Pas juste pour rire

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître dans l'autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor partir du 21 février au Boui Boui), une «histoire de vampirisme moderne» dans laquelle un auteur de bouquins érotiques hypocondriaque recrute un nègre en fac de lettre. Dans le rôle du scribouillard : le truculent Yann Guillarme, qui reprendra en parallèle le frénétique et touchant On n'est pas à l'abri d'un succès (au même endroit dès le 9 janvier).

Il ne sera dailleurs pas le seul habitué de ces pages à faire œuvre d'ambivalence émotionnelle sur la deuxième partie de la saison. Citons en vrac : Karim Duval (aux Tontons Flingueurs jusqu'à fin mars), Alexandre Astier (qui donnera au Radiant les 10 et 11 février son Exoconférence, à laquelle fera écho du 15 au 18 avril le Basic Enstein de Damien Jayat à Gerson), Schoumsky (du 4 au 7 mars à Gerson, où le suivra du 25 au 28 sa complice, la déjantée Julie Villers) et Vincent Dedienne (à Gerson aussi, du 1er au 11 avril).

A part ça, nos repérages de septembre tiennent toujours (Alex Lutz au Radiant le 14 janvier, Pierre-Emmanuel Barré à Rameau le 21 mars, Caroline Vigneaux à la Comédie-Odéon le 13 avril...), auxquels s'ajoutent la sortie de résidence de Mathieu Cohin (Gerson le 14 février) et le nouveau spectacle d'Aymeric Lompret (pareil, du 18 au 21 février).

Benjamin Mialot

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Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

Kaamelott Livre IV | Après une longue interruption (et avant la sortie du premier long-métrage issu de la saga), Alexandre Astier reprend la publication du texte intégral de la série "Kaamelott". La parution du "Livre IV" (aux éditions Télémaque), point d’inflexion dramatique et formel de son épopée arthurienne, est l’occasion d’une conversation édifiante avec l’auteur-interprète sur, notamment, son approche de l’écriture — du cambouis de la structure à la haute couture brodée main pour les acteurs —, mais aussi de battre en brèche certaines légendes. Trois cors, c’est parti…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

L’édition d’un scénario reste une sorte de paradoxe dans la mesure où il s’agit d’un “texte en bleu de travail“, un objet théoriquement invisible car il est en permanence contredit ou confirmé par le tournage. S’agit-il alors d’un témoin, d’un ouvrage de référence permettant des études comparées avec ce qui a été filmé, d’un outil pour d’autres comédiens ? Alexandre Astier : C’est difficile à dire. On pourrait même partir du principe qu’il ne devrait pas exister. Sur les gros films, les scénarii sont confidentiels, watermarkés, tout le monde y fait attention. Ceux des séries, c’est autre chose : tu en retrouves par terre à la cantine ; c’est un tel flux d’apports nouveaux que tu en balayes ! À l’époque de Kaamelott la série, on vivait très clairement dans le papier. Et la vie du scénario, c’est de mourir le soir : poubelle. D’autant que c’est un document technique ne concernant que ceux qui savent s’en servir, comme un blueprint, un plan de démont

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Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Transmission réussie :

L’accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d’un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette… Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d’aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n’avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l’adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d’émancipation : tout en respectant le principe d’une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l’astierisquien”. Entièrement original dans l’écriture, ce nouvel é

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Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de L’Île aux enfants, de Goldorak, de Marvel, de manga et d’une note de Kaamelott… Entretien exclusif. Attention : peut contenir des traces de spoilers…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? Alexandre Astier : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce qu'Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qu'il a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et

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Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Avant-première | Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 novembre 2018

Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand public dans Astérix - Le Secret de la potion magique… Rassurez-vous ; il y a peu de chance qu’un tel sacrilège soit ainsi commis par Alexandre Astier et Louis Clichy, de retour à la barre pour ce nouvel opus animé, adapté d’un sujet original. Prévu sur les écrans gaulois le 5 décembre, ce long-métrage effectue son avant-première nationale à Lugdunum (on est capitale des Gaules ou pas ?) en présence des deux auteurs, sous la haute bienveillance de Belisama, Belenos et Toutatis, évidemment. Les bardes sont autorisés, mais muselés. Astérix - Le Secret de la potion magique Au Pathé Bellecour ​le dimanche 25 novembre à 15h20 (et aussi à 11h et 13h30 au Pathé Carré de Soie)

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Un seul être vous manque...

La rentrée théâtrale | Des spectacles par centaines au programme. Lyon et son agglo regorgent de propositions théâtrales mais il manque toujours des noms majeurs du théâtre contemporain.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Un seul être vous manque...

