Retour aux sources

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Photo : Tragédie d'Olivier Dubois


Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq minutes ! La première partie de la Tragédie d'Olivier Dubois (créée au Festival d'Avignon 2012 et présentée à la Maison de la danse les 26 et 27 février) annonce un début d'année chorégraphique sous les auspices du retour aux sources, qu'elles soient minimalistes et essentielles ou bouillonnantes et pulsionnelles (Tragédie se poursuit ensuite en une véritable explosion des corps).

Plus posé et moins tonitruant, Emmanuel Gat prolonge avec Goldlandbergs (les 16 et 17 avril à la Maison de la danse), pièce composée à partir d'une émission radio de Glenn Gould et de son interprétation des Variations Goldberg de Bach,  ses recherches entre danse et musique, pour tendre vers une certaine pureté gestuelle, faite de délicatesse et d'extrême précision.

Dans le cadre du festival Sens dessus dessous (du 25 au 29 mars, toujours à la Maison de la danse), consacré par ailleurs à la jeune création, Tauberbach, le plus aguerri Alain Platel présentera sa toute nouvelle création, s'appuyant sur ce que peut avoir de vif, de décalé et d'essentiel aussi, la communication et la gestuelle d'une schizophrène.

Travaillant de son côté à partir de la «matière brute» de la personnalité de ses interprètes, le chorégraphe Rachid Ouramdane créera une pièce avec le Ballet de l'Opéra (au Radiant du 22 au 27 février). Son spectacle sera accompagné de la reprise d'A cet endroit d'Odile Duboc, condensé de la danse fluide, lumineuse et plastique de cette grande chorégraphe disparue en 2010.

Jean-Emmanuel Denave


Tragédie

Chor Olivier Dubois, 1h30, pour 18 danseurs
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Goldlanbergs

Chor Emanuel Gat dance, 1h10, pour 8 danseurs
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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En route vers la mégalomanie et le despotisme

TNP | Poursuivant son exploration de la langue d'Aimé Césaire, Christian Schiaretti livre avec La Tragédie du roi Christophe un spectacle choral instructif mais étonnement figé.

Nadja Pobel | Mardi 31 janvier 2017

En route vers la mégalomanie et le despotisme

Comment se traduit au quotidien un régime démocratique ? Au travers des écrits de Césaire, Christian Schiaretti visite avec appétence cette question fondamentale qui agite continuellement le monde, notre riche Occident de plus en plus fragilisé par l'accroissement des inégalités n'étant pas en reste. Avec Une saison au Congo, il parvenait à matérialiser l'injuste chute de Lumumba et à rendre perceptibles les manigances hors-sols de l'ex-colonisateur belge. Le metteur en scène poursuit ce travail consistant à expliquer l’immense difficulté de rendre le peuple libre. En Haïti, sur les cendres de Saint-Domingue, Césaire saisit la première démocratie noire au monde, proclamée en 1804, avec en entame un combat symbolique de coqs entre Pétion qui règne sur le Sud de l'île et Henri-Christophe sur le Nord. Ce dernier l'emporte et va peu à peu faire marcher ses administrés aux pas militaires de son ambition, déviant vers la mégalomanie comme en témoigne la construction de la pharaonique citadelle pour laquelle même femmes et

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Le grand cirque des amants

Roméo et Juliette au TNP | Transformant les Capulet en forains ambulants, Juliette Rizoud livre une version saltimbanque de Roméo et Juliette, vive quoique sans émotion.

Nadja Pobel | Mardi 17 janvier 2017

Le grand cirque des amants

Au train où va le texte (2h30 sans instant pour souffler, contre 3h20 dans la récente version d'Olivier Py par exemple) dans cette adaptation du classique des classiques par ailleurs peu monté, il n'y a pas vraiment de place pour faire émerger l’émotion ; notamment dans un dernier acte longuet et fatalement sans surprise, tant il constitue la partie la plus connue de cette histoire éternelle. Le rythme échevelé ne peut contrer l'impression de langueur qui règne sur la mort des amants. Tout au long des actes précédents, Juliette Rizoud semble plus à son aise pour insuffler à son travail une vitalité d'autant plus prégnante qu'elle ne l'enferme dans aucune temporalité. Ses héros ne sont pas coincés dans l'époque élisabéthaine ni dans une contemporanéité trop affirmée – ce pourrait être intéressant d'en faire des personnages très actuels. Non, la jeune metteuse en scène, qui poursuit ici son cycle entamé avec Le Songe d'une Nuit d'été et la troupe de la Bande à Mandrin constituée avec ses camarades ac

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

La Saison de la Danse | Même si les jeunes chorégraphes ont encore du mal à se faire une place à l'ombre de leurs aînés, la saison danse 2016-2017 s'annonce ouverte, riche et diverse. La fraîcheur des idées n'y sera pas forcément fonction de l'âge du capitaine...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé. C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Le Ballet fait sa révolution

SCENES | Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

Le Ballet fait sa révolution

Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes contemporains. On pourra y revoir Tout autour (2014) de Rachid Ouramdane et Sunshine d'Emmanuel Gat, et surtout, découvrir la nouvelle création de la chorégraphe portugaise Tânia Carvalho, figure montante de la danse contemporaine.

