Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu tient dans cette question : «Quelle influence a exercé et continue d'exercer la performance sur les "arts canoniques" (le théâtre et la danse) ? ». «Mon idée, continue la directrice de la Maison de la danse, est de juxtaposer des pièces historiques et des créations pour soumettre le contemporain à l'épreuve d'œuvres emblématiques du XXe siècle et réciproquement».

Tension


Du côté des œuvres historiques, on (re)découvrira notamment Relâche du trio dadaïste Francis Picabia, Erik Satie et René Clair, rejoué par le Ballet de Lorraine, et l'œuvre fleuve mythique de Jan Fabre C'est du théâtre comme c'était à prévoir, soit huit heures de performances assez poétiques interprétées par neuf danseurs-comédiens !

Côté contemporain, les farfelus et provocateurs François Chaignaud et Cecilia Bengolea créeront une pièce sur pointes avec le Ballet de l'Opéra, Noé Soulier présentera Mouvement sur mouvement, solo basé sur les vidéos explicatives de William Forsythe, et une multitude de petites formes performatives émailleront la Biennale hors des salles classiques.

Mais la tension créée par l'idée de performance, floutant les frontières entre la fiction et le réel, pourra se retrouver aussi parmi des pièces aux structures plus habituelles,  moins "performatives", comme dans John de la brillante compagnie DV8, créé à partir d'entretiens sur la sexualité dits et mis en corps sur scène.

On retrouvera encore deux autres grandes figures du paysage chorégraphique contemporain : William Forsythe présentera ainsi une création (un condensé de son œuvre en une heure !) avec sa propre compagnie, tandis que Maguy Marin (dont on apprend avec joie le retour prochain à Lyon) créera elle aussi une pièce dont on attend beaucoup. A l'instar, finalement, d'une grande partie de cette Biennale définitivement prometteuse.

 

16e Biennale de la danse de Lyon
Du 10 au 30 septembre

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Karavel, 15e édition pour le festival de danse hip-hop

Danse | Créé en 2007 à Bron sous la houlette du chorégraphe Mourad Merzouki, le festival Karavel est consacré à la danse hip-hop sous toutes ses formes, dans différents (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Karavel, 15e édition pour le festival de danse hip-hop

Créé en 2007 à Bron sous la houlette du chorégraphe Mourad Merzouki, le festival Karavel est consacré à la danse hip-hop sous toutes ses formes, dans différents lieux du Grand Lyon. Pour son 15e anniversaire, le festival démarre sur les chapeaux de roue le 26 septembre avec une battle XXL tous styles confondus (break, krump, popping, rock…) à l’Amphithéâtre du Centre de Congrès de Lyon. Et se poursuivra jusqu’au 23 octobre avec une multitude de spectacles, dont une carte blanche à trois figures du krump (mouvement contestataire né à Los Angeles à l’orée des années 2000) au Théâtre des Célestins le 12 octobre et un défilé hip-hop créé par Mourad Merzouki pour quinze danseurs et l’Orchestre National de Lyon, à l’Auditorium le 16 octobre.

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Maguy Marin, remontages et reprises

Danse Contemporaine | Le philosophe Walter Benjamin pensait que l’Histoire ne se lit pas une seule fois de manière chronologique, mais qu’elle est chaque fois le fruit d’un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Maguy Marin, remontages et reprises

Le philosophe Walter Benjamin pensait que l’Histoire ne se lit pas une seule fois de manière chronologique, mais qu’elle est chaque fois le fruit d’un montage ou d’un remontage entre deux événements, deux citations, deux images… C’est en suivant cette idée que la chorégraphe Maguy Marin s’est plongée récemment dans la Guerre du Péloponnèse pour sa dernière création au Festival d’Avignon 2021, Y aller voir de plus près. On est impatients que cette pièce passe à Lyon et, en attendant, la chorégraphe reprendra à la Maison de la Danse l’une de ses pièces les plus puissantes et bouleversantes, Umwelt datant de 2004. Sous un souffle d’air continu et le flux d’une guitare électrique, les danseurs viennent exécuter de courtes actions (manger, crier, s’aimer, se battre…) au milieu de rangées de souples miroirs… Soit une représentation mi-comique, mi-tragique, de la vie quotidienne avec ce qu’elle peut avoir de plus beau et de plus laid. Par ailleurs, David Mambouch (fils de

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Lyon : William Forsythe, trois fois !

Danse | Entre la Maison de la Danse et l'Opéra de Lyon, trois rendez-vous aguicheurs sont proposés cet automne en compagnie du maître néoclassique qu'est William Forsythe.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Lyon : William Forsythe, trois fois !

Difficile de résumer l’univers du chorégraphe William Forsythe, tant son œuvre, débutée dans les années 1970, est riche, débordant même parfois les frontières de la danse pour des installations ou des performances dans les musées… Né en 1949 à New York, féru au départ de rock et de comédie musicale, Forsythe émigre en Allemagne où il dirigera bientôt le Ballet de Francfort de 1984 à 2004. Une formation de culture classique avec laquelle il invente son propre style fait à la fois de déconstruction des codes classiques, mais aussi d’une extrême virtuosité technique (vitesse d’exécution ébouriffante, membres sous forte tension…). En 2005, il crée une compagnie indépendante, toujours basée en Allemagne, multipliant les collaborations (dernièrement avec le Ballet de l’Opéra de Paris en 2015). Plusieurs de ses pièces ont été transmises au Ballet de l’Opéra de Lyon, qui se montre souvent brillant dans leur exécution (leur difficulté faisant sans doute aussi partie du plaisir du danseur). L’incroyable One Flat Thing, reproduced Dès la semain

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Les 10 spectacles de danse à voir absolument cette saison à Lyon

Danse | Dix, seulement dix. Côté danse, voici nos incontournables pour lesquels il faut absolument réserver, au cœur d'une saison hétéroclite dans ses formes esthétiques et marquée par de nombreux grands noms de la danse contemporaine : Pina Bausch, Angelin Preljocaj, Ohad Naharin, Jiří Kylián, Maguy Marin et William Forsythe...

