Une Biennale postmoderne

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 juin 2016

Photo : Galvan © Hugo Gumiel


Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif Petit Travers), du moderne (une journée consacrée au Sacre du printemps), du people (Gallotta mettant en scène Olivia Ruiz), du foutraque (Bengolea et Chaignaud) et beaucoup de contemporain...

Mais cette 17e édition (du 14 au 30 septembre) met l'accent aussi sur une ligne postmoderne où le contemporain se nourrit de la tradition, où la culture populaire s'hybride avec la culture savante. Yan Duyvendak, par exemple, propose une comédie musicale sur fond de crise économique et sociale contemporaine. Yuval Pick entremêle le romantisme de Schubert à celui de Kraftwerk.

Christian Rizzo s'inspire de la danse et des musiques des boîtes des années 1980, et Alain Platel s'attaque à l'oeuvre musicale de Gustav Mahler... Quant à notre coqueluche, Israel Galvan, elle poursuit dans Fla.co.men sa déconstruction du flamenco, son extension à d'autres styles de danses et de musiques, dans un esprit rebelle et humoristique.

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Un livre sur Guy Darmet, catalyseur de la danse à Lyon

Danse | Un ouvrage signé de la journaliste Marie-Christine Vernay et consacré à Guy Darmet retrace une certaine histoire de la danse : Danse la vie, danse la ville.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Un livre sur Guy Darmet, catalyseur de la danse à Lyon

D’abord journaliste à Lyon, Marie-Christine Vernay a ensuite rejoint Paris et le quotidien Libération pour lequel elle a été critique de danse. A travers la figure de Guy Darmet (né à Lyon en 1947), son livre Danse la vie, danse la ville, tente, sous forme de petits récits éclatés et kaléidoscopiques, de retracer plus de trente ans d’histoire de la danse à Lyon (et au-delà). « Ce livre est constitué d’une multitudes d’histoires courtes où l’on croise beaucoup de danseurs et de chorégraphes, une équipe de choc autour de Guy, le solitaire, l’exigeant et parfois le colérique » annonce-t-elle dans la préface. Ancien journaliste culturel lui-même, Guy Darmet a pris la direction artistique de la Maison de la Danse à la Croix-Rousse en 1980, avant que celle-ci ne déménage dans le 8e arrondissement en 1992. Il fut aussi à l’initiative de la Biennale de la Danse (première

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Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

Danse | Après Tragédie et Auguri, Olivier Dubois revient à la Biennale de la Danse avec une création intitulée Itmahrag. Un cri, des voix et des corps de la jeunesse, venus d’Égypte.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 mai 2021

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

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La Biennale de la Danse reportée à 2021

Danse | La prochaine Biennale, prévue du 11 septembre au 2 octobre prochain, devrait se dérouler exceptionnellement au printemps 2021.

Sébastien Broquet | Mercredi 6 mai 2020

La Biennale de la Danse reportée à 2021

Septembre aussi sera morne : la Biennale de la Danse vient d'annoncer son report intégral. Le flou entourant le déconfinement, particulièrement prononcé pour les domaines de la culture, a incité la directrice Dominique Hervieu et ses équipes à la sagesse : la prochaine Biennale devrait donc se dérouler au printemps, entre mai et juin 2021, dates auxquelles le défilé Africa avait déjà été reporté comme toute la saison Africa 2020 dans laquelle il s'inscrivait : « des échanges entre la Métropole de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la DRAC se poursuivent pour maintenir une 19e édition de la Biennale de la Danse à la fois exigeante et populaire » est-il ainsi écrit dans le communiqué envoyé ce mercredi matin à la presse. Parmi les problèmes ayant entraîné ce report, l'équipe de la Biennale pointe : « ces risques économiques sont liés à de nombreuses incertitudes (concernant les jauges et

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"Ligne de Crête" : la colère étouffante de Maguy Marin

Biennale de la Danse | Bam ! Maguy Marin nous donne une grosse claque au TNP. Mais pour nous réveiller ou pour nous assommer ?

