L'humour extra large de Greg Romano

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Traditionnellement, le stand-up consiste à habiller d'oripeaux pas piqués des vers des situations tout ce qu'il y a de plus triviales : session shopping, rencard, trajet en métro, réunion de travail et tutti quanti.

Greg Romano est un cas particulier : sa vie est si extraordinairement merdique (crise de tétanie au moment de son dépucelage, refus malgré lui d'un rôle clef dans Bref, carrière de DJ cantonnée aux clubs libertins...) qu'il n'a qu'à se pencher dessus pour trouver l'inspiration. Au risque de s'effondrer tel un frêne fraîchement tronçonné...

Car Romano est un beau bébé zézayant d'1m93 pour 115 kilos, qui plus est atteint du syndrome de Marfan, une maladie génétique provoquant une élasticité excessive et potentiellement mortelle des tissus conjonctifs – «pour les fans de Street Fighter, c'est comme si j'avais les pouvoirs de Dhalsim, le corps de Honda et la tête de Zangief» résume-t-il avec cet à-propos geek caractéristique du webcollectif Golden Moustache, auquel il appartient.

Des ennuis dont cet homme de radio niçois narre depuis quatre ans les implications intimes et sociales avec une résignation d'une joyeuseté assez désarmante. Pas étonnant qu'il s'entende si bien avec Vérino, dont il a co-écrit nombre de sketchs du temps de sa gloire ruquieresque. Encore moins que Roger Federer figure au sommet de son panthéon personnel. Oui, ce critère de qualité est totalement arbitraire. Mais la vie est ainsi faite, et Romano trouve les vannes justes pour le dire.

Benjamin Mialot

Greg Romano
A l'Espace Gerson du mercredi 22 au samedi 25 avril


Greg Romano

"Lève-toi et tombe"
Espace Gerson 1 place Gerson Lyon 5e
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«En prison, pour pouvoir apprécier le bon côté de la vie, il faut parfois savoir fermer les yeux». La maxime est d'Antoine Schoumsky et elle résonne idéalement avec l'ambition avouée de cet habitué des formats courts – il a notamment fait quelques panouilles pour Groland et est membre du collectif web Golden Moustache : ouvrir les nôtres en grand sur ce pur espace de fiction et catalyseur de maux (racisme, solitude, domination) qu'est le milieu carcéral, le long d'Au parloir, un seul en scène aussi cru que vraisemblable. En cela, c'est-à-dire dans cette capacité, par le biais d'une situation de départ astucieuse – il interprète un pauvre type qu'un irrépressible désir de célébrité a conduit à enfreindre la loi et qui espère obtenir un allègement de peine en suivant un stage de réinsertion par l'humour – et d'une écriture plus soutenue que la moyenne, à provoquer la réflexion autant que l'hilarité, il peut être rapproché de Cédric Chartier – qu'il a d'ailleurs précédé sur la scène de l'Espace Gerson en mars. A u

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