Un retour au désert trop surligné

SCENES | L’élaboration d’un casting de prestige (Catherine Hiegel, Didier Bezace, Isabelle Sadoyan) ne suffit pas à donner de l’entrain à la dernière création d’Arnaud Meunier. Statique et ankylosée, sa mise en scène du Retour au désert de Koltès ne convainc pas.

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Photo : Sonia Barcet


Un an avant sa mort prématurée, juste avant le Zucco qui fera polémique, Bernard-Marie Koltès veut s'essayer à la comédie avec Le Retour au désert, publié en 1988. La trame de fond est pourtant grave : la guerre d'Algérie. Mathilde, mère célibataire, revient du bled au terme de quinze ans d'exil et trouve sa maison occupée par son frère Adrien. Elle vient « récupérer ce qu'elle possède ». Lui a hérité de l'usine familiale.

À travers ce duo, la confrontation de la France à son histoire brûlante s'incarne ici, ses fantômes et ses démons, sa nostalgie crasse et son incapacité à regarder ses exactions en face. Le texte ne fait pas dans les nuances pour opposer ces deux univers qui s'affrontent comme sur un ring : féminin et masculin, progressiste et conservateur, voyageur et rivé à sa terre : « la province française est le seul endroit du monde où l'on est bien, le monde entier envie (…) son calme, ses clochers, sa douceur, son vin, sa prospérité » clame Adrien.

« Recommençons notre bonjour »

Mais de ce monde en mouvement permanent, il ne subsiste sur le plateau qu'une déroutante atonie. Les acteurs semblent figés, à commencer par la transparente épouse d'Adrien qui ne sait pas quoi faire d'elle-même. Elle va et vient dans un décor froid, certes très graphique et parfaitement éclairé mais totalement impersonnel. Cette esthétique convenait à la saga passionnante qu'Arnaud Meunier avait monté précédemment (Chapitres de la chute sur l'histoire des Lehman Brothers). Ici, tous les artifices du théâtre paraissent plaqués sans raison : la villa vide et la pelouse trop propre transposent plus le spectateur dans un quartier sans âme de Californie que dans la province bourgeoise hexagonale. Imposante et même encombrante, cette maison est un arrière-plan peu utilisé par les comédiens qui occupent le devant de la scène en adressant souvent directement leurs saillies (parfois drôles, parfois pataudes, très souvent cinglantes et avant-gardistes de la part de Mathilde, femme moderne par excellence) à la salle fréquemment allumée.

Ajouter un prélude en arabe n'était pas nécessaire pour accentuer la notion d'étrangeté et d'étranger que Koltès a déjà mis au cœur de sa pièce. In fine, à force de tout surligner par sa mise en scène, Meunier, directeur quadra de la Comédie de Saint-Étienne, livre une création à l'image léchée et a priori séduisante, mais se révèlant surannée ; lui-même paraissant ne pas lui faire confiance jusqu'à cette ultime scène de l'accouchement de la fille de Mathilde. Fatima donne naissance à des jumeaux noirs, Romulus et Rémus. Apparaît alors la statue des louveteaux romains (!) et résonne le tube de Nino Ferrer, Je voudrais être Noir. Soupir. NP

Le Retour au Désert
Aux Célestins du 3 au 11 février 2016


Le Retour au désert

De Bernard-Marie Koltès, ms Arnaud Meunier, 2h. Au début des années 60, la vie d'une famille bourgeoise se voit chamboulée par le retour inattendu de Mathilde, après quinze ans d'exil en Algérie
Célestins, théâtre de Lyon 4 rue Charles Dullin Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Arnaud Meunier nommé à la MC2

Mercato | C’est Arnaud Meunier qui succédera le 1er janvier 2021 à Jean-Paul Angot à la direction de la MC2 — Maison de la Culture de Grenoble, Scène nationale. Il quittera ainsi la Comédie de Saint-Étienne qu’il dirige depuis 2011 ainsi que l’école supérieure afférente.