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 septembre 2021

Les 10 spectacles de danse à voir absolument cette saison à Lyon

Les dragons pop d’Eun-Me Ahn Pour la troisième fois, la Sud-Coréenne Eun-Me Ahn revient sur la scène de la Maison de la Danse… Avec à nouveau un spectacle un peu déjanté et à l’esthétique pop. Dragons réunit quatorze jeunes danseurs (dont six en hologrammes !) tous nés en 2000 (l’année du dragon pour l’astrologie chinoise), et se propose de dresser un portrait vitaminé et extravagant de l’Asie d’aujourd’hui et de demain. Eun-Me Ahn, Dragons À la Maison de la Danse les mardi 21 et mercredi 22 septembre Vania Vaneau en solo Originaire du Brésil, danseuse pour Maguy Marin ou Wim Vandeykebus (entre autres), Vania Vaneau s’est lancée dans la chorégraphie en 2014

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Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Danse | Festivals installés comme Sens Dessus Dessous ou le Moi de la Danse, chorégraphes stars tels Christian Rizzo ou Merce Cunningham, découvertes potentielles : voici les dix dates que les amateurs de danse se doivent de cocher de suite sur leur agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 septembre 2019

Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Spirituelle La grande chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker tisse toujours des liens singulièrement étroits entre la musique et ses chorégraphies : qu'il s'agisse de musique classique (Beethoven, Mahler...) ou plus contemporaine (Joan Baez, Steve Reich...). Créée en 2005 avec Salva Sanchis, sa pièce A Love Supreme explore l'album éponyme de John Coltrane, album mythique du Free Jazz. Chaque danseur est associé à un instrument du quatuor de Coltrane, et l'écriture précise de De Keersmaeker s'octroie ici une part de liberté et d'improvisation (à l'instar du jazz). Douze ans après, en 2017, la pièce est recréée avec quatre nouveaux interprètes et leurs nouvelles sensibilités. A Love Supreme À la Maison de la Danse du 1er au 3 octobre Technique Les pièces de Merce Cunningham sont d'une difficulté technique rare, et le Ballet de l'Opéra en compte déjà plusieurs à son répertoire. Cet automne, le Ballet présentera deux pièces du maître new-yorkais, créées à vingt ans d'intervalle : Exchange (1978) et Scenario

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Salut la compagnie ! : "Maguy Marin : l'urgence d'agir"

Documentaire | De David Mambouch (Fr, 1h48) avec Maguy Marin…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Salut la compagnie ! :

Prenant l’emblématique pièce May B. comme fil rouge, David Mambouch retrace le parcours de Maguy Marin en sa compagnie et celle des membres… de sa compagnie. Un regard intime et familial embrassant près d’un demi-siècle d’une aventure chorégraphique particulière… Cela fait près de quarante ans que David Mambouch suit au plus près le travail de la chorégraphe Maguy Marin, dans les coulisses et en bord, voire sur scène. Et pour cause : il est son fils. C’est donc de l’intérieur qu’il peut témoigner de la progressive construction d’une œuvre, dans sa cohérence et son intégrité morale (en résonance avec des enjeux sociaux et des problématiques historiques, économiques ou humanistes), mais aussi de ses nécessaires évolutions artistiques — comme l’introduction de la parole, le glissement vers la “non-danse“, rendant plus intelligible encore le propos ou le message politique sous-tendant chacune de ses créations. Portrait collectif d’une femme de troupe indissociable de ses compagnons de route, mettant en avant un goût viscéral pour la transmi

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Le moi et son double

Danse | Débuté la semaine passée, le festival Moi de la Danse se poursuit aux Subsistances avec les spectacles de Thomas Hauert et de Jan Fabre, puis avec le nouveau solo prometteur de Mark Tompkins, Stayin Alive.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 janvier 2019

Le moi et son double

Chorégraphes reconnus, le Flamand Jan Fabre et l'Américain Mark Tompkins (qui vit en France) partagent sans doute peu de choses artistiquement, si ce n'est un certain goût pour la théâtralité et la transgression des codes esthétiques. Ils présenteront tous deux un solo sous forme de dialogue entre un "moi" et son double. Attends, attends, attends... de Jan Fabre suit notamment le fil d'un échange imaginaire entre un fils et son père, dans une traversée des générations, de temporalités différentes et... de la mort. De la mort et du vieillissement, il sera question aussi dans Stayin Alive de Mark Tompkins, dialogue métaphysique et ironique avec lui-même. Rester vivant, rester debout Découvert aux Subsistances il y a plusieurs années avec Animal ou Song and dance, Mark Tompkins est un chorégraphe atypique, inclassable, travaillant aux confins des musiques disco et pop (dont il compose certains morceaux lui-même), de la danse-contact de Steve Pa

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Minuscules majuscules au Musée des Confluences

Cabinet de Curiosités | On les mange, on les adule ou on les redoute : les coléoptères sont aussi peu visibles qu'omniprésents sur terre. Le Musée des Confluences leur consacre une petite et passionnante exposition transdiciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 14 janvier 2019

Minuscules majuscules au Musée des Confluences

La nouvelle exposition du Musée des Confluences, Coléoptères, insectes extraordinaires, s'inscrit au cœur même de la politique générale du musée : entrecroiser les sciences dures, les sciences humaines (l'ethnologie notamment), et les arts, autour d'un même "objet". Ici, l'objet en question est un insecte qui dispose d'une paire d'élytres (ailes dures recouvrant les ailes membraneuses qui lui servent à voler), dont on date l'apparition à moins de 250 millions d'années, et dont on recense, de manière non exhaustive, sur tous les continents (hormis l'Antarctique), quelque 387 000 espèces ! Les plus connus des coléoptères se nomment couramment coccinelle, doryphore, scarabée, luciole, hanneton... Le plus petit passe par le chas d'une aiguille et le plus imposant a l'envergure d'une main. Mille fois son poids Modeste dans ses dimensions (il s'agit d'une exposition de poche sur 175 m²), l'exposition se décline en quatre temps : des capacités étonnantes de certains coléoptères jusqu'à une terrible et magnifique vanité de l'artiste flamand Jan Fabre (un crâne recouvert d'élytres "m

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Les modernes et les contemporains

Panorama Danse | Deux festivals et quelques grandes figures de la danse contemporaine (Cunningham, Trisha Brown, Jiří Kylián, Hofesh Shechter) donneront le tempo d'un premier semestre chorégraphique alléchant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Les modernes et les contemporains

Deux festivals... Depuis quatre ans, deux festivals de danse structurent les débuts d'année chorégraphique à Lyon. Le Moi de la Danse aux Subsistances (du 23 janvier au 10 février) invite plusieurs artistes à explorer et à rouvrir la notion d'identité à travers leurs spectacles. Pour cette quatrième édition, nous aurons la joie de retrouver Mark Tompkins avec son solo intimiste auto-fictionnel sur des tubes disco et pop, Stayin Alive ; Jan Fabre chorégraphiant le dialogue imaginaire d'un fils et de son père dans Attends, attends, attends... (pour mon père) ; et le fabuleux (fabuleux pour ses recherches de mouvements des plus singuliers et décalés, expérimentateur en diable) chorégraphe suisse Thomas Hauert qui fêtera les vingt ans de sa compagnie ZOO avec How to proceed, une pièce pour huit danseurs. À la Maison de la Danse, le festival Sens Dessus Dessous (du 4 mars au 9 avril) sondera les nouvelles tendances chorégraphiques (le gr

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Coup de balai

Danse | Une danseuse de Ballet (de l'Opéra de Lyon) qui passe le balai (à l'Opéra), et c'est toute une métaphore ironique que met en scène la chorégraphe Maguy Marin dans (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 octobre 2018