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 13 septembre 2018

Imaginez un remake contemporain des Temps modernes de Chaplin tourné par Michael Haneke, et vous obtiendrez, peu ou prou, la nouvelle création de Maguy Marin présentée à la Biennale de la Danse. Soit (comme chez Haneke) un véritable piège à spectateur où, sous les coups de butoir du son très amplifié d'une photocopieuse, six interprètes cheminent mécaniquement sur un plateau représentant un open space. Chacun vient, en entrées et sorties de scène répétitives, déposer dans son propre bureau quelques objets. Des objets d'abord raccords avec la situation (des stylos, un encas pour la pause déjeuner, une lampe...), puis des objets de plus en plus incongrus (vêtements, paire de skis, puzzle, perruques...). Et cela continue ainsi, pendant une heure, jusqu'à saturation et au syndrome de Diogène (maladie de l'entassement), sans interruption ni changement, si ce n'est quelques bugs furtifs des danseurs sur leurs trajets, ou quelques spasmes préfigurant un burn out. Leçon d

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La fièvre chorégraphique lyonnaise

Biennale de la Danse | Festival international reconnu, la Biennale de la Danse s’inscrit aussi dans un dispositif lyonnais voué à la danse contemporaine en pleine ébullition. Retour sur ce contexte stimulant, et sur les grands axes de l’édition 2018.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

La fièvre chorégraphique lyonnaise

Derrière la (trop ?) haute toque de la gastronomie, Lyon serait-elle en passe de devenir l'une des capitales internationales de la danse, voire La capitale de la danse ? Qu'importe les emblèmes et les titres de gloire direz-vous, mais force est de constater, à chaque Biennale notamment, l'engouement particulier des Lyonnais pour la danse : qu'elle soit populaire avec le défilé qui reprendra cette année son circuit sur la Presqu'île, ou un peu plus "cultivée" dans les salles de spectacle. Bientôt, en 2021, un élément majeur viendra s'ajouter à l'édifice chorégraphique local : les Ateliers de la Danse, dans l'ancien Musée Guimet, qui accueillera des artistes en création sur des temps longs de résidence. C'est donc une véritable (et joyeuse) hydre à plusieurs têtes que dirigera alors Dominique Hervieu : la Maison de la Danse, les Ateliers, la Biennale, le Défilé... sans compter encore la Triennale de Yokohama au Japon (dont elle est directrice artistique, appliquant là-bas le modèle lyonnais) et l'exportation de la Biennale à Saint-Étienne et à Clermont-Ferrand cette année. Ou encore, petite biennale dans la Bie

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Biennale de la Danse | Encore bien des déceptions pendant cette dernière semaine de Biennale de la Danse. Mais une belle surprise nous a permis de rapidement les oublier : Catherine Gaudet et sa danse viscérale venue du Canada.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2016

Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Lancé par Christian Rizzo et Rachid Ouramdane, le courant que nous avons choisi de nommer la "Danse creuse" a fait cette semaine encore des émules : Cécilia Bengolea & François Chaignaud présentant une sorte d'étape de travail sans consistance, et, surtout, l'américain Jonah Bokaer aux pièces hiératiques dénuées de tout soupçon de chorégraphie ou d'intensité physique... De l'intensité et du corps, il a fallu en chercher au Québec avec l'étonnante pièce de Catherine Gaudet, Au sein de nos plus raides vertus (2014)... Pas besoin d'être grand linguiste pour deviner dans le titre même du spectacle quelques traits d'ironie libidineuse. Et c'est là, justement, tout le propos et tout l'intérêt du quatuor de Catherine Gaudet : comment dans un même corps, comment dans un même groupe (deux hommes et deux femmes confinés dans un espace scénique restreint et bien délimité), faire vivre, tressaillir

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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Let's dance !

Biennale de la Danse | La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Let's dance !

La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, s'il n'y en avait qu'un à voir, insistons encore sur cet incroyable "danseur des solitudes" qu'est Israel Galvan, explosant les codes du flamenco pour des solos existentialistes entre grotesque et tragique, sur des musiques improbables. Cette semaine sera riche d'événements parallèles à la Biennale : avec l'ouverture de la passionnante exposition Corps rebelles au musée des Confluences et le remix d'Hervé Robbe de la fameuse pièce de Maurice Béjart, Messe pour le temps présent sur la musique de

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

Biennale de la Danse | En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire (...)

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire Relève : histoire d’une création, où les réalisateurs Thierry Demaiziere et Alban Teurlai suivent les coulisses de la première création de Benjamin Millepied à l’Opéra de Paris en 2015. Si les deux auteurs seront présents pour échanger avec le public, l’on annonce la venue sous réserve du danseur et chorégraphe. Voilà qui devrait donner un contrepoint intéressant à ce film et un débat forcément enlevé… Lundi 5 septembre à 20h au Comœdia, Lyon.