Nadja Pobel | Jeudi 16 juillet 2020

Arnaud Meunier nommé à la MC2

Arnaud Meunier est artiste metteur en scène. Ces dernières années, il a notamment dirigé Didier Bezace et Catherine Hiegel dans Retour au désert, Rachida Brakni (Je crois en un seul Dieu), qu’il a associée à Philippe Torreton dans J'ai pris mon père sur mes épaules de Fabrice Melquiot. Son travail sur la saga des Lehman Brothers, Chapitres de la chute (écrit par Stefano Massini) avait reçu, en juin 2014, le Grand prix du syndicat de la critique. Arnaud Meunier avait récemment été candidat malheureux au TNP de Villeurbanne. À Grenoble, il a été préféré à Christophe Floderer (directeur adjoint de la Comédie de Valence sour l'ère de Richard Brunel), Marie-Pia Bureau (directrice de l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry Savoie), Jean-Fran

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Canaille Peluche : "Le Doudou"

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Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Canaille Peluche :

Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen & Julien Hervé, ce buddy movie des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès commise par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa “fille“, des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à l

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En bus vers Saint-Étienne

Théâtre | Le 2 mars, les Célestins vous offrent le car pour allez chez nos voisins stéphanois, dans la Comédie flambant neuve où le directeur de ce CDN monte Fore (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 février 2018

En bus vers Saint-Étienne

Le 2 mars, les Célestins vous offrent le car pour allez chez nos voisins stéphanois, dans la Comédie flambant neuve où le directeur de ce CDN monte Fore !. Arnaud Meunier a choisi des acteurs inconnus (la moitié de la promo sortante de "son" École et des diplômes de CalArt, école d'art, sorte de Fame californien) et une autrice inconnue (la trentenaire US Aleshea Harris) pour évoquer l'absurdité et la violence du monde actuel. Trump n'est pas loin, les Clytemnestre et Agamemnon du XXIe sont au premier plan de ce plateau à double niveau.

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Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

ECRANS | Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 21 septembre 2017

Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent Dedienne passe devant la caméra. Dans une interview qu'il nous a accordé ce mercredi 20 septembre, il nous précise qu'il tourne très prochainement dans un film de Marie-Castille Mention-Schaar (réalisatrice du Ciel attendra), un film choral dans lequel il joue le fils de Nicole Garcia. À leurs côtés se trouvent Clotilde Courau, Gustave Kervern, Carmen Maura. Ensuite, il tournera dans Premières vacances, écrit par Camille Chamoux et réalisé par Patrick Cassir avec Camille Cottin, Jérémie Elkaim et Jonathan Cohen. Enfin viendra un film avec Josiane Balasko en janvier. Au théâtre, il sera Porte Saint-Martin dès le 16 janvier dans Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, mis en scène par Catherine Hiegel avec Nicolas Maury (vu chez Cantarella et dans 10 pour cent) et Clotide Hesmes.

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Isabelle Sadoyan est décédée

Théâtre | Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan est décédée.

Sébastien Broquet | Lundi 10 juillet 2017

Isabelle Sadoyan est décédée

Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan est décédée ce lundi à l'âge de 89 ans. Elle avait également joué au cinéma, dans Monsieur Klein de Joseph Losey ou encore Subway, mais aussi récemment à la télévision dans la série Les Revenants sur Arte. Isabelle Sadoyan était encore sur scène en décembre dernier dans Avant de s’envoler, au Théâtre de l’Œuvre. Chevalier des Arts et des lettres et Chevalier de la Légion d'honneur depuis 2012, elle était l'épouse du comédien Jean Bouise (César du meilleur acteur dans un second rôle en 1980 pour Coup de tête), décédé en 1989. Nous l'avions rencontré en juin dernier, dans son appartement de Villeurbanne, au moment où elle léguait au Rize les archives de son immense carrière : un portrait à relire ici. Réactions C

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Rachida Brakni : jouer juste

Théâtre des Célestins | Une mise en scène tout en dentelle d'Arnaud Meunier, au service d'une Rachida Brakni d'une grande justesse : c'est aux Célestins jusqu'au 17 février.

