Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

Benjamin Mialot | Mardi 5 janvier 2016

«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote.

Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au 20 février), les très chics Cécile Giroud et Yann Stotz (24 février au 5 mars)... Et Dominic Palandri, pour un troisième run de son huis clos métaphysique New York Paradis (20 au 30 avril).

Le reste des local heroes se partagera entre le Complexe, avec le magicien au cœur tendre François Martinez (24 février), et les Tontons Flingueurs, dans le cas du violoniste sorti du placard Jefferey Jordan (9 janvier) – la bande de migrants à lui tout seul Karim Duval terminant le 23 janvier chez l'un pour reprendre le 6 février chez l'autre.

Enfin, en ce qui concerne les "grands professionnels", comme on dit quand on ne veut pas trop se mouiller, c'est une fois n'est pas coutume au Radiant qu'ils se feront remarquer – à l'exception de Pascal Légitimus, Kyan Kojhandi et Fred Testot qui présenteront leurs derniers spectacles respectivement à la Comédie Odéon du 25 au 27 janvier, au Complexe du 17 au 20 février et à Gerson du 11 au 14 mai. Ainsi, entre autres, d'Anne Roumanoff (30 janvier), d'Élie Simoun (3 février) et de Sophia Aram (11 mai).

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Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Café-Théâtre | Avec l'air de ne pas y toucher, entre flegme surjoué et formules qui font mouche, Aymeric Lompret signe un one-man acide.

Nadja Pobel | Mardi 29 août 2017

Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Une chanson guillerette, mais qui prédit la fin du monde (Gérard Palaprat dans les enceintes) sert d'entame à un spectacle qui ne contient pas un brin d'optimisme. Aymeric Lompret n'est pas là pour ça. Ça va être long, nous dit-il. Il va falloir pour lui et pour nous tenir une heure. Et de décompter au fur et à mesure ce qu'il lui reste... Voilà pour l'ambiance. Il est déprimé, largué de son boulot et par sa copine, et cuve une dépression, bière et vodka à la main, fustigeant au passage de façon un peu facile les psys qui ne sont tout juste bon qu'à vous piquer 50 balles. Un thème déjà développé au sein de l'un de ses plus de trente passages dans le sacro-saint télé-crochet de Ruquier, On ne demande qu'à en rire, où il officia entre 2013 et 2015. Il en recycle d'autres dans ce spectacle, qui malgré une absence claire de colonne vertébrale tient assez solidement la route. « Aymeric, Ayyymeric, Aymeriiiiiccccc ! » C'est quand il dézingue en trois-quatre mots, nous épargnant des discours convenus et professoraux sur la société, qu'il est le plus convaincant. Parce que (véritable conviction plutôt qu'effet de style)

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Paroles de réfugiés

Conférence | Des réfugiés racontent leur parcours créatif.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Paroles de réfugiés

Une soirée pour découvrir le parcours de huit personnes réfugiées mais avant tout pleines de projets. Rwandais, syriens, bangladais, français, gabonais, et afghan, ils ont décidé de monter leur association, leur entreprise, de reprendre leurs études... Sur le format d'une conférence TED, ils présenteront leurs parcours atypiques. L'humoriste Karim Duval animera la soirée.

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Au café-théâtre cet été

SCENES | Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Au café-théâtre cet été

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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L'humour extra large de Greg Romano

SCENES | Traditionnellement, le stand-up consiste à habiller d'oripeaux pas piqués des vers des situations tout ce qu'il y a de plus triviales : session (...)

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

L'humour extra large de Greg Romano

Traditionnellement, le stand-up consiste à habiller d'oripeaux pas piqués des vers des situations tout ce qu'il y a de plus triviales : session shopping, rencard, trajet en métro, réunion de travail et tutti quanti. Greg Romano est un cas particulier : sa vie est si extraordinairement merdique (crise de tétanie au moment de son dépucelage, refus malgré lui d'un rôle clef dans Bref, carrière de DJ cantonnée aux clubs libertins...) qu'il n'a qu'à se pencher dessus pour trouver l'inspiration. Au risque de s'effondrer tel un frêne fraîchement tronçonné... Car Romano est un beau bébé zézayant d'1m93 pour 115 kilos, qui plus est atteint du syndrome de Marfan, une maladie génétique provoquant une élasticité excessive et potentiellement mortelle des tissus conjonctifs – «pour les fans de Street Fighter, c'est comme si j'avais les pouvoirs de Dhalsim, le corps de Honda et la tête de Zangief» résume-t-il avec cet à-propos geek caractéristique du webcollectif Golden Moustache, auquel il appartient. Des ennuis dont cet homme de radio niçois narre depuis quatre ans les implications intimes et sociales avec une résignation d'un

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Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Souriez, c'est l'été

SCENES | Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Souriez, c'est l'été

Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais. Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon. Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pier

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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Gays gone wild

SCENES | On peut rire de tout, du moment qu'on le fait en bonne compagnie, dit l'aphorisme desprogien – équivalent pour les blagueurs visés par des procès en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gays gone wild

