Ciao Ré-génération

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Photo : Hansel et Gretel © Mirko Isaia


Initié par Nino D'Introna lorsqu'il fut nommé à la tête du TNG, le festival Ré-génération vivra sa neuvième et dernière édition du 10 au 16 janvier. Avec lui s'évanouit une belle idée : celle de réunir, au moment où l'actualité culturelle redémarre tout juste, des spectacles jeune public produits par nos voisins européens (et québécois), à l'instar du Maduixa Teatro de Valencia, de retour avec Dot, où se croisent danse, vidéo et arts plastiques.

La France ne sera pas en reste avec les circassiens de l'école de Ménival, les Zonzons pour une version guignolesque de Cyrano (créée en 1904 !) ou le très attendu Garçonne d'Elsa Imbert, fable sur l'identité et le genre dans laquelle la huitième fille d'un couple accepte de se faire appeler Simon pour contenter son père.

Enfin, Nino d'Introna profitera de ce chant du cygne pour faire découvrir les "siens", notamment les Merendoni, deux vieux frères marionnettistes qui livreront leur version de Hansel et Gretel, et la Fondazione Teatro Raggzi e Giovani onlus, qu'il a co-dirigée quand il était à Turin. C'est même son comédien fétiche, Cédric Marchal (Yaël Tautavel, Everest), qui clora le festival sur une note de cabaret avec son éxubérant Et pourquoi pas la Lune ?.

Nadja Pobel

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La marionnette sur tous les fronts

Marionnettes | À Gadagne, au TNG, au Théâtre de Guignol, la marionnette est partout à Lyon. Revue de détail avec des projets aboutis ou en cours.

Nadja Pobel | Mardi 14 mars 2017

La marionnette sur tous les fronts

Depuis que la compagnie des Zonzons avait annoncé son départ du théâtre de Guignol, faute de proposition suffisamment solide de leur point de vue en provenance de la mairie, le devenir de cette salle était en suspens. Et surtout Georges Képénékian, 1er adjoint du maire de Lyon, en charge de la culture, se devait de faire contre-feu. C'est fait depuis ce mardi 14 mars où il a souhaité donner « un second souffle » à la marionnette. Rien de bien nouveau in fine sinon la réaffirmation que le TNG (qui présente beaucoup de spectacles avec des marionnettes "modernes") et le musée Gadagne allaient travailler en bonne intelligence, sans moyens supplémentaires dédiés. Ainsi, le musée Gadagne soigne ses collections. Outre le fait qu'il expose l'histoire de la ville de Lyon, il accueille ce qui fut de 1950 jusqu'aux travaux de 1999-2009 le Musée international de la marionnette, devenu le Musée des marionnettes du monde il y a huit ans et qui, dès l

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Guignol et les Zonzons : l'âge de l'émancipation

Théâtre de Guignol | Après 18 ans de bons et loyaux services, la compagnie des Zonzons quitte la direction du Théâtre de Guignol, faute de réponse claire de la mairie quant à son avenir, mais avec des souvenirs et des projets plein les poches.

Nadja Pobel | Mardi 22 novembre 2016

Guignol et les Zonzons : l'âge de l'émancipation

Elle a bon dos la petite marionnette de bois : adulée quand il faut en vendre à la pelle dans les boutiques touristiques, oubliée quand il s'agit de perpétuer son destin derrière un castelet, Gérard Collomb lui-même y étant allergique – élu maire, il fit supprimer les panneaux aux entrées de la ville mentionnant Guignol. Si différents lieux de Lyon en débitent des spectacles au kilomètre, c'est bien le Guignol de Lyon, rue Louis Carrand dans le 5e, qui délivrait son essence même : caustique et fondamentalement ironique, amusant les enfants comme les parents avec différents niveaux de compréhension. Ce travail a été mené à bien par la compagnie des Zonzons depuis 1998, quand elle a été appelée par Denis Trouxe, alors adjoint à la culture de Raymond Barre, pour succéder à Christian Capezzone qui venait de créer un trou d'un million de francs dans le budget. Autre temps ; autres mœurs. "C'est encore très actuel : c'est l'histoire d'un mec qui n'a plus de boulot." Cette équipe venue du théâtre (scénographe, comédien...) s'empare alors de ce mythe lo

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Guignol sur son 31

SCENES | Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont (...)

