Flashback donc, mais sur Ramirès cette fois. À 9 ans, à Roussillon, pas loin de Vienne, celui que sa famille app

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