Une nouvelle Aire

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 janvier 2015

Photo : Maud le Pladec


Pour la quatrième année consécutive, Les Subsistances rattaquent la saison avec le petit festival Aire de jeu (du 27 au 31 janvier). Une formule originale qui permet tout à la fois de découvrir un compositeur méconnu et des pièces chorégraphiques dansées sur la musique de ce dernier. Après l'avant-gardiste pop Nico Muhly en 2014, auquel nous avions alors consacré notre Une, c'est le Finlandais Kalevi Aho, musicien renouant avec la "belle musique" et l'harmonie, proche parfois des épopées de Dmitri Chostakovitch, qui sera à l'honneur.

Il a inspiré à Maud Le Pladec, habituée de l'événement; Hunted, un rituel performatif sous forme de solo incantatoire ; au collectif lyonnais Loge 22 (à l'origine de l'événement performatif Spider) le trio Rumeur, déclinant l'idée de métamorphose chère à Ovide ; et à l'Australien Adam Linder le duo Vexed Vista, entremêlant voix, danse et décor lunaire et abstrait signé du plasticien Shahryar Nashat. Autant de créations qui seront précédées d'un court concert des étudiants du CNSMD, préambule à un programme dédié à l'Auditorium le 1er février.

Jean-Emmanuel Denave

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Le rythme dans le moi-peau

Le Moi de la Danse | Les Subsistances présentent la deuxième édition du passionnant rendez-vous Le Moi de la Danse : un festival de soli, où le moi se fait dansant, vibrant, changeant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Le rythme dans le moi-peau

Et si, plutôt que de nous figer dans nos peurs et nous réfugier dans l'immobilité, nous inventions un "moi" dansant, plus souple dans son rapport à lui-même et aux autres ? Le chorégraphe Boris Charmatz nous y invite comme, plus largement, ce festival des Subsistances où il est invité : Le Moi de la Danse. Ce festival rassemble des artistes émergents (comme Fouad Nafili) et d'autres plus renommés (Carolyn Carlson) autour de ces questions de l'identité, singulière et plurielle à la fois. Depuis, au moins, l'écrit de l'anthropologue Marcel Mauss, Les techniques du corps, l'on sait les constructions historiques et relatives de nos postures corporelles et de nos façons de nous mouvoir. L'on sait aussi la possibilité

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Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

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Au fil de la performance

SCENES | A l'occasion notamment du festival de danse Spider, consacré pour une part à la performance, on s'interrogera ici sur cette forme artistique revenue sur scène après ses extravagances des années 1960-70. Assagie la performance ? Pas si sûr... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 avril 2014

Au fil de la performance

Tenter de recenser ce qu'a été la performance depuis le début du XXe siècle, c'est être forcé de dresser une liste à la Prévert : les provocations de Dada ou des surréalistes (qui urinaient par exemple sur les passants du haut de l'Arc de Triomphe), les happenings de Alan Kaprow dans les années 1950 impliquant la participation du public, les prises de risque d'un Chris Burden se faisant tirer une balle dans le bras, les danses dans les espaces publics de Anna Halprin ou de Trisha Brown, les concerts déjantés de Fluxus, les rituels sanguinolents des actionnistes viennois, les paires de claques échangées entre Marina Abramovic et Ulay jusqu'à l'insupportable... Derrière ces tribulations hétérogènes qui ont touché les arts plastiques, la danse et, dans une moindre mesure, le théâtre et la musique, on peut toutefois déceler quelques idées communes : faire voler en éclats les codes de la représentation, dissoudre la frontière entre l'artiste et le public, abattre le quatrième mur. La performance naît d'une violence expressive. Elle est encore une mise à l'épreuve du corps qui n'est plus le support d'un "jeu représentatif", mais qui est pris, présenté, violenté dans

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Muhly à tout prix

MUSIQUES | Fidèle à sa tradition d'hommage à un compositeur contemporain par le biais de la danse, Aire de jeu célèbre cette année le volatile New-yorkais Nico Muhly, héritier de Philip Glass autant qu'enfant du rock et du baroque. Une occasion inespérée de faire vraiment connaissance avec un petit prodige aussi omniprésent et omniscient qu'injustement méconnu en France. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 24 janvier 2014

