Brève histoire de la danse dehors

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 avril 2016

Photo : © Michel Petit


La danse s'est toujours inscrite, peu ou prou, dans l'espace public avec la fête populaire, les danses rituelles, voire les raves... Mais elle s'est constituée comme discipline et écriture artistique autonomes dans les salles de spectacle, au sein du dispositif classique scène-public.

Dans les années 1970, les chorégraphes américains de la Judson Church retournent dans l'espace public. Trisha Brown, notamment, danse sur les toits de New York et sur les façades des immeubles. Il s'agit alors de rapprocher l'art de la vie dans une période d'engagements politiques forts. Depuis, la performance in situ, les arts de la rue, le hip-hop nous ont habitué à la danse "dehors". On se souvient de la pièce de Julie Desprairies lors de la Biennale de la Danse 2006, proposant un parcours dans le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne.

Le Journal d'un seul jour d'Annick Charlot tente peut-être de faire un pas de plus en proposant un récit sur plusieurs lieux et une durée longue, en s'appuyant sur les technologies numériques pour étoffer sa dramaturgie. Ce qui nous semble particulièrement intéressant dans son projet, c'est sa volonté d'entremêler, sans heurt ni provocation, la singularité du geste dansé au pluriel de la vie quotidienne d'une ville. Comment ces deux pôles peuvent se nourrir l'un l'autre, s'intensifier l'un et l'autre, comment « l'art peut-il rendre la vie plus intéressante que l'art » selon la formule de l'artiste Robert Filliou ?


Journal d'un seul jour

Par Annick Charlot, Cie Acte, avec 3 danseurs et un musicien. Drame chorégraphique dans la ville en 24 heures
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Journal d'un seul jour : mode d'emploi

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 avril 2016

Journal d'un seul jour : mode d'emploi

Journal d'un seul jour se déroulera du vendredi 6 mai à 19h, jusqu'au samedi 7 mai à 19h, avec huit épisodes dansés (de 15 à 60 minutes chacun) dans la ville (gare, places, café, hôtel...) et sept séquences filmées qui permettront au spectateur, sur son téléphone portable et sur Internet, de suivre les péripéties des personnages entre deux épisodes dansés (le "hors champ" de la pièce). Pendant vingt-quatre heures, le spectateur recevra sur son téléphone des actualités numériques : SMS, sons, images... Sur le site Net de la pièce, on pourra lire le document ancien qui est à l'origine des événements, ainsi que le journal intime du personnage d'Annick Charlot écrit en temps réel, pendant la durée de la pièce. Pour participer à ce spectacle urbain, vous pouvez vous inscrire, gratuitement, dès maintenant sur : Le site internet de la Maison de la danse : www.maisondeladanse.com Le site de la pièce : www.journaldunseuljour.fr Actuellement en résidence aux Ateliers Frappaz à Villeurbanne, Annick Charlot et la Compagnie Acte présenteront

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Dans la mythologie biblique, la tour de Babel était une construction des hommes dont le sommet devait atteindre les cieux. Un projet jugé trop vaniteux par Dieu, qui décida alors de les punir en attribuant à chacun d'entre eux des langages différents. Ainsi les hommes se brouillèrent, avant de se disperser dans le monde. Aujourd'hui, la Maison de la danse tente une réunification, sous la forme d'un grand spectacle orchestré par sa directrice Dominique Hervieu, Babel 8.3, qui a vu 17 groupes d'habitants des 8e et 3e arrondissements apprendre un nouveau langage commun : celui du corps. Cet événement est né d'un désir : celui de mener un travail de proximité avec les habitants de quartiers dit sensibles. Des gens qui, pour certains, n'ont jamais mis les pieds dans cette institution du geste et sont en grande partie des amateurs. En tout, ce sont près de 250 volontaires qui se sont lancés dans cette aventure de longue haleine – débutée en septembre 2014, elle débouche cette semaine sur trois représentations – qui entend concilier haut niveau technique et respect de la diversité des cultures et individualités de chacun.

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