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Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Biennale de la Danse | Le défilé de la Biennale de la Danse aura bien lieu le 18 septembre, mais dans l'enceinte du stade de Gerland et sur réservation préalable. La Fête des Lumières en décembre est également maintenue, même si sa forme pourrait évoluer pour les mêmes raisons liées à la sécurité.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 août 2016

Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Les impératifs de sécurité auront finalement eu raison des festivités en liberté : le défilé de la Biennale de la Danse, rendez-vous populaire très attendu, aura bien lieu, mais en version "cloisonné" dans l'enceinte du stade de Gerland, le 18 septembre prochain à 16h. Et uniquement sur inscription (gratuite) au préalable : il faudra, à partir du 7 septembre, se rendre sur le site de la Biennale pour réserver sa place. 38 000 spectateurs maximum pourront assister au défilé dans l'enceinte, les autres devant se contenter de leur écran de télévision, nos confrères de France 3 diffusant l'événement en direct. Si l'esprit de la parade dans la ville s'éteint avec ce dispositif, c'était nécessaire selon le maire, Gérard Collomb, qui déclare dans un communiqué paru ce mercredi matin : « Il n’était pas question que les événements récents puissent avoir raison d’un rendez-vous aussi important et symbolique que

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Le programme du défilé de la Biennale

biennale de la danse | Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 juin 2016

Le programme du défilé de la Biennale

Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du Grand Lyon (et même au-delà). L'événement, inventé par Guy Darmet lors d'une biennale consacrée au Brésil, s'inspire des écoles de samba pour le Carnaval de Rio. Cette année, ce seront douze groupes emmenés chacun par un chorégraphe professionnel (Mourad Merzouki, Fred Bedongué, Farid Azzout...) et 5000 participants qui défileront le dimanche 18 septembre, des Terreaux à la place Bellecour, sur le thème "Ensemble". « Les participants et les spectateurs vivront un rituel où s'éprouve et se vivifie un nouveau lien entre les artistes et la population. L'art dans l'espace public, à l'usage de tous, soutient notre engagement pour la démocratisation culturelle » écrit Dominique Hervieu, directrice de la Biennale. Place Bellecour, pour la clôture du défilé, plusieurs événements auront lieu : un concert de rumba avec la pa

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Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

ACTUS | La manifestation la plus populaire de la Biennale de la danse aura lieu ce dimanche 14 septembre à partir de 14h, et déambulera entre la place des Terreaux et celle de Bellecour. Benjamin Mialot et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Samedi 13 septembre 2014

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

Initié par Guy Darmet en 1996, le défilé réunira cette année 4500 amateurs dans les rues de Lyon, soit 12 groupes venus de toute la région et encadrés par autant de compagnies professionnelles. Cette véritable parade chorégraphique – la plus grande d’Europe – a été conçue comme un retour aux sources d’inspiration du premier défilé : le carnaval de Rio, avec sa samba et ses chars colorés. Une fois n’est pas coutume, de grands noms de la danse contemporaine se mêleront à la fête. Ainsi de Denis Plassard, pour un projet impliquant 400 Turinois, autant de Lyonnais et des centaines de marionnettes crées avec la papesse du genre en France, Emilie Valantin, mais aussi de l’incontournable Mourad Merzouki (qui présentera à l’Amphi 3000 les 20 et 21 septembre Récital à 40, une relecture démultipliée de son premier spectacle, avec lequel il donna ses lettres de noblesse à la danse hip hop), des circassiens de la compagnie Virevolt (Aurélie et Martin Cuvelier) et de Bouba Landrille Tchouga. Cerise sur le gâteau, la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo,

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Biennale : faire le point, reprendre le pas

SCENES | En se donnant comme fil rouge la notion de performance, la 16e Biennale de la danse revisite le passé et interroge l'avenir. Un questionnement qui ne réduit pas la danse à son histoire, mais lui redonne son caractère toujours renaissant et intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

