Les arts transgressés aux 7 Collines

Les 7 Collines | Festival majeur de la Loire et l'un des plus importants en Rhône-Alpes, Les 7 Collines reviennent avec une programmation très circassienne. Dans les propositions de cette 22e édition, focus sur deux artistes passionnants : le magicien sombre Yann Frisch pour Le Syndrôme de Cassandre et le trampoliniste Mathurin Bolze qui se dédouble dans Barons perchés.

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Photo : © DR


Elle a les pieds dans l'eau, des bottes de Bretonne et elle se marre. La fille de l'affiche des 7 collines n'a pas l'air d'arpenter la Loire mais le festival semble la réjouir. Avec des tarifs bas (10€ ou 14€ le spectacle) et des mastodontes du cirque (notamment), chaque année cette manifestation se débrouille pour que des compagnies internationales fassent escale ici. Certaines viennent plusieurs fois. C'est le cas ces deux dernières années pour les 7 doigts de la main venus avec le trop bavard et pour tout dire raté, Cuisine et confessions l'an dernier, ou le beaucoup plus sportif Séquence 8 juste avant. Cet été, c'est avec Mathurin Bolze que le festival renoue.

Aérien

Le circassien, déjà passé par là avec son cultissime Du goudron et des plumes en 2010 et le plus transitoire À bas bruit en 2013, présente Barons perchés. Encore tout frais (à peine une quinzaine de représentations depuis sa création cet automne), ce spectacle est en fait une réplique de Fenêtres, également au générique du festival.

Animé par le théâtre (figurant pour Jean-Paul Delore ou Bruno Boeglin), Mathurin Bolze est aussi adepte des gymnases. C'est donc le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne qui l'alpague à la fin des années 90. Puis, pour une commande du Pôle national de ces mêmes arts du cirque de Cherbourg, la Brêche, il imagine, comme d'autres artistes conviés, une cabane à jouer. Dans la sienne, murs, plafond et sol sont renversés et toutes les surfaces deviennent matière à rebonds. Cette forme de quinze minutes deviendra la première création de sa compagnie joliment nommée mpta (pour les pieds, les mains et la tête aussi) en 2002.

Récemment Mathurin Bolze rencontre Karim Messaoudi lors d'un atelier autour du trampoline, cet agrès si particulier et maîtrisé professionnellement par seulement une dizaine d'artistes en France et lui transmet sa pièce fondatrice à laquelle il souhaite apporter un contrepoint. Ce sera Barons perchés dans lequel il embarque son nouveau complice. Cette fois, le titre du roman d'Italo Calvino qui a servi de base à cette double aventure est nommé.

Dans une nuit bruissante d'insectes — magnifique bande-son qui fait croire à une mare de grenouilles dans les environs — Barons perchés ressemble à la chambre d'un enfant curieux qui chercherait à découvrir les propriétés de son environnement : à quoi l'on s'accroche, où l'on se cache, comment on prend de la hauteur. Cette dualité/complicité obligent les circassiens à être deux fois plus vigilants dans leurs déplacements pour tenir la fluidité qui émane de leur travail de précision. Car le trampoline, comme de nombreuses autres disciplines, demeure une activité dangereuse ; le moindre faux-pas peut être sanctionné par un accident. Le talent de Mathurin Bolze et de Karim Messaoudi est précisément de nous le faire oublier durant une heure par leur capacité à inventer un récit muet et des figures.

Souterrain

Dans un genre complètement différent et naissant, Yann Frisch émeut aussi. Magicien, champion du monde de la discipline avec un numéro de balles qui a fait le tour du net (Baltass), il endosse dans Le Syndrôme de Cassandre un vrai personnage, très sombre mais pas funèbre tant persiste une certaine malice.

Un clown ne serait là que pour enfiler des blagues auxquelles le public rit sans les croire ? Yann Frisch va à l'encontre de cet acquis et bouscule son auditoire, notamment dans une scène finale désarmante. Tentant à maintes reprises de refaire son numéro vu-à-la-télé (chez Patrick Sébastien), c'est en fait quand il entame un duo avec une marionnette toute fripée (sa mère) qu'il touche au plus juste : il parvient à mettre son talent de prestidigitateur au service d'une réelle émotion. La normalité du clown est sa quête, qui est aussi une réflexion plus poussée sur la propre capacité de chacun à se laisser surprendre. Yann Frisch n'a que 25 ans et invente déjà un spectacle à la croisée du théâtre, du cirque et de la magie. Grandiose.

