Diète à la maison

SCENES | Qu’ont cuisiné les directeurs des grandes salles pour cette saison ? En marge des spectacles qu’ils accueillent, ils mitonnent d'ordinaire leurs plats en arrière-salle mais cette saison, hormis à la Croix-Rousse, c’est régime. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Photo : Mai juin juillet © Michel Cavalca


C'est ce qui s'appelle un été pourri : non seulement Météo France a enregistré, sur la période juillet-août, le plus fort cumul de précipitations dans l'Hexagone depuis 1959, mais comme si cela ne suffisait pas, Christian Schiaretti, directeur du TNP, a dû en plus affronter des vents contraires. Pour son retour au festival d'Avignon après des années de disette sous l'ère Archambault-Baudrillier, son didactique quoique passionnant Mai, juin, juillet s'est en effet pris une volée de bois vert de la part de la presse nationale, en même temps que le poste d'administrateur général de la Comédie Française lui échappait. Son dossier ayant mystérieusement disparu entre la rue de Valois et le palais de l'Elysée, il n'a jamais été remis au chef de l'Etat qui a choisi Éric Ruf, aux dépens également du candidat dépêché en dernière minute (Stéphane Braunschweig ) par l'ex-ministre de la culture Aurélie Filippetti. Les camouflets sont une denrée bien partagée.

Toujours est-il qu'au TNP, dont il reste directeur au moins jusqu'en 2016, il n'avait de toute façon pas prévu de création en 2014-2015, notamment à cause de la diminution de son budget, amputé de 250 000€ (sur un total de subventions publiques de sept millions). Mai, juin, juillet sera cependant à nouveau joué en fin de saison, de même que la toujours aussi captivante Jeanne de Delteil (avril-mai), magnifiquement interprétée par Juliette Rizoud. La série du Graal, co-réalisée par Julie Brochen, elle aussi plus qu'en délicatesse (euphémisme) avec ses tutelles au Théâtre National de Strasbourg, est de son côté programmée pour décembre, tandis que L'École des femmes, co-créé en 2013 avec l'équipe des Tréteaux de France (pilotée par Robin Renucci, qui tient aussi le rôle de Jean Vilar dans Mai…), s'arrêtera à Villeurbanne en octobre.

À bicyclette

Aux Célestins, point de Claudia Stavisky. La co-directrice est pourtant bien au programme de la saison, mais elle a préféré le plateau des Ateliers, voisin nouvellement dirigé par Joris Mathieu, pour présenter en janvier un texte intriguant de la jeune britannique Penelope Skinner, En roue libre, dans lequel une jeune femme, tout juste mère, court les hommes pour assouvir ses désirs charnels. Une création qu'on a hâte de découvrir, d'autant que figure à son générique le grand comédien David Ayala.

Aux Ateliers justement, aucune production-maison n'est annoncée, contrairement à la Croix-Rousse, où Jean Lacornerie, en plus de reprendre Le Roi et moi avec la Maîtrise de l'Opéra, continue sa collaboration avec le prestigieux établissement lyonnais. En février-mars, il montera ainsi une version de Roméo et Juliette  composée par Boris Blacher aux plus sombres heures du nazisme (1944) et dans laquelle, hormis ceux des protagonistes principaux, les rôles sont confiés à des chanteurs.

Le nouveau directeur de la Renaissance, Gérard Lecointe, créera lui avec ses Percussions Claviers de Lyon et un ensemble québécois Batèches (en mars), sur des textes du poète Gaston Miron.

Gwenael Morin, toujours aux commandes du Point du Jour, cèdera pour sa part son plateau et son mode fonctionnement permanent au Collectif X dès janvier.

Enfin, Nino d'Introna, en partance du TNG, reprendra trois de ses créations, dont le fabuleux Yaël Tautavel en décembre.


Mai, juin, juillet

De Denis Guénoun, ms Christian Schiaretti, 3h40. Narration des événements qui ont secoué le théâtre en France en 1968 et regard sur l'évolution de la société française et les mutations de l'idée de révolution
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Yaël Tautavel ou l'enfance de l'art

De Stéphane Jaubertie, ms Nino d'Introna, 1h, dès 9 ans. Deux frères s'embêtent sur une île et vont sur la grande terre
TNG-VAISE 23 rue de Bourgogne Lyon 9e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


En roue libre

De Penelope Skinner, ms Claudia Stavisky. Trois jours dans la vie de trois couples dans trois cottages anglais, et les appétits sexuels qui s'exacerbent avec la canicule
TNG - Les Ateliers-Presqu'île 5 rue Petit David Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Cinq dossiers ont été retenus parmi les 25 candidatures à la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 juillet 2020

Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Jean Lacornerie, par choix personnel, quittant ses fonctions à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse le 31 décembre prochain, les tutelles se sont lancées en quête de son — ou sa — successeur. Les représentants et représentantes de la Région, de la Drac et de la Ville se sont ainsi réunis le jeudi 23 juillet pour étudier les 25 dossiers de candidatures déposés. Les finalistes retenus ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septembre. Cinq candidats et candidates ont été retenus, que voici : - Un premier duo, avec le musicien et metteur en scène Camille Rocailleux, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, qui a fondé et co-signé les spectacles de la compagnie de danse ARCOSM de 2001 à 2016. Il a collaboré avec Jérôme Savary ou la chanteuse Camille et fondé la compagnie EVER en 2013, mêlant spectacle vivant et technologie. Il fait équipe avec A. Favr

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Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À (...)

Nadja Pobel | Vendredi 17 janvier 2020

Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À 56 ans, il choisit « pour des raisons personnelles » de tourner cette page-là, à un moment où ce théâtre se porte très bien. Très heureux de cette aventure il continue, après sa création récente The Pajama Game, de bâtir la saison 2020-2021 qu'il dévoilera au printemps prochain. Sa collaboratrice Anne Meillon, directrice déléguée, fera elle valoir son droit à la retraite en juillet prochain.

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"The Pajama Game" : la grève en chantant

Comédie Musicale | Jean Lacornerie et Gérard Lecointe signent avec The Pajama Games une impeccable comédie musicale sur fond de lutte des classes.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Dire que The Pajama Game est le spectacle idéal de la fin d'année serait un peu court et surtout très réducteur. La comédie musicale que signent Jean Lacornerie et Gérard Lecointe - avec le chorégraphe Raphaël Cottin - est simplement une excellente production. Le metteur en scène (directeur du théâtre de la Croix-Rousse) et le directeur musical (directeur du Théâtre de la Renaissance), à l’œuvre sur scène comme percussionniste, ont eu l'excellente idée, après leur collaboration notamment pour Bells are Ringing, de dégotter cette création de George Abbott et Richard Bissell de 1954, récemment jouée par Harry Connick Jr. et portée à l'écran par Stanley Donen en 1957. Les ouvrières d'une usine de fabrication de pyjamas sont en grève pour obtenir une augmentation de salaire et lorsque la cheffe du syndicat tombe amoureuse du nouveau directeur exécutif, ce dernier fait face au big boss (devenu ici une voix dans un haut-parleur), fouille dans l

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Galilée éclairé

Théâtre | En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée (aux Célestins (...)