Coup de balai

Une danseuse de Ballet (de l'Opéra de Lyon) qui passe le balai (à l'Opéra), et c'est toute une métaphore ironique que met en scène la chorégraphe Maguy Marin dans Cendrillon. Ici, les rêveries de princesse et de prince, sur fond musical de Prokofiev, reviennent littéralement aux cendres de l'enfance : et c'est très logiquement que Maguy Marin revisite Cendrillon en installant sa chorégraphie dans un décor de magasin de jouets un peu poussiéreux, peuplé de "soldats de bois" (le prince par exemple), de poupées, de pantins, tous aussi maladroits qu'un enfant sans formation se lançant dans un pas de deux. Cette pièce créée en 1985 (et fruit d'une commande de l'Opéra de Lyon), bourrée de grotesque grinçant et d'une critique à peine voilée de la société de consommation, est paradoxalement devenue un tube de la danse contemporaine ! Et ne cesse, de saison en saison, d'être reprise au programme du Ballet de l'Opéra... au grand dam sans doute de ses danseurs étriqués et étouffés dans de pesants costumes. Pour celles et ceux qui ne l'aura

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"Ligne de Crête" : la colère étouffante de Maguy Marin

Biennale de la Danse | Bam ! Maguy Marin nous donne une grosse claque au TNP. Mais pour nous réveiller ou pour nous assommer ?

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 13 septembre 2018

Imaginez un remake contemporain des Temps modernes de Chaplin tourné par Michael Haneke, et vous obtiendrez, peu ou prou, la nouvelle création de Maguy Marin présentée à la Biennale de la Danse. Soit (comme chez Haneke) un véritable piège à spectateur où, sous les coups de butoir du son très amplifié d'une photocopieuse, six interprètes cheminent mécaniquement sur un plateau représentant un open space. Chacun vient, en entrées et sorties de scène répétitives, déposer dans son propre bureau quelques objets. Des objets d'abord raccords avec la situation (des stylos, un encas pour la pause déjeuner, une lampe...), puis des objets de plus en plus incongrus (vêtements, paire de skis, puzzle, perruques...). Et cela continue ainsi, pendant une heure, jusqu'à saturation et au syndrome de Diogène (maladie de l'entassement), sans interruption ni changement, si ce n'est quelques bugs furtifs des danseurs sur leurs trajets, ou quelques spasmes préfigurant un burn out. Leçon d

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Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

Biennale de la Danse | Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de Lyon depuis 2011, Dominique Hervieu nous livre sa conception de la danse, de la programmation d'une Biennale, des relations entre les corps et les nouvelles technologies... Et quelques confidences plus personnelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 12 septembre 2018

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

En tant que spectatrice, quel a été votre premier grand choc chorégraphique ? Dominique Hervieu : C'était la série de performances de Jan Fabre créée dans les années 1980, C'était du théâtre comme c'était à prévoir, présentée au Petit Théâtre de Bastille à Paris. Plus qu'un choc, ce fut même une révolution, pour moi danseuse classique à l'époque. Cette pièce m'a ouverte à la création contemporaine, et j'y ai été sensible aux glissements entre danse et théâtre, danse et arts plastiques. Il y avait dans cette œuvre de Jan Fabre une grande sensibilité, un engagement parfois au bord de l'hystérie, un mélange si singulier entre hyper sobriété et hyper théâtralité. Et le dernier en date ? Il y en a deux. D'abord un solo de Oona Doherty (Lazarus & the Birds of Paradise) où la jeune chorégraphe parvient à nouer ensemble les questions du sens, du corps et du mouvement. Il n'y a pas chez elle de messag

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Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

Biennale de la Danse | La Biennale de la Danse débute, mardi prochain, avec deux chocs chorégraphiques : Maguy Marin et Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

« La danse, et par conséquent le théâtre, n'ont pas encore commencé à exister » écrivait en 1948 Antonin Artaud dans le Théâtre de la cruauté. Cette phrase pourrait nous servir de grigri avant de se lancer dans une nouvelle Biennale de la Danse, avec l'espoir, à chaque édition, d'y être bouleversé, chamboulé dans ses repères artistiques, désorienté... Le cru 2018 s'annonce sous les meilleurs auspices, et, surtout, commence fortissimo avec une nouvelle création de Maguy Marin (Ligne de crête), et la venue à Lyon du collectif bruxellois Peeping Tom pour transmettre au Ballet de l'Opéra l'une de ses pièces phares, 32 rue Vanderbranken (rebaptisée 31 rue Vanderbranken pour l'occasion). On connaissait les affinités de Peeping Tom avec le cinéma en général, et celui de David Lynch en particulier, mais cette pièce-ci est inspirée de Kurosawa et de La Ballade de Narayama, où une vieille dame est contrainte de s'isoler dans une montagne. L'exploration de l'intime (par dix-neuf interp

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Folia en folie pour ouvrir Nuits de Fourvière

Danse | Spectacle idéal pour ouvrir les Nuits de Fourvière sur le grand plateau, Folia combine le savoir-faire de Mourad Merzouki à la musique baroque des Concerts de l'Hostel-Dieu. Visite en coulisses.

Nadja Pobel | Mardi 29 mai 2018

Folia en folie pour ouvrir Nuits de Fourvière

« On dit que je fais des spectacles dits de divertissement. Mais ça ne me gêne pas, j'incarne ça et j'ai envie de le partager avec le public ». Mourad Merzouki est lucide. Nuits de Fourvière aussi, qui lui a confié l'ouverture du festival. Et c'est drôlement astucieux car Folia est le parfait spectacle populaire (hip-hop et musique baroque), de qualité (tous sur le plateau atteignent des sommets) sans trop être avant-gardiste non plus (la robe de la chanteuse émergeant d'une des boules du décor est so kitsch, mais visible du dernier rang de l'amphithéâtre). Bref, tout est à sa place. À la tête, depuis 2009, du Pôle Pik à Bron (devenu Pôle en Scènes en fusionnant avec l'Espace Albert Camus) et du CNN de Créteil, initiateur du festival Karavel en 2007, prochainement à la Biennale de la Danse pour présenter sa nouvelle création, Merzouki est sur tous les fronts avec un aplomb impressionnant. À Fourvière, il avait déjà fait un digest de ses premières œuvres et celles de ses comparses pionniers du hip-hop

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La force politique de la danse de Maguy Marin

Sens Dessus Dessous | Immense danseuse et chorégraphe multi-primée, cette enfant d’exilés du franquisme n'a de cesse de mettre son art au service de la résistance à la violence du monde. Via sa dernière création Deux mille dix sept et la transmission d'une de ses œuvres phare à de jeunes artistes, May B, Maguy Marin est très présente dans les prochaines semaines. Et c'est une chance.

