Un sacré printemps de danse

SCENES | Sens dessus dessous, Week-end sur mars, Chaos danse : trois festivals, trois occasions de faire le plein de découvertes chorégraphiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

Photo : Chloé Moglia (c) P. Gérard


C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d'œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril).

Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse.

Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l'œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital.

Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence sur la propriété intellectuelle et que deux artistes venus du cirque, le jongleur Clément Dazin et l'acrobate Chloé Moglia, présenteront chacun une pièce courte.

Du côté des Subsistances, le Week-end sur mars reprend la formule bien rodée de quatre soirées et journées festives et hétéroclites, enchaînant des créations tous azimuts (dont des spectacles pour les enfants et un concert gratuit de Mazalda & Cheb Lakhdar).

Parmi elles, on retiendra par exemple la plongée incongrue de la chorégraphe Raphaëlle Delaunay parmi les codes de la chaconne, danse baroque du XVIIe siècle ; le nouveau spectacle des voltigeurs de la compagnie Virevolt ; et la prometteuse performance de l'inclassable Jeanne Mordoj qui, dans Le Poème, grand format, campera un personnage féminin aux frontières de l'humanité et de l'animalité.

Autre festival de découvertes à ne pas manquer en ce début de printemps : la 13e édition de Chaos Danse, qui réunit une petite dizaine de compagnies. Parmi elles, de très bonnes compagnies universitaires comme la Section Danse Etudes de l'INSA ou le jeune ballet du CNSMD, qui reprennent des pièces signées Maguy Marin, Maurice Béjart, Emmanuel Gat... Et aussi des plus aguerries, comme le Collectif Es et son spectacle au titre imprononçable, Hippopotomonstrosesquippedaliophobie, primé au concours Reconnaissance 2014, ou la compagnie Contrepoint de Yan Raballand. Chorégraphe délicat et précis, ce dernier présente sa nouvelle création Sens, transcription dansée de La promenade dans nos serres du poète Francis Ponge.

Jean-Emmanuel Denave

La Maison sens dessus dessous
A la Maison de la danse jusqu'au au dimanche 29 mars

Week-end sur mars
Aux Subsistances du jeudi 26 au dimanche 29 mars

Chaos danse
Au Théâtre Astrée du 27 mars au 9 avril

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Villeurbanne : des Invites au zénith

Arts de la Rue | Ces Invites retrouvées (du mercredi 15 au samedi 18 septembre à Villeurbanne) sont d’une densité folle. Et d’une qualité remarquable. Gratuit, as usual pour ce festival des arts de la rue.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Villeurbanne : des Invites au zénith

Il y a les concerts, bien sûr, et c’est plus que jamais un événement étant donné le contexte. Avec la bossanova de Flavia Coelho, le blues créole de Delgres, la sono mondiale de Natacha Atlas, le classique si joyeux du Quatuor Debussy (oui ceux qui accompagnaient Valérie Dréville en Tirésias cet été aux Nuits de Fourvière). Et il y a les arts de la rue, partout dans la ville à l’image du géant Tchangara, marionnette de neuf mètres de hauteur, venue de Côte d’Ivoire et quasi mascotte de cette future Capitale française de la culture en 2022 qu'est Villeurbanne. Il faudrait revoir aussi Zora Snake et son spectacle rageur sur le parcours d’un jeune migrant, Transfrontalier. Sur ce même thème et d’une teneur tout aussi colérique, Continent, la dernière création des locaux du KompleXKapharnaüM est de la dentelle où son et lumière s’entremêlent au texte et la diction puissante de Stéphane Bonnard, qui raconte 18 mois passés avec Nour, Mohamed et 300 autres dans un squat à Lyon. « Ce qui arrive est si gros que ça ne tient pas dans les mots » nous dit-il dans

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Flip et flippés

Cirque | Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes (...)

Nadja Pobel | Mardi 30 avril 2019

Flip et flippés

Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes se mouvoir avec attention et agilité. Qui sont-ils ? Leurs trapèzes encore enroulés à la structure métallique sont leur langage, celui avec lequel ils vont devenir une tribu à laquelle nous convie Aurélie La Sala, ancienne boxeuse, circassienne qui a repris seule la compagnie Virevolt fondée avec Aurélien Cuvelier. Sans numéro d’épate, au sol, dans les airs, amassés sur un cube à 80 cm du sol comme si une mer menaçante allait les aspirer, les acrobates signent un spectacle bouleversant sur ce qu’il nous reste de liberté, la capacité et/ou la nécessité d’être seul ou plusieurs, comment on se débat avec les contraintes extérieures et nos urgences intérieures. À voir au Théâtre de Villefranche le samedi 4 mai à 17h.