Nadja Pobel | Mardi 7 février 2017

Rachida Brakni : jouer juste

À quoi ça ressemble, 1h40 de monologue ? À tout, sauf à la performance injustement présupposée... Rachida Brakni incarne trois femmes : une professeur juive, une soldat US et une kamikaze palestinienne qui veut comettre un attentat à Tel Aviv, « dans un an, dix jours et huit heures », le 29 mars 2002, elle l'annonce d'emblée. Aucun accessoire ne vient seconder la comédienne (ancienne pensionnaire de la Comédie Française) pour l'aider à incarner ces trois destins mêlés au cours du conflit israélo-palestinien, refrain ensanglanté des décennies passées, plus que jamais d'actualité. Dans un décor d'un gris dégradé, inversement semblable à celui de ses vêtements, encadré par trois portes qui n'ouvrent sur rien, elle avance, sur la moquette, à pas de loup presque comptés sans jamais flirter avec l'illustration ou même la démonstration. Ses cris de détresse sont silencieux, terriblement expressifs. Les explosions donnent lieu à une lumière crue et aveuglante. Arnaud Meunier, qui adapte ici (après Anna Politovskaïa et Chapitres de la chute) sa troisième œuvre de l'écrivain italien

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Arnaud Meunier reconduit

Comédie de Saint-Étienne | Alors que la nouvelle Comédie de Saint-Étienne, ce Centre dramatique national historique qui célèbre ses 70 ans, ouvrira au public sur le quartier de la (...)

Nadja Pobel | Lundi 30 janvier 2017

Arnaud Meunier reconduit

Alors que la nouvelle Comédie de Saint-Étienne, ce Centre dramatique national historique qui célèbre ses 70 ans, ouvrira au public sur le quartier de la Plain Achille en septembre prochain, son directeur Arnaud Meunier (nommé en 2011) vient tout juste d'être reconduit dans sa fonction pour un 3e mandat qui le mènera jusqu'au 31 décembre 2020. Le metteur en scène va pouvoir poursuivre son travail notamment tourné vers l'écriture contemporaine comme en témoigne Je crois en un seul Dieu de Stefano Massini, justement programmé aux Célestins jusqu'au 17 février.

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Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

Portrait | Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan, 87 ans, continue à arpenter les plateaux de théâtre avec la vitalité d’une jeune fille. Rencontre chez elle, à Villeurbanne, au moment où elle lègue au Rize les archives de son immense carrière.

Nadja Pobel | Jeudi 30 juin 2016

Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

À quelques encablures du TNP, Isabelle Sadoyan nous accueille dans l’appartement qu’elle occupe depuis plusieurs décennies et qui résume son existence : peu a peu, elle a fait tomber les cloisons pour en faire un espace unique peuplé de joyeux trésors (des livres essentiellement) avec partout la présence de son époux, décédé en 1989, le comédien Jean Bouise dont brille encore le César du meilleur acteur dans un second rôle reçu en 1980 pour Coup de tête. Les magnifiques meubles en bois qu’il a confectionné sont là, dont une table de couture rappelant qu’Isabelle Sadoyan ne s’est jamais départie de ce qui fut son premier métier, celui de sa mère aussi : couturière. Quand elle naît le 12 mai 1928, rien ne la prédestine à plonger dans la marmite du théâtre. «Mon premier rôle est muet, c’est l’enfant Jésus dans une pension catholique. Ça tombait bien, car je bégayais. Cela durera jusqu'à mes 45 ans» se souvient cette athée convaincue. Son père arménien brocanteur, sa maman bulgare n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le "milieu culturel". Mais dans les pentes de la Croix-Rousse, où elle habite enfant, et où dit-on même la police n’osait pas all

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Médecin de campagne

ECRANS | Porté par le succès d’Hippocrate, chronique du monde impitoyable des carabins et des mandarins, le Dr Lilti renouvelle son ordonnance dans l’univers des blouses blanches en se focalisant sur un malade très singulier, puisqu’il prend soin des autres.