Bien sûr, nous ne nous ennuierons pas cette saison en matière de théâtre à Lyon et dans les alentours, tant il y a un foisonnement d’offres et pourtant, lorsqu'à la fin du printemps, nous prenions connaissance de ce qui ferait nos soirées prochaines, s'imposaient d'abord les absents. Cruel constat qui n'est pas neuf sous nos cieux gaulois. L'ex-enfant terrible du théâtre français – qui désormais gesticule beaucoup, soit - Vincent Macaigne ? Jamais venu. Christiane Jatahy, metteuse en scène brésilienne qui a fait les beaux jours de la Comédie-Française avec sa version très populaire, limite démago de La Règle du jeu de Renoir et qui a signé une version des Trois sœurs tcheckhoviennes renversante et renversée par des écrans vidéo qu'elle manie parfaitement ? Pas là. Et surtout, Milo Rau, l'artiste européen majeur actuellement, de surcroît francophone ? Aucune trace. Les Lyonnais n'ont eu la chance de connaître son travail que via Hate radio programmé à Sens interdits en 2015 (le festival, off cette année, fait tout de même revenir la très agitante polonaise Martha Gornicka avec H

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Guy Lutz : "Guy"

Documenteur | de et avec Alex Lutz (Fr, 1h41) avec également Tom Dingler, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Lundi 20 août 2018

Guy Lutz :

Pour approcher Guy Jamet, vieille gloire de la musique depuis l’époque yéyé dont sa mère lui a révélé qu’il était son père, Gauthier a entrepris de tourner un documentaire dans l’intimité du chanteur. Mais plus il filme, plus il repousse le moment de révéler son secret à star déclinante… Pour sa deuxième réalisation, Alex Lutz s’est essayé au format toujours plaisant du documenteur, empruntant l’apparence du documentaire pour servir un propos totalement imaginaire. Filmé en caméra subjective (et à la manière de ces séries télé s’accrochant aux basques d’une célébrité pour en divulguer les jardins secrets), Guy est entrelardé de séquences “d’archives“ forcément bidons retraçant un demi-siècle de sa carrière fictive. C’est sur ce point que Lutz se montre le plus efficace — sans doute sa pratique de la pastille-pastiche n’y est-elle pas étrangère — : ses contrefaçons de tubes années 1960, 1970 et 1980 avec mises en images à l’appui s’avèrent crédibles et drôles au premier degré. Nul besoin d’en rajouter quand les costumes ou les play-backs sont à la base approximatifs.

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Il leur manque des cases : "Les Aventures de Spirou et Fantasio"

BD BRADÉE | de Alexandre Coffre (Fr, 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Il leur manque des cases :

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le moooonde. Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une bédé au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en est tiré sans trop de dégâts (et encore, au risque de défriser la doxa, avec plus de réussite dans Le Marsupilami que dans Mission Cléopâtre). Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont obvies à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz — qui

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Pierre-Emmanuel Barré : le « sale con » est de retour !

Humour | Pierre-Emmanuel Barré, humoriste qui s’affuble lui-même de l’insulte qui nous a servi de titre (d’où les guillemets – on est plutôt polis sinon), revient sur scène avec un Nouveau spectacle tout aussi trash que lui. Très efficace.

Aurélien Martinez | Mardi 24 octobre 2017

Pierre-Emmanuel Barré : le « sale con » est de retour !

Dans le registre humour noir, la référence en France depuis quelques années est Gaspard Proust, sorte de Desproges des années 2000, véritable timide masquant ses failles sous une acidité redoutable. Un (involontaire) chef de meute qui n’empêche pas certains de ses confrères de se placer eux aussi sur ce créneau, avec plus ou moins de talent – l’humour noir raté, ne serait-ce pas ce qu’il y a de pire au monde avec les blagues sur les iPhone ? Et dans cette famille acide, Pierre-Emmanuel Barré a lui aussi son (bon) mot à dire. En rafale même, d’où des textes moins lettrés que ceux de son confrère, mais tout aussi trashs. Ce qui lui assure des salles souvent pleines et une horde de fans prêts à s’esclaffer à la moindre vanne, qu’importe sa pertinence – quand on a découvert son nouveau spectacle cet été à Avignon, c’était saisissant. « Allez voir Kev Adams » Avec le bondissant Pierre-Emmanuel Barré (rien à voir scéniquement avec le Droopy Proust), on est sur de l’humour misogyne, vulgaire, très pipi-caca, qui surtout se fait un malin plaisir à aller le plus loin possible – comme ce passage de baston avec un bébé. Et à taper s

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Vincent Dedienne : « La scène, un lieu sacré »

Seul en scène | Alors qu'il s'apprête à jouer (à guichet fermé) les dernières dates de son seul en scène si émouvant, Vincent Dedienne nous parle, avec une sincérité qui n'est pas si commune, du théâtre, de son amour du jeu, du cinéma à venir et de cette diversion qu'est la télévision. Sans oublier la joie.