Nadja Pobel | Mardi 19 novembre 2019

Galilée éclairé

En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée (aux Célestins jusqu'au 1er décembre) son meilleur spectacle depuis Blackbird (2008). Dans un décor clos tout en hauteurs, dans lequel Galilée se calfeutre, étouffe et travaille à notre discernement, elle signe une mise en scène sobre qui rend grâce à ce mathématicien pour qui le but des sciences est de « poser une limite aux erreurs infinies ». Au XVIIe siècle, Galilée n'a eu de cesse de s'opposer aux lois divines et d'étayer, via l'observation des astres, les hypothèses de Copernic avant lui : la terre tourne autour du soleil. Dans ce texte dont l'écriture est entamée au commencement de la Seconde Guerre mondiale et sera révisé jusqu'à la mort en 1956 de Brecht, le dramaturge dit l'impossible humilité de l'humain face à l'univers et les ravages des dogmes religieux, ridicules, tellement ridicules. Ph

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Théâtre | Dans une proposition plus aride que jamais, Christian Schiaretti semble avoir trouvé avec L’Échange de Claudel la matière à un ascétisme qui repose entièrement sur le texte et les acteurs.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Il a beaucoup pratiqué les tréteaux avec ses Molière, avait placé Coriolan sur un plateau dénudé en pentes très douces où tout convergeait dans une petite bouche d’égout ; même lors de la réouverture du TNP rénové en 2011, les azuleros bleus de son Ruy Blas ne semblaient guère l'intéresser et faisaient plus figure de décorum que de décor. Désormais, Christian Schiaretti a pu faire, en cette maison qu'il dirige depuis 2002 et jusqu'à fin 2019, de la place au texte, rien qu'au texte et ses transmetteurs que sont les acteurs. De son propre aveu, ce sont là « des vacances scénographiques ! ». Fanny Gamet a simplement posé un sol bleu entaché de larges traces de plus en plus rougeoyantes au fil du spectacle entamé par une chute de sable en p

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"Sans famille" à la Renaissance

Théâtre | Le directeur du Théâtre de la Renaissance, par ailleurs percussionniste, a choisi de porter sur la scène de ce lieu Sans famille et le petit Rémi livré à (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

Le directeur du Théâtre de la Renaissance, par ailleurs percussionniste, a choisi de porter sur la scène de ce lieu Sans famille et le petit Rémi livré à un musicien ambulant. Une plongée, avec un quatuor, dans la musique populaire et française du XIXe siècle pour cette création d'une heure quinze dirigée par Emmanuelle Prager. À voir (et écouter!) du 13 au 15 décembre (dès 8 ans).

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Ciné-Mystère

ECRANS | Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Ciné-Mystère

Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 novembre), ni l’heure (18h), ni le lieu (l’Aquarium Ciné-Café). On peut même vous dire que le choix de ce mois a été confié à un voisin croix-roussien, Jean Lacornerie, qui a eu carte blanche en amont de sa nouvelle création, L’Opéra de quat’sous. Vous en savez beaucoup, en fait… Ciné-Mystère À l’Aquarium Ciné-Café ​le dimanche 18 novembre à 18h

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Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Théâtre | Focus sur les créations ou reprises concoctées par les directeurs et directrices des théâtres de la métropole, de Claudia Stavisky à Louise Vignaud.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Si Joris Mathieu passe son tour après des années foisonnantes (reprise de son très dark Frères sorcières et tournée d'Artefact et Hikikomori, souvent à l'étranger), c'est Christian Schiaretti qui sera le directeur de structure le plus prolifique. Initialement en poste jusqu'au 31 décembre 2019, il sera finira en fait son contrat fin de saion 2019-20 et coordonnera bien le centenaire du TNP en 2020. Dans les prochains mois, il sera omniprésent : outre la reprise de La Leçon (mai) et la création de La Voix humaine avec la magnétique Sylvia Bergé-de-la-Comédie-Française (octobre), il s'attelle à deux mastodontes : Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac (mars), fable cruelle dont Antonin Artaud fut le premier "montreur" et L'Échange de Paul Claudel (décembre). Au vu de l'explication de texte qu'en a faite Schiaretti lui-même lors des Langagières (festival réitéré en mai), il est sûr que sa lecture en sera acérée, infiniment réfléchie tant la diction et les césures qu'il en a alors proposées étaient soupesées « Il faut respecter le vers clau

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Jeanne, retour de flamme au TNP

Théâtre | Ce n'est pas un spectacle neuf, loin de là. Pourtant, dans le flot de ce qui se joue en ce mois de mai, cela reste une proposition majeure. Christian (...)

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Jeanne, retour de flamme au TNP

Ce n'est pas un spectacle neuf, loin de là. Pourtant, dans le flot de ce qui se joue en ce mois de mai, cela reste une proposition majeure. Christian Schiaretti, sur adaptation de son acolyte et directeur artistique au TNP Jean-Pierre Jourdain, fait entendre la langue d'un auteur qui lui est cher : Joseph Delteil. Créé à Reims en 1995, ce spectacle, avec Juliette Rizoud sur scène depuis 2010, perdure. La comédienne, au casting de nombreuses pièces de Schiaretti et metteuse en scène semi-convaincante d'un Roméo et Juliette version forain, est ici à son meilleur. Elle nous confiait au début de sa prise de rôle à quel point c'est « un summum de spectacle vivant ». En effet, le propos est constamment matière à jeu, avec les éléments du bord, à la manière des enfants jouant avec des cailloux. La volonté de raconter cette histoire par une na

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Marx bouge encore

Colloque | Karl Marx à toutes les sauces. Honni, déifié, ou simplement figure du quotidien comme à Berlin qui lui accorde encore une rue grouillante de vie (à l'Ouest) ou (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 février 2018

Marx bouge encore

Karl Marx à toutes les sauces. Honni, déifié, ou simplement figure du quotidien comme à Berlin qui lui accorde encore une rue grouillante de vie (à l'Ouest) ou une avenue stalinienne (à l'Est). Et "Les théâtres de Marx". C'est ce que vont s'attacher à étudier des universitaires et des artistes durant un colloque international de quatre jours à l'ENS, à l'initiative du professeur et formidable transmetteur qu'est Olivier Neveux. Ouvertes à tous et toutes, entièrement gratuites, ces journées de réflexion sont l'occasion d'entendre le metteur en scène Jean-Pierre Vincent raconter (jeudi 1er à 11h30) ce qu'a été son spectacle Le Karl Marx Théâtre Inédit créé aux Amandiers-Nanterre en 1997 ou encore Bernard Sobel et Maguy Marin réunis ce même jour à 17h pour une table ronde sur ce sujet. Seront aussi présents Guy Alloucherie, et Bruno Meyssat, auteur d'un puissant spectacle pourtant peu diffusé, mais politiquement et poétiquement imparable sur la Grèce moderne :

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Un simple constat : Rabbit Hole aux Célestins

Théâtre | D'un texte sur un drame familial, prix Pulitzer, Claudia Stavisky fait un spectacle très honnête traversé par une Julie Gayet qui s'avère s'adapter avec opiniâtreté à des plateaux de théâtre qu'elle avait jusque-là très peu arpentés.

