Le plus grand cabaret du monde

SCENES | Pour sa troisième invitation aux Nuits de Fourvière, la compagnie australienne Circa revisite l'univers fantasmagorique du cabaret. Ça s'appelle Beyond, et ça va effectivement bien au-delà de l'encanaillement pailleté. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Photo : Andy Phillipson


La fin de saison sera froufroutante ou ne sera pas. Après le fantasque et quasi testamentaire Et pourquoi pas la Lune ? de Cédric Marchal et tandis que les girls girondes de Tournée font tournoyer leurs tétons aux Célestins , c'est au tour de Circa de s'emparer de la dinguerie et de la volupté du cabaret avec Beyond. La compagnie australienne part avec une longueur d'avance, égale au diamètre du chapiteau sous lequel les Nuits de Fourvière l'accueillent : tout de bois, de velours et de miroirs orné, il ressemble à ces coquets bouges où, durant la Prohibition, parieurs, prostituées et hommes d'affaires en goguette s'esbaudissaient de concert à la vue de prouesses à haut risque.

 

Elles sont ici légion et s'offrent à l'œil dans leur plus simple appareil. Soutien-gorge à fanfreluches pour les filles, gilet de bootlegger pour les garçons, une bande-son où se répondent standards du crooning tiré à quatre épingles et comptines pop déglinguées, et baste, les Australiens ne surchargent pas le barnum. Encore moins leur répertoire, combinaison de classiques de la voltige et du tour de force. Chez eux, c'est dans les détails que se niche le merveilleux : tout a un air de déjà-vu, mais il se trouve toujours un accessoire ou un sévice qui lui ne l'a jamais été ailleurs.

 

Au-delà des apparences

 

Ce sont ces masques d'animaux, principalement des lapins, qui donnent à la troupe des airs à la fois grotesques et inquiétants de sbires du Chapelier Fou, cet antagoniste carrollien de Batman versé dans la traite des Blanches. C'est cette feuille à rouler qui d'un geste microscopique devient un moulin à vent de papier. C'est cette contorsionniste qui retient sa partenaire à la force de ses cheveux. Ce sont ces couples qui dansent tendrement sur les épaules d'une tierce personne. Bien que présenté dans une version condensée et circonscrit à une estrade circulaire, tout Beyond est à ces images, partagé entre purs instants de grâce (magnifique séquence de contorsion à deux sur du CocoRosie) et incartades burlesques (genre du mât chinois en costume d'ours), performances sensuelles à couper le souffle (dont un numéro d'équilibrisme particulièrement transpirant) et pitreries absurdes (type auto-flagellation à l'élastique).

 

Pour rendre toutes les nuances de ce jeu avec les normes, il fallait justement des interprètes hors-normes. Ceux de Beyond le sont autant que leurs collègues qui, l'an passé, rivalisèrent de maestria avec le quatuor Debussy dans le pharamineux Opus : mini-hommes forts aux tatouages de marins ou grandes poupées désarticulables, ilscachent sous leurs muscles de manuel d'anatomie de véritables freaks dont le tempérament, à mesure que se succèdent les torsions contre-nature, affleure en cris bestiaux et regards déments, jusqu'à un pétage de plomb collectif au son de My Way version Sid Vicious– qui vaut manifeste. Et puis il y a cette rouquine à la carrure de barbare – appelons-la Sonja – qui résout un Rubik's Cube comme qui rigole pendant que ses compères lui grimpent dessus. Aussi féminine qu'imposante, elle pourrait personnifier à elle seule la spectaculaire ambiguïté de Beyond. Mais c'est bien, comme toujours avec Circa, d'une réussite collective qu'il s'agit là.