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Médecin de campagne

Pour ouvrir Le Samouraï (1967), Melville avait choisi une citation prétendument extraite du bushido : « Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï. Si ce n'est celle d'un tigre dans la jungle… Peut-être… » Toutes proportions gardées, cette sentence pourrait s’appliquer au personnage de Jean-Pierre, ici incarné par François Cluzet. Taiseux, déterminé, porté par un sens de sa mission confinant à l’apostolat (et longeant les lisières de la fierté orgueilleuse), le médecin de campagne, s’il est l’ultime avatar du sorcier ou druide au sein de sa communauté, tient aussi du rōnin : un fauve inflexible prêt à lutter et de préférence sans secours jusqu’au terme de ses forces. Thomas Lilti ne va pas jusqu’à transformer son portrait de toubib en ferraillerie — le scalpel ou l’abaisse-langue se substituant au katana. Il dépeint bien, en revanche, l’obstination d’un homme dans toutes ses nuances : en proie à des combats stériles et vains (son refus initial de se soigner), préservant à tout crin le droit de ses ouailles à bénéficier de traitements adaptés, même s’ils s’écartent des pratiques orthodoxes. L’on pourrait aussi parler d’u

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Les locaux de la saison 2015/2016

SCENES | La crème des artistes internationaux (Lepage, Stein, Jarzyna pour une variation sur "Opening Night"...) a beau fouler nos planches cette saison, on aurait tort d'en oublier les pointures rhônalpines. Zoom sur les prochains spectacles de Richard Brunel, Michel Raskine et cie.

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les locaux de la saison 2015/2016

Une fois n’est pas coutume, c’est à l’Élysée (quand bien même l’Espace 44 a rattaqué dès le 1er septembre) que débute en fanfare la saison théâtrale : Michel Raskine y adapte Au cœur des ténèbres de Conrad avec l’éternelle Marief Guittier et l’excellent Thomas Rortais qu’il avait déjà mis à l’épreuve dans son (forcément) triomphal Triomphe de l’amour en 2014. Plus tard, il prendra les mêmes et recommencera, cette fois aux Célestins, pour une adaptation de Quartett d’Heiner Müller (6 au 24 janvier) qui lui-même écrivait là sa version des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos – «une comédie» selon les mots du sulfureux écrivain. Le travestissement ne devrait jamais être loin, l’amusement non plus. La nouvelle création de Gilles Pastor s'annonce elle plus caustique que ludique puisque, après avoir brillamment mis en scène l’Affabulazione

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Bezace : « Faire de Feydeau un auteur d’extérieur »

SCENES | Deux mois de représentations en plein air pour un même spectacle, avec pour principal décor la splendide et imposante façade du château de Grignan : c’est ça, les Fêtes nocturnes. Cette année, le metteur en scène Didier Bezace investit le lieu avec "Quand le diable s’en mêle", d’après trois pièces de Georges Feydeau. Nous l’avons rencontré. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Bezace : « Faire de Feydeau un auteur d’extérieur »

Pourquoi avoir choisi de monter des textes de Feydeau ? Didier Bezace : Le festival souhaitait avoir des comédies cette année, comme ça faisait longtemps qu’il n’y en avait pas eu. Feydeau est un véritable auteur populaire qui peut être partagé avec un public qui l’est lui aussi. Il a fabriqué une énergie théâtrale comique qui a le même rôle que la tragédie : ce rire est tout à fait cathartique, voire vengeur. Mais c’est un auteur d’intérieur, avec des salons bourgeois, des portes qui claquent… Oui, absolument. Le pari est d’en faire un auteur d’extérieur. Je le monte donc comme un spectacle de tréteaux avec un parquet et une chaise – et des accessoires, bien sûr ! Ce parti pris permet du coup de rompre avec son image d’auteur de salon, d’auteur de la bêtise bourgeoise. Je crois que le plein air et l’option de mise en scène que j’ai choisie donnent un côté un peu épique à ces trois pièces, qui tiennent d’ailleurs une place particulière dans l’œuvre de Feydeau. Ce ne sont pas des vaudevilles mais plutôt des pièces sur le couple. Jouer presque tous les soirs pendant deux mois, ça doit être agréable pour un

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La saison 2015/2016 des Célestins

ACTUS | Toujours plus internationale et comptant 8 créations et 9 co-productions, la nouvelle saison des Célestins, au cours de laquelle sa co-directrice Claudia Stavisky se mesurera au très caustique "Les Affaires sont les affaires" de Mirbeau, s'annonce prometteuse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