Festival des 7 collines
Dans la Loire du 29 au 10 juillet

Notre sélection

Barons perchés au Firmament (Firminy) le jeudi 30 juin
Fenêtres au Firmament (Firminy) le vendredi 1er juillet
Le Syndrôme de Cassandre à L'Echappé (Sorbiers) les jeudi 7 et vendredi 8 juillet

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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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Cirques en tous genres

Festival des 7 Collines | Rendez-vous incontournable du cirque international, le Festival des 7 Collines fait la part belle au Québec dont quatre compagnies sont invitées, en tête desquelles Machine de Cirque, véritable locomotive.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Cirques en tous genres

Dans leur spectacle éponyme, Machine de cirque, les acrobates de la compagnie forçaient un peu trop sur l'aspect démonstratif et blagues clin d’œil. Au vu des premières images, il semblerait que le tout récent La Galerie, présentée en ouverture des 7 Collines ait une sobriété étonnante. Vêtus de costards noir et blanc, les circassiens jouent avec des pots de peintures et créent des séquences visuellement marquantes. Plus qu'intriguant. Autre troupe québecoise incontournable en France et notamment à Saint-Étienne : Les 7 Doigts de la Main qui cette fois, avec Passagers, tracent des parcours de vie en s'appuyant aussi sur des projections vidéo en plus de leur savoir-faire de circassiens. Roue libre Outre quelques concerts (le Syrien Omar Souleyman, les Sud-Africains de BCUC, la Portugaise Pongo), c'est bien la piste qui animera ces nuits ligériennes. Et deux pépites françaises y trouvent place : le chantre de magie nouvelle, Yann Frisch, également épatant maître de cérémonie et ambianceur (Le Terabak de Kiev de Stéphane Ricordel) débarque avec son camion-théâtre pour délivr

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Des Nuits magiques

Nuits de Fourvière | Pour la première fois, la magie (nouvelle) fait son entrée aux Nuits de Fourvière qui accueillent Yann Frisch. Au menu de ce festival, la création mondiale de l'excellent cirque Aïtal et des maîtres de la mise en scène au service d'étudiants de grandes écoles.

Nadja Pobel | Mardi 19 juin 2018

Des Nuits magiques

Le cirque avait eu l'honneur d'ouvrir les Nuits de Fourvière 2016 qui pour la première fois de leur histoire abandonnait le théâtre au profit des canadiens des 7 Doigts de la main en lever de rideau. Un signe fort en direction de cet art qui depuis une trentaine d'années ne cesse de se réinventer. Et comme l'équipe des Nuits a, dans son ADN, la fidélité aux troupes accueillies, elle patientait pour faire revenir le Cirque Aïtal. En 2013, avec le duo Pour le meilleur et pour le pire, les deux circassiens de la compagnie avait ébloui le festival de leur technicité alliée à leur talent de récitateurs. Avec des lancés ariens, des portés, ils racontaient l'histoire d'un couple traversé par toutes les émotions. Littéralement bouleversant. Entre temps, Kati Pikkarainen et Victor Cathala ont eu deux enfants et créent aux Nuits, sous un chapiteau dans le parc de Lacroix-Laval, une fable pour neuf interprètes, quatre musiciens et cinq chevaux. Saison de cirque est pour eux une façon de mélanger tous les c

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Réversible aux 7 collines : l'équilibre des 7 Doigts

Les 7 Collines | Avec Réversible, la compagnie québécoise Les 7 Doigts de la Main s'impose par un cirque mêlant technicité et surtout humanité. Traitant de thématiques autour du passé, des origines et de la construction de l'être, Réversible frappe un grand coup. Nous avons posé quelques questions au metteur en scène Gypsy Snider, qui fait également partie des créateurs de la Compagnie Les 7 Doigts de la Main en 2002.