 

Opus
Aux Nuits de Fourvière, jusqu'au samedi 14 juin


Beyond

Par la cie Circa, 1h10
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Opus" : musique de haute voltige

SCENES | En 2013, les Nuits de Fourvière étaient illuminées par "Opus", rencontre au sommet de la compagnie Circa et du quatuor Debussy le temps d'une vision sublimée d'un art collectif. Bonne nouvelle, celles de 2015 le sont aussi. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 juin 2015

René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre «Ceci n'est pas une pipe». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée «Ceci n'est pas du cirque», tant c'est bien plus que cela. Comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa (venue l'an passé avec le troublant et féerique Beyond) se font les fervents représentants, accompagnés par le quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis plus 25 ans réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle où les corps repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou e

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Beyond Clueless

ECRANS | Charlie Lyne réalise un réjouissant essai filmique autour du teen movie, de ses règles et du sous-texte commun au genre, passant de l’analyse savante au montage clippé pour raconter un "voyage" initiatique vers la sortie de l’adolescence. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Beyond Clueless

Devant Beyond Clueless, on ne sait jamais ce qui provoque le plus de plaisir : est-ce cet objet cinématographique étrange, transposition sur grand écran des essais littéraires avec prologue, chapitres et épilogue, qui mixe près de deux cents films existants pour en pister les rimes et en explorer les traits communs ? Ou est-ce le genre choisi, le teen movie, lui-même source délectable de débordements pop que Charlie Lyne prend, et c’est tout à son honneur, très au sérieux ? S’affranchissant des notions de goût et de toute forme d’exercice critique, il met littéralement à plat son matériau, les prises de vues des films devenant pour lui des prises de notes que le montage et le commentaire off se chargent ensuite d’ordonner selon deux principes : une structure en cinq parties décrivant le «voyage» effectué par les personnages — la répartition en castes, la découverte de son altérité puis de sa sexualité, le rituel des fêtes, des bals de promotion et des remises de diplômes comme autant de cérémonies de passage, la révolte qui se commue en violence — elles-mêmes alternant entre analyses poussées sur des films emblématiques et séquences clippées

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Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | D'un coup, Etienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice, a recouvré santé et inspiration, à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Qui valent à l'invincible et imperturbable Rennais de remonter sur la scène de Fourvière avec son meilleur album depuis des lustres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

«Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Etienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait tout aussi bien pu donner son titre au disque tout entier, tant elle résume l'énième retour et la carrière du Rennais. Car s'il est un constat à faire au sujet d'Etienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et, oserait-on dire, de résurrection, confine au divin. Voilà un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin, et qui toujours nous revient d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique à Londres, on l'annonce mort du sida. Il revient en Saint Etienne Daho – en duo avec le groupe britannique Saint Etienne pour un EP baptisé Réséréction

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Trésor National

MUSIQUES | Si The National n'est pas le meilleur groupe du monde – méfions-nous, ce n'est pas impossible – il en est le plus fascinant. Oscillant entre blizzard glacé du détachement et orages de chaleur humaine, et trouvant au milieu un chemin de croix rock de toute beauté. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Trésor National

«Si les National étaient noirs, ce serait du blues. Mais c’est du cafard à la mie de pain blanc, spleen vieille Europe déracinée» écrivait l'an dernier ce brave Bayon à l'occasion de la sortie du déceptif (pas pour lui) Trouble Will Find Me. C'était aussi le cas de Joy Division, gang de blues blafard au groove épileptique dépigmenté par l'atmosphère grassement grise d'une Manchester pas encore Mad. Coincée sur la route du blues entre Chicago, Léviathan du Midwest, Saint-Louis, la porte d'entrée de l'Ouest, et le Nord-Est industriel, Cincinnati, ville natale de The National, n'a rien à envier à la cité de briques des Midlands – ce nœud fluvial a perdu la moitié de ses habitants en soixante ans du fait de l'avènement du rail. C'est une très jolie ville où personne ne va jamais et où il vaut mieux aimer le baseball. Pas le genre à valider des destins donc. De Cincinnati, rapidement évacuée à l'heure des études, d'abord par Matt Berninger et Scott Devendorf, puis par leurs cadets, Bryan Devendorf et ses potes les jumeaux Dessner, les National ont ramené un élan mauss

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Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Joyeux bordels

«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro. Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe

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Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Régional - et de son compagnon et chef d'orchestre d'un soir Benjamin Biolay. C'était compter sans la gronde des intermittents qui, de mystérieuses promotions du premier album de The XX en journées de grève, entraina l'annulation de ce retour. Bonne nouvelle, Vaness' revisitera bel et bien une seconde fois ses Love Songs aux Nuits de Fourvière : ce sera le 27 juillet à 21h30. A croire que les histoires d'amour ne finissent pas toujours mal. Les billets seront en vente à partir du 27 juin à 11h.