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Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

SCENES | Roland Petit, Merce Cunningham, Saburo Teshigawara, Maguy Marin, Alain Platel... La nouvelle saison danse s'annonce riche en têtes d'affiche. elle réserve aussi bien des projets singuliers et enthousiasmants, comme celui, collectif et ambitieux, de Florence Girardon sur "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

Landscape / Coup Fatal Le Japonais Saburo Teshigawara danse autant avec la musique qu'avec la lumière, développant une gestuelle singulière, tour à tour poétique ou tranchante et précise comme une lame. Il revient cette saison à Lyon avec une pièce récente, Landscape (2014), un duo sous forme de quasi-improvisation avec la danseuse Rihoko Sato, sur des musiques de Bach (Variations Goldberg) et de John Cage (In a Landscape) interpré- tées sur scène au piano par le touche-à-tout Francesco Tristano – il s'est notamment produit aux côtés du pionnier techno Carl Craig et de l'Orchestre des Siècles à la Villette. Les 22 et 23 septembre à la Maison de la danse Qu'il nous déçoive ou qu'il nous enthousiasme, Alain Platel présente depuis plusieurs décennies des pièces sombres, souvent aux bords de la folie. Coup fatal, crée en 2014 pour le Festival d'Avignon, est un étonnant volte-face du chorégraphe belge qui, sur des musiques baroques se mêlant à des rythmes africains (jouées live par un orchestre d'une quinzaine de musiciens) et avec le concours d'énergiques danseurs congola

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Chronique d'une Biennale 1/3

SCENES | Débuts balbutiants de la Biennale de la danse : seules les expérimentations d'Emmanuel Gat et les acrobaties virtuoses de XY nous ont mis un peu de baume au cœur cette semaine. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 1/3

La puissance de narration, à partir d'images et de sons, appartient depuis longtemps au cinéma (de fiction ou documentaire). On peut le regretter ou non, mais force est de le constater. Il y a conséquemment quelque chose de tragi-comique à voir certains plasticiens, metteurs en scène ou chorégraphes s'échiner à vouloir nous raconter des histoires ou à concurrencer les modes de narration cinématographiques. On a de l'empathie pour un Thomas Ostermeier frustré de ne pas être Rainer Werner Fassbinder (ce qui ne l'empêche pas de faire régulièrement figure d'intouchable dans ces pages), et l'on a souffert à la Maison de la danse de voir le chorégraphe Lloyd Newson mimer un Ken Loach...   Chez le metteur en scène allemand comme chez le chorégraphe australien, le plateau tourne : gimmick mimant le "ça tourne" du cinéma, mais n'empêchant pas les choses de tourner en rond, même si les mots sont rudes et les propos crus, jusqu'au plus infernal des cercles de l'ennui. Le récit bavard de John est tissé de témoignages réels et passe de situations sociales dramatiques à de sor

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Aux bords de la folie

SCENES | L'art, la danse et l'écriture qui aspirent à la transe, au mouvement des identités et des images, courent aussi le danger de l'informe, du trou noir d'un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

Aux bords de la folie

L'art, la danse et l'écriture qui aspirent à la transe, au mouvement des identités et des images, courent aussi le danger de l'informe, du trou noir d'un miroir sans reflet. Le fondateur des Ballets C. de la B. (entité trans-disciplinaire par excellence, entre danse et théâtre), Alain Platel, s'est souvent confronté aux bizarreries de l'hystérie et de la déraison. Vsprs par exemple, en 2006, en reprenait les gestes singuliers aux secousses spasmodiques. Platel se veut plus largement le défenseur d'une «danse bâtarde», demandant à ses danseurs de puiser leurs mouvements au moment où ils se «blottissent dans ce coin de cerveau encore préservé de toute civilisation». Sa nouvelle pièce, Tauberbach, part à nouveau sur les traces de la folie, avec l'histoire d'Estamira, schizophrène brésilienne ayant développé son propre mode de communication et survivant au milieu d'une décharge à Rio de Janeiro. «Tauberbach est l'histoire d'une femme qui est épluchée. Une femme qui mène sa vie à l'intérieur de sa tête mais qui, au fur et à mesure, découvre son corps» précise ainsi Koen Tachelet, dramaturge de la pièce. Si Alain Plate

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De battre un chœur a commencé

SCENES | Olivier Dubois présente à Lyon "Tragédie", créée au Festival d'Avignon en 2012. Une pièce-manifeste puissante et radicale, non pas en raison de la nudité des interprètes, mais par l'importance de ses enjeux et l'intelligence et la force de son écriture chorégraphique. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