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Printemps en orbite aux Subsistances

Week-end sur mars | C'est un week-end sur Mars qui ressemble tant aux Subsistances : des spectacles expérimentaux mais qui promettent d'être accessibles, des ateliers gratuits, et des tarifs défiants toute concurrence (pas plus de 10€). Et si le printemps commençait sur les bords de Saône ?

Nadja Pobel | Mardi 20 mars 2018

Printemps en orbite aux Subsistances

À la croisée des arts, le week-end sur Mars des Subs est un condensé de curiosité. Parce qu'il réunit l'autrice Pauline Peyrade, la circassienne spécialiste du main-à-main Justine Berthillot vue dans Noos notamment au festival UtoPistes et l'acteur (sorti du Cons' supérieur de Paris s’il vous plaît), auteur et musicien Antoine Herniotte. Dirigé plusieurs fois par Laurent Brethome pour qui il avait aussi ré-écrit le très juste Riquet, cet artiste complet aime emprunter des chemins de traverse et présente ici la première de Poings, ce texte dont Pauline Peyrade parle comme d'un « espace mental », sombre (le sujet du viol est là) mais avec des objets du quotidien et un solo de roller... Quand on vous dit que de nouvelles formes s'inventent en permanence. Les Divins animaux, qui depuis dix ans ont été initié par ce jeune comédien sorti du cours Florent, Florian Pautasso, explorent ce qu'avoir un objectif veut dire et questionne cette société qui intime à chacun d'en avoir un. Sa troupe, dans une maison (le spectacle s'intitule Notre foyer

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Babel heureuse

SCENES | Á l'initiative de la Maison de la Danse, Babel 8.3 invite des habitants des 8e et 3e arrondissements à se familiariser avec les univers d'une dizaine de chorégraphes. Coup de projecteur sur un projet innovant qui cultive à la fois proximité et excellence. Valentine Martin

Valentine Martin | Mardi 26 mai 2015

Babel heureuse

Dans la mythologie biblique, la tour de Babel était une construction des hommes dont le sommet devait atteindre les cieux. Un projet jugé trop vaniteux par Dieu, qui décida alors de les punir en attribuant à chacun d'entre eux des langages différents. Ainsi les hommes se brouillèrent, avant de se disperser dans le monde. Aujourd'hui, la Maison de la danse tente une réunification, sous la forme d'un grand spectacle orchestré par sa directrice Dominique Hervieu, Babel 8.3, qui a vu 17 groupes d'habitants des 8e et 3e arrondissements apprendre un nouveau langage commun : celui du corps. Cet événement est né d'un désir : celui de mener un travail de proximité avec les habitants de quartiers dit sensibles. Des gens qui, pour certains, n'ont jamais mis les pieds dans cette institution du geste et sont en grande partie des amateurs. En tout, ce sont près de 250 volontaires qui se sont lancés dans cette aventure de longue haleine – débutée en septembre 2014, elle débouche cette semaine sur trois représentations – qui entend concilier haut niveau technique et respect de la diversité des cultures et individualités de chacun.

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Danses folklo

SCENES | Chaque société a les danses rituelles qu'elle mérite. Dans sa dernière création, le chorégraphe Denis Plassard invente les nôtres avec légèreté et cocasserie. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 janvier 2015

Danses folklo

«Depuis une vingtaine d'années, je voue une grande passion pour les danses folkloriques contemporaines. J'ai effectué beaucoup de recherches, voyagé à travers le monde à ce sujet, et la pièce que vous allez découvrir en est un résumé. Pour l'anecdote, cette passion est née lorsque, jeune danseur, j'étais en tournée en Normandie. Réveillé à deux heures du matin à mon hôtel, j'ai découvert dans la salle des petits-déjeuners un groupe de VRP dansant la Vrpe...» En anthropologue aussi décontracté que farfelu, le chorégraphe Denis Plassard ouvre ainsi, en bord de scène, une série de conférences dansées sur de singuliers rituels dansés qu'il aurait, soi-disant, observés ici et là : auprès d'une population indigène de VRP donc, mais aussi dans un cabinet de psychologue pour thérapie de couple, sur Internet, parmi des activistes intervenant dans les espaces publics, au sein d'un cénacle de femmes haut placées s'exerçant à prendre la parole avant une réunion comme les All Blacks se motivent avec le haka avant de se saisir d'un ballon de rugby... Chaque speech "scientifique" du chorégraphe-conférencier est suivi d'une courte démonstration par six très bons danseurs de sa compagni

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La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Comment ça marche ?