Nadja Pobel | Mardi 19 septembre 2017

Un simple constat : Rabbit Hole aux Célestins

Elle plie le linge de son fils sans nervosité particulière. Tout est calme si ce n'est sa petite sœur un peu survoltée qui lui annonce, par voies détournées, qu'elle est enceinte. Peut-être que ces vêtements, elle pourra les récupérer pour son petit à venir ? Non, il ne vaut mieux pas. Tout n'est pas si simple et déjà ça grince. Le texte de l'Américain David Lindsay-Abaire est ainsi construit : par strates, presque par devinettes car il traite de l'indicible : la mort d'un enfant. Dans cette entame de spectacle, ce procédé narratif s'avère un tantinet lénifiant, car dans cette maison de la middle class US, les sujets de conversation sont pauvres : offrir un set de salle de bain, jouer au tennis... Peu à peu l'intrigue va se densifier pour se resserrer autour de ce sujet tragique et les comédiens, de concert, vont s'engouffrer plus puissamment dans leur rôle. Claudia Stavisky, qui persiste avec raison à imposer sur le plateau des Célestins des auteurs vivants, contemporains, souvent anglophones (Harrower, Barker, Skinner...) trouve là une matière sobre, qui est universelle (le chagrin) mais ne prétend pas être

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Le soliloque vire au polar

Théâtre de la Croix-Rousse | Pour sa deuxième création de la saison, Jean Lacornerie change radicalement de genre et confie à Elizabeth Macocco le soin délicat d'incarner une vieille femme vigoureuse. Réjouissante petite forme.

Nadja Pobel | Mardi 14 février 2017

Le soliloque vire au polar

On l'avait laissé en novembre avec un Opéra de quat'sous pimpant et peuplé de marionnettes, revoici Jean Lacornerie dans un autre endroit du théâtre qu'il dirige depuis 2010, le studio, très peu usité ces dernières années. Entre deux murs, il y fait déambuler Faila, 93 ans, en proie à un agresseur qu'elle est parvenue à berner en l'enfermant dans une pièce de son appartement. Il va geindre, baragouiner sans que jamais ne nous parviennent directement ses mots. Écrit par l'auteur argentin contemporain Federico Jeanmaire, ce texte qui n'avait rien de théâtral se révèle être une formidable matière à jeu, tant ce soliloque vire au polar. Qui est derrière cette porte en train de s'acharner sur la poignée ? Quel âge a-t-il ? Quels sont ses liens avec la victime ? Peu à peu, se dévoile une histoire qui reflète tout autant la réalité de la lutte des classes sociales (il est pauvre, elle est bourgeoise) que la psychologie d'une femme rapidement devenue orpheline après que sa mère, entichée d'un pilo

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En route vers la mégalomanie et le despotisme

TNP | Poursuivant son exploration de la langue d'Aimé Césaire, Christian Schiaretti livre avec La Tragédie du roi Christophe un spectacle choral instructif mais étonnement figé.

Nadja Pobel | Mardi 31 janvier 2017

En route vers la mégalomanie et le despotisme

Comment se traduit au quotidien un régime démocratique ? Au travers des écrits de Césaire, Christian Schiaretti visite avec appétence cette question fondamentale qui agite continuellement le monde, notre riche Occident de plus en plus fragilisé par l'accroissement des inégalités n'étant pas en reste. Avec Une saison au Congo, il parvenait à matérialiser l'injuste chute de Lumumba et à rendre perceptibles les manigances hors-sols de l'ex-colonisateur belge. Le metteur en scène poursuit ce travail consistant à expliquer l’immense difficulté de rendre le peuple libre. En Haïti, sur les cendres de Saint-Domingue, Césaire saisit la première démocratie noire au monde, proclamée en 1804, avec en entame un combat symbolique de coqs entre Pétion qui règne sur le Sud de l'île et Henri-Christophe sur le Nord. Ce dernier l'emporte et va peu à peu faire marcher ses administrés aux pas militaires de son ambition, déviant vers la mégalomanie comme en témoigne la construction de la pharaonique citadelle pour laquelle même femmes et

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Aimé Césaire dans l’œil du cyclone

Théâtre National Populaire | Début ce 2 décembre d'une période de deux mois consacrée à Aimé Césaire au TNP. Avant la création de La Tragédie du roi Christophe mi-janvier, place à deux reprises de haut vol.

Nadja Pobel | Mardi 29 novembre 2016

Aimé Césaire dans l’œil du cyclone

C'est peut-être sa plus belle réalisation ici dans ce TNP qu'il pilote depuis 2002. Christian Schiaretti qui a tant travaillé sur un mode choral (Opéra de quat'sous, Par-dessus bord, Coriolan, Mai juin juillet et encore récemment un Bettencourt boulevard trop morcellé) a trouvé en Aimé Césaire un auteur dont la portée politique essentielle, alliée à une langue précise, littéraire sans être fantasmagorique, lui a permis de livrer un spectacle fort et homogène, donné sur un plateau recentré où l'action s'en trouve intensifiée. Une saison au Congo (1966), créée en mai 2013, sera donc reprise après être passé cet automne par l'Afrique. Le collectif burkinabé Béneeré est au cœur de ce travail associé

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Claudia Stavisky, d'une bataille à l'autre

Théâtre des Célestins | Retrouvant sobriété et singularité au service d'un thème qui lui est cher (le pouvoir et l'art), Claudia Stavisky signe son meilleur spectacle depuis Lorenzaccio.

Nadja Pobel | Mardi 22 novembre 2016

Claudia Stavisky, d'une bataille à l'autre

« Je ne suis pas en paix avec la vie. Ça n'existe pas. » Galactia, lucide et torturée, gravite autour d'un homme engagé par ailleurs, qui la malmène, et du pouvoir politique venant de lui confier une grande mission : peindre la bataille de Lépante que les Vénitiens viennent en 1571 de gagner, face aux Ottomans. Là où le doge ne voit qu'un triomphe, elle est hantée par le carnage et les milliers de victimes. Elle fera le Tableau d'une exécution. Howard Barker, historien de formation, aime à puiser dans le réel un support à sa réflexion qu'il déploie depuis plus de quarante ans dans ce qu'il a lui-même nommé "le théâtre de la catastrophe", sorte de retour à l'essence humaine dans le grand maelström du monde. Christiane Cohendy porte durant plus de deux heures cette femme aux convictions affirmées mais qui ne s'exonère pas de ses fêlures et fragilités. Claudia Stavisky parvient à l'orienter vers cette dualité, comme elle l'avait fait avec Marie Bunel

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L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

SCENES | Avec des musiciens intégrés au jeu, un décor non-naturaliste, des marionnettes à taille humaine, Jean Lacornerie signe un Opéra de quat'sous très homogène, plein d'allégresse et de liberté.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