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Quand la ligne prend corps

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 juin 2014

Quand la ligne prend corps

A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec son rythme, son allure : une ligne, c'est-à-dire une incision, un écartement, un élan et une échappée». On entend là toutes les résonances que le dessin peut avoir avec la chorégraphie, cette "graphie" des corps. Dernièrement, Mathilde Monnier, François Verret, Trisha Brown, Benoît Lachambre se sont inspiré de ces échos dans leurs pièces. La chorégraphe canadienne Marie Chouinard (dont on avait vu le très beau Sacre du printemps lors d'une Biennale de la danse à Lyon) adapte, elle, les dessins et le poème d'Henri Michaux contenus dans le livre Mouvements. Ballet en un acte, Henri Michaux : Mouvements fait danser ces «mouvements à jets multiples, fête des taches, gammes des bras» avec, en arrière-plan, une projection des dessins du poète. Cette pièce sera jouée aux Nuits de Fourvière (les 30 juin et 1er juillet à l'Odéon) avec Gymnopédies, autre ballet pour douze danseurs articulé autour de la figure et des transformations du duo, sur les musiqu

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Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

CONNAITRE | Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 15 juin 2014

Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles programmés demain, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l'Orchestre du CCR, la première d'Ignorance du Old Trout Puppet Workshop et celle de War & Breakfast par les élèves de l'ENSATT. Voici le communiqué que le festival nous a fait parvenir. Aujourd’hui à 13h, les personnels intermittents sous contrat aux Nuits de Fourvière, ont voté leur participation au mouvement national de grève du 16 juin. Le résultat de cette élection à bulletin secret avec une liste de 77 électeurs est le suivant : 80, 5% ont voté pour la grève, 14, 3% ont voté contre la grève, 5, 2% ont voté blanc. En conséquence, les Nuits de Fourvière ne seront pas en mesure de présenter les trois spectacles prévus ce même 16 juin, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l’Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional sous la direction musicale de Benjamin Biolay au Grand Théâtre et les représentations d’Ignorance par la compagnie canadienne Old Trout Puppet Workshop au Théâtre Nouvelle

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Haut en couleurs

SCENES | Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Haut en couleurs

Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine Hunter, tout Bob Wilson est là. Plus heureux, moins conceptuel que la plupart de ses spectacles, cet opéra en un acte pour onze comédiens est un retour à sa première rencontre avec une artiste. Bob Wilson a douze ans lorsqu’en vacances en Louisiane, lui le Texan, visite la plantation de Melrose à Natchitoches. Il y croise Clementine Hunter, peintre autodidacte qui s’inspire dans ses toiles de son travail quotidien dans la solitude des champs de coton et dont les tableaux très colorés (un des plus fameux est justement intitulé Zinnias) sont aujourd’hui exposés dans de nombreux musées américains, dont le National Museum of African-American History and Culture qui ouvrira en 2015 à Washington – une reconnaissance que retranscrit la dernière partie du spectacle. Au-delà de l’histoire singulière de cette femme, interprétée par Carla Duren, Bob Wilson en profite pour évoquer deux siècles de musique afro-américaine. Blues, rock mais aussi gospel habitent ainsi cette création donnée pour la première

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Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

MUSIQUES | Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle (...)

Benjamin Mialot | Lundi 19 mai 2014

Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle reviendra au Grand Théâtre lundi 16 juin. Ouverture de la location à partir du jeudi 22 mai, 11h.