SCENES | Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Comment ça marche ?

Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des obstacles qui pourraient les freiner. Aurélie et Martin Cuvelier, qui se sont rencontrés à l’école de cirque de Chambéry, et leurs deux acolytes de la bien nommée compagnie Virevolt livrent une belle métaphore de l’existence dans un spectacle d’une heure au cours duquel ils ne lâchent rien. Quand ils n’exécutent pas des acrobaties de haute voltige, ils reviennent humblement au sol, courent, trottinent ou rampent et parviennent ainsi à ne pas transformer leur travail en performance. Des marches (vendredi 4 mai au Théâtre Jean Marais à Saint-Fons puis à l’Atrium à Tassin le 12 mai) se fait aussi suave quand les corps s’effleurent ou drôle quand le quatuor signe un bal de pieds et de mains. Et le clou du spectacle est au salut final. Suspens… Nadja Pobel

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Chaos toujours debout

SCENES | Pour la dixième année consécutive, sous la houlette de Françoise Maimone, le Festival Chaos danse (du 13 au 30 mars au Théâtre Astrée à l'Université Lyon 1) propose (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 mars 2012

Chaos toujours debout

Pour la dixième année consécutive, sous la houlette de Françoise Maimone, le Festival Chaos danse (du 13 au 30 mars au Théâtre Astrée à l'Université Lyon 1) propose de nous faire découvrir de jeunes compagnies ou des compagnies déjà confirmées, de Lyon ou d'ailleurs. Cette édition anniversaire rendra notamment hommage au chorégraphe Dominique Bagouet (1951-1992), artiste de la fragilité et des frontières incertaines entre l'émotion et l'humour des mouvements d'automates, à travers des lectures, des témoignages d'un danseur ayant travaillé avec Bagouet, et des projections vidéo de spectacles... On pourra y découvrir aussi la création récente et pluridisciplinaire de Denis Plassard (Encore quelques illusions) autour du monde de la magie et de ses codes, une pièce de Trisha Brown par le ballet du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD), une création de la compagnie stéphanoise PARC à partir d'une matière corporelle la plus «brute» possible, et plusieurs pièces du jeune et talentueux Yann Rabaland à la gestuelle si délicate et attentive à la composition musicale... Au total, huit soirées seront proposées par ce festival to

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La danse, de Lyon à Cuba

SCENES | Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

La danse, de Lyon à Cuba

Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du Terrier de Kafka. Sa prochaine création, Encore quelques illusions (les 26 et 27 janvier au Théâtre de Vénissieux, le 15 mars au Théâtre Astrée dans le cadre du festival Chaos Danse), jouera avec les codes, les techniques et l'esthétique des spectacles de magie. Autre Lyonnais à suivre : le tout nouveau directeur du CCN de Rillieux-la-Pape, Yuval Pick, s'essaiera (ainsi que les chorégraphes Maud Le Pladec et Andros Zins-Browne) à une création sur l'une des œuvres du compositeur américain contemporain David Lang (Aire de jeu aux Subsistances du 2 au 7 février). Maguy Marin quant à elle reprend sa pièce fulgurante et plongée quasi continuellement dans l'obscurité, Salves, du 3 au 5 avril au Toboggan. Du côté de la Maison de la danse, on notera la première venue à Lyon de deux grandes compagnies contemporaines d'outre Atlantique : le Cedar Lake Contemporary Ballet de New York (du 31 janvier au 5 février) avec une pièce du turbulent Hofesh Schechter et une autre de Crystal Pite, et le Danza Contemp