Biennale : faire le point, reprendre le pas

Qu'est-ce qui, davantage qu'au théâtre bavard et au cirque virtuose, émeut donc toujours avec la danse ? Sa fragilité, sa fulgurance sans doute. Et, surtout, sa façon d'évoluer, d'éclore dans le pré-symbolique, le pré-verbal, sa façon de renaître toujours à nouveau, de recommencer comme si rien n'avait été réellement fait ni gagné... Chaque danse est, potentiellement, une naissance. « La danse n'entre pas dans le passé. Elle appartient toute entière au jadis. Elle sort. Elle est sortie de jadis n'arrivant nulle part. Elle ne veut ni passé ni visage ni mère ni langue ni société. Elle reste dans l'effroi, elle persiste dans le pur changement d'état. Elle n'avance pas : elle sort» écrit Pascal Quignard dans L'Origine de la danse. Son spectateur idéal ne doit donc s'attendre ni à ce qu'elle lui raconte une "histoire", ni à ce qu'elle ressemble à une autre danse. Ni même, parfois, à de la danse ! Pour renaître de ses propres cendres empesées, la danse, à plusieurs reprises, s'est rapprochée des arts plastiques et de son esprit performatif (c'est-à-dire contestataire, proche de l'improvisation, libéré des contraintes techniques et

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Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

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Tournez manège !

SCENES | Malgré de beaux moments dans le "Sacre du Printemps" de Thierry Thieû Niang, la dernière semaine de la Biennale de la danse nous laisse à nouveau sur notre faim d’inédit et de créativité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 septembre 2012

Tournez manège !

Au TNP la semaine dernière, il y eut une sorte de précipité (comme on dit en chimie) de l’histoire de la danse et du théâtre modernes : Patrice Chéreau, pieds nus, lisant le journal de Nijinski où celui-ci pourfend le théâtre et défend le «sentiment», peste contre Serge de Diaghilev et Igor Stravinski, ces personnages selon lui ennuyeux, prône la vie, le mouvement, l’écriture et la masturbation contre l’esprit de sérieux, la scène guindée… On aurait cru entendre Artaud dans son Théâtre de la cruauté, et on assistait alors à de singuliers courts-circuits entre les histoires du TNP, de la danse, de Chéreau, du Sacre du Printemps (dont on fêtera l’an prochain les 100 ans), de ce qui fît scandale en 1913 mais ne le fait plus, de ce qui fît modernité mais ne le peut plus… Épuisement. C’est dans la neige que se termine le récit de Nijinski et que démarre alors la musique du Sacre de Stravinski et s’ébranle le "tournez manège" de vingt-quatre danseurs amateurs âgés. Une belle spirale sans fin plutôt émouvante, un mouvement en hélices multiples non sans charme, des corps fatigués mais fiers, précis et poignants…

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Pour le meilleur et pour le pire

SCENES | La deuxième semaine de la Biennale de la danse peut se résumer à ces quelques mots : une immense déception, un ovni sur-vitaminé et… Galvan ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 24 septembre 2012

Pour le meilleur et pour le pire

C’est peu dire que nous avons été déçus par la nouvelle création de Maguy Marin. Une vraie gueule de bois. Une artiste méconnaissable. Ses Nocturnes pour six danseurs reprennent la scénographie de ses deux dernières chorégraphies, Salves et Faces : une alternance d’instants éclairés et de fondus au noir, une succession d’images-corps arrachées à l’obscurité. Mais ici nulle tension, nulle résistance, nul affect, nulle élaboration dramaturgique, seulement des images éparses et fades, évoquant ici et là l’actualité internationale ou le passé et les racines de Maguy Marin. Voire des images d’Epinal : une sorte de berger méditerranéen mangeant une grappe de raisin sur une pierre, une prostituée hélant le client en allemand et forcément issue de Hambourg, deux jeunes filles minaudant dans le cadre d’une soirée pyjama, une ballade insipide à la guitare pour nuit au coin du feu… Pire, la chorégraphe s’englue dans des coups de gueule faciles ou même douteux sur l’Europe avec les méchants Allemands et les gentils Grecs par exemple. Sur le devant de scène, elle a placé deux tourne-disques avec des 33 tours rayés, tout un symbole ! Galvan

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Images à vendre

SCENES | La Biennale de la danse démarre lentement voire laborieusement avec deux spectacles surfaits : du butô frelaté signé Sankaï Juku, et un solo de Jan Fabre en manque d’inspiration… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 15 septembre 2012