La saison 2015/2016 des Célestins

Belgrade, l'un de leur meilleur spectacle de la saison en cours, n'a pas encore été joué que déjà les Célestins dévoilent déjà leur programmation 2015-2016. Bien que des mastodontes nationaux et internationaux soient à l'affiche, la jeunesse s'y fait une place avec : Piscine (pas d'eau) (du 3 au 13 février), pièce trash de Mark Ravenhill et inspirée de la biographie de la photographe Nan Goldin, récemment passée (plus que furtivement) à Nuits Sonores. La metteur en scène Cécile Auxire-Marmouget travaille par ailleurs avec Claudia Stavisky sur le projet La Chose publique, médiation avec les habitants de Vaulx-en-Velin. Pour Piscine, elle a notamment convié l'excellent David Ayala, l'amant un peu rustre de En roue libre cette année. Un beau ténébreux (du 10 au 13 mars) du très précieux mais pas si populaire Julien Gracq, mis en scène par Matthieu Cruciani, déjà aux manettes de Non réconciliés de François Bégaudeau, vu à la Célestine La fidélité qui caractériste par ailleurs le théâtre permettra cette saison de revoir des artistes particuli

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Regarde les hommes tomber

SCENES | Puisque tout le monde connait la fin - la crise des subprimes de 2008 -, l’auteur Stefano Massini et le metteur en scène Arnaud Meunier racontent avec brio le début et le développement de l’empire des Lehman Brothers. Croisant la petite et la grande histoire, ils signent avec "Chapitres de la chute" une fascinante saga théâtrale. Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

Regarde les hommes tomber

«Fils d’un marchand de bestiaux, juif, circoncit, une seule valise, debout immobile sur le quai number four du port de New York. Grâce à Dieu d’être arrivé, grâce à Dieu d’être parti, grâce d’être là enfin en Amérique». Nous sommes en 1844 et Henry Lehman vient de poser un pied sur le sol étasunien après un mois et demi de traversée de l’Atlantique. Un gros navire à voile projeté en fond de scène s’efface. Le spectacle vient de démarrer sur le mode du conte, il le tiendra quatre heures durant. Il faut dire que Chapitres de la chute est un épatant récit (écrit à la troisième personne, quitte à parfois manquer de spontanéité), qui embrasse à la fois le destin familial des Lehman et la transformation de l’économie en finance, mais aussi l'histoire politique, avec ce qu'elle charrie de guerres et de paix.  Lorsqu’Arnaud Meunier, directeur de la Comédie de Saint-Etienne découvre ce texte, seul son premier tiers est achevé. Stefano Massini, quadragénaire et déjà bardé de prix d’auteurs dans son pays, l’Italie, vient juste de coucher sur papier l’arrivée des frères Lehmann en Alabama. Arnau

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Noce de fer

SCENES | Roumanie 1953. Des familles composées d'hommes à moitié - voire totalement - saouls et de femmes enceintes et/ou constamment en train d’allaiter se (...)

Nadja Pobel | Vendredi 15 février 2013

Noce de fer

Roumanie 1953. Des familles composées d'hommes à moitié - voire totalement - saouls et de femmes enceintes et/ou constamment en train d’allaiter se chamaillent, s’aiment, vivent. Le fils des uns va bientôt épouser la fille des autres. Les grands-parents, eux, observent en retrait dans cette pièce chorale que Didier Bezace (dont La Version de Browning ou plus récemment les très émouvantes Conversations avec ma mère nous restent en mémoire) fait valser. Malgré la présence du maire communiste (le génial Jean-Claude Bolle-Reddat), l’intrigue met du temps à se mettre en place et son sujet réel – les noces et la fête contrariées par le deuil national imposé par le décès de Staline – n’occupe que la moitié de la pièce, celle-ci privilégiant de fait la farce villageoise à une intrigue politique qui aurait pourtant méritée d'être traitée plus en profondeur. Adapté avec une extrême fidélité d'un film de Horatiu Malaele, Au diable Staline, vive les mariés ! (2008), le spectacle, avec ses incroyables "gueules" de théâtre, autorise cela dit de magnifiques tableaux de groupe (ah !

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