Nadja Pobel | Mardi 20 février 2018

La force politique de la danse de Maguy Marin

Qu'est-ce qui vous pousse à vous remettre au travail et faire une nouvelle création comme Deux mille dix sept, dont la première a eu lieu en octobre à Vandœuvre-les-Nancy ? Maguy Marin : L'état social est assez catastrophique, de plus en plus de gens tentent de survivre, prennent des bateaux pour vivre. Cette situation n'arrête pas de cogner. Et quand je me suis remise au travail, je me suis dit qu'il fallait essayer de se donner du courage. Mon principal objectif est de renvoyer cette violence puisque on a l'impression qu'on est comme abasourdi, assez impuissants devant ce qui se passe, il n'y a pas de mobilisation suffisante. Des gens se battent bien sûr par groupes, associations, il y a parfois des manifs mais au fond on devrait tous se lever et agir. La danse, c'est votre façon de vous lever ? Oui mais c'est bien insuffisant. C'est mon territoire de travail disons ; c'est l'axe que je suis donc c'est à partir de là que j'essaye d'agir. Vous avez beaucoup lu pour créer ce spectacle, le travail a été long, depuis décembre 2016. Vous avez

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Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

Plus Loin | 50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 octobre 2017

Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, "Julien" sera l'invité des Nuits de Fourvière, le 4 juillet prochain au Grand-Théâtre (on garde son calme les places ne seront en vente que le 16 mars à 14 h). À noter que cette même édition des Nuits s'ouvrira avec une pièce du chorégraphe Mourad Merzouki. Pour le reste de la programmation, en revanche, il faudra patienter encore un peu.

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Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Direction Artistique | À Charlie Chaplin comme au Toboggan, voici venir deux directeurs pas si nouveaux : Mourad Merzouki et Victor Bosch, déjà à la tête d’autres salles. Cette concentration des pouvoirs menace-t-elle la diversité de l’offre ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Poussée vers la sortie avec force par la mairie de Décines, Sandrine Mini, qui a eu à cœur de défendre au Toboggan une programmation exigeante, a pris du galon : elle fait sa rentrée à la tête de la scène nationale de Sète. Fin de la belle histoire. Denis Djorkaeff, l’adjoint à la Culture, a fait appel à « une référence, à même de faire une programmation dans un temps record » comme il nous le confiait en mars dernier, en même temps qu’il annonçait la venue de Victor Bosch. Depuis, le directeur du Radiant à Caluire a vu sa mission se préciser. Il est officiellement directeur artistique et programmateur du Toboggan pour une durée de trois ans. Soucieux « de ne rien casser de ce qui a été précédemment fait », il garde sa recette éclectique, tentant de répondre aux besoins de sa nouvelle tutelle de faire un théâtre de proximité avec

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Nous sommes des rigolos

Ramdam | En 2006, Ha ! Ha ! se découvrait comme un nouvel et très dérangeant ovni dans le parcours déjà si atypique de Maguy Marin. Devant des pupitres de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 février 2017

Nous sommes des rigolos

En 2006, Ha ! Ha ! se découvrait comme un nouvel et très dérangeant ovni dans le parcours déjà si atypique de Maguy Marin. Devant des pupitres de musiciens, sept danseurs assis et vêtus de costumes idoines entonnaient des partitions ininterrompues de blagues pourries, de mots d'humour stéréotypé, entrecoupés de grands éclats de rire... À proximité, dans l'obscurité et la plus grande indifférence, des mannequins de spectateurs à l'échelle 1 s'effondraient à intervalles réguliers. Dix ans plus tard, la chorégraphe reprend cette pièce en se concentrant sur le dispositif des danseurs et en le plaçant face au public, tel un oratorio représentant une soirée entre amis, un repas trop arrosé, un lâchage dans l'intimité de l'entre-nous... Et par là, Maguy Marin fait entendre dans les mots, comme dans la prosodie et le souffle des voix, dans les corps convulsés et secoués de rires, ce que Michel Foucault a appelé : « l'ordre du discours ». Soit tout cet impensé (cette pensée « toute faite

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Käfig, vingt balais

Maison de la Danse | Compagnie emblématique des heureuses métamorphoses de la danse hip-hop en France, Käfig, dirigée par Mourad Merzouki, fête ses vingt ans à la Maison de la Danse (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 décembre 2016

Käfig, vingt balais

Compagnie emblématique des heureuses métamorphoses de la danse hip-hop en France, Käfig, dirigée par Mourad Merzouki, fête ses vingt ans à la Maison de la Danse (du 11 au 21 décembre). Du gymnase de Saint-Priest où quatre copains (Kader Attou, Mourad Merzouki, Eric Mezino et Chaouki Saïd) s'entraînaient au plateau de la Maison de la Danse, puis à la direction de Centres Chorégraphiques Nationaux, la compagnie et les chorégraphes hip-hop ont libéré leur art de ses clichés et de son relatif isolement, l'ont sublimé en l'entremêlant à beaucoup d'autres types de danse (à l'inverse, beaucoup de chorégraphes contemporains venus d'autres horizons puisent dans le vocabulaire hip-hop). Reste toujours cette énergie, positive et de révolte, que l'on pourra retrouver ce mois-ci dans trois spectacles de Käfig : une création, Cartes blanches, rendant hommage aux interprètes qui ont marqué son histoire, et les reprises de Correria Agwa et de Pixel, deux des meilleures pièces de la compagnie.

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Jan Fabre, performeur

Villa Gillet | Chorégraphe, plasticien, performeur, metteur en scène, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) n'a jamais confondu ces différents médiums mais tenté de pousser chacun (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Jan Fabre, performeur

Chorégraphe, plasticien, performeur, metteur en scène, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) n'a jamais confondu ces différents médiums mais tenté de pousser chacun jusqu'à ses ultimes limites. À Lyon, on a pu découvrir ces dernières années des dessins composés de son sperme ou de son sang, des danseuses évoluant en solos sur de l'huile d'olive ou dans un cercueil... Mais c'est surtout la performance qui, tout au long de sa carrière, a été un terrain majeur d'expérimentations et de provocations pour l'artiste. Et ce dès sa sortie de l'Académie Royale des Beaux Arts d'Anvers à la fin des années 1970 : il s'enferme alors dans une pièce pour la recouvrir entièrement de stylos Bic, peint le drapeau belge sur des coquilles d'escargots dans la vitrine d'un commerce, transforme des billets de banque en avions avant de les brûler... « Quand l'envie est là, confie-t-il dans un entretien à Germano Celant en 2013, quand cette envie de m'interroger d'une manière extrême grandit parfois d

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Danse féérique pour toute la famille

Danse | C'est un enfant du pays qui revient sur ses terres : Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig réinstallent en cette fin d'année sur la scène de la Maison de la (...)