Postulat de départ : remonter aux origines de cette œuvre écrite en six mois à peine par Kurt Weill et Bertolt Brecht en 1928. Ainsi, une traduction a été commandée à René Fix pour s'éloigner de tous les remaniements que le dramaturge berlinois a rajouté au fil des décennies et les chansons sont interprétées en allemand. Les mots sont crus et raccords avec l'énergie noire que développent les chefs de pègre : le criminel Macheath et son rival Peachum. Polly, la fille de ce dernier tombée dans les bras du premier s'en trouve même surnommée la « pute à gangster » et quand il s'agit de qualifier cette période trouble, elle est « pourrie. » Tout ce qui aurait pu entraver le rythme ou la compréhension a été gommé. Et loin d'appauvrir la pièce, cette propension à aller vite la sert. À commencer par la rapidité de jeu de Vincent Heden qui virevolte sur les tables de l'écurie (qui ressemble plus, et fort à propos, à un atelier d'usine) et entre les piles de cartons. C'est lui qui donne le la. Et ses a

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Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

De Stavisky à Lacornerie | Inchangés depuis des lustres pour la plupart, les directeurs des grandes scènes de Lyon creusent scrupuleusement leur sillon, en montant des textes attendus.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

Incroyable ! Christian Schiaretti aura l'honneur d'imaginer le centenaire du TNP en 2020 : en poste depuis 2002, il a été reconduit à la tête de l'établissement jusqu'à fin 2019 ; son contrat arrivait à échéance en décembre. En cette rentrée, il revient, après un Bettencourt Boulevard bancal, à l'auteur qu'il a le mieux transposé à la scène depuis son arrivée : Aimé Césaire. Il reprend Une saison au Congo (du 2 au 10 décembre), créé en 2013 puis signera La Tragédie du roi Christophe (du 19 janvier au 12 février). Dans la première, il avait su organiser clairement la conquête de l'indépendance de ce pays et la chute de son héros pacifiste Lumumba grâce à une alchimie entre sa troupe habituelle du TNP et des comédiens du collectif burkinab

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Christian Schiaretti : objectif 2019

SCENES | Le directeur du TNP, en place depuis 2002, a vu sa demande de prolongation acceptée par le ministère de la Culture. Le 9 mai dernier, Audrey Azoulay a (...)

Nadja Pobel | Vendredi 13 mai 2016

Christian Schiaretti : objectif 2019

Le directeur du TNP, en place depuis 2002, a vu sa demande de prolongation acceptée par le ministère de la Culture. Le 9 mai dernier, Audrey Azoulay a stipulé par courrier que Christian Schiaretti dirigerait le TNP jusqu’au 31 décembre 2019 alors que son mandat arrivait à échéance à la fin de cette année. Ce sera son dernier contrat. Il aura en charge d’organiser la célébration, en 2020, du centenaire de ce théâtre. Metteur en scène de Bettencourt Boulevard et Ubu (presque ) roi cette saison, il créera prochainement La Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire.

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Ubu déchaîné

Théâtre | Et pourquoi pas remonter encore Ubu, ce despote plus attachant que bien d’autres plus réels ? Problème : la mise en scène est aussi fourre-tout que la scénographie. Et Stéphane Bernard s’expose bien seul aux vents contraires.

Nadja Pobel | Mardi 19 avril 2016

Ubu déchaîné

Gigantesque dépotoir, le décor de cet Ubu est très loin de la sobriété presque classieuse de la mise en scène d’Antoine Vitez (1985) mais elle a le mérite, même si elle pique les yeux, de faire évoluer les personnages dans cette merdre clamée d’entrée de jeu. De la terre, des détritus en tous genres, une flaque de facto boueuse jonchent le plateau au loin surmonté d’une colline qui semble faite de papier mâché. C’est ici que le Père Ubu se fait harponner par la Mère Ubu, véritable poissonnière qui porte la culotte et le pousse à attraper le pouvoir avant de s’offusquer que cette ambition n’ait plus de limites. Mêlant diverses versions de la pièce-étendard de Jarry (Ubu roi donc, Ubu sur la butte, Ubu cocu), Christian Schiaretti qui étrangement ne signe pas ici la mise en scène mais assure la "direction" du spectacle choisit l’option potacherie, ou plus exactement fatrasie (pièces satiriques du Moyen-Âge) comme annoncé. Mais à quoi cela rime-t-il sur scène ? À une course échevelée sans queue ni tête avec des clins d’œil lourds à l’époque actuelle : le trésor est « offshore », les Polonais miment des migrants fraîchement débar

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Des affaires sans folie aux Célestins

SCENES | Du texte noir d'Octave Mirbeau sur un homme puissant, vaniteux et autoritaire, Claudia Stavisky tire un spectacle académique et sans fioriture porté par un François Marthouret en grande forme. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 11 mars 2016

Des affaires sans folie aux Célestins

Quand le rideau se lève sur Les Affaires sont les affaires (1903), le décor beau, imposant et presque sobre (dépourvu de toutes les babioles afférentes à un intérieur bourgeois) donne cette fâcheuse impression d’être revenu des décennies en arrière et d’assister à une séquence d’Au théâtre ce soir. La scène inaugurale entre une épouse sage et trop brushée et sa fille ado révoltée, les cheveux en bataille, n’arrange pas le tableau d’une opposition trop caricaturale. Quand l’intrigue progresse, Claudia Stavisky tente d’introduire un peu de contemporanéité avec une télé écran plat. Raté ! L’émission diffusée est commentée par un homme se revendiquant d’antan, Stéphane Bern. L’animateur nous parle d’un château occupé par monsieur Lechat, parvenu qui s’est construit une fortune en escroquant à tout-va, s’est acheté un journal et s'essaye désormais à la politique, en mentant sur ses convictions. Toute ressemblance avec Bernard Tapie et Silvio Berlusconi est bienvenue. Mais la metteur en scène a la délicatesse de ne pas les singer. À chacun sa cassette Et voilà que son travail trouve alors sa vitesse de croisière. Grâce notamment à son

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Au TNP, l'affaire Bettencourt n'est pas dans le sac pour Christian Schiaretti

SCENES | Si rares dans le théâtre français, les affaires politiques émaillent le nouveau texte de Michel Vinaver, "Bettencourt Boulevard". Malgré une scénographie d’une beauté plastique irréprochable, la pièce qu'en a tiré Christian Schiaretti manque malheureusement de rythme, entravée par une écriture qui se révèle, in fine, difficilement adaptable à la scène.