Nicolas Bros | Mardi 20 juin 2017

Réversible aux 7 collines : l'équilibre des 7 Doigts

En 2002, avec six autres artistes, vous avez décidé de lancer la Compagnie Les 7 Doigts de la main, un cirque à "l'échelle humaine"... Pourquoi à ce moment-là ? Gypsy Snider : Nous étions tous des artistes de cirque et nous arrivions à un certain âge. Autour de la trentaine, l'acrobate commence à faire une transition importante. Tout d'abord parce que notre physique a un temps limité, mais aussi parce que nous étions déjà mentalement et créativement, des artistes de cirque avec des visions assez larges des expressions que nous pouvions proposer. Si l'on parle des années 90, le cirque était déjà assez développé en Europe. Ce n'était pas encore au même niveau en Amérique du Nord. Nous avions le Cirque du Soleil mais l'expression du cirque contemporain en était à ses débuts. On voyait ce grand frère [ndlr : le Cirque du Soleil] prendre énormément de place dans l'industrie du divertissement. Pour notre part, nous étions des "rebelles adolescents". Nous voulions une image contraire à cela. Le grandiose, le fabuleux, le quasi-extraterrestre qu'ils voyaient ne correspondaient pas à notre vision. Nous souhaitions du minimali

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Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Cirque | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion du festival UtoPistes et de sa présence aux Nuits de Fourvière, le trampoliniste Mathurin Bolze raconte son métier récemment vilipendé et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Il a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque à Chalôns-en-Champagne. Rapidement, en 2001, Mathurin Bolze fonde la compagnie mpta et, à l'occasion d'une commande de La Brêche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir, se nommer Fenêtres. Quinze ans plus tard, il donne cette création à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation, et dédouble le rôle dans une autre pièce qui prend directement le nom — mais au pluriel — du roman d'Italo Calvino qui l'a inspiré précedemment, Barons perchés. En duo, il défie le sol et s'entiche du volume. Bien avant que Yoann Bourgeois n'emmène le trampoline dans tous les théâtres, Bolze choisit cet agrès pour les propriétés ludiques et aussi «

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Le retour des UtoPistes

Festival | Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Le retour des UtoPistes

Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à l’air libre, gratuitement. Mathurin Bolze et sa compagnie mpta (les mains, les pieds et la tête aussi) proposera la recréation de Fenêtres et sa suite dédoublée, Barons perchés (également au programme des Nuits de Fourvière). C’est aussi durant ces dix jours que la nouvelle icône de la performance parlée, Sébastien Barrier, viendra pour sept heures consacrées au vin naturel (Savoir enfin qui nous buvons, complet) et cette fable souvent émouvante sur la perte, Chuncky Charcoal. Le grand retour du maitre James Thierré — qui promet, avec La Grenouille avait raison, de revenir a plus d’épure que pour son très raté Tabac rouge — n’éclipsera pas le talent de jeunes acrobates tels Justine Bertillot et Frédéric Vernier (Noos, voir photo) ou les jongleurs de Petit Travers (Nuit) à destination du jeune public. À vous de piocher parmi ces trente représentations.

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Yann Frisch : «Penser un peu plus loin»

SCENES | Sacré champion du monde de magie avec un numéro qui a fait le tour du Net et des télés, le prodigieux Yann Frisch, 25 ans, truste désormais les théâtres avec "Le Syndrome de Cassandre", un seul-en-scène métaphysique troublant de noirceur.

Nadja Pobel | Mardi 8 décembre 2015

Yann Frisch : «Penser un peu plus loin»

Comment avez-vous découvert la magie et le cirque ? Yann Frisch : Cela s’est fait plus ou moins en même temps. J’ai d’abord commencé par découvrir le jonglage, une première passion quand j’avais 9 ans. La magie est arrivée quand j’en avais 10-11. J’ai ensuite pratiqué ces deux disciplines sur mon temps libre : la magie de façon un peu autodidacte, avec des bouquins, et le jonglage et le cirque via une école de cirque municipale, près de chez moi au Mans. Je faisais régulièrement des présentations publiques, je participais à des festivals. Vers 16-17 ans, à l’âge où se pose la question de savoir ce qu’on veut faire dans la vie, je me suis rendu compte que je voulais faire du spectacle. Je suis parti faire une formation de cirque préparatoire à Lyon, à Ménival, sachant que je me sentais plus proche de ce que je voyais en nouveau cirque qu’en magie. C’est à Lyon notamment que j’ai découvert le clown, avec Christophe Guétat qui a été très important pour la suite. Quelque chose s’est déclenché. Puis j’ai intégré l’école du cirque de Toulouse, le Lido. Vous parlez du nouveau cirque, qui s'est libéré des codes traditionnels