Antoine Allègre | Mardi 22 novembre 2016

Danse féérique pour toute la famille

C'est un enfant du pays qui revient sur ses terres : Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig réinstallent en cette fin d'année sur la scène de la Maison de la Danse leur pièce maîtresse : Pixel. Certainement l'une des œuvres de danse contemporaine les plus transgénérationnelles qui soit. Un moment de grâce infinie où s'entrelacent corps, vidéo et effets numériques dingues et, cerise sur le gâteau, qui plaît à tous les publics : minots breakers, parents curieux et mamies coutumières de cette institution lyonnaise. « Je crois que Pixel est un spectacle qui plaît parce qu'il ne raconte pas d'histoire. Tout se passe pour l'image, la poésie » assure Mourad Merzouki, également directeur du Centre Chorégraphique Pôle Pik qu'il a créé en 2009. « Il y a cette énergie, cette générosité de la danse hip-hop qui attire beaucoup ; et aussi des évolutions numériques, tout en combinant exigence et écriture chorégraphique. On se raconte sa propre histoire. » Du pain béni pour les kids à partir de huit ans, et les grands qui ont su conserver une propension à

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Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Opéra de Lyon | Superbe affiche pour le Ballet de l'Opéra de Lyon qui interprète les trois Grandes Fugues de Maguy Marin, d'Anne Teresa de Keersmaeker et de Lucinda Childs. Cette dernière étant venue tout spécialement à Lyon pour y créer sa pièce.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 novembre 2016

Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... que de succès féminins pour Ludwig Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales, composée entre 1824 et 1825 ! Les trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de Beethoven. Il y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un t

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Jan Fabre en piste

ARTS | L'artiste belge Jan Fabre fait de la danse, des vidéos, des performances, du théâtre, il dessine aussi avec son sang ou avec son sperme... Il ne lui (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Jan Fabre en piste

L'artiste belge Jan Fabre fait de la danse, des vidéos, des performances, du théâtre, il dessine aussi avec son sang ou avec son sperme... Il ne lui restait plus qu'à se mettre au sport, au vélo en l'occurrence, pour essayer par exemple de ne pas battre le record du monde de l'heure (celui en tout cas de Merckx établi à Mexico en 1972). L'événement saugrenu aura lieu ce jeudi 29 septembre à 18h au Vélodrome du Parc de la Tête d'Or, en présence d'Eddy Merckx, de Raymond Poulidor et de Daniel Mangeas...

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Corps rebelles : La danse, quelles histoires !

Musée des Confluences | Avec précision, pédagogie et sérieux, l'exposition Corps Rebelles nous immerge dans l'histoire de la danse contemporaine à travers différents dispositifs vidéo. Clair, plaisant et réussi.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Corps rebelles : La danse, quelles histoires !

Corps rebelles nous (re)plonge dans l'histoire de la danse moderne et contemporaine, coiffés d'un casque audio. Au cœur de l'exposition, six chorégraphes filmés pour l'occasion nous expliquent, au sein d'une "box" composée de trois grands écrans, leur démarche en mots et en mouvements, déclinant chacun une thématique qui lui est chère. L'ancienne danseuse de William Forsythe, Louise Lecavalier, nous parle et nous montre "la danse virtuose", Raimund Hoghe "la danse vulnérable", François Chaignaud et Cecilia Bengolea les liens entre "danse savante et danse populaire"... Ces six séquences de six minutes environ ont été filmées en noir et blanc, sans effet spectaculaire : les discours sont clairs voire éclairants, les images simples et belles. On prend beaucoup de plaisir esthétique, et l'on apprend aussi énormément en déambulant d'un espace thématique à l'autre. En contrepoint, de petits extraits de pièces historiques se rapportant au sujet défilent sur des téléviseurs : tous les grands chorégraphes de la danse contemporaine s'y retrouvent. La danse et le monde Agnès Izrine

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Expositions : ce qui vous attend

De Kandinsky à Matisse | Jan Fabre, Henri Matisse, Vassily Kandinsky : tels seront les ténors de la saison artistique qui s'ouvre cet automne... Avec, en contrepoint, et pour faire crisser un peu les yeux et leur offrir des cheminements plastiques plus aventureux, quelques énergumènes singuliers : Félicien Rops en tête, ou encore Jason Dodge et Jean-Luc Parant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Expositions : ce qui vous attend

Au Mac, la diversité Si le chorégraphe, performeur et plasticien belge Jan Fabre fera figure au Musée d'art contemporain de tête d'affiche avec une rétrospective centrée sur ses performances, deux autres événements lui feront "concurrence", voire de l'ombre : Wall drawings, une exposition internationale consacrée au street art, et Le bonheur de deviner peu à peu dévoilant des œuvres (signées Orlan, Ilya Kabakov, Cai Guo-Qiang...) qui, justement, ont pour caractéristique de ne se dévoiler au visiteur que "peu à peu", gardant une part de mystère... Dans le cadre de ce dernier événement, l'artiste-poète Jean-Luc Parant poursuivra son fascinant "work in progress" Éboulement, entassant dans le musée ses boules de différents formats, avec pour but final d'envahir totalement le MAC ! À partir du 10 mars, le musée enchaînera avec une exposition sur le groupe lyonnais Frigo et une autre sur la scène artistique de Los Angeles. Jan Fabre + Wall drawings + Le bonh

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Un Lion d'or pour Maguy Marin

SCENES | La Biennale de Venise (structure qui regroupe tout à la fois les biennales d'art contemporain, d'architecture, de cinéma, de danse, de musique) a (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 29 avril 2016

Un Lion d'or pour Maguy Marin

La Biennale de Venise (structure qui regroupe tout à la fois les biennales d'art contemporain, d'architecture, de cinéma, de danse, de musique) a décerné un Lion d'or à la chorégraphe lyonnaise Maguy Marin pour « ses recherches sur le corps et l'espace » révélant « la complexité de l'homme contemporain. » À ses côtés, a été aussi récompensé le compositeur de musique italien Salvatore Sciarrino. Deux très très grands artistes !

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L'ombilic du dessin au Musée d'art moderne et contemporain

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne propose simultanément cinq nouvelles expositions, toutes passionnantes. La plus troublante d'entre elles, "Intrigantes incertitudes", est consacrée à l’inquiétante étrangeté du dessin contemporain.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 mars 2016

L'ombilic du dessin au Musée d'art moderne et contemporain

Chez les grands artistes classiques, le dessin servait surtout d'esquisse, d'étape intermédiaire de travail... À posteriori, nous sommes déjà touchés par la fragilité des traits et des figures, par le désir naissant et hésitant de l’œuvre à venir. Cette fragilité propre au dessin, les artistes contemporains s'en saisissent souvent pour représenter une incertitude non plus de forme, mais de fond. L'incertitude du médium rejoint l'incertitude même des choses, leur inquiétante étrangeté, notre difficulté à les appréhender de manière claire et distincte. « Même si le dessin est mimétique, comme on dit, écrivait Jacques Derrida, reproductif, figuratif, représentatif, même si le modèle est présentement en face de l'artiste, il faut que le trait procède dans la nuit. Il échappe au champ de la vue. » Lorand Hegyi, directeur du MAMC, a rassemblé une quarantaine d'artistes internationaux pour son exposition consacrée au dessin : « Intrigantes Incertitudes, écrit le commissaire, explore la question du doute et de l’incertain. Le visiteur est invité à parcourir les "royaumes intérieurs" des artistes, peuplés de questions, de fantômes et de rêves, e

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À Dijon, c'est Théâtre en Mai

SCENES | À l’honneur chez nous (Maison de la Danse, Ramdam), Maguy Marin sera aussi la marraine de la manifestation Théâtre en Mai qui se tiendra à (...)