Nadja Pobel | Mardi 24 novembre 2015

Au TNP, l'affaire Bettencourt n'est pas dans le sac pour Christian Schiaretti

Construite en trente morceaux comme autant de portions d’une saga familiale se mêlant vertigineusement aux affaires publiques, Bettencourt Boulevard a été imaginée par Michel Vinaver avec ce qui lui est resté de tout ce qu’il a lu dans la presse de cette affaire mise au jour par Médiapart en 2010. Pour ne pas trop se disperser, il a supprimé les personnages liés aux milieux judiciaire, policier ou médical et y a ajouté le fantôme du père de Liliane, militant de la droite extrême et fondateur de L’Oréal, en dialogue avec le rabbin Robert Meyers, le père du mari de Françoise, la fille de Liliane, qui fut déporté à Auschwitz – soit deux visions de l’humanité glacialement opposées qui, en fin de partie, donnent du volume à la pièce. Au cœur du sujet, la milliardaire et François-Marie Banier papillonnent d’un interlocuteur à l’autre et cristallisent les ressentiments de leur entourage mais, avec sa forme éclatée, sans véritable scène où les personnages ont le temps d’instaurer une communication, la pièce s’avère très compliquée à tenir au plateau alors qu’à la lecture, cette choralité se digérait assez aisément. Bord cadre Dans un dé

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Jules Verne par les PCL : calme plat

SCENES | Le pari de transposer "Vingt mille lieues sous les mers" sur un plateau de théâtre était osé. Si la partie musicale, assurée par les Percussions Claviers de Lyon, est impeccable, le reste manque de chair et de mouvement.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Jules Verne par les PCL : calme plat

L’épopée maritime de Jules Verne se déployant à l'échelle de toutes les mers, la circonscrire à une scène n'était pas gagné d'avance. Cette difficulté, la metteur en scène Emmanuelle Prager a choisi de la scinder en deux : une imagerie d'Étienne Guiol, jeune diplômé d'Émile Cohl, et le récit fidèle du texte, confié à trois comédiens filmés face caméra sur un fond uni. Soit les péripéties du scientifique Pierre Aronnax, missionné pour tenter de neutraliser une créature qui sème la terreur dans les eaux du globe : non pas un gigantesque narval comme il le soupçonnait, mais un sous-marin, le Nautilus, piloté par un certain Capitaine Nemo qui, lancé dans une bataille personnelle misanthropique, les kidnappent lui et son domestique Conseil. Ces héros modernes ne sont malheureusement jamais vraiment incarnés. Pourtant constitutive du texte, la notion de mouvement est la grande absente de ce travail – Olivier Borle, Baptiste Guiton et Renaud Golo donnant l'impression de lire un prompteur là où il leur faudrait souligner l'émotion et la noirceur de cette incroyable aventure. Au point que même les aquarelles de Guiol, projetées en alternance avec les séquences vidéo e

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La Renaissance en immersion avec Jules Verne

SCENES | Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

La Renaissance en immersion avec Jules Verne

Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical appréciable dès 9 ans – et repris le 17 au Théâtre de Villefranche. Ce n’est pas la première fois que le directeur se confronte au jeune public, puisqu’il avait déjà travaillé sur les contes de Perrault il y a sept ans. Avec les virtuoses Percussions Claviers de Lyon qu’il dirige par ailleurs, Lecointe, associé à Emmanuelle Prager, se lance dans ce qui pour lui est «l’œuvre la plus adaptable» de Jules Verne, enveloppée dans une trame musicale tissée à partir des partitions de Debussy, Dukas, Roussel et Saint-Saëns, tous contemporains de l’auteur. À leurs côtés, Etienne Guiol, diplômé de l’école Émile Cohl, assurera la création multimédia, à partir d'un dispositif à base d'écrans et de pans de tulle sur lesquels seront projetées des séquences de jeu tournées l'été dernier. Jamais les acteurs incarnant le capitaine Nemo, Arronax et l’assistant Conseil ne seront présents physiquement sur le plateau. Une absence d’incarnation que devr

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Une saison théâtrale sous le signe du politique

SCENES | Souvent taxé d’art vieillissant, le théâtre ne cesse pourtant, à l’instar des sociologues ou historiens, d’ausculter le monde contemporain. Cette saison, plusieurs auteurs décryptant la trivialité des rapports sociaux seront portés au plateau. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison théâtrale sous le signe du politique

Christine Angot le déclarait fin août au Monde : «il n’y a pas de vérité hors de la littérature». Théâtre inclus. Le festival international Sens Interdits, en prise directe avec les maux du Rwanda, des réfugiés ou de la Russie, en sera une déflagrante preuve en octobre. Plus près de nous, avec la vivacité d’un jeune homme, Michel Vinaver (88 ans) a repris la plume pour signer Bettencourt boulevard ou une histoire de France, une pièce en trente épisodes mettant au jour les rouages de la fameuse affaire. Ne surtout pas chercher dans ce texte monté par Christian Schiaretti au TNP (du 19 novembre au 19 décembre) des règlements de comptes entre un chef d’État, une milliardaire et un photographe-abuseur, des comptes-rendus judicaires ou de grands discours. Vinaver fait de ses célèbres protagonistes les personnages d’une tragédie grecque contemporaine, remontant à leurs origines et évoquant leur rapport à la judéité, montrant ainsi, loin des polémiques, comment une vieille dame absolument sénile se laisse courtiser par un bellâtre peu scrupuleux. Ce simple jeu d’influence

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

Des Fourberies de Scapin décapées au karcher par Laurent Brethome, le crépusculaire Mon traître d'Emmanuel Meirieu, David Bobée et son Lucrèce Borgia à (trop) grand spectacle... L'entame de la saison 2014/2015 du Théâtre de la Croix-Rousse fut l'une des plus fulgurantes qu'on ait connue depuis l'arrivée à sa direction de Jean Lacornerie. La rentrée 2015/2016 est bien partie pour soutenir la comparaison, ne serait-ce que parce qu'elle s'ouvrira sur la reprise du Bigre de Pierre Guillois, comédie muette «à voir et à revoir» (du 29 septembre au 3 octobre) selon la formule consacrée car aussi hilarante qu'ingénieuse. Suivront : une prometteuse transposition des conseils pour accéder à un trône et le conserver de Machiavel dans l'univers férocement contemporain du stage de formation par Laurent Guttmann (Le Prince, du 6 au 16 octobre) ; le retour, sous bannière Nimis Groupe, d'une partie des singuliers Belges du Raoul collectif (Le Signal du promeneur) avec Ceux que j'ai rencontrés ne

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La saison 2015/2016 du TNP

ACTUS | 22 spectacles dont 9 émanant de sa direction ou de ses acteurs permanents : la saison prochaine, le Théâtre National Populaire fera la part belle aux talents maison, à commencer par la création très attendue de "Bettencourt Boulevard" par Christian Schiaretti. Autre temps fort : "Ça ira", fable plus que jamais politique du maître Joël Pommerat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 20 mai 2015