On peut rire de tout, du moment qu'on le fait en bonne compagnie, dit l'aphorisme desprogien – équivalent pour les blagueurs visés par des procès en sorcellerie de la fameuse «défense Chewbacca» de South Park. On ne se prononcera pas sur la qualité du public qui se pressera du 2 au 4 juin au Comic Out, le festival aux couleurs du drapeau arc-en-ciel de la Comédie Odéon. Sur scène en tout cas, ne se succéderont que des jeunes gens fréquentables, à commencer par Jefferey Jordan, le temps d'une reprise du prometteur one-man-show dans lequel il raconte, indistinctement et avec autant de fantaisie que de sensibilité, son homosexualité et sa passion du violon. Il sera pour l'occasion bien entouré par la «fille noire, humoriste, rasta, homosexuelle» (et énergique stand-upper) Shirley Souagnon et l'ex-mannequin Sony Chan, sorte de Karim Duval transgenre dont les chroniques faussement superficielles prolongent considérablement l'espérance de vie des invités d'André Manoukian sur France Inter. Également au programme : la nouvelle pièce de Réda Chéraitia et une curiosi

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Le rêveur Duval

SCENES | «Gnangnan». C’est en ce terme que nous qualifiâmes le spectacle de Karim Duval à sa découverte l’an passé. L’heure est venue de faire notre mea culpa : bosseur comme pas deux, le seul humoriste sino-franco-marocain du monde est depuis devenu un formidable conteur à double tranchant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Le rêveur Duval

«Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague d’écolier. Encore un de ces stand-uppers communautaires tels que le Jamel Comedy Club en usine à la douzaine chaque semaine ? C'est ce que l'on se demande pendant cinq minutes. Pas plus. Le temps de se rendre compte que chez cet ex-ingénieur à l'arbre généalogique plus ramifié qu'un Dragonnier de Socotra la question des origines, bien qu'abordée dans le respect de la plupart des canons du genre - imitation d'accents, répertoriage de particularismes, sous-texte réconciliateur - ne se résout pas via un humour de repli (mal) camouflé en autocritique, mais avec un sens du récit, une rigueur d'écriture et un souci d'équilibre entre spontanéité et mordant tels qu'ils paraissent inscrits dans son ADN.  La guitare qui le démange Ils le sont peut-être en partie. Car Karim Duval est né au Maroc d'une mère sino-tahitienne et d'un père franco-berbère. Une publicité Benetton à lui tout seul, comme il l'affirme en préambule de Melting Pot', le one-man-show en question. Là

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Un soupçon de magie

SCENES | La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 mars 2014

Un soupçon de magie

La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion de la première, non sans se faire rétamer par sa femme sur le terrain de l'escamotage – tandis qu'il s’entraînait à faire disparaître des foulards, elle s'évanouissait avec son fils. C'est en tout cas ce qu'il raconte sous la plume de l'ubiquiste Jocelyn Flipo dans Copperfield, Harry Potter et Moi, one-man-show vaguement autobiographique où les tours de passe-passe sont autant linguistiques que manuels. Comme chez Éric Antoine ? Plus ou moins, mais sans la coupe "nid de chenilles processionnaires" caractéristique du géant du Val d'Oise. Et sans son assurance. Martinez est en effet encore jeune dans le métier, et cela se sent : bien qu'assez inédit dans le genre (certains appellent ça "l'humorillusionisme" et Maître Capello en fait des triple lutz dans son cercueil) de par sa construction narrative et techniquement bluffant – ingestion de lames de rasoir, mentalisme, recollage d'un canard déchiré, il sait à peu près tout faire –, son spectacle manque pour l'heure de punch, d'équilibre et de naturel, mais

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Les Trois frères - Le retour

ECRANS | De et avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus (Fr, 1h46)

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

Les Trois frères - Le retour

«Ça va pas recommencer», maugrée Pascal Légitimus, au moment où ses demi-frangins s'apprêtent à torpiller la petite vie de gigolo servile qu'il mène auprès d'une riche rombière aux goûts à peine moins criards que ceux de Liberace. Eh si, ça recommence : dix-neuf ans après le film qui acheva de faire d'eux des piliers (de comptoir ?) du rire à la française, Les Inconnus, comme Le Splendid avant eux, cèdent à la tentation de "la suite de trop". Et c'est comme si le temps s'était arrêté entre les deux épisodes. Campan est toujours un paumé plein de bons sentiments (stand-upper sans talent, il crèche dans un airstream), Bourdon un beauf sans ambition (maqué à une caricature de vieille fille, il prétend enseigner alors qu'il gère un sex shop en ligne), Légitimus un flambeur mythomane. Bref, trois losers désargentés et en délicatesse les uns avec les autres qu'un reliquat d'héritage va contraindre à réévaluer le sens du mot "famille". Sauf que cette fois, il s'agit d'une dette, renversement prétexte à un déroulé d'une absolue fainéantise : de l'irruption d'une fille cachée à un bad trip sous MDMA en passant par les jeux de mot corporatistes (l'avocat