Images à vendre

La première semaine de Biennale a été marquée du sceau du rituel… Rituels butô, rituels traditionnels balinais (pas vus), rituel funéraire à la sauce Jan Fabre… Comme nous le redoutions, le choc Sankai Juku (célèbre compagnie butô japonaise) a bien eu lieu à l’Opéra et sonnait aussi creux sur scène qu’un supplément d’âme frelaté pour public occidental crédule. Dans des décors et des lumières certes superbes, la création Umusuna nous proposait rien moins que de remonter aux origines mystérieuses de la vie. Avec Sankai Juku, même les larves (des danseurs poudrés de blanc se tortillant au sol sur une sorte de musique new-age bidon, tendance Ushuaïa) sont jolies et fréquentables ! Tournicoti tournicoto, gesticulations vers le ciel par ci par là, cris étouffés à la Munch accompagnés parfois de claquements de mâchoires pour mieux gober d’invisibles mouches, les rituels de pacotille d’Ushio Amagatsu sont de jolies images à vendre (et bien vendues du reste) sans qu’il n’en émane la moindre émotion ni le moindre trouble. Jan Fabre sans caféine Le Flamand Jan Fabre présentait quant à lui sa dernière conquête féminine (la danseuse Annabelle Chamb

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Biennale de la danse, mode tri sélectif

SCENES | Une grande dame «Je travaille toujours sur les mêmes choses : la mémoire, le vivre ensemble, la question de l’Histoire aussi, de ce qu’on nous a (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 septembre 2012

Biennale de la danse, mode tri sélectif

Une grande dame «Je travaille toujours sur les mêmes choses : la mémoire, le vivre ensemble, la question de l’Histoire aussi, de ce qu’on nous a transmis, de ce qu’on va nous transmettre», déclare Maguy Marin en préliminaire de sa prochaine pièce au contenu, comme d’habitude, soigneusement tenu secret. Soyons francs : tous les deux ans, pour nous, il y a à Lyon deux événements : la Biennale de la danse ET la nouvelle création de la chorégraphe. Umwelt, Turba, Salves sont les trois dernières gifles artistiques reçues faisant encore circuler notre sang critique et notre goût des corps, des mots (il y a souvent des bribes de textes chez Maguy Marin) et de la musique (signée par le fidèle et talentueux Denis Mariotte) servis sur un plateau par une mise en scène aussi tendue que précise. En plus de sa création présentée au TNP du 19 au 25 septembre, Maguy Marin connaît une actualité richissime : la sortie ce mois-ci d’un ouvrage de Sabine Prokhoris sur son travail (Le Fil d’Ulysse – Retour sur Maguy marin, éditions Les Presses du réel), une journée-rencontre autour de ce livre au Café Danse le samedi 15 septembre

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Le baptême de Dominique Hervieu

SCENES | 34 compagnies internationales, 38 spectacles, 147 représentations… Pendant 18 jours, la 15e Biennale de la danse déploiera sa programmation riche, variée, efficace. Et pour sa première édition, la chorégraphe Dominique Hervieu conserve la ligne artistique de son prédécesseur Guy Darmet. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 septembre 2012

Le baptême de Dominique Hervieu

Tous les deux ans pour la Biennale de la danse, nous pourrions écrire à peu près le même article. En résumé : un événement de grande qualité, s’adressant à des publics divers à travers des propositions artistiques tout aussi variées. Cette année : du hip-hop de Mourad Merzouki aux claquettes irlandaises de Colin Dunne, des spectacles traditionnels de Bali à la danse-image chiadée et drôle de Philippe Decouflé, du néo-clacissisme de Jiří Kylián aux danses basques, et même jusqu’au théâtre ado de David Bobée ou aux tours de magie de la Cie 14:20. Avec le passage de témoin de Guy Darmet (parti à la retraite) à Dominique Hervieu, on s’attendait à de petites variantes… À tort : on ne change ni une équipe qui gagne, ni une programmation qui attire moult spectateurs et met tout le monde d’accord… Ne soyons pas bégueule ni tatillon et profitons, donc, de ce grand shoot chorégraphique bariolé. L’Éternel retour a du bon notait Nietzsche, l’un des rares philosophes à se préoccuper de chorégraphie et à ne pouvoir croire qu’en un dieu qui sache danser. Ô mon dieu !

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Dimanche, c’est défilé

SCENES | Petit changement cette année : le défilé aura lieu quelques jours avant le début de la Biennale de la danse (qui commence le 13 septembre), et sera chorégraphié (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 27 août 2012

Dimanche, c’est défilé

Petit changement cette année : le défilé aura lieu quelques jours avant le début de la Biennale de la danse (qui commence le 13 septembre), et sera chorégraphié par Dominique Hervieu et Mourad Merzouki. Entre la place des Terreaux et la place Bellecour, dimanche 9 septembre à 14h30, 4 500 participants amateurs danseront sur le thème «Entre ciel et terre». Le tout se terminera avec un extrait d’un spectacle de Mourad Merzouki et une invitation à entamer une tarentelle collective ! JED

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Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