Muhly à tout prix

Entrer dans la carrière musicale, disait en substance Philip Glass dans une interview donnée à son disciple Nico Muhly, c’est comme pénétrer dans une gigantesque salle à manger où toutes les tables, toutes les chaises, seraient déjà occupées et où il faudrait trouver sa place. Plutôt que de perdre son temps à se demander où s'asseoir, Glass conseillait d’installer sa propre table et d’y inviter qui l’on souhaite. Autrement dit créer ses propres règles, ne demander la permission à personne et développer son écosystème autour d'amitiés artistiques. Avant Glass, c’est lui qui le dit, aucun transfuge de la musique savante n’aurait touché à la BO d’un film. «Aujourd’hui, on le fait tous» clame-t-il. Nico Muhly le premier, de cette race de compositeurs qui, ayant installé sa table en plein milieu du paysage musical, rayonne depuis elle, courant d’un convive à l'autre, empilant invités et collaborations et se goinfrant de tout ce qui passe. Il y a en effet mille façons d’arriver à ce compositeur affichant à trente-deux ans et une centaine d'oeuvres au compteur : pour les fans de musique pop, il est le petit génie de l’ombre derrière certaines saillies de Sufjan Stevens

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Livrés frais aux Subsistances

SCENES | Les Subsistances clôturent leur saison avec "Livraisons d’été". Soit une grande guinguette gastronomique et quatre créations singulières et attendues, dans les domaines de la danse et du théâtre. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 juin 2013

Livrés frais aux Subsistances

Pour les musiciens, le "pleurage" consiste à ralentir le son (un disque vinyle de 45 tours qui passe en 33 tours par exemple), l’auditeur pouvant alors avoir l’impression que la musique "pleure". Le "scintillement" renvoie lui à la déformation en accéléré du son. L’auditeur perçoit ainsi une musique qui s’emballe, qui "brille". Pleurage et scintillement, création de l’Association W. aux Subsistances, c’est donc la musique de la vie qui ralentit ou qui accélère. Une idée simple qui suffisait d’ailleurs à un philosophe comme Spinoza, dans son Ethique, à définir une vie, un individu : un rapport de vitesses et de lenteurs, mâtiné de quelques affects tristes ou joyeux… «Deux personnages se rencontrent de manière inattendue. Ils esquissent une sorte de valse des humeurs, sentiments et émotions se déclinent en variations», résume le circassien et danseur Jean-Baptiste André. Créé avec Julia Christ (qui a le même parcours que lui, entre danse et cirque, mais avec une culture plus allemande), ce premier duo s’inspire directement de l’œuvre du photographe expressionniste suédois Anders Petersen.

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Dissoudre les certitudes

SCENES | La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 27 janvier 2013

Dissoudre les certitudes

La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée sur le plateau. Après David Lang en 2012, c’est sa compatriote américaine Julia Wofe qui est conviée pour cette deuxième édition du festival. Deux compositeurs très proches puisqu’ils ont cofondé avec Michael Gordon le collectif new-yorkais de musique contemporaine Bang on the Can. S’inscrivant dans le courant de la musique minimaliste ou répétitive (Philip Glass au premier chef), Julia Wolfe donne corps et chaleur à ses compositions en puisant aussi dans l’énergie rock. Une énergie qui a inspiré Maud Le Pladec (déjà présente pour Aire de Jeu 2012) qui lancera six danseurs sur Dark Full Ride, morceau pour quatre percussionnistes, avec «l’envie de travailler sur la démocratie, pas la démocratie réduite à son cadre politique. La démocratie "insurgente" qui œuvre pour la dissolution des certitudes». Autre femme forte invitée : l’artiste portugaise touche-à-tout Tânia Carvalho qui s’emparera d’une pièce pour cornemuse de Julia Wolfe, avec trois danseurs et «des intensités du corps, des rythmes, des pause

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