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Une classe folle

SCENES | Jeune, beau, drôle, Jefferey Jordan a tout pour plaire. Seulement voilà, il est violoniste. Et gay. Une double peine dont il a tiré un one-man-show assez ravageur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 28 octobre 2013

Une classe folle

Samedi 28 septembre, sur la scène de la salle Rameau, en clôture du festival de l'Espace Gerson et du tremplin qui en a constitué le fil rouge, furent décernés trois prix. Un prix du public, un prix des professionnels, et un prix de la presse. Le premier est allé à Daniel Camus, grand gaillard qui compense un criant manque d'inspiration par une générosité scénique de tous les instants. Le deuxième aussi. Quant à celui de la presse, il a été attribué, à notre sens (et pour cause : Le Petit Bulletin a eu son mot à dire), à un comique beaucoup plus prometteur : Jefferey Jordan. Aucun rapport avec le fils d'un célèbre basketteur si ce n'est que, comme lui, ce jeune Lyonnais ne manque pas d'air. Il ne manque pas non plus d'esprit, d'affabilité et d'ambition, entre autres qualités sur lesquelles rassure Jefferey Jordan s'affole !, le spectacle qu'il présente en ce moment aux Tontons Flingueurs.   Plus d'une corde à son archet Rassure ? Oui, rassure. Nous n''avions en effet q

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Le Grand méchant loup

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h45) avec Benoît Poelvoorde, Fred Testot, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mercredi 3 juillet 2013

Le Grand méchant loup

Le cinéma commercial français souffre de sa trop bonne santé ; trop d’argent, trop de calculs, trop de compromis. Le Grand méchant loup, à l’inverse, est un film profondément malade, comme l’était d’ailleurs le précédent opus de Nicolas et Bruno, La Personne aux deux personnes : un truc personnel greffé sur un remake — celui des Trois petits cochons, un gros succès québécois — un film sur la névrose, la solitude et la mort qui se planque derrière toutes les formes de comédie possibles, un casting bankable dans lequel un seul acteur intéresse vraiment les réalisateurs, qui lui donnent du coup beaucoup plus d’espace à l’écran — Poelvoorde, évidemment génial… C’est donc très bancal, peu aimable, mais ça reste singulier. Signe qui ne trompe pas : à un moment, Nicolas et Bruno pastichent gentiment Comment je me suis disputé de Desplechin. C’est pourtant un faux-fuyant, tant on sent que dans une autre économie, plus modeste, le fil

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Sur la piste du Marsupilami

ECRANS | Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 30 mars 2012

Sur la piste du Marsupilami

Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de gros retards à l’allumage et des baisses de rythme dommageables, ce délire filmique marche sur des plates-bandes réservées jusqu’ici aux productions Pixar et, dans une moindre mesure, Dreamworks – soit le mélange périlleux entre un humour slapstick orienté cartoon (pour les plus jeunes) et de multiples références très “esprit Canal“ (pour les plus âgés), la fusion des deux s’opérant lors de deux futures scènes cultes mettant en scène un surprenant Lambert Wilson. Si cette atmosphère potache fonctionnait parfaitement dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre grâce à un casting aussi riche que cohérent et à un tempo comique destructeur, l’impression globale qui se dégage de Sur la piste du Marsupilami est à ces deux égards bien plus mitigée. Les quelques autocitations de Chabat laissent suggérer que ce dernier se repose sur les acquis de son précédent succès, sans développer une once de parti pris de mise en scène – voir pour s’en convaincre la scène finale, expédition chaotique de tou

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Gardiens de l’ordre

ECRANS | Nicolas Boukhrief compose un néo film noir stylisé, bancal, mais au final pas inintéressant malgré ses faiblesses. Jérôme Dittmar

Dorotée Aznar | Vendredi 2 avril 2010

Gardiens de l’ordre

Après Cortex, thriller casse gueule sur fond d’Alzheimer, Nicolas Boukhrief continue son exploration du film de genre avec Gardiens de l’ordre. On pourrait disserter sur les limites du cinéaste, ex objecteur de conscience cinéphile pour Canal et membre de la génération Kassovitz, Gans, Noé etc., mais préférons voir le bon côté des choses. Il y a chez lui, comme chez la plupart de ses compagnons et avec des degrés divers de prétention poussant certains dans le mur, une forme d’honnêteté dans sa volonté de prendre à bras le corps la série B. D’où, Gardiens de l’ordre, récit d’un tandem de flics (Cécile de France / Fred Testot) embarqué malgré eux dans une fausse bavure les obligeant à régler leurs comptes pour sauver leur peau. Partant d’un pitch simple, quasi minimaliste, à la construction linéaire, le film s’enroule autour de ce scénario pour miser sur une lente descente vers des zones où les frontières vacillent. Ivry Vice On retrouve bien sûr ici quelques réminiscences du Convoyeur et des obsessions du cinéaste : des personnages a priori banals, dans un corps de métier où la violence est q

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