Nadja Pobel | Mardi 26 septembre 2017

Vincent Dedienne : « La scène, un lieu sacré »

Vous avez suivi une des formations les plus solides pour un comédien en France, la Comédie de Saint-Etienne. Comment y êtes- vous arrivé ? Vincent Dedienne : Comme je voulais faire du spectacle quand j'ai découvert Muriel Robin, j'ai fait un bac théâtre. J'ai dû aller pour cela à Chalon sur Saône, le seul endroit où il y avait cette option dans mon département. Puis je ne savais pas quoi faire après le bac alors je suis allé à Lyon en fac d'art du spectacle. Alors c'était déjà... à Bron (rires). C'était très théorique or je pensais que j'allais jouer la comédie. J'y suis donc peu allé et j'ai entendu parler de l'école de la Scène du Saône. J'ai passé le concours l'année d'après. C'est là que je me suis fait tous mes copains et que j'ai joué beaucoup. Et un garçon de ma promo, Gabriel Le Chevallier, passait les concours des grandes écoles ; je lui ai donné la réplique à Rennes. On a fait 9h de train pour trois minutes de scène. Après il passait Saint-Étienne ; là je me suis inscrit aussi parce que ça faisait trop de train pour même pas avoir un peu de trac. Je n'ai passé que Saint-Étienne. J'ai été pris. Si je passais ces concours aujourd'

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Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

ECRANS | Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 21 septembre 2017

Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent Dedienne passe devant la caméra. Dans une interview qu'il nous a accordé ce mercredi 20 septembre, il nous précise qu'il tourne très prochainement dans un film de Marie-Castille Mention-Schaar (réalisatrice du Ciel attendra), un film choral dans lequel il joue le fils de Nicole Garcia. À leurs côtés se trouvent Clotilde Courau, Gustave Kervern, Carmen Maura. Ensuite, il tournera dans Premières vacances, écrit par Camille Chamoux et réalisé par Patrick Cassir avec Camille Cottin, Jérémie Elkaim et Jonathan Cohen. Enfin viendra un film avec Josiane Balasko en janvier. Au théâtre, il sera Porte Saint-Martin dès le 16 janvier dans Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, mis en scène par Catherine Hiegel avec Nicolas Maury (vu chez Cantarella et dans 10 pour cent) et Clotide Hesmes.

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6 pièces de théâtre à réserver sans tergiverser

Sélection | Les cadors on les retrouve aux belles places, nickel comme disait le chanteur. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

6 pièces de théâtre à réserver sans tergiverser

Vincent Dedienne Bien sûr, ce spectacle n’est pas neuf. Il date même de 2013. Mais voilà, c’est la fin d’une tournée triomphale méritée et largement médiatisée par l’aura de ce chroniqueur passé par Inter et Canal +, avant de livrer des revues de presse redoutables chez Yann Barthès. Au commencement, Vincent Dedienne est un comédien brillant qui, contrairement à la plupart des ses confrères solistes et humoristes, sait occuper un plateau. Et qui, à la place de blagues politico-foireuses se met à nu avec une délicatesse tout simplement bouleversante. Il signe là l’un des grands spectacles de théâtre de ces dernières années. Au Radiant les 19, 20, 25 et 26 septembre, les 20 et 21 octobre, et au Toboggan le 27 septembre Bovary par Tiago Rodrigues Il l'avait créé dans le Théâtre National de Lisbonne qu'il dirige. Devenu coqueluche de l'Hexagone (malgré l'ennuyeux Sopro présenté à Avignon cet été), le très doué Tiago Rodrigues présente sa version du roman de Flaubert, avec notamment Jacques Bonnaffé et Grégoire Monsaingeon (vu chez Gw

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Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Café-Théâtre | Avec l'air de ne pas y toucher, entre flegme surjoué et formules qui font mouche, Aymeric Lompret signe un one-man acide.

Nadja Pobel | Mardi 29 août 2017

Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Une chanson guillerette, mais qui prédit la fin du monde (Gérard Palaprat dans les enceintes) sert d'entame à un spectacle qui ne contient pas un brin d'optimisme. Aymeric Lompret n'est pas là pour ça. Ça va être long, nous dit-il. Il va falloir pour lui et pour nous tenir une heure. Et de décompter au fur et à mesure ce qu'il lui reste... Voilà pour l'ambiance. Il est déprimé, largué de son boulot et par sa copine, et cuve une dépression, bière et vodka à la main, fustigeant au passage de façon un peu facile les psys qui ne sont tout juste bon qu'à vous piquer 50 balles. Un thème déjà développé au sein de l'un de ses plus de trente passages dans le sacro-saint télé-crochet de Ruquier, On ne demande qu'à en rire, où il officia entre 2013 et 2015. Il en recycle d'autres dans ce spectacle, qui malgré une absence claire de colonne vertébrale tient assez solidement la route. « Aymeric, Ayyymeric, Aymeriiiiiccccc ! » C'est quand il dézingue en trois-quatre mots, nous épargnant des discours convenus et professoraux sur la société, qu'il est le plus convaincant. Parce que (véritable conviction plutôt qu'effet de style)

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Paroles de réfugiés

Conférence | Des réfugiés racontent leur parcours créatif.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Paroles de réfugiés

Une soirée pour découvrir le parcours de huit personnes réfugiées mais avant tout pleines de projets. Rwandais, syriens, bangladais, français, gabonais, et afghan, ils ont décidé de monter leur association, leur entreprise, de reprendre leurs études... Sur le format d'une conférence TED, ils présenteront leurs parcours atypiques. L'humoriste Karim Duval animera la soirée.

