Sous la lune de Bernanos

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Photo : © Brigitte Frenoy


Dans la campagne des Pierres dorées, sur les coteaux du noble Beaujolais, le village de Chasselay devient chaque début d'été le cadre d'une fête théâtrale. C'est précisément le château de Machy qui abrite le travail de la troupe de l'Arc-en-Ciel depuis 1993. La pièce phare de cette édition est Dialogues des Carmélites, œuvre crépusculaire de Georges Bernanos, récemment vue à Lyon à l'Opéra, mis en scène faiblement par Christophe Honoré.

Ici, c'est Olivier Fenoy qui s'est attelé à ce texte sur la peur, le refuge dans la foi et le retour au réel lors de la Terreur de 1792. Présentée durant un mois à l'Epée de bois (un des sites de la Cartoucherie de Vincennes), cette création, que nous n'avons pas vue, sera donnée du 23 juin au 2 juillet. Durant la semaine suivante, de plus petites formes souvent musicales (Le Prince heureux d'après le conte d'Oscar Wilde ou Les Mamelles de Tiresias d'Apollinaire) permettront de profiter du cadre champêtre de ce lieu aux portes de Lyon.

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La nuit de château

SCENES | Monter une vraie compagnie, loin de Paris et de l’urbanité, mêler professionnels et amateurs, création et animation. Voici le double vœu, hérité des hommes de (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 juin 2014

La nuit de château

Monter une vraie compagnie, loin de Paris et de l’urbanité, mêler professionnels et amateurs, création et animation. Voici le double vœu, hérité des hommes de théâtre Jacques Copeau et Léon Chancerel, qu’Olivier Fenoy a transformé en réalité à Chasselay, dans les Monts d’Or, aux portes de Lyon. Du 25 juin au 12 juillet, deux spectacles y seront donnés à la tombée de la nuit : Don Quixote dans un esprit commedia dell’arte et Les Fâcheux, d’après Victor Hugo et sur un mode baroque. Le metteur en scène Jean-Denis Monory y creuse la veine d’un théâtre simple, à la bougie, qui depuis quelques temps rafle de prestigieux prix grâce, notamment, au travail de Benjamin Lazar et surtout à celui du sidérant comédien qu’est Olivier Martin-Salvan, formé justement dans une académie internationale de théâtre pour enfants animée par les comédiens de Machy. À entendre aussi dans le jardin du château des textes de poètes passés par les tranchées comme Apollinaire, mais aussi de Poilus, tel le Lyonnais Paul Ducurtyl, qui a laissé des lettres positives du front et un journal personnel beaucoup plus sombre. Il sera la trame de ce récital mis en musi

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Rencontre entre nos lecteurs et Christophe Honoré

MUSIQUES | Samedi 26 octobre, alors que le soleil tapait sur la baie vitrée du petit salon de l'opéra, onze lecteurs et lectrices du Petit Bulletin ont pu rencontrer (...)

Benjamin Mialot | Mardi 29 octobre 2013

Rencontre entre nos lecteurs et Christophe Honoré

Samedi 26 octobre, alors que le soleil tapait sur la baie vitrée du petit salon de l'opéra, onze lecteurs et lectrices du Petit Bulletin ont pu rencontrer Christophe Honoré le temps d'un "café" en petit comité. Le cinéaste, scénariste, metteur en scène de théâtre et écrivain y a abordé son travail sur le premier opéra auquel il a collaboré, Dialogues des Carmélites, présenté depuis le 12 octobre à l'Opéra de Lyon. Il a notamment fait part de son envie de réitérer cette aventure et annoncé que Serge Dorny, directeur de l'Opéra en partance pour Dresde, lui avait d'ores et déjà proposé de réitérer l'expérience avec lui en Allemagne. La prochaine actualité de Christophe Honoré sera toutefois cinématographique, avec la sortie en 2014 d’une adaptation des Métamorphoses d'Ovide. Il a pour l'occasion délaissé sa troupe habituelle (Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier...) et les chansons d'Alex Beaupain pour se tourner vers des comédiens non professionnels, repérés dans rue. Il avoue toutefois n'être pas contre l'idée de retrouver prochainement sa clique,

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Dialogues avec une jeune chanteuse

MUSIQUES | L’Opéra de Lyon célèbre le 50e anniversaire de la disparition de Francis Poulenc avec "Dialogues des Carmélites", l'une de ses œuvres les plus mystique, sensuelle et profonde, ici mise en scène par le cinéaste Christophe Honoré. Pour l'évoquer, nous nous sommes mis à l’écoute d’Anaïk Morel, jeune et prometteuse interprète à la voix ronde et claire. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 4 octobre 2013

Dialogues avec une jeune chanteuse

Comment se met-on dans la peau de Mère Marie de l’incarnation, dans les habits d’une religieuse âgée, quand on est comme vous en tout début de carrière ? Anaïk Morel : Au départ, j’étais un peu anxieuse de jouer ce rôle. Mère Marie est une femme d’un certain âge, d’un certain rang, qui a beaucoup d’autorité. J’ai travaillé le personnage avec des idées assez précises mais lorsque j’ai commencé les répétitions avec Christophe Honoré, il nous a très vite dit à toutes, peut-être plus particulièrement à moi, qui suis la plus éloignée du personnage, de déconstruire nos idées et de ramener le personnage à quelque chose qui nous ressemblait plus. C’est à dire de ne pas essayer d’être une femme de soixante ans à l’autorité naturelle de par son expérience, mais de ramener tout cela à quelque chose de plus simple.   Comment avez-vous aborder le rôle ? Je me suis longuement renseignée, d’une manière personnelle d’abord, puis Christophe Honoré nous a montré des

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La Prophétie de Machy

SCENES | Adossée à la bourgeoise Saint-Germain-au-Mont-d’Or, la bourgade de Chasselay est aux portes de Lyon (distante d’une quinzaine de kilomètres seulement) mais (...)

Nadja Pobel | Jeudi 21 juin 2012

La Prophétie de Machy

Adossée à la bourgeoise Saint-Germain-au-Mont-d’Or, la bourgade de Chasselay est aux portes de Lyon (distante d’une quinzaine de kilomètres seulement) mais n’est déjà - volontairement - plus dans le Grand Lyon pour garder son indépendance. Car les habitants de ce village ont du caractère à l’image du château de Machy, ancienne propriété de la famille Morand (celle qui au XVIIIe siècle créa le quartier des Brotteaux). Depuis 1993, la troupe parisienne du théâtre de l’Arc-en-Ciel s’y est installée, pour prendre le temps de la création en pleine campagne, loin de la fureur urbaine. Elle acquiert alors ce bien pour une somme qui aujourd’hui ne permettrait pas même pas de payer un deux pièces. À grand renfort de bonnes volontés (les compagnons du devoir, des chantiers-écoles…), la rénovation du château prend forme. Il est désormais doté d’une hôtellerie pour les artistes, d’une salle de spectacle d’intérieur et d’une cour dont la pente a été aplanie pour accueillir 250 personnes sur des gradins temporaires. Six membres de la compagnie vivent ici en communauté à l’année pour concocter depuis dix-sept ans des «soirées d’été» théâtrales qui, cette saison, s’ouvrent même

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