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La Magie noire selon Yann Frisch

SCENES | Si le spectacle est vivant, c'est parce qu'un public est là pour le lui rappeler. C'est un metteur en scène bien connu de nos services qui le dit, et son (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

La Magie noire selon Yann Frisch

Si le spectacle est vivant, c'est parce qu'un public est là pour le lui rappeler. C'est un metteur en scène bien connu de nos services qui le dit, et son affirmation prend tout son sens dans le cas des clowns : sans l'approbation convulsive de spectateurs, leurs gags ne seraient que d'embarrassantes maladresses. De cette dépendance quasi mythologique et du paradoxal lien de méfiance qui la sous-tend – de par sa fonction, un clown ne peut être pris au sérieux – Yann Frisch a tiré un seul-en-scène pour le moins atypique, sorte de huis clos mental où, le teint charbonneux et la voix renfrognée, il tente de combler le vide existentiel qui sépare l'amuseur de son auditoire. Pour qui a connu ce jeune magicien multi-titré sur les plateaux des nababs du divertissement à papa (Patrick Sébastien, Michel Drucker), la métamorphose a de quoi surprendre. Baltass, l'incroyable numéro d'escamotage et de multiplication de balles en mousse qu'il rodait alors, en portait pourtant les prémices : le poil fourni et animé de tics, il y racontait en silence la lutte désespérée d'un homme contre des objets semblant n'en faire qu'à leur tête. Le Syndrome de Cassandre

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Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras". 7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling – associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation. Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur. Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui devrait en mettre plein les yeux et autant dans les narines. Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeu

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Dix au cube

SCENES | Parmi la foule d'excellents spectacles (comme Via Sophiatown, réjouissance chorégraphique post-apartheid signée Via Kathleong, ou Beyond, merveilleux (...)

Florence Barnola | Jeudi 26 juin 2014

Dix au cube

Parmi la foule d'excellents spectacles (comme Via Sophiatown, réjouissance chorégraphique post-apartheid signée Via Kathleong, ou Beyond, merveilleux hommage au cabaret par la compagnie de cirque australienne Circa) au programme des 7 Collines cette année, il en est un qui sort particulièrement de l'ordinaire : Ten, performance à la croisée de la danse, du théâtre et des arts plastiques imaginée par l'artiste anglais d'origine indienne Hetain Patel, dont le socle des travaux est la formation de l'identité, du soi. Ten raconte donc un questionnement, celui de Patel sur ses racines et les traditions de l'Inde. Des problématiques qu'il expérimente aux travers de ses matériaux de prédilection : le langage et le corps. Un langage fait de mots, mais aussi de rythmes, de musiques, de vocalises. Un corps qui explore le mouvement, la répétition, l’automatisme parfois. Dans Ten, trois interprètes jouent avec les possibilités des leurs, interrogeant à travers les bribes d'histoire d'un fils d'immigrés les identités britannique et indienne au son de musiques traditionnelles orientales, notamment celle qu'émet le tala d'un percussionniste

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Cirque engagé

SCENES | Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 22 juin 2013

Cirque engagé

Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour programmer l'éclectique festival utoPistes. Le talentueux circassien lyonnais résume ainsi sa contribution : «Quatre soirées, en plusieurs lieux d’intérieur et de plein air, des pièces de cirque incontournables, des créations dédiées au festival, et jusqu’au bout quelques surprises, tel est le programme composé par la compagnie Mpta». Mathurin Bolze créera en effet une courte pièce avec la collaboration, notamment, du non moins talentueux Yoann Bourgeois (auteur de L’Art de la fugue et du superbe Wu Wei, présenté cette saison à la Maison de la Danse). Mais la grande curiosité de cette édition vient d’Australie avec la compagnie Acrobat. Ses fondateurs, les quadragénaires Jo-Ann Lancaster et Simon Yates, ont mis en scène, après un voyage à Cuba, l’étonnant Propaganda en 2010. Dans une grande économie de moyens scéniques et vêtus souvent de simples sous-vêtements peu glamours, ces deux activistes nourris des œuvres de Marx,