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Chronique d'une biennale 4/4

SCENES | Danse / William Forsythe et les sœurs Sagna ont conclu avec force la Biennale 2010. Mêlée aux techniques néoclassiques ou au théâtre, la danse poursuit ici son œuvre de trouble, d'inquiétude, de dérèglement du sens et des figures du corps... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 3 octobre 2010

Chronique d'une biennale 4/4

Après la grande débauche de spectacles bien ficelés et aseptisés de la semaine passée, William Forsythe est arrivé à point nommé. Pour remettre les pendules à l'heure, débarrasser la danse de son clinquant et lui rendre sa puissance d'émotion et de représentation des fragilités humaines. Le chorégraphe a transmis deux de ses pièces au talentueux ballet de l'Opéra de Lyon, qui en comptait déjà huit à son répertoire. Sur des duos pour violons de Luciano Berio, souvent secs et râpeux, "Workwithinwork" (1998) enchaîne des variations de mouvements et de configurations (duos, trios, etc.) sur une base technique néoclassique. Avec ces grands «cassés» à la Forsythe, cette façon aussi de fendre l'air comme avec des membres de métal, et cette énergie qui explose soudain du centre des corps comme des décharges électriques. L'écriture chorégraphique est complexe, abstraite, saisissante. Beaucoup plus expressive et mélancolique, "Quintett" (1993) est une pièce-lettre d'adieu de Forsythe à son épouse mourante. La voix éraillée de Tom Waits répète en boucle «Jesus'blood never failed me yet», cinq danseurs sortent et rentrent dans une fosse, leurs mouvements urgents butant toujours contre quelque

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L'uppercut !

SCENES | Danse / Pour sa nouvelle création, Mourad Merzouki revient à ses premières amours : les arts de combat qu’il mêle au cirque en n’oubliant pas le hip-hop. Avec "Boxe Boxe", il ne renie rien de son parcours et l’enrichit aussi de la présence sur scène du détonnant Quatuor Debussy. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 27 septembre 2010

L'uppercut !

Baignée de noir, la scène s’illumine doucement pour laisser poindre quelques étoiles. Des hululements sont les premiers sons de la nouvelle création de Mourad Merzouki avant que ne se fasse entendre Schubert par le quatuor Debussy (deux violons, un violoncelle, un alto). Nous sommes loin de la folle énergie qui se dégageait de l’incroyable spectacle "Agwa" ou de son jumeau dansé par des Brésiliens, "Correria". "Boxe Boxe" est une pièce de cordes, celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leur instrument. C’est une partition qui ramène le chorégraphe de Käfig au sens premier de la signification du nom de la compagnie en allemand et en arabe : la cage. Au commencement, les corps des danseurs sont prisonniers, condensés dans une cage-ring. Seuls des gants de boxe tendus au bout de leurs bras en dépassent et entament une chorégraphie, comme des marionnettes. Suivent des duos clownesques où Merzouki délaisse le travail physique intense au profit d’un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti. De cinéma, il est d’ailleurs question tout au long du spectacle qui utilise l’impressionnante ouverture et profondeur de scène de la Maison de la danse. Les musiciens év

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Chronique d'une biennale 3/4

SCENES | Danse / Après un début éclatant, la Biennale déçoit et patine sur des spectacles superficiels. Avec une danse qui gesticule et parade, sans propos, enjeu, ni même recherche purement formelle... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 septembre 2010

Chronique d'une biennale 3/4

Alors que Catherine Diverrès, Pina Bausch et Maguy Marin ont mis en doute, renversé, fragmenté, pour ne pas dire fracassé, l'espace scénique en début de biennale, d'autres continuent à occuper les plateaux comme si rien ne s'était passé dans la petite histoire de la danse comme dans la grande du monde contemporain. Comme si aucun fil ne s'était rompu. Comme si une scène restait un terrain de jeu pour grands enfants, en vue d'un divertissement «classe» ou «cool». Scène où l'on se raconte de petites anecdotes entre soi, échange de belles images, et où l'on fait briller les chromes des scénographies. Le pompon revient à Bill T. Jones qui a livré un hommage au président Abraham Lincoln (1809-1865) sous forme d'une comédie musicale bien huilée (danseurs et musiciens de haut vol, effets vidéo parfaits), mais aux propos courus d'avance (la démocratie, l'abolition de l'esclavage, la guerre...), et dénuée du moindre enjeu sensoriel ou intellectuel. Un «show» aussi lisse et aseptisé que celui d'Olivier Dubois, incarnant la figure de Frank Sinatra en compagnie d'une danseuse. Les chansons sont belles, les danseurs virevoltent admirablement bien, le spectateur s'assoupit avec un petit sourire