Nadja Pobel | Mardi 16 décembre 2014

Guignol sur son 31

Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont la réponse : il suffit de célébrer la nouvelle année à une heure décente, dans leur cas en programmant les circassiens de Solvo à 16h et 20h. Bien vous prendrait aussi d’emmener vos gones voir Guignol, le vrai de vrai, celui que Stéphanie Lefort et sa compagnie des Zonzons font revivre avec une vraie écriture comique à plusieurs niveaux de lectures — c'est-à-dire qui ne gâche pas le plaisir des enfants et éveille la curiosité des plus grands, comme dans Crasse paperasse qui évoquait très directement le sort des sans-papiers. Le Palais Bondy où est hébergé leur Théâtre de Guignol étant fermé pour travaux depuis mai 2013 et jusqu’en janvier 2016 — a minima — c’est pertinemment aux Musées Gadagne que leurs spectacles ont lieu depuis septembre. Les Couverts volés et

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Dix incontournables pour 2014/2015

SCENES | Outre les spectacles cités dans notre gros plan et les panoramas lisibles par ailleurs, voici une dizaine de spectacles qui attisent notre curiosité ou réveillent de bons souvenirs. Bien plus, en tout cas, que les deux mastodontes avignonnais un peu fades qui passeront par là, au TNP, "Orlando" d'Olivier Py et "Le Prince de Hombourg" de Giorgio Barberio Corsetti.

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Dix incontournables pour 2014/2015

Phèdre Avec Les Serments indiscrets l’an dernier, Christophe Rauck présentait une version très personnelle, entre suavité et force, de la pièce méconnue de Marivaux. Il s’attaque maintenant au classique de Racine que tous les grands comédiens ont un jour joué dans leur vie, à commencer par Dominique Blanc sous la houlette de Patrice Chéreau. Dans ce casting-ci, on retrouvera la mythique Nada Strancar (dans le rôle de Oenone, nourrice de Phèdre), au milieu d'un décor agrègeant une nouvelle fois les apparats de l’époque Louis XIV à un univers moins propret, aux murs à nu voire lézardés. Rauck se garde de ripoliner les œuvres majeures pour mieux les révéler. Faisons-lui à nouveau confiance. Nadja Pobel Du 8 au 17 octobre aux Célestins  

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Mots et merveilles

SCENES | A travers le portrait croisé d'un maître de cérémonie aussi candide que zinzin, le metteur en scène et comédien Cédric Marchal signe avec Et pourquoi pas la Lune ? l'un des spectacles les plus réussis de la saison. Et synthétise deux décennies d'une carrière sous le signe de l'émerveillement collectif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 20 mai 2014

Mots et merveilles

«Le spectacle vivant l'est parce que vous êtes là pour le lui rappeler». C'est par ce bon mot que Cédric Marchal conclue les représentations d'Oskar & Viktor, le pittoresque duo de juke-boxes de chair et de sang qu'il compose avec François Thollet depuis bientôt quinze ans. C'est sur elle que semble avoir été construit Et pourquoi pas la Lune ?, un seul-en-scène et demi – le marionnettiste Aïtor Sanz Juanes lui "donne la réplique" – qui voit cet artiste à tout faire embrasser d'un geste plein de fantaisie et de virtuosité les obsessions qui le travaillent depuis le début des années 90. A l'époque, Cédric Marchal, né à Strasbourg et aujourd'hui installé à Lyon, est un jeune produit du conservatoire de Chambéry, au sein duquel il trompait l'ennui que lui inspirait l'enseignement. De sa scolarité, il garde toutefois deux souvenirs : celui de ses premiers pas sur une scène, à l'âge de onze ans, dans une adaptation de L'Enfant sauvage de Truffaut ; et celui d'un prof d'arts plastiques autodidacte, qui lui tint un jour ce discours : «tant que tu n'as pas essayé, personne n'a le droit de te dire que tu n'es pas capable». Bonjour chez vous

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Une autre paire de manches

SCENES | Un nouvel instrumentarium, un nouveau répertoire, de nouvelles chemises, mais toujours cette extravagance communicative et ce souci du revivre ensemble : Oskar & Viktor, les Superdupont de la chanson française, sont de retour. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Une autre paire de manches

On avait laissé l'impassible Oskar Aoko et l'agité Viktor Lekrépu, cet étonnant duo qui, au seul moyen d'un accordéon et d'une paire de voix complémentaires (limpide comme celle d'un barde pour celui avec des cheveux, auguste telle celle d'un chanteur de charme pour celui qui n'en a plus), transforme les standards de Johnny Hallyday en poèmes courtois du XVIIIe siècle et met au jour les racines jamaïcaines et tyroliennes de ceux d'Hugues Aufray, dans l'embarras. On le retrouve dans le même état, encore une fois contraint d'improviser un tour de chant dans l'attente du tourbus des Chœurs de l'Armée Rouge, du Philharmonique de Berlin et du Ballet du Bolchoï.  Pour autant, ce n'est pas sur le Je n'ai pas changé de Julio Iglesias que s'ouvre ce deuxième opus, mais sur une relecture façon cri de ralliement soviétique du Rouge de Jean-Jacques Goldman. Signe que Cédric Marchal et François Thollet, le metteur en scène et le musicien qui se cachent sous les chemises bariolées de ces faux ratés, n'ont rien perdu de leur loufoque