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Ovni scénique

SCENES | Quelqu’un qui se définit comme "scientophile", "artophile" et "ludopathe" ne peut pas être foncièrement mauvais. La preuve avec Antoine Defoort, mathématicien et plasticien de formation qui déstabilise avec un détachement presque insolent les arts de la scène. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Ovni scénique

Antoine Defoort vient du monde de l’art contemporain. Plus qu’un détail, une clé pour appréhender son univers pourtant non-hermétique et non ultra-référencé. Car notre homme fait partie de cette jeune génération d’artistes décomplexés par rapport aux arts de la scène, qui dynamitent et réinventent les codes en vigueur avec une ingénuité et une nonchalance déconcertantes. «Au cours de mes études, je me suis progressivement rendu compte que la performance d’art contemporain était le contenant idéal pour stocker toutes sortes de contenus hétéroclites, et ça tombait bien puisque l’"hétéroclicité" était un de mes dadas», écrit-il en guise de présentation. Sorte de compilation de ses performances antérieures (plus quelques-unes créées pour l’occasion), Indigence = Élégance, présentée début juin à la Maison de la danse (à Lyon) et repris au début de l’été au festival de l’Arpenteur, n’est pas un spectacle à proprement parler. Pas d’histoire ou de schéma narratif auxquels se raccrocher. On a plutôt l’impression d’assister à une conférence dont on ne saisirait pas directement les tenants et les aboutissants, et c’est absolument jouissif. Faux candidePrenant ainsi le recul nécess

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Kafka sur scène

SCENES | Avec peu de moyens, le chorégraphe Denis Plassard et la comédienne Natalie Boyer parviennent à donner vie au "Terrier" de Kafka à travers un mélange de théâtre et de danse saisissant et d'une grande intelligence. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 janvier 2010

Kafka sur scène

À nos yeux, Kafka est un grand chorégraphe. Non pas parce qu'il ferait danser les mots : l'écrivain n'est pas un grand styliste à la Proust (longue valse de la phrase) ou à la Céline (pogo exclamatif), et développe plutôt une littérature dite «mineure». Mais parce que ça danse dans sa tête et que ses textes ne cessent de faire «danser» le sens, de le mettre en mouvement, nous entraînant par petits gestes répétitifs et bifurcations inattendues dans des mondes aux significations inouïes et ambiguës. Dans sa préface aux "Cahiers in-octavo" récemment parus, Pierre Deshusses écrit : «de petits déplacements en petits déplacements, on quitte un monde connu et bien délimité pour arriver insensiblement dans un autre univers qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais qui est pourtant totalement différent». Le chorégraphe et le danseur créent pareillement des lignes de fuite, un mouvement des formes, ouvrant au vent des postures et des intensités corporelles les pages figées du signifiant. Dans un texte magnifique (intitulé simplement "Franz Kafka"), dix ans après la mort de Kafka, Walter Benjamin constate déjà que «l'œuvre entière de Kafka est un catalogue de gestes qui, pour l'auteur,

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«Ne pas séparer le texte de la danse»

SCENES | Entretien / Denis Plassard, chorégraphe et metteur en scène du "Terrier", créé en 1998 et repris au théâtre Le Point du Jour. Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 janvier 2010

«Ne pas séparer le texte de la danse»

Petit Bulletin : D'où est né ce désir d'adapter le Terrier de Kafka ?Denis Plassard : Ce texte m'a intéressé pour son côté monologue obsessionnel, métaphore d'un enfermement intérieur, et son mélange de quelque chose de très concret et de très abstrait. Les réflexions du narrateur relèvent même parfois de la stratégie militaire. De plus, le Terrier ne relève pas de la représentation : on ne sait jamais de quel animal il s'agit ni de quelle taille il est, d'où une ouverture de ce texte mental assez fascinante. Dès le départ, je ne voulais pas représenter d'animal, mais rester dans une certaine abstraction et liberté de représentation. C'est un texte traversé par la peur...La peur ici se rapporte à quelque chose qu'on ne connaît pas, qui ne peut être nommé, c'est une peur irrationnelle. Et cette peur-là me fait penser à quelque chose de très contemporain : les gens qui s'angoissent de ce qui se passe dans les banlieues alors qu'ils n'y ont jamais mis les pieds, les peurs un peu théoriques de l'après 11 septembre... On vit dans un monde qui se nourrit de ce type de peur. Vous avez dédoublé l'animal narrateur...Oui, c'est un parti

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