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2016

À Dijon, c'est Théâtre en Mai

À l’honneur chez nous (Maison de la Danse, Ramdam), Maguy Marin sera aussi la marraine de la manifestation Théâtre en Mai qui se tiendra à Dijon du 20 au 29 mai et permettra de découvrir de nouveaux talents comme Mathieu Cruciani, Maëlle Poésy et Julie Duclos. La chorégraphe partagera son expérience avec cette jeune garde prometteuse.

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Maguy Marin : L'archéologue du présent

SCENES | Lignes tendues de nappes de guitare en continu, souffle lourd faisant onduler sur scène une cinquantaine de miroirs qui reflètent l'image du public, entrées (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 février 2016

Maguy Marin : L'archéologue du présent

Lignes tendues de nappes de guitare en continu, souffle lourd faisant onduler sur scène une cinquantaine de miroirs qui reflètent l'image du public, entrées et sorties incessantes de neuf interprètes venus un bref instant exécuter un geste de la vie quotidienne... Marcher, se vêtir, s'embrasser, fumer une clope, s'engueuler avec sa moitié, manger une pomme, déplacer une plante d'appartement, jeter un détritus... En archéologue des temps présents, la chorégraphe Maguy Marin fouille le sol de nos vies triviales pour en extraire le suc à la fois banal, poignant et répétitif. Elle enveloppe le tout d'une tension d'une intensité folle, dans une mise en scène millimétrée au timing cut époustouflant. « Dans cette pièce, déclarait-elle au moment de la création, il est question tout simplement de savoir comment un corps affecte ou est affecté par d'autres corps. Et de décliner les variations possibles à partir du corps et de ses capacités, communes à tous ». Créée en 2004, Umwelt signifie en allemand "monde environnant" et le titre de la pièce est emprunté aux écrits de l'éthologue Jacob von Uexküll. Ici, il est donc bien question d

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Rentrée danse 2016 : on the beat

SCENES | Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée danse 2016 : on the beat

Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, du 14 janvier au 7 février. L'événement questionnera la notion d'identité à travers les œuvres de jeunes chorégraphes : le Lyonnais Alexandre Roccoli, le Portugais Marco Da Silva Ferreira, les inclassables Cecilia Bengolea & François Chaignaud... Maguy Marin viendra aussi y donner une conférence avant de reprendre à Lyon plusieurs de ses pièces : son chef-d'oeuvre May B autour de l'univers de Beckett (du 29 février au 2 mars à la Maison de la Danse), Umwelt (du 3 au 6 février à Ramdam), l'intrigant Singspiele (au TNP du 16 au 24 mars) et sa dernière grande création Bit (au Toboggan les 4 et 5 mars). Du côté des festivals "habituels", on retrouvera Sens Dessus Dessous à la Maison de la Danse du 15 au 19 mars avec une multitude de chorégraphes émergents et une compagnie phare (les Franco-Belges de Peeping Tom qui, avec Vader, nous plongent dans l'ambiance mi-réelle mi-onirique d'une maison de retraite) ; Chaos Danse, consacré à la je

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Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

SCENES | Roland Petit, Merce Cunningham, Saburo Teshigawara, Maguy Marin, Alain Platel... La nouvelle saison danse s'annonce riche en têtes d'affiche. elle réserve aussi bien des projets singuliers et enthousiasmants, comme celui, collectif et ambitieux, de Florence Girardon sur "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Saison danse 2015/2016 : morceaux choisis

Landscape / Coup Fatal Le Japonais Saburo Teshigawara danse autant avec la musique qu'avec la lumière, développant une gestuelle singulière, tour à tour poétique ou tranchante et précise comme une lame. Il revient cette saison à Lyon avec une pièce récente, Landscape (2014), un duo sous forme de quasi-improvisation avec la danseuse Rihoko Sato, sur des musiques de Bach (Variations Goldberg) et de John Cage (In a Landscape) interpré- tées sur scène au piano par le touche-à-tout Francesco Tristano – il s'est notamment produit aux côtés du pionnier techno Carl Craig et de l'Orchestre des Siècles à la Villette. Les 22 et 23 septembre à la Maison de la danse Qu'il nous déçoive ou qu'il nous enthousiasme, Alain Platel présente depuis plusieurs décennies des pièces sombres, souvent aux bords de la folie. Coup fatal, crée en 2014 pour le Festival d'Avignon, est un étonnant volte-face du chorégraphe belge qui, sur des musiques baroques se mêlant à des rythmes africains (jouées live par un orchestre d'une quinzaine de musiciens) et avec le concours d'énergiques danseurs congola

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L’Estival de la Bâtie – Du 1er au 25 juillet à Saint-Étienne-le-Molard (42)

SCENES | À la Bâtie, tout est question de chemins de traverse, d'échappées belles ou de Fugues, en l'occurrence celles de Yoann Bourgeois. Pensées pour un seul (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

L’Estival de la Bâtie – Du 1er au 25 juillet à Saint-Étienne-le-Molard (42)

À la Bâtie, tout est question de chemins de traverse, d'échappées belles ou de Fugues, en l'occurrence celles de Yoann Bourgeois. Pensées pour un seul artiste, ces performances au trampoline (dont il est un vrai et rare spécialiste) ou avec balles, versions réduites de son Art de la fugue, sont autant d'occasions d'apprécier à quel point ce circassien se joue de la pesanteur avec virtuosité. Plus terre-à-terre est Boxe boxe de Mourad Merzouki. Celui qui, avec sa compagnie Käfig, a porté la danse hip-hop sur les plus prestigieuses scènes du monde, reprend ici une pièce créée à la Biennale de la danse de Lyon en 2010. En invitant sur scène le Quatuor Debussy, il a su faire évoluer son art vers plus de théâtralité pour mieux dé-ghettoïser cette pratique urbaine. Le festival lui-même a beau se dérouler principalement dans l’imposant château éponyme, plusieurs «escapades» (on y revient) permettent de se balader le long de la Loire via dix communes qui accueilleront, par exemple, la mezzo-soprano Karine Deshayes et l’ensemble Contraste, les polyphonies cosaques de

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Maguy Marin refait du Ramdam

SCENES | La compagnie Maguy Marin, le lieu expérimental Ramdam : deux aventures artistiques qui n'en finissent pas de se réinventer et qui, aujourd'hui, s'allient l'une et l'autre pour un nouveau projet atypique nommé "Ramdam, un centre d'art". La reprise du chef-d’œuvre de Maguy Marin "May B" en sera le premier temps fort. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 avril 2015