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Sur une voie de garage

SCENES | Ce devait être l’un des événements de la rentrée… La création aux Célestins du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze n’est que bricolage caricaturant son propre univers… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 octobre 2012

Sur une voie de garage

Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu’Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu’un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n’ai aucune inspiration», cela nous attriste. À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l’on s’interroge sur la possibilité de créer, l’angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l’on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l’envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux. La roue tourne Plus concrètement encore, À bas bruit

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Bouge tes Collines

SCENES | Les 7 Collines, c’est une quinzaine d’événements dans les domaines de la danse, du cirque contemporain et de la performance, et l’un des festivals de spectacle vivant les plus singuliers et passionnants de l’été. Jean-Emmanuel Denave

Dorotée Aznar | Jeudi 21 juin 2012

Bouge tes Collines

Une équipe réduite, un fonctionnement à coûts réduits, des premiers pas hésitants… Peu à peu, le fort sympathique Festival des 7 Collines s’est forgé une identité singulière et une solide réputation, tant auprès des professionnels (beaucoup de créations ou de coproductions, et la fidélité d’artistes qui reviennent d’une édition à l’autre) que du public (10 000 places vendues l’an dernier). Une identité fondée sur l’originalité de sa programmation majoritairement orientée vers le nouveau cirque et la danse, les risques pris en invitant des compagnies internationales sortant des sentiers battus et proposant parfois des spectacles «forts en gueule». Pour ne citer que les plus décapants, on notera le retour cette année des danseurs et chorégraphes Pieter Ampe et Guilherme Garrido avec Sill standing you. Ce furieux duo en passe par les gestes les plus grossiers, les confrontations les plus claquantes et pulsionnelles, pour accéder à une certaine forme de poésie et de tendresse sous très haute tension… Le festival n’hésite pas par ailleurs à mettre un peu d’eau dans son vin, ou quelques stars sur son affiche, comme le concert du très rock et festif Goran Bregovic en ouverture

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Là-haut

SCENES | CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule (...)

Dorotée Aznar | Lundi 9 mai 2011

Là-haut

CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien.«Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée», explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Des questions, beaucoup de questions, mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et où on les croyait sans sourciller, parce que l’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’explique Mathurin Bolze. De ces matériaux riches servant de «combustibl

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Repères Mathurin Bolze

SCENES | Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

Repères Mathurin Bolze

Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le chorégraphe Joseph Nadj pour la tournée du Cri du caméléon et avec le chorégraphe François Verret dans les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour. 2001 : Fondation de la Compagnie «Les Mains les Pieds et la Tête Aussi», soit tout un programme où corps, technique, imagination et réflexion ne font qu'un.2002 : Fenêtres, solo émouvant et drôle où Mathurin Bolze campe un personnage esseulé dont le sol de son habitation est un trampoline. 2005 : Tangentes. Trois protagonistes tentent de s’arracher et d’échapper aux rouages de la machine sociale contemporaine (soit sur scène deux tapis roulants et une roue), aussi absurde et répétitive que les cycles de Sisyphe 2008 : Ali, duo créé avec Hedi Thabet 2010 : Du Goudron et des plumes

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«Se libérer de la machine»

SCENES | Entretien / Mathurin Bolze Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

«Se libérer de la machine»

Petit Bulletin : De quand date, dans votre parcours, ce désir de mêler cirque, danse, musique ?Mathurin Bolze : Il n'y a pas eu de basculement précis. J'ai découvert le monde du spectacle très jeune, à 8 ans, en faisant de la figuration dans les pièces de théâtre de Bruno Boëglin et Jean-Pierre Delore. Parallèlement, j'ai fait de la gymnastique jusqu'à 16 ans. Puis, j'ai été attiré par le cirque où je pouvais allier le plaisir du mouvement au plaisir du spectacle. Ce mélange des disciplines était une réalité, déjà, lors de ma formation. La technique circassienne n'a jamais été pour moi un enjeu premier, mais toujours un outil au service d'une dramaturgie. Ceci dit, les sensations «techniques» restent importantes car elles emmènent à des endroits de précision et de conscience particulières du corps. Qu'est-ce qui déclenche chez vous le désir d'une création ?Il me faut un état de disponibilité et de sensibilité, un état de concordance où j'arrive à mettre en lien des choses qui me touchent : une actualité, une rencontre, un film, un livre... Ces éléments s'agglomèrent, des questions apparaissent qui peuven

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En piste(s)

SCENES | Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à (...)