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Fauve aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Fauve aux Nuits de Fourvière

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin. Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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The Place beyond the pines

ECRANS | Après "Blue valentine", Derek Cianfrance retrouve Ryan Gosling pour un ambitieux triptyque cherchant à ranimer la flamme d’un certain cinéma américain des années 70 tout en en pistant l’héritage dans l’indépendance contemporaine. Pas toujours à la hauteur, mais toutefois passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 mars 2013

The Place beyond the pines

The Place beyond the pines est un geste inattendu de la part de Derek Cianfrance. Un peu plus de deux ans après Blue Valentine, qu’il avait, rappelons-le, mis près d’une décennie à accoucher, le voilà qui passe un sacré braquet et propose une œuvre éminemment romanesque, à la construction extrêmement ambitieuse et, de fait, très éloignée de son film précédent. Car quelle que soit l’affection que l’on ressentait pour Blue Valentine, celui-ci valait surtout pour la complicité entre ses deux comédiens, Michelle Williams et Ryan Gosling, et par le petit parfum arty qui se dégageait de ce mélodrame dans le fond très calibré Sundance. Gosling est à nouveau le "héros" de The Place beyond the pines, Luke, et son arrivée à l’écran rappelle celle de Mickey Rourke dans The Wrestler : un long plan séquence en caméra portée qui l’escorte de dos d’une caravane vers un chap

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Chris Isaak - Beyond the Sun

MUSIQUES | (Warner)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 janvier 2012

Chris Isaak - Beyond the Sun

Dans l'hypothèse, peu probable et peu souhaitable, où Hollywood se mettrait en tête de tourner une adaptation live de Futurama, la loufoque et caustique sitcom animée de Matt Groening, on verrait bien Chris Isaak tenir le rôle de Fry. Et ce pour une raison toute simple : comme le livreur gaffeur imaginé par le père des Simpsons il donne, depuis une vingt-cinq ans que sa carrière a débuté, l'impression d'avoir été victime d'une cryogénisation accidentelle et d'avoir sans trop se poser de questions repris sa vie là où il l'avait laissée. Congelé un millénaire, Fry a troqué sa mobylette pour une navette mais gardé la même paire de simili-Converse low top, le même jean, le même t-shirt blanc, le même coupe-vent rouge et la même mentalité régressive. Vraisemblablement mis au frigo au mitan des années 50, celui qui, en marge de ses activités de songwriter, incarna l'agent Chet Desmond dans le film Twin Peaks, porte trente ans plus tard la même banane profilée et les mêmes costumes de vendeur de bagnoles successful

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L’expérience interdite

ECRANS | Cette semaine, c’est le grand retour des "Séances hallucinées" au Comœdia organisées par l’association Zonebis, par ailleurs responsable du formidable (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

L’expérience interdite

Cette semaine, c’est le grand retour des "Séances hallucinées" au Comœdia organisées par l’association Zonebis, par ailleurs responsable du formidable festival Hallucinations collectives. Retrouvant son envie originelle d’exhumer des films rares, généralement bizarres mais jamais nuls (à Zonebis, on ne fait pas dans le nanar, que les choses soient dites une bonne fois pour toutes), l’association propose l’effectivement invisible From beyond de Stuart Gordon, que l’on n’a d’ailleurs pas vu, même à l’époque de sa sortie (1987). Plutôt que de faire semblant, parlons donc de son cinéaste et de sa drôle de carrière. Auteur d’un film culte parmi les films cultes, le déviant Re-Animator, Gordon est un spécimen étrange, à la fois lettré (il adapte Lovecraft dans Re-Animator et From beyond, rend hommage à Tod Browning dans Dolls,  met en scène pour l’écran une pièce géniale de David Mamet, Edmond) et résolument bis. Chez lui, le gore n’a rien de poétique et son association avec le producteur Brian Yuzna lui permet de développer un cinéma d’exploitation désinhibé (les jolies filles peu habillées sont légions dans son œuvre 80’s) mais b

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