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Chronique d'une Biennale (1/4)

SCENES | Danse / La Biennale de la danse a débuté fortissimo avec une création âpre et puissante de Catherine Diverrès et la présence revigorante et toujours inventive de Trisha Brown au Musée d'art contemporain... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 13 septembre 2010

Chronique d'une Biennale (1/4)

Alors que la communication visuelle de la Biennale affiche un rose optimiste et que son défilé se déroulait sous la bannière de «La vie en rose» de Piaf, la première création attendue de cette édition nous a semblé particulièrement sombre. Elle est signée Catherine Diverrès, chorégraphe née en 1959 et formée auprès de Maurice Béjart, Dominique Bagouet et Kazuo Ohno, l'un des fondateurs du butô au Japon. "Encor" (titre calqué sur celui de la Biennale) se compose (et se décompose) d'une multitude de fragments ou tableaux, cheminant en tous sens parmi l'histoire de la danse. Comme une suite de Bach. Cinq interprètes impressionnants incarnent aussi bien des danseurs en tutu échappés d'un "Lac des Cygnes", des figures baroques ou classiques, que des «primitifs» dénudés ou des citadins entamant un madison. Catherine Diverrès, avec une précision et un art du «montage» magistraux, entrelace des univers disparates, des émotions opposées, des musiques hétérogènes (de la variété au classique en passant par la voix de Godard)... Et juxtapose des personnages aux présences fantomatiques avec l'énergie pure et effrénée d'autres danseurs déboulant comme des tornades sur scène. C'est un combat non

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Biennale de la danse 2010

SCENES | Pendant un mois, Lyon va vivre au rythme de la danse. Passage en revue des grands axes de la Biennale 2010 et des invités de marque qui émaillent sa programmation...Jean-Emmanuel Denave

Dorotée Aznar | Mercredi 8 septembre 2010

Biennale de la danse 2010

Une biennale en corpsPendant un mois, Lyon va vivre au rythme de la danse. Passage en revue des grands axes de la Biennale 2010 et des invités de marque qui émaillent sa programmation...Jean-Emmanuel DenaveCôté chiffres, la 14e Biennale de la danse reste incontestablement un événement imposant avec plus de 7 millions d'euros de budget, 57 pièces présentées, 40 compagnies invitées, 34 lieux de représentation et plus de 80 000 spectateurs attendus (84 000 en 2008, même s'il s'agit là du nombre d'entrées et non d'individus différents). On notera aussi le nombre élevé de créations, dix-sept au total, faisant de l'édition 2010 une édition pleine d'inconnues. Côté artistique, Guy Darmet persiste et signe, pour sa dernière Biennale, une programmation hétéroclite, ne défendant aucune chapelle particulière, et passant allègrement du hip-hop au flamenco, de la danse contemporaine la plus âpre aux ballets les plus fleuris, de grandes figures historiques internationales aux chorégraphes locaux moins connus. Dominique Hervieu, qui lui

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Une biennale en corps

SCENES | Pour sa 14e et dernière biennale de la danse en tant que directeur artistique, Guy Darmet s'offre et nous propose une multitude de têtes d'affiche... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 avril 2010

Une biennale en corps

On a cru, espéré, un instant que la prochaine Biennale de la danse porterait sur le séminaire de Jacques Lacan, «Encore», et donc sur la jouissance et l'amour... Mais si Guy Darmet a choisi pour sa dernière biennale le titre «Encore !», c'est simplement pour signifier que l'aventure du festival continuera après son départ (avec la chorégraphe Dominique Hervieu qui a été nommée à sa succession et dirigera l'édition 2012), et en hommage au public qui, souvent, en redemande (bis !). Pas de thème ni de découpage géographique donc pour la biennale 2010, mais un joli bouquet final réunissant de grands noms de la scène chorégraphique contemporaine, et beaucoup de jeunes pousses prometteuses. Parmi les réjouissances annoncées, honneur aux grandes dames de la danse... Le «Tanztheater Wuppertal» reprendra l'une des pièces phares de sa fondatrice, Pina Bausch décédée en 2009. Nelken, créée en 1982, réunit sur un plateau couvert d'œillets une vingtaine d'interprètes, deux chiens-loups et quelques cascadeurs pour un mélange de danse et de théâtre sous haute tension et un cadre idyllique allant se dégradant... Trisha Brown, figure de proue de la «post-modern dance» américaine, aura à 74 ans une

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Coup de théâtre à la Maison de la Danse

CONNAITRE | Politiques culturelles / Tous les candidats peuvent remballer leurs dossiers et aller se rhabiller, c’est finalement la chorégraphe Dominique Hervieu qui remplacera Guy Darmet à la tête de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse à partir du premier janvier 2012.

Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

Coup de théâtre à la Maison de la Danse

La nomination de Dominique Hervieu, actuellement Directrice du Théâtre National de Chaillot, annoncée officiellement vendredi 5 mars, a de quoi surprendre, sachant que la chorégraphe ne s’était pas portée candidate à l’appel d’offre international lancé par la Maison de la Danse pour la succession à Guy Darmet. Le nom de la chorégraphe, également membre du Conseil de la création artistique institué et présidé par Nicolas Sarkozy, a en fait en effet été proposé par «la Ville de Lyon et le Grand Lyon, après concertation avec les collectivités territoriales concernées et avec Monsieur Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication», selon le communiqué officiel. Guy Darmet, qui a créé la Maison de la Danse il y a trente ans, s’est félicité du choix de cette chorégraphe qui saura garder un «esprit d’ouverture» et «rassembler le plus large public». En attendant l’arrivée de son successeur, l’actuel directeur restera en fonction, jusqu’au 31 décembre 2011. Dorotée Aznar

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Retour en arrière

SCENES | Danse / Les biennales de la danse passent et se ressemblent… Comme les précédentes, «Retour en avant» s’est révélé un crû sympathique et hétéroclite. Manquant néanmoins sensiblement de grandes surprises ou de pièces marquantes… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 28 septembre 2008

Retour en arrière

D’un certain point de vue, la Biennale de la danse reste un événement «inattaquable» : 70 000 billets vendus, un taux de fréquentation de 88%… D’un autre point de vue, artistique, le bilan est plus mitigé. «Retour en avant» se voulait la mise en relation du passé récent de la danse avec la création actuelle. Si l’aspect rétrospectif s’est montré réjouissant, l’aspect innovant fut plus maigrichon. Egrenons d’abord quelques bonheurs… Les Petites Pièces de Berlin de Dominique Bagouet reprises par le Ballet de Lorraine nous ont rappelé l’étrangeté du vocabulaire du chorégraphe, sa liberté gestuelle et sa capacité à mêler rire, angoisse, trivialité et émotion. La recréation par Anne Collod de la performance mythique d’Anna Halprin, Parades & Changes, fut une véritable leçon d’histoire nous replongeant au cœur des problématiques des années 1960 : comment casser la machine trop bien huilée du divertissement et de la virtuosité pour y insuffler de la vie, de la chair, du risque, de l’hétérogène. Et le travail superbe d’Anne Teresa de Keersmaeker, D’un soir un jour (2006), poursuit, libre et léger, ses recherches épurées sur les résonances entre danse et musique.

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Une biennale au futur antérieur

CONNAITRE | Danse / Lors de la conférence de presse, les responsables de la prochaine Biennale de la Danse se targuaient d’un certain nombre de chiffres : 85 000 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 avril 2008

Une biennale au futur antérieur

Danse / Lors de la conférence de presse, les responsables de la prochaine Biennale de la Danse se targuaient d’un certain nombre de chiffres : 85 000 spectateurs attendus, 54 spectacles, 1er événement chorégraphique mondial... Une façon aussi de se rassurer après les critiques virulentes de la presse nationale en 2007 contre l’autre Biennale, celle d’art contemporain… Guy Darmet, lui, est un directeur artistique de consensus qui se donne pour objectif de «casser l’image élitiste de la danse et lui rendre sa juste place, celle d’un art populaire». Il a même fait école à Lyon où de nombreux festivals préfèrent balayer large plutôt que de prendre des risques artistiques trop «pointus». En plus de sa diversité formelle coutumière (du flamenco au hip-hop en passant par le contemporain pur jus), la Biennale 2008 s’ouvre à une diversité temporelle. Intitulée «Retour en avant», elle tente de tisser des liens entre passé, répertoire et création contemporaine. D’où la présence de grandes figures historiques comme Carolyn Carlson qui transmet Blue Lady et présente un autre solo, Anne Teresa de Keersmaeker avec six pièces courtes, un gros programme William Forsythe du Ballet de l’

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