La saison 2015/2016 du TNP

L’an dernier à la même époque, Christian Schiaretti pouvait encore rêver de devenir patron de la Comédie Française, tandis que l’État et le Département supprimaient respectivement 100 000€ et 150 000€ de dotation à ce Centre National Dramatique majeur (sur un budget de presque 10M€). Depuis, le Ministère comme le Rhône ont rendu ce qu’ils avaient pris, le TNP peut rouler sur des rails paisibles. Quoique : la troupe permanente de 12 comédiens a été réduite à 6. Le coût de la vie augmentant, il faut bien faire des économies et puisqu’il n’est pas possible de baisser les frais de fonctionnement de cet énorme paquebot, ce sont les artistes qui trinquent. Mais de cette contrainte nait de l’inventivité. Le TNP proposera ainsi neuf spectacles dans lesquels des comédiens de la mini-troupe se feront metteur en scène, tout le monde travaillant de fait à flux constant. Julien Tiphaine portera à la scène La Chanson de Roland, Clément Carabédian et Clément Morinière s’attèleront au Roman de Renart, Damien Gouy au Franc-Archer de Bagnolet d’un anonyme du XVe siècle et Juliette Rizoud

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Des amants détonnants

SCENES | Grâce à l’Opéra de Lyon, Jean Lacornerie signe la première adaptation en France du compact "Roméo et Juliette" de Boris Blacher. Et tient enfin sa grande mise en scène en tant que directeur du théâtre de la Croix-Rousse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 mars 2015

Des amants détonnants

Les contraintes ont du bon. Bien sûr, la production de l’Opéra de Lyon offre à Jean Lacornerie plus de moyens qu’il n’en a probablement jamais eus, à tout le moins des moyens que le théâtre de la Croix-Rousse seul ne pouvait déployer. Reste qu'une fois cette question financière évacuée, force est de constater que le canevas serré de cette pièce a obligé le metteur en scène à être concis, précis et inventif. Par le passé, depuis son arrivée dans ce théâtre en 2010, Lacornerie avait signé de très enthousiasmantes versions de Mesdames de la halle et, sur un ton plus désinvolte, de la comédie musicale Bells are ringing en novembre 2013. Mais Jean Lacornerie s’était aussi accordé des parenthèses qui, bien que se voulant légères, n’étaient guère un amusement pour le spectateur, comme l’inachevé Broadway melody ou très récemment des

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Liberté chérie

SCENES | Pour sa dernière création, "En roue libre", Claudia Stavisky a réuni un casting assez exceptionnel dont émerge Julie-Anne Roth, qui tient de bout en bout son rôle de femme insoumise, assumant ses désirs même en pleine maternité. Rencontre avec une comédienne viscéralement – mais pas exclusivement - liée au théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 20 janvier 2015

Liberté chérie

C’est en 1993 qu’elle apparait au cinéma. Julie-Anne Roth est castée par Cédric Klapisch dans le film générationnel qu’est Le Péril jeune, après un petit rôle dans La Reine Margot, où elle est l’amie féministe de la bande. Elle n’a que 19 ans et vient à peine de découvrir le théâtre. Alors en fac de lettre, elle veut devenir chef opérateur et préparer la FEMIS, «mais pour filmer les gens, il me fallait comprendre ce que c’est que de jouer». Elle suit donc les cours du soir de Pierre Debauche qui l’encourage à fréquenter son école à plein temps. Après trois années en compagnie à Agen, elle veut «apprendre encore et rencontrer des personnes de mon âge, créer des amitiés car c’est important dans ce métier qu’il est difficile de faire seul». Ce sera donc le Conservatoire national à Paris dont elle sort diplômée en 1999, déjà remarquée par les professionnels et nommée aux Molière en 1997 pour son rôle dans Sylvia (mise en scène par A. R. Gurney). Stuart Seide l’emmène (ou la ramène) à Shakespeare. De l’auteur britannique, elle dit «vouloir jouer tous les rôles féminins» ! «Quand j’ai lu Shakespeare, j’ai eu l’impressio

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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Deuxième départ

SCENES | Après un premier tiers de saison assez calme, l’activité théâtrale s’intensifie nettement cette rentrée. Entre stars de la scène locale et internationale, créations maison et découvertes à foison, revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Deuxième départ

Une Biennale de la danse enchaînée avec les vacances de la Toussaint auront bien grévé la dynamique théâtrale de ce début de saison, sauf à la Croix-Rousse qui a, en apnée, aligné Laurent Brethome, Emmanuel Meirieu, David Bobée et Pierre Guillois. Le rythme n'y faiblira pas en 2015 avec notamment les très attendus Elle brûle (mars) du duo féminin Mariette Navarro / Caroline Guiela Nguyen et Discours à la nation (avril), manifeste d'Ascanio Celestini dont s’est emparé David Murgia du Raoul Collectif. Claudia Stavisky se confrontera elle à nouveau à un texte britannique après le très réussi Blackbird, en montant pour la première fois en France En roue libre (j

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Menu: plaisirs, repas léger

SCENES | Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 novembre 2014

Menu: plaisirs, repas léger

Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de chant sur le thème du plaisir, invitant pour l'occasion le chanteur lyrique Jean-Paul Fouchécourt, collaborateur régulier des prestigieux Berliner Philarmonikern Boston Symphony Orchestra ou les Musiciens du Louvre. Accompagné au piano par le ténor Jamal Moqadem, actuel directeur artistique du Studio de l'Opéra de Lyon, il livre un concert hétéroclite puisque figurent au générique Offenbach, Rameau, Mozart mais aussi Serge Lama et Charles Trénet. Autant de répertoires entre lesquels Jean Lacornerie tisse un fil rouge grâce à une mise en scène qui instille des éléments de jeu et d'interaction avec le public. Un sac à main emprunté à un spectateur ou un jeu sur les costumes sont ainsi autant de prétextes à triturer la figure du couple, à questionner le mariage et la fidélité et aussi, bien sûr, à soulever la question du genre, tandis que le magicien Thierry Collet apporte à l'ensemble une part de fantaisie avec de

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Et ils tapent, tapent, tapent...

MUSIQUES | L'Auditorium accueille la première représentation lyonnaise de "Trois contes", spectacle créé en 2008 dans lequel, à l'aune des airs les plus merveilleux de Ravel, les Percussions Claviers de Lyon rendent toute leur ambiguïté aux contes de Perrault. L'occasion de revenir sur l'histoire de cet ensemble singulier tout juste trentenaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Et ils tapent, tapent, tapent...

Mi-février se tenait à Berlin le festival Stargaze, du nom d'un jeune ensemble de bâtisseurs de pontsentre musiques savantes et pop. A son affiche, nombre de prodiges du grand écart de registre, de Nico Muhly à Bryce Dessner, le guitariste de The National, pour plusieurs relectures du In C de Terry Riley, l’œuvre fondatrice du minimalisme, dont une littéralement transcendante par le producteur techno Pantha du Prince et les percussionnistes à blouse grise du Bell Laboratory. Lesquels auraient tout à fait pu céder leur place aux Percussions Claviers de Lyon, collectif qui depuis trente ans construit un répertoire contemporain comme on dynamite des tours (d'ivoire).  Le club des cinq Fin des années 70. «Né avec un piano sous les doigts», Gérard Lecointe, directeur artistique de l'ensemble et depuis peu successeur désigné de Roland Auzet à la tête du Théâtre de la Renaissance, intègre le conservatoire de Lyon au moment où un cursus de percussions y voit le jour. Poussé à le suivre par son père, il fait la connaissance déterminante de François Dupin, professeur à forte personnalité qui les incitera, lui et ses camarades de promotion, à s'inventer un futur à la marg

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Tendre est la nuit

SCENES | The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans (...)