De battre un chœur a commencé

POUM, POUM, POUM, POUM... Des battements de tambour amples et réguliers résonnent dans la salle et tendent une scène baignée de pénombre pour y accueillir bientôt des cœurs singuliers, puis tout un chœur de dix-huit danseurs. Neuf femmes et neuf hommes, totalement nus, qui viendront d'abord un à un nous rencontrer dans leur marche fière, composée de douze pas aller et de douze pas retour, en alexandrins de chair et d'os. Il est immédiatement ici question d'écriture et de symboles, tout simplifiés et balbutiants qu'ils soient. «La pièce est extrêmement difficile pour les interprètes puisque tout est écrit nous indique Olivier Dubois. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une demande physique de plus en plus forte. J’ai écrit toute la matière, mais je n’ai pas défini les placements du corps – le placement des mains des danseurs par exemple. C’est cette liberté dans un cadre strict qui permet aux spectateurs de rencontrer dix-huit personnes, et non une masse anonyme». Chacun pourra du coup, dans une première partie quasi-hypnotique, s'identifier à l'un ou à l'autre des danse

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États d'urgence

SCENES | Le chorégraphe Rachid Ouramdane mélange souvent la danse aux arts visuels, à la vidéo notamment. Ses pièces s'appuient par ailleurs sur un croisement entre la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2014

États d'urgence

Le chorégraphe Rachid Ouramdane mélange souvent la danse aux arts visuels, à la vidéo notamment. Ses pièces s'appuient par ailleurs sur un croisement entre la petite histoire de ses interprètes et la "grande histoire". Après Superstars en 2006, il crée à nouveau une pièce pour le Ballet de l'opéra de Lyon, Tout atour, qui se veut notamment une «expérience sensible» pour dix interprètes où «l’urgence des corps nous raconte cet état d’urgence du monde. Je voudrais partager cette capacité à exprimer cette urgence avec les danseurs du ballet. Montrer par le corps que la société met en place des mécanismes qui nous détruisent, que nous sommes dépassés par ce que l’humain génère». Cette création présentée au Radiant-Bellevue du 22 au 27 février sera accompagnée de deux autres pièces superbes : la Grosse Fugue de Maguy Marin et le duo Critical Mass de Russell Maliphant. Aux Subsistances (du 25 février au 1er mars), l'inclassable Thomas Lebrun poursuit quant à lui son travail intitulé Trois décennies d’amour cerné, regard occidental sur l’amour et le sida depuis son apparition. Son solo créé pour Moussa Camar

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Course en tête

SCENES | «Mauviette». Dans la trilogie Retour vers le futur, il suffisait d'adresser cette injure à Marty McFly pour le voir, galvanisé par son orgueil, prendre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Course en tête

«Mauviette». Dans la trilogie Retour vers le futur, il suffisait d'adresser cette injure à Marty McFly pour le voir, galvanisé par son orgueil, prendre les risques les plus insensés. Dans le cas de Yohann Metay, c'est un «t'es cap ou pas cap ?», encaissé entre une gorgée de Leffe Triple et une bouchée de frites, qui l'a poussé en 2006 à s'inscrire à l'Ultra Trail du Mont Blanc. Une course d'endurance de cent soixante-huit kilomètres à travers la Savoie, le Val d'Aoste et un bout de la Suisse dont le souvenir, long de quarante-cinq heures, sert aujourd'hui à ce Lyonnais d'adoption de trame à La Tragédie du dossard 512, un solo plaisamment rocambolesque. Nul besoin de connaître son Roger Frison-Roche sur le bout des doigts pour en apprécier les subtilités : même si nombre d'allusions, notamment celles sur les bienfaits de la crème NOK, illumineront plus intensément les visages des possesseurs de baskets à cent cinquante euros, ce sont sa souplesse cartoonesque (voir l'outrance "Chris Tu

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La danse dans son élément

MUSIQUES | Danse / Odile Duboc et Pierre Droulers ont créé chacun une pièce pour le Ballet de l'Opéra de Lyon. Deux chorégraphies résolument contemporaines et vivement conseillées. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 27 juin 2007

La danse dans son élément

Un long muret vert en fond de scène, une quinzaine de danseurs aux costumes pastels, des nappes de lumière diffuses tendant vers le gris et variant d'intensité, une déambulation silencieuse puis, soudain, un solo doux-amer, tendu, tranchant nous immerge peu à peu dans l'univers d'Odile Duboc nourri de «portés d'air» et de «coulées d'eau», «d'envol et de liquidité», «d'états du corps traversé par les éléments». Une danse tout à la fois abstraite (au sens où elle ne décrit aucune histoire ni expression psychologique), fluide et graphique. Faite de lentes, souples et douces rêveries du corps qui peuvent tout à coup s'accélérer en une folle course dispersée, comme l'ordre fragile du groupe éclater en désordre, une ligne de danseurs se briser au sol, un mouvement revenir en arrière, un geste s'étioler, fondre. Certaines figures à trois danseurs émergent au milieu du groupe, se répètent, se décalent... il n'en restera plus tard, ailleurs, que l'écume, un mouvement de bras, une trace. S'égrènent aussi de très beaux portés en diagonale réalisés quasiment au ralenti, où les danseuses semblent un bref instant suspendues dans leur envol inachevé. «Je ne suis pas dans la théâtralité mais dans

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