Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras".

7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling – associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation.

Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur.

Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui devrait en mettre plein les yeux et autant dans les narines.

Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeune compagnie brésilienne Na Esquina, qui donne dans la voltige à l'air libre, avec les performers belges de Het Kips & Kopergietery, qui déboulonnent les clichés de la masculinité avec force atemi et crachats de bière, et avec la compagnie 32 Novembre, un duo d'illusionnistes aux très prometteuses ambitions plastiques et narratives.

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"Pan-Pot", c’est de la balle !

SCENES | Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle contemporain. Sauf que Le Petit Travers (collectif lyonnais d’auteurs, jongleurs, danseurs, musiciens et comédiens venus d’horizons divers) transcende ce postulat initial, y adjoignant de la poésie et du burlesque, pour un résultat inattendu et surprenant où le plaisir des sens est roi et l’imaginaire fait office de foi. Dans une scénographie épurée savamment étudiée (très belle création lumière), Nicolas Mathis, Julien Clément et Denis Fargeton, tout de noir vêtus, donnent à ce point vie à leurs balles qu'elles deviennent les véritables interprètes du spectacle : elles dansent les unes avec les autres, glissant contre un corps, s’entrechoquant ici et là, bondissant sauvagement, chutant soudainement, s’évaporant en un clin d’œil. Une chorégraphie de l’aléatoire en somme, même si l’ensemble apparaît solidement maîtrisé. Et c’est bien ce qui séduit dans ce Pan-pot ou modérément chantant créé en 2009 : cette constructi

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Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

SCENES | Avec "Psy", "Traces" et "Séquence 8", le collectif canadien des 7 Doigts de la Main nous avait habitué au meilleur. Avec "Cuisine et confessions", présenté à la Maison de la Danse pour les Nuits de Fourvière, il signe un spectacle tout en auto-satisfaction et en démagogie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 29 juin 2015

Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

Un décor de cuisine monumental à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre des spectateurs qui s’installent pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 Doigts de la Main savent recevoir et allécher. Sauf que ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus, au point que le spectacle semble ne jamais commencer, nonobstant quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques. D’emblée, Cuisine et confessions manque cruellement de rythme – et cela se vérifiera sur ses 90 minutes – un comble pour des circassiens, par ailleurs de très haut niveau (ah ! leur maîtrise du mât chinois...). De là, les 7 Doigts de la Main se laissent prendre au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant fréquemment sur scène, comme s’ils ne pouvaient convaincre par leur seul talent, allant jusqu'à se planquer tandis que trois spectateurs meublent la scène. Dans cet aveu de faiblesse, ce n’est pas tant l’embarras des cobayes qui met mal à l'aise que la limpide démission des artistes. Se (faire) rouler dans la farine Autre facilit

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Joyeux bordels

«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro. Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe

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L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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Jeu, set et Smashed

SCENES | Dans Smashed, neuf jongleurs rendent hommage à Pina Bausch avec des pommes et mettent en compote les idées reçues sur leur discipline. Un spectacle d'un raffinement et d'une fluidité impressionnants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 6 décembre 2013

Jeu, set et Smashed

Elle a poussé l'humanité à commettre son premier crime de lèse-déité, inspiré à Newton la loi de la Gravitation universelle et à Magritte son tableau le plus fameux, permis à Chirac de remporter l'élection présidentielle de 1995 et à Steve Jobs de faire prospérer sa secte... Y a pas à dire, la pomme est le fruit le plus influent de la Création. Cette assertion, le Gandini Juggling, troupe londonienne qui depuis le début des années 90 repousse les limites esthétiques et techniques de la jonglerie, lui donne encore un peu plus de crédit avec Smashed. Et pour cause : ce spectacle, l'un de ses plus emblématiques (créé en 2011, il a déjà été joué plus de deux cents fois) se présente comme une transposition de la danse-théâtre, approche expressionniste du geste que la chorégraphe allemande Pina Bausch popularisa dans les années 70, en jonglage-théâtre, et repose, à un service à thé et une rangée de chaises près, uniquement sur le lancer et la passation de pommes. Voire sur leur escamotage.  Les casseurs jongleurs Les neufs interprètes de Smashed font en effet montre d'une telle adresse que leurs manipulations confinent parfois à la prestidigitation.

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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