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Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Humour | Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 11 janvier 2017

Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à attendre pour voir et écouter le blondinet juvénile qui se grime en secrétaire dans La revue de presse de Catherine et Liliane sur Canal +. Les billets du 12 janvier donneront directement accès au spectacle le 19 mai. En cas d'impossibilité, le Radiant propose un échange avec un autre spectacle de la saison 2016/2017. Pur tout renseignement complémentaire, contactez le 04 72 10 22 19.

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Réveillonnez en humour !

Café-Théâtre | Que vous soyez néophytes ou adeptes, le réveillon est une date idéale pour se ruer dans les café-théâtres. Le 31 décembre, il y en a pour tout le monde, les petits comme les grands, ceux qui ont envie de rire comme ceux qui veulent redécouvrir les classiques.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 décembre 2016

Réveillonnez en humour !

Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr, 1h23) Avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, elles ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur… VR

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Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

SCENES | «Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys (...)

Benjamin Mialot | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote. Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au

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Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

SCENES | ​Mieux vaut en rire, qu'ils disent. Dont acte : parmi les nombreuses occasions qui vous sont offertes de faire le deuil dans la bonne humeur de cette annus horribilis que fut 2015, voici les cinq qui méritent le plus votre attention.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

Milady au sous-sol Quelle tête en l'air ce Jacques Chambon ! Alors que Cendrillon faisait un matériau de nouvel an tout trouvé, c'est La Belle au bois dormant qu'il choisi de détourner, prolongeant le sommeil de la princesse jusqu'au XXIe siècle. Ça va que le résultat, romance anachronique pleine de pep's et de tendresse (grâce, notamment, à l'interprétation du couple Chrystel Rochas/Aurélien Portehaut, d'une complicité contagieuse), est à la hauteur de ses meilleurs travaux – tous fondés sur un même postulat réconciliateur. En tête le huis clos maritime Plein phare, d'ailleurs visible à la Comédie Odéon à 16h. Au Boui Boui à 17h30

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Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

SCENES | L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année (...)

Benjamin Mialot | Lundi 2 novembre 2015

Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année prochaine (le 13 et, désormais, le 14 février). Une date supplémentaire d'autant plus symbolique qu'elle marquera la centième représentation de cette très fine et très spectaculaire keynote du troisième type.

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Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

SCENES | Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

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La rentrée café-théâtre 2015/2016

SCENES | Deux festivals, de nouvelles pièces d'auteurs chéris, le retour d'un illustre représentant de la trop lointaine école anglo-saxonne... La saison café-théâtre démarre plutôt fort.

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

La rentrée café-théâtre 2015/2016

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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Au café-théâtre cet été

SCENES | Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Au café-théâtre cet été

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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Zack & Stan ne font pas illusion

SCENES | L'accès anticipé. C'est un modèle en vogue dans le secteur du jeu vidéo : vous pré-achetez un titre en chantier et contribuez à son amélioration, en espérant (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Zack & Stan ne font pas illusion

L'accès anticipé. C'est un modèle en vogue dans le secteur du jeu vidéo : vous pré-achetez un titre en chantier et contribuez à son amélioration, en espérant qu'il arrivera au terme de son développement et tiendra ses promesses. Le café-théâtre repose sur le même principe ultra-libéral (et, osons le dire, ultra-paresseux) du «ça va se roder avec le temps». Et du temps, il va en falloir dans le cas de Zack & Stan, deux frangins illusionnistes qui, avec l'appui de l'omniprésent Jocelyn Flipo, ont décidé de jouer la carte de l'humour. Car même avec la meilleure volonté du monde (et ces deux-là en ont, c'est certain), on ne s'improvise pas comédien du jour au lendemain. En l'état (i.e. après trois semaines de représentations au Rideau Rouge), le semblant de rivalité qui sert de fil conducteur à leurs tours paraît de fait bien superflu, dans son écriture comme dans son interprétation – et souffre de la comparaison avec les recherches plastiques de la compagnie 32 Novembre ou les préoccupations narratives de François Martine

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Vincent Dedienne de retour à la salle Rameau

SCENES | Vous n'avez toujours pas vu l'excellent seul-en-scène de Vincent Dedienne ? Alors qu'il l'a récemment joué pas moins de huit soirs à l'Espace (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 27 mai 2015

Vincent Dedienne de retour à la salle Rameau

Vous n'avez toujours pas vu l'excellent seul-en-scène de Vincent Dedienne ? Alors qu'il l'a récemment joué pas moins de huit soirs à l'Espace Gerson ? Vous ne faites aucun effort. Mais le successeur de Stéphane de Groot au Supplément de Canal + n'est pas rancunier : il sera de retour à Lyon le 12 mars 2016, à la Salle Rameau. Oui, ce n'est pas pour tout de suite. Mais comme notre coqueluche n'est plus uniquement la nôtre, on préfère vous prévenir en avance.