Nadja Pobel | Dimanche 26 janvier 2014

Tendre est la nuit

The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans le Midwest américain, dévasté par la crise économique qui sévit dans les années trente. Un couple de paysans ruiné, les Moss, s'est sacrifié pour payer des études à sa fille mais celle-ci, au moment de faire fructifier son apprentissage, préfère suivre deux vagabonds de passage. Tous les espoirs d'une vie meilleure s'effondrent alors. Bien avant d'être un spectacle que Jean Lacornerie a créé en mars 2010 et qu'il reprend aujourd'hui, cet opéra fut écrit en 1954 par Aaron Copland, qui venait alors de découvrir Louons maintenant les grands hommes, livre pour lequell'écrivain américain James Agee et le photographe Walker Evans avaient intégré trois familles de farmers pour mieux dire leur quotidien. Marqué par deux photos – une femme d'une tristesse insondable et une jeune fille légèrement plus enjouée – Copland, associé à son librettiste Erik Johns, en tira deux actes ici restitués à diverses échelles. Il y a bien sûr les acteurs-chanteurs, mais aussi de petites marionnettes qu'ils manipulent (sous la houlette de la spéc

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«Un rêve commun»

SCENES | Six jours après la première du "Roi Lear", le metteur en scène Christian Schiaretti revient sur la genèse de ce qui pourrait être son dernier grand spectacle au TNP. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 3 février 2014

«Un rêve commun»

Comment Serge Merlin a-t-il intégré ce projet ? Christian Schiaretti : Je le connaissais depuis longtemps. Nous nous croisions lors d’errances nocturnes vers la Closerie des Lilas, pas loin de chez lui, et avons tissé une relation très marquée par la poésie. J’ai étéle voir à propos de Ruy Blas pour être Don Saluste. Sa réponse fut drôle : «mais pourquoi je joue pas Ruy Blas ?». Il considérait qu’il ne devait ou ne pouvait jouer que les rôles éponymes. Il m’a donc proposé Lear.Ce n’est pas moi qui cherchait un roi Lear, vous montez Le Roi Lear quand vous l’avez. Dans la dévotion que Serge peut avoir vis-à-vis d’un texte (il vit à l’hôtel de façon monacale), j’avais là un roi Lear absolument possible, donc j’ai accepté. Il y avait dans mon souhait et ma motivation un autre larron important : Yves Bonnefoy. C’est Merlin qui a fait ce choix, mais je n’en aurais pas fait un autre. Sa traduction date de 1964, mais elle est totalement contemporaine et n’a pas besoin de faire des allusions lourdingues à la réalité pour que l’on comprenne bien que l’on croit vivre dans un monde d’avenir alo

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L'ire du roi

SCENES | Grand maître des épopées théâtrales au long cours, Christian Schiaretti revient à Shakespeare avec "Le Roi Lear", huit ans après "Coriolan", à l’initiative de son acteur-titre, le fascinant Serge Merlin. Retour sur cet impressionnant travail et rencontre avec le metteur en scène et directeur du TNP. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 16 janvier 2014

L'ire du roi

L’Opéra de quat’sous, Coriolan, Par-dessus bord, Ruy Blas, Mai, juin, juillet, Une saison au Congo : que ce soit avec des textes classiques (Shakespeare, Hugo) ou contemporains (Brecht, Vinaver, Césaire), voire dans le cadre commandes (à Daniel Guénoun), Christian Schiaretti s'est imposé, au fil des saisons, entre les séries qu'il monte par ailleurs avec sa troupe permanente du TNP (sept comédies de Molière, un triptyque du Siècle d’or espagn

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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New York sous cloche

SCENES | En rajeunissant la comédie musicale "Bells Are Ringing", Jean Lacornerie signe un divertissement de grande qualité... mais qui peine tout de même à soutenir la comparaison avec les productions anglo-saxonnes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 21 novembre 2013

New York sous cloche

Au milieu du plateau trône une façade, posée sur une tournette telle une vitrine de jeu télévisé. Côté face se dévoile le bureau d'une opératrice téléphonique, Ella Peterson, godiche esseulée qui se plait à recueillir sous de fausses identités les confidences des abonnés : un acteur en mal de rôles, un dentiste se rêvant compositeur, un dramaturge peinant à boucler le script qui fera de lui l'idole du tout-Brooklyn... C'est l'appartement de briques de ce dernier qui se découpe côté pile, havre de paresse et de débauche où, au terme de quelques quiproquos - courtoisies également d'un flic suspectant Susanswerphone, la compagnie employant Ella, d'être une maison close, et d'un mafieux travesti en mélomane cherchant à y installer une opération de paris clandestins -, batifoleront ces deux tourtereaux au bout du rouleau (et du fil).  Mais c'est à cour et à jardin que se joue la réussite de l'adaptation signée Jean Lacornerie de Bells Are Ringing (ou Amélie Poulain chez les bookmakers)

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Bien léché

SCENES | 4, 3, 2, 1, top ! Maggie entre en scène et se lance dans un monologue assourdissant. Elle dit tout : sa douleur de ne plus être aimée par son mari adoré, son (...)

Nadja Pobel | Vendredi 27 septembre 2013

Bien léché

4, 3, 2, 1, top ! Maggie entre en scène et se lance dans un monologue assourdissant. Elle dit tout : sa douleur de ne plus être aimée par son mari adoré, son inquiétude que les beaux jours soient autant de lointains souvenirs, et en même temps son immense optimisme, presque maniaque, que tout revienne à la normale. Sans faux-semblant, la divine Laure Marsac se jette sur ce texte éblouissant de Tennessee Williams comme son personnage s’accroche vaille que vaille à son homme, Brick (Philippe Awat, plus proche de Bruce Willis dans Piège de cristal que de Paul Newman dans le film de Richard Brooks). Pour ce huis-clos étouffant, créé et joué 44 fois en plein air à Grignan cet été, Claudia Stavisky signe une mise en scène appliquée, sans grande surprise et de facture classique, mais portée par des acteurs investis, notamment Alain Pralon, qui sait donner les nuances nécessaires à l’expression de la complexe personnalité du beau-père de Maggie. Du lit au bar, du bar au lit en passant par un canapé et un mini dressing, les personnages ont beau s’agiter, aller et venir, c’est b

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Livraison à domicile

SCENES | Les prochaines créations des directeurs-artistes des grandes maisons. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Livraison à domicile