Maguy Marin refait du Ramdam

La pièce de Samuel Beckett Fin de Partie s'ouvre paradoxalement sur ces mots : «Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir.» La fin, chez l'écrivain irlandais, s'avère être toujours incertaine, improbable ou inatteignable, ouverte en tout cas à d'autres horizons, d'autres fins (au sens de buts) possibles. Ces mots émanent parfois des visages crayeux des danseurs de May B. Ils sont articulés entre deux murmures, entre deux gloussements, entre deux déplacements boiteux, poussifs, cabossés... Créée en 1981, la pièce de Maguy Marin embrasse en une heure et demi l'univers de Beckett. Elle est aussi un condensé de la condition humaine, à travers dix individus largués dans le vide, la poussière et une désespérance teintée d'humour. Dix membres d'un groupe incertain qui tour à tour se referme sur lui-même, tangue, se disloque, puis se rabiboche «tant mal que pis encore.» Depuis plus de trente ans, les gestes infimes, intimes et heurtés de ces dix personnages en quête d'eux-mêmes et d'autrui, bouleversent les spectateurs du monde entier, de tournée en tournée. Imagination morte, imaginez Symboliqueme

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Mourad Merzouki danse avec les pixels

SCENES | "Pixel", c’est la rencontre au sommet entre le chorégraphe Mourad Merzouki, star d’un hip hop généreusement éclatant, et les deux poètes des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne. Une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 20 janvier 2015

Mourad Merzouki danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux, parfaitement maîtrisé et renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : auparavant avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe) ou avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil), avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne dans le cas de ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun de ces deux arts a priori éloignés ne dévore l'autre, chacun sortant au contraire renforcé par ce contact. Sur scène, les (excellents) danseurs jouent ainsi avec les formes abstraites qui envahissent le sol ou les murs, plongent en elles, les envoient valser. Fascinant. Pour la beauté du geste «On est de plus en plus entouré d’art numérique. Quand j’ai découvert le travail d’Adrie

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Rejoignez les Brigades du Ballet

MUSIQUES | Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Rejoignez les Brigades du Ballet

Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de Lyon et Le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses. Vous êtes apprenti blogger, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs et racontez le fruit de cette rencontre sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon ! Adressez-nous votre candidature motivée à : brigadeduballet@petit-bulletin.fr   Plus d'informations : http://www.opera-lyon.com/page/la-brigade-du-ballet Sessions précédentes : http://www.petit-bulletin.fr/lyon/membre-27829.html

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Trois Forsythe pour le prix d'un

SCENES | Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 28 octobre 2014

Trois Forsythe pour le prix d'un

Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de William Forsythe – nonobstant sa propre compagnie, même si sa première incursion en terres lyonnaises, lors de la dernière Biennale de la danse, a fait l'effet d'une douche froide. On peut le vérifier depuis la rentrée à Paris, où il assure le gros de l'hommage rendu par le Festival d'Automne au maître américain du néo-classicisme. On pourra surtout le constater du mardi 4 au vendredi 7 novembre, dates auxquelles le Ballet présentera, à domicile, trois de ses œuvres les plus emblématiques. L'occasion de redécouvrir Steptext, déconstruction pleine de danger et de maîtrise des codes du ballet classique qui posa en 1985 les bases du style Forsythe (corps en déséquilibre, mouvements explosifs, enchaînements fragmentés), mais aussi et surtout One Flat Thing, Reproduced (2000), sorte de contrepoint tout en tension et en articulations aux comédies musicales en m

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Mourad au royaume des filles

SCENES | Amorcée samedi dernier, la 8e édition du festival de danse urbaine Karavel fait ce mercredi 15 octobre la part belle aux pionniers du mouvement hip hop, (...)

Nadja Pobel | Mardi 14 octobre 2014

Mourad au royaume des filles

Amorcée samedi dernier, la 8e édition du festival de danse urbaine Karavel fait ce mercredi 15 octobre la part belle aux pionniers du mouvement hip hop, invitant à l'université Lyon 2 les désormais quadragénaires mais toujours vaillants Tayeb Benamara, Bintou Dembélé et Hakim Maïche. Autre vétéran, le grand ordonnateur de la manifestation, Mourad Merzouki, créera lui 7Steps au Radiant (vendredi 17), une pièce entièrement féminine avec des danseuses venues de Belgique, du Danemark, de Finlande, des Pays-Bas et d'Angleterre. De ce que nous en avons vu – soit la quasi-intégralité – cette partition ultra tonique et jamais caricaturale sera le très beau point d’orgue d'une édition qui, par ailleurs, multiplie les petites formes et les master-classes dans sa maison-mère, le Pôle Pik de Bron. Largement présent aussi à l’Espace Albert Camus (avec le Pockemon Crew notamment, le jeudi 16, ou les drôles d’Androïdes de Air Compagnie), Karavel s’aventure sur des terrains plus lointains et bien plus pauvres en matière culturelle que les villes pré-citées. Ainsi de la petite commune de l’Ain Saint-Etienne-du-Bois, preuve que le hip-hop est exportable autan

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L'amour à mort (ou presque)

SCENES | Après un Swan Lake magnifique et unanimement ovationné, dans lequel elle revisitait Le Lac des cygnes façon black power, Dada Masilo, bondissante chorégraphe (...)

Aurélien Martinez | Mardi 14 octobre 2014

L'amour à mort (ou presque)

Après un Swan Lake magnifique et unanimement ovationné, dans lequel elle revisitait Le Lac des cygnes façon black power, Dada Masilo, bondissante chorégraphe sud-africaine de vingt-neuf ans, a fait son retour cet automne à la Biennale de la danse de Lyon avec sa version de Carmen, reprise d’une création de 2009. Une Carmen libre et sensuelle, en robe rouge sang, pour qui les hommes se déchirent. Une Carmen moderne qui garde pourtant les traits que la culture populaire lui prête, grâce notamment à l’œuvre de Bizet : tout sauf lisse, à la fois bourreau et victime. Carmen, sur scène, c’est Dada Masilo elle-même, à la présence magnétique, qu’elle incarne à la croisée des genres – le flamenco bien sûr (on est à Séville), le contemporain (elle est passée par l’école d’Anne Teresa de Keersmaecker) ou encore la danse zoulou (dans les tableaux de groupe). Elle explique : «Carmen parle de sexe, de manipulation, de douleur, d’ambition et de mort – ce dont le monde est vraiment fait. Donc, je ne veux pas être polie ou timide à propos de quoi que ce soit. Je suis aussi influencée par ce qui se passe autour de moi dans notre pays».