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Pierre-Emmanuel Barré : trop con, trop bon

SCENES | Pierre-Emmanuel Barré est un sale con. Il a même fait de cette autoproclamation une figure de style, sur scène comme sur France Inter et Canal (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 mars 2015

Pierre-Emmanuel Barré : trop con, trop bon

Pierre-Emmanuel Barré est un sale con. Il a même fait de cette autoproclamation une figure de style, sur scène comme sur France Inter et Canal Plus. Quand le one-man-show pendule tranquillement entre stand-up, absurde absolu (Chris Esquerre) et sketches à l'ancienne (Alex Lutz), Barré a lui pris une position intenable aujourd'hui, celle du type qui dit tout ce qui lui passe par la tête, et aussi par la vôtre mais que vous n'osez pas dire, pour se soulager du pire et nous avec. Parce qu'en l'espèce, l'humour c'est quand c'est drôle et que le reste (la méchanceté, la grossièreté, l'indécence) n'a aucune espèce d'importance. Or Barré est drôlissime, quelles que soient les horreurs qu'il raconte et qui le renvoient forcément à Desproges. Pas tant d'ailleurs dans l'écriture, qui n'a que faire de préciosité littéraire – encore que, comme ce dernier, il soit un chroniqueur de premier ordre, y compris sur la politique, toujours anglée par derrière – que dans son usage salvateur du cynisme : «Le sale con dit-il, dit des saloperies en sachant qu'il les dit, tandis que le con tout court dit des saloperies mais ne le sait pas.» A not

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Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

SCENES | Après la romance gay, le musical à caractère pornographique et le thriller, Jocelyn Flipo s'essaye avec Sale Mentor à une nouvelle hybridation entre comédie et cinéma de genre. Et ne déçoit pas, à quelques déséquilibres de rodage près. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

Ça commence comme Couic, la précédente pièce de Jocelyn Flipo. Dans une cave. Celle de Jean-Jacques Serzac, écrivain hypocondriaque qui, comme dans la chanson de Marcel & son orchestre, se retrouve le mental en vrac au premier petit couac. Un mal de tête ? Sans doute une rupture d'anévrisme. Un point de côté ? C'est une tumeur qui lui comprime le poumon. Une poussée de stress ? La crise cardiaque n'est pas loin. Pour ne pas courir de risques infectieux supplémentaires, il a choisi de vivre reclus, dans une panic room crasseuse et totalement déconnectée du monde où il tente tant bien que mal d'entretenir sa légende. Car Jean-Jacques (Yann Guillarme, dans un des numéros moliéresques dont il a le secret) est l'auteur des aventures de Tom Morgan, qui sont à la littérature érotique ce que sont, de l'autre côté du quatrième mur, celles d'Harry Potter au roman pour ado. Seulement Jean-Jacques a de l'arthrite, il lui faut un nègre. Ce sera Léo, un jeune éphèbe qui connaît par cœur la saga (Léo Tasserit, comme échappé d'une aventure super-héroïque en milieu lycéen, mettons le trop méconnu Kaboom de Jeph Loeb et Jeff Matsuda).

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Jacques Chambon dépasse les bornes

SCENES | De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

Jacques Chambon dépasse les bornes

De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de mœurs – au sens où elles disent en creux quelque chose des déséquilibres sociaux de l'époque – à la mécanique plus huilée que le corps d'un adepte du massage Nuru. Sa prochaine création (le 6 février au Karavan, puis les 27 et 28 à la MJC Monplaisir), mise en scène par Patricia Thévenet, sera l'occasion de le découvrir sous un jour plus grave – ou de le redécouvrir, pour qui s'était laissé imprégné par la mélancolie de Plein phare. Inspirée par les pires scissions communautaires du XXe siècle (mur de Berlin, guerres de Yougoslavie, barre de séparation israélienne...), Les Sentinelles se veut en effet «une tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître d

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Haut les masques

SCENES | Chaque soir sur Canal +, Alex Lutz est Catherine, quadra maniérée et accroc à la presse people. Sur scène, il est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux. Des personnages plus vrais que nature qui peuplent le one-man-show le plus épatant de la rentrée. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Haut les masques

Où se situe la frontière entre le traitement en réanimation et l'acharnement thérapeutique ? Au même endroit que celle qui délimite les états dans lesquels se trouvent actuellement "l'esprit Charlie" et "l'esprit Canal", les jours de dérision controversable du premier ne semblant plus en danger tandis que le second végète dans l'entre-soi grégaire depuis une bonne quinzaine d'années. Deux hommes, toutefois, incarnent encore le fameux mélange de décalage et d'impertinence qui fit les grandes heures de la chaîne cryptée dans les années 80 et 90. Ou plutôt deux femmes : Catherine et Liliane, les deux secrétaires de rédaction qui, chaque soir au Petit journal, décortiquent l'actualité avec un bon sens involontaire mêlé d'idiotie pure. Derrière leurs maquillages absolutely fabulous se cachent Bruno Sanches, habitué des feuilletons policiers franchouillards, et Alex Lutz, qui n'a pas attendu le succès de sa vamp de l'open space pour mettre à profit ses prédispositions naturelles au transformisme et à l'observation d'énergumènes en milieu naturel. Une bande à lui tout seul Cela fait même plus de sept ans qu'il tourne, en parallèle de ses activités de mette