Dorotée Aznar | Lundi 2 mai 2011

En piste(s)

Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à Mathurin Bolze, à sa compagnie et à ses invités. Des spectacles seront proposés à l’intérieur du théâtre mais aussi sur la place des Célestins ou dans un parking… On en reparle, dès la semaine prochaine.

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La création perpétuelle

SCENES | Mathurin Bolze reprend la Tangente ces mardi et mercredi au Centre Culturel de Saint-Priest. L'occasion pour nous de faire le point sur l'énergie créatrice de cet acrobate actuellement en résidence aux Subsistances. Propos recueillis par Marion Quillard

Marion Quillard | Mardi 25 novembre 2008

La création perpétuelle

Petit Bulletin : Vous rejouez "Tangentes" cette semaine, une création qui date de 2005. Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle ?Mathurin Bolze: Je ne l'explique pas ! C'est un travail qu'on a joué une centaine de fois, et là c'est bientôt la fin... Ce n'est pas le public qui choisit un spectacle, mais les directeurs de salle. Ce sont eux qui nous programment. Ça veut dire que le spectacle a plu à un certain nombre d'entre eux, et qu'ils ont décidé de le diffuser... Nous, par ce biais-là, nous avons pu rencontrer leur public. Des publics variés, parce qu'on était dans différentes régions, dans différents pays...S'il y a une chose à mettre au compte du spectacle, c'est qu'il y a très peu de texte, donc c'est un langage qui est compréhensible par tous. C'est un langage visuel, véhiculé par des émotions, des impressions... Il n'y a pas besoin d'être un habitué du spectacle, un habitué du monde culturel, pour apprécier un spectacle de cirque. C'est pour cela que le cirque est une forme populaire qui permet une forme d'exigence... Le spectacle a-t-il évolué depuis 2005 ?Oui ! Il a beaucoup évolué depuis sa création... Un spectacle de cirque pre

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Reprendre la tangente

SCENES | En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 novembre 2008

Reprendre la tangente

En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son petit chef-d’œuvre Tangentes au Centre Théo Argence à Saint-Priest les 25 et 26 novembre. Une pièce mêlant cirque et musique survoltée, et dont le mot clef pourrait être «la panique» : panique de l’individu pris dans le circuit absurde de la vie moderne et de ses rouages écrasants, panique le poussant à prendre la tangente et à trouver toutes sortes de lignes de fuite acrobatiques…

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Le cirque contre l’aliénation

SCENES | Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Le cirque contre l’aliénation

Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La reprise du chef-d'œuvre du jeune Mathurin Bolze au Toboggan fin février : Tangentes. Le second opus du circassien s'interroge sur les conditions de possibilité d'une communauté humaine, propulsant quatre acrobates parmi les engrenages d'une machinerie infernale composée d'un tapis roulant, d'une roue, d'un mât chinois et d'un trampoline. Soit la métaphore des rouages de nos sociétés aux rythmes effrénés et kafkaïens, broyant le corps comme l'esprit... Eux-aussi inquiets d'un monde soumis au tout économique et productif, le circassien Xavier Kim et la danseuse Wei Chen Yang tentent dans 100% croissance (Week-end «Ca change !» aux Subsistances) d'insuffler un peu de poésie, de désordre et de liberté parmi ce management qui ronge jusqu'à nos corps eux-mêmes. Leurs armes de résistance : l'humour, l'acrobatie, le jonglage et l'incongru. Enfin, dans un tout autre registre, James Thiérrée présentera à la Maison de la danse en avril une nouvelle création, dans la lignée de ses derniers spectacles amples et burlesques, La symphonie du

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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