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Chronique d'une Biennale 3/3

SCENES | Cette troisième et dernière semaine de Biennale, deux grands chorégraphes n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Si Maguy Marin, avec "Bit", parvient encore à surprendre, William Forsythe, lui, se regarde danser lors d'une aussi virtuose qu'ennuyeuse "répétition". Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 28 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 3/3

Pour résister aux cadences infernales imposées par la société, les artistes de cirque de Mathurin Bolze prenaient la "tangente", traçaient des lignes de fuite inédites. La chorégraphe Maguy Marin, elle, oppose aux scansions techno très entraînantes de Charlie Aubry (qui signe une impressionnante bande son) une farandole volontairement un peu gauche et désuète exécutée, bon an mal an, par six danseurs. Presque une sorte de frise, qui craque parfois, est reprise ailleurs, s'immisce parmi les interstices d'un décor constitué de six grands modules en pente. Plongés dans la pénombre, secoués d'électro ou bien baignés de nappes musicales inquiétantes, les danseurs suivent un fil, celui de leur rythme propre, jusqu'à l'hébétude, la chute, le raté, le choc avec l'autre... Dans Bit (le plus mauvais titre de la carrière de Maguy Marin, qui compte aujourd'hui 49 pièces), danse et musique sont en constant déphasage, mais surtout les danseurs déçoivent les attentes du public, résistent à l'unisson souhaitée. Il y a discordance, disjonction : «Car le réflexe c'est toujours de se mettre au diapason des autres : être discordant demande du courage... La t

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Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

ACTUS | La manifestation la plus populaire de la Biennale de la danse aura lieu ce dimanche 14 septembre à partir de 14h, et déambulera entre la place des Terreaux et celle de Bellecour. Benjamin Mialot et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Samedi 13 septembre 2014

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

Initié par Guy Darmet en 1996, le défilé réunira cette année 4500 amateurs dans les rues de Lyon, soit 12 groupes venus de toute la région et encadrés par autant de compagnies professionnelles. Cette véritable parade chorégraphique – la plus grande d’Europe – a été conçue comme un retour aux sources d’inspiration du premier défilé : le carnaval de Rio, avec sa samba et ses chars colorés. Une fois n’est pas coutume, de grands noms de la danse contemporaine se mêleront à la fête. Ainsi de Denis Plassard, pour un projet impliquant 400 Turinois, autant de Lyonnais et des centaines de marionnettes crées avec la papesse du genre en France, Emilie Valantin, mais aussi de l’incontournable Mourad Merzouki (qui présentera à l’Amphi 3000 les 20 et 21 septembre Récital à 40, une relecture démultipliée de son premier spectacle, avec lequel il donna ses lettres de noblesse à la danse hip hop), des circassiens de la compagnie Virevolt (Aurélie et Martin Cuvelier) et de Bouba Landrille Tchouga. Cerise sur le gâteau, la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo,

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La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Biennale : faire le point, reprendre le pas

SCENES | En se donnant comme fil rouge la notion de performance, la 16e Biennale de la danse revisite le passé et interroge l'avenir. Un questionnement qui ne réduit pas la danse à son histoire, mais lui redonne son caractère toujours renaissant et intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

Biennale : faire le point, reprendre le pas

Qu'est-ce qui, davantage qu'au théâtre bavard et au cirque virtuose, émeut donc toujours avec la danse ? Sa fragilité, sa fulgurance sans doute. Et, surtout, sa façon d'évoluer, d'éclore dans le pré-symbolique, le pré-verbal, sa façon de renaître toujours à nouveau, de recommencer comme si rien n'avait été réellement fait ni gagné... Chaque danse est, potentiellement, une naissance. « La danse n'entre pas dans le passé. Elle appartient toute entière au jadis. Elle sort. Elle est sortie de jadis n'arrivant nulle part. Elle ne veut ni passé ni visage ni mère ni langue ni société. Elle reste dans l'effroi, elle persiste dans le pur changement d'état. Elle n'avance pas : elle sort» écrit Pascal Quignard dans L'Origine de la danse. Son spectateur idéal ne doit donc s'attendre ni à ce qu'elle lui raconte une "histoire", ni à ce qu'elle ressemble à une autre danse. Ni même, parfois, à de la danse ! Pour renaître de ses propres cendres empesées, la danse, à plusieurs reprises, s'est rapprochée des arts plastiques et de son esprit performatif (c'est-à-dire contestataire, proche de l'improvisation, libéré des contraintes techniques et

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Royal récital-chorale

SCENES | «Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort / Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port» écrivait Corneille dans "Le Cid". Mourad Merzouki a monté "Récital" à six, seize ans plus tard les voilà quarante. À voir à l'espace Albert Camus de Bron ou dans six mois dans la Biennale de la danse.

Nadja Pobel | Samedi 8 février 2014

Royal récital-chorale

Il a inventé, exporté et institutionnalisé (au bon sens du terme) la danse hip hop à la française. Restait à la transmettre. Le pétillant Mourad Merzouki n’est jamais à cours d’idées et voilà que seize ans après avoir créé Récital, il actualise cette pièce chorégraphique fondatrice de son répertoire devenue un classique, dans la cadre d’un projet plus vaste nommé "Kampus". En 1998, ils sont six sur scène et appartennaient à une compagnie dont ils ne supposaient pas un seul instant qu’elle ferait le tour du monde : Käfig. Depuis, Merzouki, quarante-et-un ans, a été décoré de multiples fois par le ministère de la culture, s’est vu confié la direction d'un Centre Chorégraphique National (à Créteil), et a construit un centre de formation/lieu de diffusion et un festival à Bron (Pôle Pik et Karavel). Et le voilà revenu à Récital. Ils sont désormais quarante, quatre générations sur le plateau : Merzouki lui-même, toujours fou de joie de fouler la scène, mais aussi des gosses qui marchent avec talent dans les pas du maître. La bande-son mêle hip hop et notes orientales, les corps se saccadent comme traversés par une onde, les séquences de ballet collec

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On dirait l'Afrique du Sud

SCENES | En trois pièces, la Maison de la Danse légitime un peu plus l'engouement général que suscite la création sud-africaine contemporaine. Retour sur la première, une création post-Apartheid de la compagnie Via Katlehong, et présentation de la deuxième, une relecture black et gay du "Lac des cygnes" par Dada Masilo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 6 novembre 2013

On dirait l'Afrique du Sud

«Je considère comme gaspillée toute journée où je n'ai pas dansé», écrivit Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. A voir leur dernière création, présentée en première mondiale à la Maison de la danse la semaine passée, les Sud-africains de Via Katlehong n'ont eux pas gâché une seule seconde depuis la fondation de leur compagnie au début des années 90. Comédie musicale d'un brio inversement proportionnel à son budget, Via Sophiatown raconte l'histoire de la banlieue de Johannesburg du même nom, de l'insouciant hédonisme multi-culturel dans lequel elle a d'abord baigné à son blanchiment forcé. Un bouleversement dont la chorégraphie se fait l'écho : hilare, suggestive et émaillée de portés de rock acrobatique et de figures de breakdance, elle devient tendue, tellurique et emprunte de pratiques de rue contestataires, du gumboot (danse percussive se pratiquant avec des bottes de caoutchouc) à la pantsula (une sorte de hip hop épileptique). Ce n'est toutefois pas cette puissance évocatrice qui impressionne et émeut le plus dans Via Sophiatown, mais l'absolue générosité des forces

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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