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Astier en orbite

SCENES | Avec "L’Exoconférence", Alexandre Astier s’envoie en l’air direction l’espace pour y régler la question de la vie extra-terrestre. Un spectacle évidemment drôle, mais aussi érudit, ludique et qui rappelle qu’en plus d’être un grand auteur, Astier est un comédien génial. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Astier en orbite

Ne jamais aller là où on l’attend, tel est le credo d’Alexandre Astier, à la télévision, au cinéma ou sur les planches. Après un superbe solo sur Bach (Que ma joie demeure), le voilà qui s’offre un one-man-show scientifi-comique où il s’agit, des Grecs anciens à nos jours, de s’interroger sur la possible existence d’une vie extra-terrestre. Enfin, s’interroger… Astier débarque sur le plateau un cornet de pop corn à la main, gominé et tiré à quatre épingles, prêt à délivrer sa leçon à l’assistance. Conférencier hi-tech nanti d’un ordinateur "féminin" capricieux — et hop ! voilà les sempiternels problèmes de communication chers à l’auteur qui s’invitent sur scène — et d’un écran géant sur lequel vont défiler preuves et contre-preuves des thèses qu’il avance, il ne s’embarrasse ni de débats, ni de dialectique. Fruit d’un long travail de recherches et d’entretiens, le spectacle ressemble à son personnage : à la fois sûr de son point de mire et prompt à toutes les digressions, rigoureux dans son approche scientifique

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Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Astérix – Le Domaine des Dieux

C’est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu’aucun d’entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d’Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d’ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés. L’apport d’Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s’en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l’univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l’esprit d’Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après

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Ta gueule, pour de bon

SCENES | Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Ta gueule, pour de bon

Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

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Alexandre Astier de retour au Radiant

SCENES | C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

Alexandre Astier de retour au Radiant

C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 et 11 février 2015 – ou à la Bourse du Travail, pour les chanceux qui ont pu obtenir des places pour les 19, 20 et 21 décembre. Profitons donc de cette bonne nouvelle pour nous replonger dans la genèse de cet impressionnant (d'érudition, d'ambition et d'aisance) seul-en-scène d'inspiration stellaire.

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Astier, la tête dans les étoiles

SCENES | Assouvissant un vieux fantasme, celui de parler d’une potentielle civilisation extraterrestre, Alexandre Astier revient sur les planches après l’excellent "Que ma joie demeure" pour une "Exoconférence" mystérieuse qu’il créera au Radiant les 12 et 13 septembre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Astier, la tête dans les étoiles

Les amateurs de Kaamelott ont pu, au fil de leurs visionnages intensifs de la série, se rendre compte à quel point le sujet de la vie extraterrestre travaille son créateur Alexandre Astier. Des mystères de Stonehenge à ceux des «crop circles», ces cercles de culture parfaits et inexpliqués, des dissertations de Perceval sur les étoiles aux clins d’œil à la science-fiction américaine, l’auteur-acteur a placé des références à ce qui reste pour lui une passion de toujours : l’astronomie, l’espace et l’hypothèse, à laquelle il souscrit, d’une forme de vie sur une autre planète que la nôtre. «Je faisais partie de ceux qui étaient bouleversés par la possibilité d’une civilisation extra-terrestre concomitante à la nôtre» confesse-t-il. Après le succès de Que ma joie demeure où il incarnait Jean-Sébastien Bach, Astier a donc décidé de retrouver la scène pour cette Exoconférence dont le programme est clair : «Réglons la question de la vie extraterrestre». Il insiste : «"Réglons la question…", pas "débattons" ou "parlons-en" ou "rouvrons la question". Non

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Souriez, c'est l'été

SCENES | Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Souriez, c'est l'été

Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais. Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon. Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pier

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Annulation du spectacle de Vincent Dedienne

SCENES | Ce devait être l'événement (café)-théâtral de la semaine, il n'aura finalement pas lieu : la représentation du 26 juin à la salle Victor Hugo de S'il se passe (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 juin 2014

Annulation du spectacle de Vincent Dedienne

Ce devait être l'événement (café)-théâtral de la semaine, il n'aura finalement pas lieu : la représentation du 26 juin à la salle Victor Hugo de S'il se passe quelque chose, l'excellent seul en scène de Vincent Dedienne, est annulée. Informées ce matin d'un préavis de grève des personnels la Ville de Lyon (à laquelle appartient le lieu), les sociétés Rain Dog Productions et Ruq Spectacles ne se retrouvent plus en mesure de garantir son bon déroulement. Dans l'attente d'une éventuelle date de remplacement, les porteurs de billets pour ce spectacle pourront obtenir le remboursement de leurs places auprès des points de vente où ont été effectuées les réservations.