TNP Christian Schiaretti monte Le Roi Lear de Shakespeare (du 10 janvier au 15 février) à la demande de (et avec) l’acteur rocailleux et monumental Serge Merlin. Le comédien avait déjà interprété ce rôle sous la direction de Matthias Langhoff avec une grosse machinerie dont il souhaite se débarrasser ici. Ca tombe bien, Schiaretti n’a pas son pareil pour mettre en avant le texte, ici traduit par Yves Bonnefoy. Célestins Déjà joué 44 fois cet été dans la cour du château de Madame de Sévigné à Grignan, Chatte sur un toit brûlant, mis en scène par Claudia Stavisky, ouvrira durant un mois (du 19 septembre au 20 octobre) la saison des Célestins. Théâtre de la Croix-Rousse Bells are ringing, c’est la création dont Jean Lacornerie rêve depuis longtemps. Triomphe à Broadway dès sa création en 1956 avant d’être porté à l’écran par Vincente Minelli, ce spectacle n’a jamais encore été joué en France. Ce

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Nocturne américain

SCENES | Dans le cadre du somptueux château de Madame de Sévigné, à Grignan, les personnages de Chatte sur un toit brûlant, de Tennessee Williams, prendront la parole durant tout l’été. Un véritable marathon théâtral, mené par la metteur en scène Claudia Stavisky, également directrice des Célestins, à Lyon. Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Mardi 18 juin 2013

Nocturne américain

«Quand on a vu le film, on n’a pas vu la pièce» nous affirmait Claudia Stavisky au moment du dévoilement de la création de Chatte sur un toit brûlant en mars dernier. Et pour cause : Tennessee Williams lui-même détestait cette adaptation, pourtant portée avec un charisme foudroyant par le duo Elizabeth Taylor / Paul Newman. Point de stars US cet été, mais la grande Laure Marsac, Pirate césarisée de Jacques Doillon en 1985 (à 14 ans !) qui arpente depuis les plateaux de théâtre et de tournage, dans le rôle de Maggie, et Philippe Awat, un autre habitué des planches, dans le rôle de Brick. Et c’est dans la nuit drômoise, en lieu et place du Mississippi, que le couple va se distendre, alors que la famille Politt célèbre le soixante-cinquième anniversaire de son patriarche. Lui noie dans l’alcool la perte de son meilleur ami tandis que son frère aîné spécule pour récupérer le domaine de plantation de coton du père ; elle tente en vain de sauver son couple, comme une lionne. Ou comme une chatte qui resterait sur son toit brûlant jusqu’à ce que l'air redevienne respirable et la vie possible.

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Congo vivant !

SCENES | Décidément excellent quand il s’attelle à une fresque historique, Christian Schiaretti porte à la scène le poignant texte d’Aimé Césaire, "Une saison au Congo", avec une troupe unie de trente-sept interprètes. Un hommage à la liberté des peuples autant qu’à l’outil même de théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 17 mai 2013

Congo vivant !

C’est peut-être son cercle de craie caucasien à lui, sa version africaine de Brecht. Christian Schiaretti a tracé un grand trait circulaire blanc au sol, au centre duquel se déroule un événement majeur : rien moins que l'acquisition d'indépendance d’un des pays les plus riches du continent africain, le Congo. Ce décor est alternativement le lieu d’une action située à Leopoldville (future Kinshasa) ou en Belgique, voire à l’ONU et, pourvu d'une scène musicale juste à l'arrière, il constitue surtout la première très bonne intuition de ce spectacle. Pas de grand barnum écrasant ni d’espace nu voire vide, encore moins de plateau démesuré dans lequel les acteurs se noieraient. Recentrée sur le devant de la scène, la troupe, quasi entièrement composée d’acteurs et figurants africains ou d’origine africaine, fait preuve d’une solidarité et d’une force collective qui éclaboussent sans cesse le spectacle et servent pertinemment son propos. 30 juin 1960, l’indépendance du Congo est proclamée par le roi des belges, Baudouin, au son du cha cha cha. La fête précède des instants plus solennels – comme le discours de Lumumba – pui

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Images et sons de cloche

SCENES | Durant le week-end de Pâques, les Subsistances ressuscitent la création avec une dizaine de spectacles en tous genres et accessibles à petits prix. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 22 mars 2013

Images et sons de cloche

Inoxydable laboratoire du spectacle vivant, Les Subsistances poursuivent leurs week-ends de petits ou grands spectacles, avec une ribambelle d’artistes de tous poils à découvrir. Il n’y a dans la programmation de Ca cloche que deux exceptions à l’inconnu : le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Croix-Rousse Jean Lacornerie, et le musicien et comédien Denis Mariotte, compagnon de route et de création de la chorégraphe Maguy Marin. Mais ces deux-là se lancent aux Subsistances dans de bien étranges aventures artistiques. Jean Lacornerie monte ainsi deux créations autour de la musique du compositeur américain Ben Johnson, proche de John Cage et défenseur de la musique dite microtonale dans la lignée d’Harry Partch (attention, ça fait un peu mal aux oreilles au début). L’un des deux spectacles portera sur les lettres de Calamity Jane à sa fille, confiée à une famille d’accueil (on le comprend !) en Angleterre. «Ben Johnston invente un phrasé musical au plus près de la langue parlée, au plus près du souffle de la mère qui se confie. Le lyrisme surgit quand vient la révolte, les aigus claquent quand vient

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Théâtre-crochet

SCENES | Plaçant le verbe au cœur de tous ses spectacles, qu’ils soient des grosses productions (Coriolan, Ruy Blas , Mai, juin, juillet) ou de plus petites (...)

Nadja Pobel | Jeudi 20 décembre 2012

Théâtre-crochet

Plaçant le verbe au cœur de tous ses spectacles, qu’ils soient des grosses productions (Coriolan, Ruy Blas , Mai, juin, juillet) ou de plus petites formes (Le Laboureur de Bohème, les comédies de Molière, La Jeanne), Christian Schiaretti ne perd pas de vue ce principe avec Don Quichotte. Créée en décembre 2010, lors de la saison où il a mis en scène le triptyque du Siècle d’Or (avec le merveilleux texte de La Célestine et Don Juan), la pièce revient pour encore quelques jours au Théâtre National Pop

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Tout le théâtre qu’il aime

SCENES | Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 décembre 2012

Tout le théâtre qu’il aime

Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge pour les fêtes de fin d’année Applause, créé précédemment à la Renaissance d’Oullins. En piochant dans les comédies musicales américaines, il reprend à son compte leur discours de célébration des métiers du spectacle. Et notamment celui de comédien, à la vie beaucoup moins glamour et pailletée en coulisse que sur scène. Les metteurs en scène «intellos»,  les critiques et globalement l’hypocrisie du milieu, se font joyeusement dégommer par une équipe de chanteurs fidèles au metteur en scène, à l'image de Laurence Pelly, Sophie Lenoir ou Jacques Verzier. Mais cet hommage, pourtant indubitablement tendre et sincère, aux gens de théâtre dits «bizarres» ne parvient pas à masquer une approximation de jeu, un manque de coordination au plateau et surtout le fait que l'ensemble se résume à un mille-feuilles, une succession de scènes sans cohérence évidente oscillant entre le grotesque assumé mais pénible (voir la reprise de Shakespeare avec souffleuse improvisée) et le tour de chant maît

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