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Un fauteuil d'orchestre pour deux

SCENES | "Voici venir les hommes en orange, défenseurs de la francophonie. Voici venir les hommes en orange, ils vous aideront à vous souvenir" (sur l'air de Men in Black). Voici venir, en fait, Oskar & Viktor, improbable duo qui d'un même élan baise les pieds et tire les cheveux de la chanson dite française. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 8 avril 2013

Un fauteuil d'orchestre pour deux

Le petit brun a la coiffure amidonnée et à la mine marmoréenne s'appelle Oskar Aoko. Le grand chauve à l'irrésistible diastème et à la gestuelle impulsive s'appelle lui Viktor Lekrépu. Mais leurs interprètes auraient très bien pu conserver leurs noms civils tant ces personnages, moitiés d'un «demi quatuor accord'vocaléon toujours de mèche et rebelle» d'apparence aussi naze que condescendant, ressemblent à des auto-portraits caricaturaux. Le premier, François Thollet, accordéoniste à la voix d'une sidérante pureté, est le meneur de Bleu, trio folk-rock francophone qui, de digressions instrumentales à la mode Constellation en proses sereines à la Dominique A, s'est fait une place aux Inouïs du Printemps de Bourges l'an passé. Le second, Cédric Marchal, dans le spectacle vivant depuis une vingtaine de piges, s'est fait connaître en tant que comédien élastique chez Nino d'Introna - il tenait le rôle titre du poétique et bouleversant Yaël Tautavel et a sauvé presque à lui seul le plus convenu Everest en février dernier – et via ses propres mis

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Moyenne montagne

SCENES | Nino d’Introna et l’auteur Stéphane Jaubertie, déjà complices sur les brillants Jojo au bord du monde et (surtout) Yaël Tautavel, devaient se retrouver au (...)

Nadja Pobel | Vendredi 8 février 2013

Moyenne montagne

Nino d’Introna et l’auteur Stéphane Jaubertie, déjà complices sur les brillants Jojo au bord du monde et (surtout) Yaël Tautavel, devaient se retrouver au sommet de l’Everest, à 8848 mètres d’altitude, pour sceller leurs retrouvailles artistiques. Le résultat, qui porte précisément le nom du plus haut pic du monde, n’atteint malheureusement pas ces hauteurs fulgurantes. Pourtant, toutes les conditions semblaient réunies, à commencer par un comédien central épatant : Cédric Marchal, déjà vu dans Yaël, qui occupe tout l’espace. Il incarne un enfant qui vient de manger par inadvertance son père devenu aussi petit qu’une cerise. Une fois recraché, celui-ci aspire à grandir en dévorant les principaux ouvrages de la littérature car, dit-il, «la réalité est dans les livres». Le même sort sera ensuite réservé à la mère, entre temps partie avec le voisin antiquaire. En explorant de façon surréaliste voire dadaïste l’enfance livrée à elle-même, la déresponsabilis

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Guignol d’abord

SCENES | Si les discours des hommes politiques s’adressent aux adultes, leurs idées méritent parfois d’être transmises aux enfants. Avec "Crasse paperasse", les Zonzons poussent Guignol à aider des sans-papiers avec — réellement — humanité et cœur dans un spectacle toujours divertissant que ne renierait pas Jean-Luc Mélenchon. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 7 novembre 2012

Guignol d’abord

Lorsqu’en 1996, Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur, décide de faire évacuer par mille policiers (!) l’église Saint-Bernard où avaient trouvé refuge 300 sans-papiers, il affirme – sans rire - que ça se passe avec «humanité et cœur». Quinze ans plus tard, la situation n’a guère changé, les sans-papiers sont indésirables partout et la phrase du ministre pourrait être reprise au premier degré par la troupe des Zonzons. Depuis 1998 en effet, ce collectif s’ingénie à réveiller Guignol, tendre avec les enfants mais toujours aussi indocile avec l’autorité. C’est donc presque naturellement que l’idole des gones se glisse dans ce nouveau récit aux multiples sous-couches dans lequel un couple de Roms est sommé de repartir dans un pays qui ne veut pas de lui et où un enfant est retrouvé abandonné. Luttant contre l’administration trop rigide et des policiers stupides, Guignol tente de redonner place à l’humanité. Retour à l’envoyeur Dans ce spectacle, la dialectique ne serait rien sans un décor soigné et riche de petits accessoires, sans ces marionnettes rendues presque vivantes et sans l’utilisation de la vidéo pour une étourdissante montée des vira

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