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Profession : amuseur

SCENES | Et si l’humour et le théâtre se réconciliaient ? C’est ce que propose le jeune comédien Vincent Dedienne avec son spectacle "S’il se passe quelque chose", un seul-en-scène alternant sketchs et textes plus personnels. Un véritable bijou, accessible, drôle et surtout excellemment bien écrit. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 juin 2014

Profession : amuseur

Comment un comédien de formation classique, après avoir joué divers grands auteurs comme Hugo, Molière ou Duras, se retrouve à faire un spectacle d’humour ? Vincent Dedienne : Parce que j’en rêve depuis que j’ai découvert le théâtre par ce biais. Muriel Robin, Pierre Palmade : ce sont eux qui m’ont donné envie de faire le métier de comédien. L’idée d’être seul en scène m’a toujours excité. Avant de connaître Shakespeare, Claudel ou je ne sais qui, je pensais que le théâtre, c’était ça : uniquement des gens qui écrivent leurs propres textes et qui les disent seuls en scène. J’y suis donc revenu quand j’ai eu un peu moins de travail, pour voir comment ça pouvait se réconcilier avec une formation classique [à l’école de la Comédie de Saint-Étienne, NdlR].  Avec l’idée d’être mieux armé grâce à cette formation  ? Ce n’est pas tant d’être armé... Dans une école supérieure d’art dramatique, quand tu fais justement de l’art dramatique, il y a l’idée que c’est honteux d’avoir l’ambition d’être un amuseur. Être acteur et amuseur, c’est une paire qui ne va pas de soi. Alors que je trouve que c’est le même méti

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Le conte est con

SCENES | Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le conte est con

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

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Vincent Dedienne à la salle Victor Hugo

SCENES | Depuis sa création en mai 2013 à Paris, S'il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en (...)

Benjamin Mialot | Lundi 26 mai 2014

Vincent Dedienne à la salle Victor Hugo

Depuis sa création en mai 2013 à Paris, S'il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en bien, cela va sans dire. Du coup, Laurent Ruquier l'a récemment signé sur sa boîte de prod (qui ne s'occupe que de Gaspard Proust et Michael Gregorio), avec à la clé, notamment, trois mois non-stop à Paris à la rentrée. En attendant, ce spectacle mariant habilement humour et théâtre repassera par Lyon le mois prochain, après les dates de l'Espace Gerson en novembre dernier. Ce sera le jeudi 26 juin à la salle Victor Hugo, et c'est tout simplement immanquable.

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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Des barreaux de rire

SCENES | «En prison, pour pouvoir apprécier le bon côté de la vie, il faut parfois savoir fermer les yeux». La maxime est d'Antoine Schoumsky et elle résonne idéalement (...)

Benjamin Mialot | Mardi 22 avril 2014

Des barreaux de rire

«En prison, pour pouvoir apprécier le bon côté de la vie, il faut parfois savoir fermer les yeux». La maxime est d'Antoine Schoumsky et elle résonne idéalement avec l'ambition avouée de cet habitué des formats courts – il a notamment fait quelques panouilles pour Groland et est membre du collectif web Golden Moustache : ouvrir les nôtres en grand sur ce pur espace de fiction et catalyseur de maux (racisme, solitude, domination) qu'est le milieu carcéral, le long d'Au parloir, un seul en scène aussi cru que vraisemblable. En cela, c'est-à-dire dans cette capacité, par le biais d'une situation de départ astucieuse – il interprète un pauvre type qu'un irrépressible désir de célébrité a conduit à enfreindre la loi et qui espère obtenir un allègement de peine en suivant un stage de réinsertion par l'humour – et d'une écriture plus soutenue que la moyenne, à provoquer la réflexion autant que l'hilarité, il peut être rapproché de Cédric Chartier – qu'il a d'ailleurs précédé sur la scène de l'Espace Gerson en mars. A u

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A couteaux tirés

SCENES | A peine auréolé du succès de Trash, son spectacle AAA dans le milieu du XXX, Jocelyn Flipo retrouve le haut de l'affiche avec Couic, comédie noire confrontant un tueur en série débutant à sa première victime. Attention, ça va faire mal. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 avril 2014

A couteaux tirés

L'an passé, dans les recoins les plus interlopes du programme de Quais du Polar, figurait une pièce écrite et mise en scène par Christophe Chabert, notre irréductible critique cinéma – nous ne vous en avions jusqu'à présent dit mot par pur zèle déontologique. Intitulée Effraction, elle racontait sous la forme d'un huis clos aussi tendu que grinçant le cas de conscience de deux hommes de main découvrant au cours d'une banale collecte de dette une jeune femme prisonnière d'une cage, déblayant au passage un chemin de traverse théâtral assez inédit.   Cette saison, à la même période mais sans le soutien du fameux festival (dommage), c'est au tour du prolifique Jocelyn Flipo (promis, après, on ne vous parle plus de lui jusqu'à l'été) de s'aventurer dans ces eaux troubles sur lesquelles planent l'ombre de Bertrand Blier – en particulier celui de Buffet froid – avecCouic. Un registre où on l'attendait encore moins que celui, bariolé et hyper-sexué, qu'il explore dansTrash, mais où ses dialogues au cordeau et sa mise en scène cinégénique font à nouveau mouche. Tueur niais

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Alexandre Astier en conférence

SCENES | Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 avril 2014

Alexandre Astier en conférence

Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet automne à l'astronomie, le temps d'une Exoconférence qui entend rien moins que «régler la question de la vie extraterrestre». De quoi ravir les innombrables fans de son toujours très viral sketch sur la physique quantique. Ils seront tout aussi ravis d'apprendre que ce spectacle, qu'on devine comme les précédents hanté par l'idée de transmission, sera rodé au Radiant-Bellevue les 12 et 13 septembre, avant d'investir pour un mois la grande salle du Rond-Point à Paris (soit du 18 septembre au 19 octobre).

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Le rêveur Duval

SCENES | «Gnangnan». C’est en ce terme que nous qualifiâmes le spectacle de Karim Duval à sa découverte l’an passé. L’heure est venue de faire notre mea culpa : bosseur comme pas deux, le seul humoriste sino-franco-marocain du monde est depuis devenu un formidable conteur à double tranchant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Le rêveur Duval

«Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague d’écolier. Encore un de ces stand-uppers communautaires tels que le Jamel Comedy Club en usine à la douzaine chaque semaine ? C'est ce que l'on se demande pendant cinq minutes. Pas plus. Le temps de se rendre compte que chez cet ex-ingénieur à l'arbre généalogique plus ramifié qu'un Dragonnier de Socotra la question des origines, bien qu'abordée dans le respect de la plupart des canons du genre - imitation d'accents, répertoriage de particularismes, sous-texte réconciliateur - ne se résout pas via un humour de repli (mal) camouflé en autocritique, mais avec un sens du récit, une rigueur d'écriture et un souci d'équilibre entre spontanéité et mordant tels qu'ils paraissent inscrits dans son ADN.  La guitare qui le démange Ils le sont peut-être en partie. Car Karim Duval est né au Maroc d'une mère sino-tahitienne et d'un père franco-berbère. Une publicité Benetton à lui tout seul, comme il l'affirme en préambule de Melting Pot', le one-man-show en question. Là

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Un soupçon de magie

SCENES | La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 mars 2014

Un soupçon de magie

La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion de la première, non sans se faire rétamer par sa femme sur le terrain de l'escamotage – tandis qu'il s’entraînait à faire disparaître des foulards, elle s'évanouissait avec son fils. C'est en tout cas ce qu'il raconte sous la plume de l'ubiquiste Jocelyn Flipo dans Copperfield, Harry Potter et Moi, one-man-show vaguement autobiographique où les tours de passe-passe sont autant linguistiques que manuels. Comme chez Éric Antoine ? Plus ou moins, mais sans la coupe "nid de chenilles processionnaires" caractéristique du géant du Val d'Oise. Et sans son assurance. Martinez est en effet encore jeune dans le métier, et cela se sent : bien qu'assez inédit dans le genre (certains appellent ça "l'humorillusionisme" et Maître Capello en fait des triple lutz dans son cercueil) de par sa construction narrative et techniquement bluffant – ingestion de lames de rasoir, mentalisme, recollage d'un canard déchiré, il sait à peu près tout faire –, son spectacle manque pour l'heure de punch, d'équilibre et de naturel, mais

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Tous aux abris !

SCENES | Yann Guillarme donne enfin suite à Merci Jean-François avec un one-man-show doucement mélancolique et furieusement outrancier. Et confirme, si besoin était, qu'il est l'un des comédiens les plus doués de sa génération. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 janvier 2014

Tous aux abris !

Le mois passé, au Boui-Boui, le sémillant Alex Ramirès présentait Alex Ramirès est un grand garçon, one-man-show dans lequel il conjure les angoisses inhérentes au passage à l'âge adulte avec un peu de mauvaise foi, pas mal d'excentricité et beaucoup de tendresse. Jusqu'à la mi-février, au même endroit, Yann Guillarme présente On n'est pas à l'abri d'un succès, one-man-show dans lequel l'ex-Loose Brother (c'est désormais Jonathan Chiche qui donne la réplique à Aurélien Portehaut) et animateur du Smile Comedy Club conjure les angoisses inhérentes à la paternité avec un peu de tendresse (échographie à l'appui), pas mal de mauvaise foi et beaucoup d'excentricité. Coïncidence ? Non, mon capitaine. Parce que la vie est ainsi faite que chaque gain de maturité s'accompagne d'une perte de moral, bien sûr, mais surtout parce que Guillarme et Ramirès ont un temps partagé les mêmes scènes, le premier ouvrant pour le second. D'où émulation. 

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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